Le reporter

FX-identite.jpgFrançois-Xavier Guillerm, dit fxg, est le correspondant permanent à Paris des éditions France-Antilles Guadeloupe et Martinique, France-Guyane et du JIR. Les articles et photos qui sont publiés sur ce blog permettent aux originaires des DOM a Paris de prendre connaissance de ce qui s'écrit autour d'eux dans les quotidiens régionaux des DOM. Depuis le 18 novembre 2008, France-Antilles  a son propre site... franceantilles.fr. et le JIR a son site www.clicanoo.re

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Le photographe

REGIS-BW-stand-light.JPGRégis Durand de Girard, copyright RDG,  est photographe indépendant. Il vient du théâtre auquel il a consacré vingt ans. Photo-reporter à Paris pour le quotidien régional France-Antilles, il fait des photos pour le théâtre (Fabrice Luchini), la danse (Cie Bisextile, Ménagerie de verre), la télévision (LCP, Canal +) et des créations axées sur le formalisme des lignes et l'impact de la lumière. Ses influences viennent à la fois de Martin Parr pour la sociologie et les lumières, de Weegee pour le fait-divers au flash ou encore de Bruce Weber pour le fashion. L'histoire de la peinture tisse ces liens improbables. Il a publié dans Le Monde, l'Express, Le Point, Le Nouvel Obs, Le Parisien, Le Figaro, Matin Plus, Pariscope, l'Yonne Républicaine, Les Nouvelles Calédoniennes, les Nouvelles de Tahiti...
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Mercredi 20 août 2014 3 20 /08 /Août /2014 08:01

François Hollande a rendu hommage aux combattants des Outre-merHollande-Toulon.jpg

Il y avait un beau soleil et un petit vent frais, le matin du 15 août au Mont Faron sur les hauteurs de Toulon pour le début des commémorations du débarquement de Provence. Alignés de la droite vers la gauche, la Guyanaise Jeanne Catayée, la ministre des Outre-mer, George Pau-Langevin, et le président de la République… Jeanne Catayée était alors la seule parmi les vétérans des outre-mer à être présente car elle réside six mois de l'année à Toulon. Les six autres anciens combattants (les Guadeloupéens Edmond Sainsily, Léopold Léon, Salinière Ségor, les Martiniquais Raymond Marin Loza, René Roger Velasques et la Réunionnaise Margueritte Jauzelon) ne devaient arriver à Toulon que dans la matinée pour participer à la cérémonie internationale sur le porte-avions Charles-de-Gaulle.
Toulon-les-anciens-et-GPL.jpgAu Mont Faron, désormais musée Mémorial du Débarquement des Alliés d'août 1944, le chef de l’Etat a rendu hommage de façon très explicite aux combattants des Outre-mer. Après l'hommage national du 2 juin aux dissidents des Antilles et de la Guyane à l’Elysée, François Hollande a tenu à réitérer son geste de reconnaissance, non seulement aux dissidents antillais, mais également à tous les combattants venus des Outre-mer (les anciens du Pacifique, invités, n’ont pu accepter l’invitation en raison de leur âge et de la pénibilité des 24 heures de vol nécessaires).
« Je tenais à être ici, a déclaré François Hollande, pour saluer tous ces héros célèbres ou plus souvent anonymes qui ont contribué à la résurrection de notre pays. Ils étaient l’armée de toute la France, ils étaient même une armée du monde. (…) Il y avait ces soldats qui avaient préféré la France libre à Vichy ; il y avait les dissidents des Antilles qui avaient déjà risqué leur vie en quittant leur île dans des embarcations très fragiles et qui, avec d’autres embarcations heureusement, avaient réussi à débarquer à Cavalaire dans la nuit du 16 au 17 août. Il y avait des Guyanais, il y avait des Réunionnais, il y avait les Tahitiens et les Néo-calédoniens du bataillon du Pacifique, le fameux bataillon des Guitaristes, qui a payé un lourd tribut aussi pour la libération de notre pays, à tel point que le général De Gaulle lui décerna la croix de Compagnon de la Libération en 1945. »

Invités du Dîner d’Etat

Marguerite-Jauzelon.jpgPlus tard, sur le Charles-De-Gaulle, George Pau-Langevin est allée à la rencontre des sept anciens combattants et de leurs familles. Elle a longuement échangé avec eux et elle a eu un long tête à tête avec Marguerite Jauzelon. A 97 ans, la Réunionnaise, très alerte et très élégante, s'exprimant posément, lui a présenté le livre qu'elle a écrit pour consigner tous ses souvenirs d'ambulancière au front dans les différentes batailles de France d'août 1944 à mai 1945. Son petit-fils a relaté une anecdote quoiqu’elle ne conta jamais pas trop son histoire à ses petits-enfants… « Il fallait faire un démarrage en côte et personne n'y arrivait. Elle s'y est attelée et elle a réussi sans problème. C’est alors qu’elle a dit aux soldats qu'elle avait conduit des ambulances pendant la guerre dans des conditions autrement plus compliquées. »

Sur le porte-avions, François Hollande a encore une fois rappelé le rôle des Outre-mer en célébrant « une armée mélangée, composite, cosmopolite, qui rassemblait à la fois ceux de Brest et ceux de Bamako, ceux de Londres et ceux de Dakar, ceux d'Alger et ceux de Fort-de-France. »
Les anciens combattants d'outre-mer ont ensuite assisté au premier rang, à côté des chefs d'Etat, à la revue navale assez somptueuse qui a eu lieu devant le Charles-De-Gaulle avec, en point d'orgue, une superbe démonstration de la patrouille de France. Et, enfin, à quelques tables de celle du président de la République, ils ont participé au dîner d'Etat donné par le chef de l'Etat à l'ensemble des quelques huit cents invités.
L’un d’eux a résumé en une phrase leur émotion et leur joie : « Nous en avons oublié la fatigue du long voyage que nous avons effectué pour arriver jusque-là. »

FXG (photo : ministère des Outre-mer)

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Lundi 11 août 2014 1 11 /08 /Août /2014 08:00

Marronnage et poétiques contemporainesAvignon-rempart.jpg

L’université d’été des théâtres d’Outre-mer en Avignon est un de ces rendez-vous qui, pendant le festival, rassemble tout ce que la création ultramarine propose au public de l’Hexagone sous la férule du laboratoire Scènes francophones et écritures de l’altérité, animé par Sylvie Chalaye. Parce que la plupart des expressions scéniques antillo-guyanaises puisent leur inventivité dans l’oralité, la mémoire de l’esclavage et la sacralisation du corps, il était proposé de relier ce théâtre contemporain à deux piliers des cultures créoles, le conte et le marronnage. Alain-Foix-Sylvie-Chalaye-natali-Koualy-Vincent-Byrd-Lesage.jpgJean-Georges Chali, maître de conférence à l’université des Antilles, le comédien haïtien Miracson Saint-Val et le saxophoniste quebeco-guadeloupéen Jocelyn Ménard (à l’affiche de « L’épreuve de Virjilan »), Le comédien guyanais Ricky Tribord et son comparse guadeloupéen, Dominik Bernard (« Le temps suspendu de Thuram »), la danseuse Julie Sicher (« Noir de boue et d’obus »), le dramaturge Alain Foix et son chevalier de Saint-Georges incarné par Vincent Byrd-Lesage, se sont faits les hérauts de cet art créole, cette poétique du détour et de contournement. « Parler sans se faire comprendre, explique M. Chali. Le conteur est un marron qui tient un double discours, ce que l’on entend et le non-dit… » La poétique du conte est donc une parole masquée, ambiguë car subversive. « Césaire agit ainsi quand il infléchit la langue française pour l’utiliser à sa convenance. Jean-Georges-Chali.jpgCe n’est pas aux Français qu’il s’adresse, mais aux colonisés. » Ce que Jean-Georges Chali résume par ce concept de « cannibalisme littéraire ». C’est ce que propose la compagnie Siyaj avec la pièce mise en scène par Gilbert Laumord, « L’épreuve de Virjilan ». Tandis que le saxo de Jocelyn Menard monte dans l’obscurité de la scène, le baron architecte (Miracson Saint-Val) délivre son message non-dit. L’acteur devient un officiant qui dérange. Exclu de l’église, il prononce « lorézon » et crée ainsi de la liberté dans un mouchoir de poche, lakour, la scène… Jocelyn-Menard.jpgEn disant un texte d’Ina Césaire, la comédienne Mariann Mathéus revient sur ce processus de création parti de l’habitation pour devenir théâtre. Des mots simples d’une vieille guadeloupéenne racontant an tan lontan sa demande en mariage, naît une écriture théâtrale moderne. Jean-Georges Chali replace ce processus dans le ladja pawol, quand la parole se danse, quand le conteur entre dans le cercle sacré, dans lakou, pour provoquer le majolè, seul capable de lui tenir tête, de lui répondre. « C’est la montée au tambour dans le lewoz ! » Voilà posées les bases du théâtre créole. Un temps plus tard et voici « Le temps suspendu de Thuram », une pièce écrite par Véronique Kanor, mise en scène par Alain Timar. Le footballeur guadeloupéen, icône moderne incarnée par Ricky Tribord, est kidnappé par un quidam, un looser (Dominik Bernard). Kanor interroge la mythologie sportive. « Thuram est un cheval de Troie pour celui qui veut faire entendre son cri », explique Alain Timar, mais il est aussi démythifié par Kanor qui ose provoquer le sacré. Qui est le marron ? Le kidnappeur ou le kidnappé ? Alain-Timar-Ricky-Tribor-Dominik-bernard.jpgAutre marron de théâtre, le chevalier de Saint-Georges. Alain Foix confronte cette autre icône antillaise, « le Mozart noir », au chevalier d’Eon. C’est « Duel d’ombres » (un carton pendant ce festival !). Au-delà de la facétie de cette rencontre improbable (même si les deux chevaliers se sont bien battus en duel), la pièce pose la question non pas de l’identité, mais de la différence entre l’intime, le soi, et l’apparence, l’enveloppe corporelle avec son genre et sa couleur qui enferment l’Homme. Alain Foix part en marronnage contre la mascarade… Les deux chevaliers sont deux identités non enfermées, complexes. Alain Foix ne parle pas de leur statue, des icônes qu’elles sont devenues, mais  « de leur personne dans leur personnage ». Le dramaturge guadeloupéen en profite pour marronner par rapport à l’esclavage : « Je nie toute servitude, mais je reconnais que je paie, comme Saint-George, l’impôt sur la peau ! » Tout en assumant son histoire passée par l’esclavage, il refuse toute « identité d’assignation ». C’est finalement ce que propose aussi Kanor avec Thuram. « Ils sont des aliens obligés de se rendre compte avec violence qu’ils sont humains », dit Vincent Byrd Lesage qui conclut : « C’est là l’hyper marronnage. »

FXG, à AvignonAffiches-avignon.jpg


Trois questions à Axel Arthéron, chercheur à l’université des Antilles

« D’autres grilles esthétiques sont possibles »

Axel-Artheron.jpgL’oralité créole a-t-elle des leçons à donner à donner au théâtre occidental ?

Nous sommes à Avignon, temple des formes européennes du théâtre, et nous en profitons pour mettre en confrontation deux usages du théâtre, deux manières d’envisager la parole dans le cadre du théâtre. L’ensemble des spectacles afro-caribéens proposés puisent leurs structures sur une hybridité des formes qui viennent en grande partie d’une réactivation des chaînes de la parole. C’est une manière de de voir comment le théâtre se renouvelle, se réactualise aussi bien par la musicalité, le jazz, le schéma narratif du conte, le jeu corporel du comédien descendant du conteur, de l’officiant du culte vaudou. L’intérêt de ces dramaturgies est de voir comment, un peu loin des cadres académiques, canonisés par les institutions théâtrales et universitaires, est de nous inviter à un décentrement des regards et de la grille de lecture.

Quel est l’apport de ces théâtres afro-caribéens ?

C’est une manière d’inscrire l’altérité au cœur de la création et de voir comment il n’y a pas qu’une seule manière de faire du théâtre. Le festival In a mis en avant le Mahabarata d’un metteur en scène japonais et toutes ces formes présentes sur le Off nous invitent à relativiser, à ne pas penser le théâtre comme un monolithe, comme une forme qui se vit et se joue dans les capitales. Il y a un théâtre loin de Paris, loin des dorures et des velours rouges des théâtres à l’italienne ! D’autres grilles esthétiques, d’autres façons d’interpréter le théâtre existent et sont possibles.

Sommes-nous si éloignés que cela des racines du théâtre antique ?

Il y a toujours un possesseur, un initié, un officiant de la parole qui, à l’intérieur d’un cercle, déploie une parole face à un peuple des regardants, qu’il soit un public de spectateurs ou un public d’initiés. On est toujours dans la même idée du théâtre antique, de la scène à l’italienne, du théâtre épique de Brecht jusqu’aux dernières formes hybrides du théâtre antillais. Il y a toujours la même idée : une parole sacrée, investie qui se joue devant une communauté de spectateurs. Quel que soit l’épithète que l’on place après le mot théâtre, ça reste du théâtre.

Propos recueillis par FXG, à Avignon


Thérèse Marianne-Pépin, vice-présidente de la Région Guadeloupe

There-marianne-pepin.jpg" Nous avons une visibilité plus forte et une grande variété de spectacles "

La Région Guadeloupe a décidé d’accompagner une douzaine de spectacles au festival d’Avignon, pourquoi un tel effort ?

Ca fait pratiquement dix ans que la Région investit dans la création et la diffusion artistique, tant en matière de cinéma que de littérature, il fallait absolument arriver à un résultat et nous sommes arrivés aujourd’hui à l’objectif que nous poursuivions, c’est-à-dire avoir des compagnies théâtrales guadeloupéennes présentes en nombre à Avignon avec des créations de qualité.

Comment les compagnies ont-elles été sélectionnées ?

Nous avons fait savoir notre intention de participer au festival d’Avignon et nous avons reçu un certain nombre de demandes. Nous les avons triées. Des dossiers ont été approuvés et ceux-là ont été accompagnés. C’est un travail de longue haleine. Certaines créations sont accompagnées depuis un certain temps et leur présence.

Etes-vous satisfaite de cette présence ?

Ce n’est pas la première fois que les Guadeloupéens sont présents, mais là, venir en pareille délégation et en nombre dans plusieurs théâtres, c’est plus nouveau puisque nous ne sommes pas seulement au théâtre de la chapelle du verbe incarné (Théâtre des outre-mer en Avignon de Greg Germain, ndlr) où nous sommes chez nous, nous sommes au théâtre du collège de la Salle, au théâtre des Halles, ce qui fait que nous avons une visibilité plus forte et une grande variété de spectacles, de Laurence Joseph à Maryse Condé ! Nous avons démontré notre capacité d’être présents à Avignon pour pouvoir faire encore mieux demain. Et l’année prochaine, un certain nombre de pièces présentées durant de festival seront présentées en Guadeloupe comme « La faute à la vie » avec Firmine Richard.

Propos recueillis par FXG, à Avignon


Quand le Canard enchaîné flingue Greg Germain

L’édition du Canard enchaîné du 30 juillet se paye la figure du théâtre des Outre-mer en Avignon, Greg Germain, sous le titre « Un pape d’Avignon béni par France Ô ». Un article pas très gentil sur le promoteur de nos théâtres depuis plus de quinze ans à Avignon. C’est vrai que Greg Germain est devenu le président de l’association Avignon, festival et compagnie qui gère le doux bordel qu’est le festival Off et qu’à ce titre, il s’expose. Mais ce qui lui est reproché est d’utiliser la société de production Axe sud qu’il gère avec son épouse, Marie-Pierre Bousquet, pour capter des pièces de théâtre que retransmet France Ô dans l’émission Multisénik dont il assure la présentation (à titre gracieux, nous a-t-il fait savoir). On lui reproche aussi d’avoir su obtenir une subvention de 20 000 euros de la SPEDIDAM et de capter les pièces jouées dans le théâtre qu’il dirige, la chapelle du verbe incarné. S’il est vrai qu’à l’origine, Axe sud ne filmait que les pièces de son théâtre, cette année, sur une poignée de pièces filmées, seules deux étaient jouées à la Chapelle. Mais il faut dire qu’avant, aucun théâtre avignonnais ou presque ne proposait de théâtre ultramarin. Selon les connaisseurs, cet article serait le fruit d’un règlement de compte venu de la CGT spectacle, pas contente de la manière dont le patron du Off a géré la crise des intermittents du spectacle. Selon d’autres spécialistes de la chose avignonaise, ce serait un coup de France Télé qui en aurait marre du « théâtre intello des outre-mer ». Qu’on en dise du bien ou du mal, l’important, c’est qu’on en parle et c’est quasi déjà une première !

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Vendredi 8 août 2014 5 08 /08 /Août /2014 08:35

Léon Léon nègres des AmériquesLeon-Leon.jpg

Après deux tournées en Guyane et les fameuses brigades d’intervention poétique, après 24 représentations au théâtre du verbe incarné à Avignon en juillet dernier, la pièce « Léon, Léon, nègres des Amériques », mise en scène par Valérie Goma, sera en octobre en Martinique et en Guadeloupe avant Haïti.

Valerie-Goma.jpg« Je trouve que c’est une parole extrêmement moderne. Je n’ai rien écrit dans ce texte ! » Valérie Goma fait la modeste et elle a raison puisque le propre d’un metteur en scène est d’insuffler la vie aux mots du poète, à ceux du conteur. Ici, poète et conteur se prénomment tous les deux Léon. L’un est Léon Walter Tillage, fils de paysan nègre de Caroline du Nord aux Etats-Unis, témoin et victime de la ségrégation, l’autre est Léon Damas, poète de la négritude et grand pourfendeur de l’assimilationnisme. « Il y en a un qui parle – et qu’est-ce qu’il parle bien ! – raconte Valérie Goma, parce qu’il a la liberté de parole, l’autre ne parlera que bien plus tard, une fois qu’il aura vécu puis digéré les affres de la ségrégation. » Si l’un use de salves très syncopées, de mots courts mais très efficaces, l’autre avance tout doucement dans son récit de vie.  Effarant. Le génie de la metteuse en scène qui a réuni les mots de ces deux Léon, c’est de nous faire penser que les mots de Damas ont traversé les océans et le temps et qu’il a secrètement entendu ceux de l’autre Léon comme ce dernier a entendu les siens. A l’inverse des fulgurances de Damas, Walter Tillage est un vieux monsieur qui avance lentement. Il explique d’ailleurs dans son récit pourquoi il n’agit pas tout de suite, pourquoi il a attendu quasiment toute sa vie pour nous livrer son témoignage. « Il n’est pas con, s’exclame Valérie Goma, s’il n’a pas parlé avant, c’est parce que ce n’était pas possible ! » Et pourtant, on ressort de ce spectacle avec la sensation que peut-être Walter Tillage et ses frères américains ont avancé beaucoup plus vite que « nos Français qui ont si bien parlé», pour reprendre Valérie Goma. Elle est partie d’une idée toute simple, le centenaire de Léon Damas. Roland-Zeliam.jpg« On avait envie de s’y coller, c’est un incontournable chez nous, Roland  Zéliam surtout… Mais moi, je sentais que pour Roland, il fallait travailler sur un autre personnage, un personnage qui aurait un récit tenu, parce que dire de la poésie, ce n’est pas donné à tout le monde et puis, ce n’est pas théâtral. En revanche pour dire de la poésie, il fallait trouver un artiste qui soit plutôt un musicien, plutôt un slameur, un poète d’aujourd’hui et quelqu’un qui ait comme ça cette écorchure vive qu’a Dgiz, avec une autre question d’identité et peu importe laquelle, mais qu’il puisse intérioriser cette traversée entre plusieurs cultures et toujours le sentiment, hélas, d’être un peu floué. » Sur scène, le duo fonctionne à merveille et autant les mots de Damas nous emportent, autant le récit de Walter Tillage nous terrasse. Avec une question lancinante, le modèle français d’intégration vaut-il mieux que celui des Etats-Unis ?

FXG, à Paris


Trois questions à Dgiz, contrebassiste, slameur et comédien

Dgiz.jpg« Je préfère une petite vérité qui blesse qu’un mensonge qui tue »

Comment êtes-vous entré dans les mots de Léon Gontran Damas ?

Damas est d’actualité et je pense même qu’il était en avance sur son temps. Sa langue est très similaire à l’écriture rap, voire slam, d’aujourd’hui. Il a une manière de ciseler ses textes et de leur donner du souffle, parfois d’une ligne à l’autre. Je respecte ça dans le spectacle, bien sûr. Ces mots ne sont pas d’une autre époque et restent présents dans notre vocabulaire.

Vous avez en commun d’être ou d’avoir été des écorchés vifs…

A une époque de sa vie, il a été un peu plus écorché que les autres et ça correspond peut-être aussi à une période de ma vie. Nous partageons aussi d’être antisystème… Oui, quelque part. Après, c’est à doser ! Il ne faut pas non plus être extrémiste ou radical, fasciste de sa pensée et l’imposer aux autres. Il y a des choses qui me révoltent aussi et j’utilise mon art pour le dire, mais pas comme un pouvoir pour véhiculer des doctrines ou des philosophies, mais plutôt pour questionner, ramener à la réalité des choses et, qu’elle choque ou pas, se demander ce qu’on en fait. En tout cas, on se dit les choses. Il n’y a rien de pire que les non-dits et ces poches de création qu’on essaie d’étouffer avec des choses bien mielleuses, bien pensées à l’avance. Je sais que Damas n’avait pas sa langue dans sa poche et, comme moi, il n’avait pas que des amis, puisque parfois nous disons des petites vérités… Si je me trompe, tant mieux, j’assume. Je préfère une petite vérité qui blesse qu’un mensonge qui tue.

Et comment vous êtes-vous trouvés Roland Zeliam et vous ?

On est des frères ! On est né le même jour. Il m’a trop bien accueilli en Guyane et je lui ai rendu en métropole. C’est une très grand comédien, une figure locale et il m’a appris beaucoup de choses.

Propos recueillis par FXG, à Avignon

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Vendredi 8 août 2014 5 08 /08 /Août /2014 06:00

Cahier d’un retour au pays natal à AvignonJoel-Lokossou-Cesaire.jpg

 Difficile de convaincre les badauds dans les rues d’Avignon, quand bat le feu du festival, d’aller voir un spectacle quand on sait que le Off, cette année, en offrait quelque 1300 ! Et pourtant, Renaud Lescuyer, un metteur en scène lyonnais, semble avoir trouvé une parade : « Beaucoup de gens, au moment où ils entendent Césaire, reviennent sur leurs pas et prennent le flyer. Il y a tous ceux qui connaissent Aimé Césaire et il y en a peu qui ne le connaissent pas et il y en a peu qui l’ont lu. Et puis il y a ceux qui connaissent le Cahier, et là on touche au but ! » Renaud-Lescuyer.jpgRenaud Lescuyer, avec la compagnie Persona, est allé chercher un comédien béninois, Joël Lokossou, et un compositeur qui n’est autre que le fils de Wilfredo Lam, Stéphane Lam, pour monter au centre européen de la poésie d’Avignon la première œuvre d’Aimé Césaire. « J’ai découvert ce texte avant mon premier séjour en Martinique, en 1999, avec l’idée d’un jour le monter au théâtre. » L’idée est restée en suspens car le jeune metteur en scène trouvait le sommet difficile à grimper. Et puis, il y a cinq ans, la rencontre avec Joël Lokossou lui a ouvert un horizon. « Je ne voulais pas que ce soit un projet de Blanc, j’avais besoin de quelqu’un qui était vraiment au contact de cette histoire, de cette réalité. » Et puis, Joël Lokossou est un acteur qui a une puissance d’incarnation du verbe phénoménale. « Il est dans un rapport sacré à la parole ! Et c’était essentiel avec ce texte qui a une dimension chamanique, spirituelle extraordinaire. » Renaud Lescuyer et Joël Lokossou se sont ainsi lancés dans ce qu’ils appellent « une danse de mémoire ». Sur scène, ils passent du blues à la cérémonie incantatoire vaudou, en passant par le cri, le chant, une expérience d’incarnation de la parole qui emmène le spectateur extrêmement loin dans la recherche de soi-même. « Le Cahier n’est pas qu’un spectacle, indique Renaud Lescuyer, c’est un rituel de passage qui offre une compréhension de ce que le peuple noir a vécu et vit. Césaire donne une grande vision prophétique sur les rapports entre l’homme blanc et l’homme noir et propose une réconciliation qui me touche infiniment et qu’on avait envie de partager avec le plus de personnes possible. »

Joel-Lokossou.jpgLes paysages musicaux composés par Stéphane Lam, la scénographie et les lumières accompagnent les différents mouvements de la pensée d’Aimé Césaire, son rituel poétique, son voyage, de la prise de conscience à la colère en passant par la mémoire jusqu’au temps de l’acceptation et de la proposition d’une réconciliation sans concession. « Ce voyage théâtral s’inspire de l’histoire et de la géographie des souffrances infligées à l’homme noir. »

Avant d’atterrir à Avignon, La compagnie Persona est allée roder cette mise en scène trois ans durant au Bénin, en Kabylie, en Haïti (et s’ils n’ont qu’une envie, aller montrer leur spectacle au pays natal de Césaire, ça n’est pas encore fait…), « les pays qui ont connu l’oppression et l’esclavage », et les voilà bouclant leur voyage triangulaire en Europe, « le pays des esclavagistes » pour ouvrir le jeu avec un public encore plus large. Ce « Cahier » là veut encore vivre sur les scènes du monde. 3C’est un spectacle, conclut Renaud Lescuyer, qui touche beaucoup de monde à la surface du globe et, parfois, je suis effaré de constater que ce sont les intellectuels et les universitaires français qui sont les plus réticents par rapport à l’œuvre de Césaire. »

FXG, à Avignon

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Mardi 5 août 2014 2 05 /08 /Août /2014 11:25

Splendeur et misère avignonnaises pour la compagnie réunionnaise Tétradanse

Around-Lucy.jpg« Jouer tous les jours, c’est génial ! Mais économiquement, c’est une catastrophe ! » La chorégraphe Valérie Berger a même ajouté sur scène, à la fin du spectacle : « On a tout perdu ! » Une parole qui visait sans doute, dans le public, la déléguée interministérielle à l’égalité des chances des Français des Outre-mer, Sophie Elizéon, qui n’a pu faire autrement que d’arriver en retard, en cette fin juillet, au théâtre de la chapelle du verbe incarné à Avignon pour assister à la représentation de la compagnie Tétradanse qui démarrait chaque jour à midi cinq. « Quand on est aidé à 30 ou 40 %, la mise personnelle est importante, relate Valérie Berger. On est une petite structure avec peu de moyens, mais on avait envie de venir et c’est qui me semble le plus important à retenir que les tracas matériels. Quand on meure, on n’emporte rien dans sa tombe, donc on s’en fout ! » Un ton libre à l’égal du spectacle offert par les trois danseuses et le musicien pendant les 24 jours du festival. Trois petits quarts d’heure captivant pour regarder Valérie Berger, Sandrine Ebrard et Céline Amato évoluer sur fond des créations sonores de Keng-Sam Chane Chick Té. Le spectacle commence avec un premier mouvement, Around Lucy, où Valérie Berger, instinctive, animale voire reptilienne, offre un « geste primitif, épuré, élémentaire », qui renvoie à la féminité originelle de Lucy, celle qu’on a longtemps qualifié « la première femme ». Around Lucy avait été joué sur cinq dates l’an passé au festival d’Avignon, cette fois, c’est tous les jours en prélude de FEM, le deuxième mouvement. FEM.jpgLes trois danseuses, masquées, encapuchonnées, voilées, les pieds rivés sur un tabouret, se refilent une robe à la manière d’une patate chaude. Si chacun est libre d’interpréter ce ballet comme il le souhaite, Valérie Berger et ses camarades sont parties sur l’idée que « les discriminations tournent » et que ça tourne pour elles aussi. « Un coup on est bien, un coup on n’est pas bien, commente Valérie Berger, un coup on est libre, un coup on ne l’est pas, mais ce sont les interprétations personnelles qui vont être liées à ce qu’on fait. » Keng-Sam Chane Chick Té mixe en direct, tantôt du gros son presque rock, tantôt de l’électro minimaliste (il a cinq partitions sonores à sa disposition), et chaque représentation est différente. Les trois danseuses changent tous les jours de rôle et de place, manière de réaffirmer cette rotation des discriminations tout en partageant une première place centrale. « On compose avec ça en fonction de chacun, chaque jour... » Difficile d’en faire dire davantage à cette chorégraphe de talent qui travaille sur la liberté, celle des danseuses comme celle du spectateur ; son art n’est pas la parole, mais le corps.

Après le festival d’Avignon, FEM et Around Lucy seront programmés les 18 et 19 novembre chez Bernard Faille et Pascal Montrouge au théâtre Champ fleuri à Saint-Denis.

FXG, à Avignon

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Lundi 4 août 2014 1 04 /08 /Août /2014 08:00

Limogeage ou promotion ?

 

Soubelet-lors-de-son-audition-AN.jpgL’UMP dénonce le limogeage du général Bertrand Soubelet, directeur des opérations et de l’emploi de la gendarmerie nationale, depuis que celui-ci a été nommé, cette semaine, au poste de directeur de la gendarmerie Outre-mer. On peut comprendre le jeu politique de l’opposition qui veut y voir une vengeance de Manuel Valls. Bruno Beschizza l’écrit d’ailleurs sur le site Internet de l’UMP (http://www.u-m-p.org/actualites/espace-presse/limogeage-du-general-bertrand-soubelet-la-verite-nest-pas-la-deloyaute-109043107) : « Ce limogeage fait suite à son intervention le 18 décembre 2013, devant la commission parlementaire de lutte contre l'insécurité où il avait déclaré que les gendarmes sont inquiets car on prend plus soin des auteurs que des victimes. »

Vu des outre-mer, cela gâche un peu l’image quand on sait l’importance de la gendarmerie dans les territoires. Un petit retour sur les précédents titulaires du poste permet de remettre les choses en perspective. Le prédécesseur du général Soubelet, le général Serge Caillet a été le premier polytechnicien à être nommé général de gendarmerie et, avant d’arriver à la tête de la gendarmerie outre-mer. Lorsqu’il quitte la légion de gendarmerie de Bretagne et la gendarmerie pour la zone de défense et de sécurité Ouest pour l’Outre-mer, le quotidien breton Ouest-France écrit (30 septembre 2011) : « Cette nouvelle affectation est une promotion de choix pour cet officier général qui a gagné sa 4e étoile et reçu les insignes de commandeur dans l’ordre national du Mérite, en Bretagne. » Avant lui, c’est le général Claude Vicaire qui occupait le poste après un parcours tout aussi brillant. Il avait commandé en 1999 le détachement de gendarmes mobiles de la brigade Leclerc au Kossovo, puis le groupement blindé de gendarmerie mobile de Satory, près de Versailles de 1997 à 2001, puis la légion de gendarmerie de Bretagne (2001-2003) avant d’occuper la direction de la gendarmerie outre-mer de 2007 à 2010.

De beaux parcours certes, mais objecteront les partisans de la thèse du limogeage, qui ne les plaçaient pas en troisième position dans la hiérarchie de la gendarmerie nationale, fusse une position officieuse.

FXG, à Paris

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Lundi 4 août 2014 1 04 /08 /Août /2014 06:00

 

La poésie antillaise au festival des Voix vives de la Méditerranée

Maximin-Dracius-Burgos-2.jpgAu milieu d’une pléthore de poètes de la Méditerranée, Maximin et Dracius sont venus porter à Sète (Hérault) leur héritage césairien tandis que l’éditeur Desnel offrait un double regard sur les situations postcoloniales des Antilles et de l’Algérie.

La figure tutélaire d’Aimé Césaire trônait place du Pouffre, au cœur de Sète, à l’occasion des Voix vives, festival de la poésie méditerranéenne, fin juillet. La ville natale du poète et philosophe Paul Valéry et de Georges Brassens était soudain investie par une centaine de poètes, avec en tête d’affiches pour cette édition 2014, des artistes comme Juliette Gréco chantant Brel, Sapho, Grand Corps Malade aux côtés d’auteurs émergents de la poésie contemporaines. Parmi eux, le Guadeloupéen Daniel Maximin et la Martiniquaise Suzanne Dracius, emmenés par l’éditeur martiniquais Jean-Benoît Desnel.

Sur le podium de la place des livres, lundi 21 juillet, ces deux poètes, qui tous deux ont bien connu Aimé Césaire, ont débattu sous la houlette du poète colombien, Enan Burgos, pour dire qu’il existe une relève césairienne et affirmer une présence caribéenne en Méditerranée. Enan Burgos, le Colombien, rappelle que les poètes sud-américains et caribéens ont aussi traversé l’Atlantique pour dire que les problématiques postcoloniales existent aussi chez eux, jetant un pont avec le monde de la Méditerranée du sud : « Ils sont l’affirmation d’une identité, d’une liberté malgré les carcans totalitaires et postcoloniaux de l’Amérique centrale et du Sud, qu’ils partagent avec le Maghreb. »

Anamnésis

Deux jours plus tard, la boucle était bouclée autour d’un débat autour du numéro zéro de la revue Anamnésis, « L’An II du cinquantenaire de l’indépendance algérienne - Regards des Outre-mer français » (éditions Les Presses d’Outre-mer).

Cette fois, face à Suzanne Dracius, une poétesse et calligraphe kabyle, Salima Aït-Mohamed.La table ronde intitulée « Algérie… paroles au féminin pluriel ! » a permis de présenter à un public curieux et souvent intrigué de ce pont jeté entre les Antilles, la Réunion et l’Algérie, des personnalités telles que Césaire, Glissant, Fanon, Cabort-Masson, Rupaire, Béville alias Paul Niger, et à la Réunion les frères Jacques et Paul Vergès, mais aussi des interventions de Benjamin Storasur la position des intellectuels antillo-guyanais face à « la guerre sans nom ». La revue est bouclée par un regard au féminin pluriel autour du tableau de Delacroix, « Femmes d’Alger dans leur appartement » que Suzanne Dracius détourne en « Femmes d’Alger dans leur dévoilement ». Un dévoilement littéraire, poétique, religieux et politique…

« Toutes ces régions ont des histoires communes avec la France, dans une écriture, une émancipation postcoloniales. Ca nous rejoint, même si nous sommes encore des départements français car nous sommes toujours dans l’écriture en pays dominé pour reprendre une formule de Patrick Chamoiseau », témoigne Jean-Benoît Desnel. La revue Anamnésis veut s’inscrire dans la lignée des éditions Maspero ou Présence africaine.

FXG, à Sète


Martinique française et Algérie algérienne vue par deux femmes

Salima-Ait-Mohamed-Suzanne-Dracius.jpg« Seule l’avancée de la laïcité peut éviter un Etat islamique et totalitaire. » C’est la grande leçon de cet échange entre la Martiniquaise, Suzanne Dracius et Salima Aït Mohamed, poétesse et calligraphe kabyle, « Les éléments les plus positifs de la révolution algérienne, déclare cette dernière, ont été capturés par des pouvoirs qui ne s’en soucient pas. Malgré quelques réformes du code la famille, les femmes restent dans une situation difficile dans la société. » Si la Martinique n’a pas décroché l’indépendance dont certains rêvaient à l’aube des années 1960, l’Algérie serait ainsi passée du joug colonial au joug religieux à cause de l’absence de la laïcité.

« L’Algérie a gagné son indépendance, mais je préfère l’évolution de ma condition féminine en tant que martiniquaise française, avance Suzanne Dracius. J’aurai vécu la révolution algérienne, je me sentirais aujourd’hui trahie. » Deux femmes poètes, l’une algérienne, l’autre algérienne, constatent chacune un demi-échec, un chemin à moitié parcouru. La Martinique n’est pas indépendante, l’Algérie l’est. Dracius s’affirme comme une femme indépendante, Salima Aït Mohamed doit encore se battre contre les hommes… « Césaire, au moment du 60e anniversaire de la départementalisation, reconnaissait selon Suzanne Dracius, son imperfection, mais se disait prêt à la refaire. Salima Aït Mohamed est satisfaite d’appartenir à un pays décolonisé, mais, dit-elle, « ce serait naïf que de ne pas reconnaître aussi un échec ». « C’est éventuellement moi, reprend Suzanne Dracius qui écrit en pays dominé et Salima qui écrit en pays libre, postcolonial. Mais l’une comme l’autre, nous relevons la tête en osant parler, écrire. » A l’automne, ce regard croisé devrait se renouveler à l’Institut du monde arabe, à Paris.

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Jeudi 31 juillet 2014 4 31 /07 /Juil /2014 08:46

Deux guyanaises récompensées aux Talents des cités

Wilma-au-centre-foire-de-Paris.jpgDaïana Balkissoon et Wilma Saint-Cyr ont été récompensées par le jury des Talents des cités. La première, dans la catégorie création, reçoit 2000 euros ; la seconde, dans la catégorie émergence, 1000. Elles ont en commun d’être passée par la foire de Paris.

Daïana Balkissoon a créé  en août 2012, à Saint-Laurent-du-Maroni, son entreprise, Ouest fleurs.

La jeune femme a d’abord passé un bac professionnel de production horticole et un BTS assistante de gestion, puis elle a travaillé dans le secteur de la production maraîchère et florale en France, Hollande et Australie avant d’occuper les postes d’assistante de gestion et de conseillère commerciale en Guyane.

C’est lors d’une participation à la foire de Paris où elle vendait des fleurs tropicales, qu’elle a pris conscience de l’attrait du public pour ces plantes et de l’importance de ce marché.

Elle décide alors de se lancer et de mettre à profit ses connaissances et son expérience en horticulture pour moderniser la production locale de fleurs.

Dès lors, elle produit des orchidées, des anthuriums et autres fleurs tropicales dans sa pépinière et les vend dans sa boutique à Saint-Laurent et les grandes surfaces de la ville…

Si les fleurs ont réussi à la première, ce sont les gateaux qui ont réussi à Wilma Saint-Cyr (au centre de la photo, lors de la dernière foire de Paris).

Formée aux métiers du secrétariat et de la vente, Wilna a travaillé dans la vente avant d’orienter sa carrière professionnelle dans le domaine de l’animation au sein d’associations cayennaises.

Passionnée de pâtisserie depuis l’adolescence, Wilna n’aime rien tant que de préparer des gâteaux, avec une prédilection pour la pâtisserie traditionnelle créole.

Encouragée par son entourage, elle a décidé de mettre à profit son savoir-faire pour lancer son entreprise au printemps 2014, Les délices de Wiwi. Ses petits fours sucrés ou salés, ses gâteaux, ses pains pour des buffets, cocktails ou toutes autres occasions ont pu être appréciés lors de la dernière foire de Paris où elle a emmené avec elle des jeunes des cités de Cayenne. En Guyane, c’est sur les marchés qu’elle écoule sa production.

Désormais, Daïana et Wilma sont en lice pour la finale nationale des Talents des cités.

FXG, à Paris

 

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Jeudi 31 juillet 2014 4 31 /07 /Juil /2014 07:15

Danican éblouit Jennifer Hudson

Danican-model-10.jpgLe Mornalien Franck Danican a encore brillé le 12 juillet dernier à New-York où il a été l’une des vedettes d’un défilé de mode haute couture réunissant plus de 40 créateurs et 250 modèles. Toujours inspiré par Claude Montana ou Alexander Mc Queen, visant l’élégance, la transformation, le glamour et le sexy (« même si c’est osé », précise-t-il), il travaille uniquement des matières nobles : l’organza, les dentelles, le cuir, le crêpe de Chine et la soie. Ses modèles sont presque déshabillés sans pour autant être vulgaires. L’actrice afro-américaine, Jennifer Hudson, oscarisée pour son second rôle dans Dreamgirls, a adoré sa collection. Franck a démarré son défilé avec les trois couleurs du drapeau français, puis ont suivi les tenues entièrement noires. « J’ai voulu montrer le drapeau français, mais aussi montrer que les êtres humains sont tous semblables, qu’il n’y a pas de couleurs. » Danican-model-7.jpgMême sa robe de mariée était noire : « Elle pourrait être de n’importe quelle couleur ; les choses changent et la vie avance ! » Le créateur guadeloupéen privilégie les tissus unis qui mettent en valeurs « les transformation et les coupes », surtout avec des matières riches. Son style, c’est lui et pour l’affirmer, dans le dos de chacun de ses vêtements il y a un D, une découpe en forme de D.

Si ses modèles sont évidemment taille mannequin, le Guadeloupéen s’intéresse aussi aux femmes rondes. Certaines sont venues le voir à l’issue du défilé. L’une lui a promis : « Je vais maigrir pour rentrer dans tes vêtements. » Une autre lui a demandé d’ouvrir sa gamme aux femmes fortes. « C’est touchant », témoigne-t-il.

Numéro trois du défilé, Franck a pourtant eu très peur quand il a vu que son nom et sa fiche ne figuraient pas sur le programme… « C’était un peu compliqué… Je me suis dit : Non !... » Et puis, le speaker a annoncé : « Franck Danican, fashion designer, french from Guadeloupe ! » Et la musique de « White and black bues », le titre composé par Serge Gainsbourg pour Joëlle Ursull, a retenti, Franck a soufflé : « C’est bon, la Guadeloupe est là ! »

Il est reparti avec le titre du fashion show le plus aimé et le plus sexy. « Ma mère aurait secoué la terre entière pour être au premier rang, mais la vie… », dit-il avec une once de regret.

FXG, à ParisDanican-model-8.jpg

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Mardi 29 juillet 2014 2 29 /07 /Juil /2014 08:14

 

Les déclarations de revenus et d’intérêt de nos parlementaires

declaration-jalton-FX_2182.jpegEric Jalton s’est singulièrement fait remarquer en remplissant sa déclaration d’intérêt et d’activité au titre de son mandat de parlementaire. Ces déclarations que doivent remplir tous les parlementaires auprès de la Haute autorité de la transparence de la vie publique comportent les revenus, salaires et participations sociales éventuelles de nos élus (http://www.hatvp.fr). Ainsi, à l’exception de Victorin Lurel dont la déclaration reste attendue (mais il l’avait remplie au titre de ministre), on peut prendre connaissance de celles de nos députés et sénateurs. La fiche d’Eric Jalton a été épinglée par de nombreux média (France 2, Libération, Le Monde…). Non pas que ses déclarations de revenus soient extravagantes, mais à cause du peu de soin  que le député maire des Abymes semble y a voir porté, révélant par là une forme d’agacement devant ce formulaire indiscret à remplir ! Eric Jalton s’identifie comme « dentiste à temps très partiel » et entoure la mention « rémunération ou gratification perçue », y ajoutant un point d’interrogation pour préciser que son cabinet est en déficit de 70 000 euros. Pour le reste, il déclare 2 246 euros par mois comme vice-président de l’agglomération Cap Excellence en plus de ses indemnités de maire et de député. Pas de quoi en faire un fromage !

FXG, à Paris


En guyane

Les déclarations des sénateurs Georges Patient et Jean-Etienne Antoinette et des députés Chantal Berthelot et Gabriel Serville sont désormais en ligne. Rien de saillant du côté de nos élus. Georges Patient déclare, outre ses indemnités de sénateur 2150 euros par mois comme maire de Mana. Jean-Etienne Antoinette ne précise pas le montant de ses indemnités de maire de Kourou (jusqu’en mars dernier), mais déclare que sa fonction de président de la Société immobilière de Kourou (SIMKO) était bénévole. Gabriel Serville déclare qu’il touchait 5200 euros comme proviseur avant son élection en juin 2012, mais il ne précise pas le montant de ses indemnités de maire de Matoury depuis son élection en mars. Quant à Chantal Berthelot, elle n’a rien à déclarer en sus de ses indemnités de députée.


En Martinique

Alfred Marie-Jeanne, retraité, n’a que ses indemnités de députés à déclarer. Bruno-Nestor Azerot fait l’impasse sur le montant de ses indemnités de maire de Sainte-Marie. Jean-Philippe Nilor déclare ses revenus antérieurs d’assistant parlementaire (2400 euros par mois) et de conseiller régional (1300 euros) et ses revenus actuels de conseiller général (1400 euros), en sus de ses indemnités de député. Serge Létchimy déclare ses revenus de président de Région (2300 euros) et précise que ses activités de pdg de la SEMAFF, jusqu’en 2013, étaient bénévoles. Quant à nos sénateurs, Maurice Antiste ne juge pas utile de préciser le montant de ses indemnités de maire du François, et Serge Larcher est le seul qui prend la peine de préciser le montant de ses indemnités de parlementaire : 5377.99 euros mensuels.

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