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27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 05:22
Au 33 de la rue Blomet dans le 15e arrondissement

Au 33 de la rue Blomet dans le 15e arrondissement

Guillaume Cornut relance le bal de la rue Blomet

Le bal de la rue Blomet, plus connu dans les années fo;les sous le nom du "bal nègre" à Paris, a rouvert ses portes mardi soir. Racheté par Guillaume Cornut en 2015, ce dernier a réhabilité de bâtiment pour qu'il retrouve son architecture d'origine. Il y a deux mois environ, l'annonce de cette réouverture sous le nom de bal nègre a fait l'objet d'une polémique. Le Conseil représentatif des associations noires (CRAN) a soutenu la pétition lancée par Rokhaya Diallo et finalement, Guillaume Cornut a renoncé à ce nom pour rendre à l'ancien établissement où a longtemps officié Ernest Léardée son nom d'origine : le bal de la rue Blomet.

Guillaume Cornut a chois de confier la programmation musicale au chanteur compositeur Yanowski pour les six prochains mois et annonce du cabaret, du tango, du swing, de la musique classique, de la comédie musicale, des nuits de jazz et de la chanson, mais aussi des dimanches matins dédiés à l’histoire de l’art...

A noter que pour le jour de l'inauguration, le bal Blomet a accueilli parmi ses invités Bryan Bouillon Baker, l'un des douze enfants de Joséphine Baker.

FXG, à Paris

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26 mars 2017 7 26 /03 /mars /2017 05:48
Crise en Guyane

Ericka Bareigts, ministre des Outre-mer

"La solution n'est dans la venue d’un ministre en particulier"

Vous acceptez d'envoyer une mission en Guyane comme le réclamaient les manifestants. Qu'est-ce qui vous a fait changer d'avis ?

Ce n’est pas changer d’avis, c’est être dans l’écoute constructive des demandes des Guyanaises et Guyanais. Mon premier réflexe a été de les inviter pour travailler à Paris en lien avec les ministères concernés. Les parties prenantes ont souhaité que les discussions se déroulent en Guyane et cette demande est légitime. Animés par un esprit d’écoute et d’apaisement, nous avons décidé en relation avec le Premier ministre d’envoyer cette mission interministérielle de haut niveau pour venir au contact de tous les acteurs.

Aucun ministre ne fait partie de la délégation. Ne risquez-vous pas de les décevoir ?     

Je ne pense pas que la solution soit dans la venue d’un ministre en particulier. Ce que je veux, c’est que nous soyons efficaces pour les Guyanais. Il nous faut donc dans un premier temps faire le point sur les demandes exprimées. Il y a de nombreux points de divergence entre les différentes parties prenantes et nous avons besoin de davantage de clarté. Cette mission nous apportera les réponses requises. Elle permettra dans un deuxième temps de traduire opérationnellement ces demandes. Nous avons besoin de cette démarche au préalable pour prendre les meilleures décisions possibles pour la Guyane. Le travail de terrain sera traduit en mesures concrètes. C’est comme cela que nous pourrons construire l’avenir de la Guyane : en avançant avec méthode, pragmatisme et détermination.

La Croix-Rouge pourra-t-elle vendre le CMCK à Rainbow Santé ou à un autre opérateur à but lucratif ?

Tout d’abord, je sais que le CMCK a besoin du soutien de l’Etat et je veux être claire sur ce point : l’Etat le soutiendra. Nous sommes attachés à construire une offre de soins adéquate et ambitieuse pour tout le bassin de population de Kourou.  J’ai également entendu la demande des collectifs qui demandent la suspension du projet de cession par la Croix-Rouge du centre hospitalier de Kourou. C’est pourquoi je me suis mobilisée auprès de la Ministre de la Santé, Marisol TOURAINE. Ensemble, nous avons alerté le Conseil d’administration de la Croix-Rouge et réussi à ce que la cession soit suspendue. Nous pouvons tous nous en féliciter !

Pourquoi ne pas accorder à l'hôpital de Cayenne la subvention réclamée par certains syndicats et organiser un Copermo, dont ils redoutent qu'il s'accompagne de réductions de moyens ?
Mais c’est tout le contraire ! Face aux difficultés financières rencontrées par l’hôpital de Cayenne, des aides exceptionnelles ont d’ores et déjà été débloquées. De plus, Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, suit avec la plus grande attention le dossier de l’hôpital de Cayenne pour lequel une enveloppe supplémentaire est demandée et sera examinée au COPERMO du 28 mars.

En matière d'éducation, quels moyens pouvez-vous accorder en matière de construction d'établissements scolaires, de places d'internat et pour le transport ?

D’ores et déjà, 10 millions d’euros par an sont consacrés à la construction d’établissements scolaires du 1er degré. En outre, face à la situation d’urgence concernant les collèges et les lycées, une aide exceptionnelle sera débloquée. Une 1ere enveloppe de 60 millions d’euros a été mise en discussion dans le cadre du Pacte d’avenir. Toujours dans ce Pacte, la création d’un internat pour les enfants du fleuve est envisagée. Je crois qu’il s’agirait d’un progrès important pour ces enfants !

Ceux-ci dénoncent les délais de paiement particulièrement longs de la part des collectivités et services de l'État. Envisagez-vous de les réduire et, si oui, comment ?

Aujourd’hui, l’Etat paie les entreprises en temps et en heure et j’y veille. Pour les collectivités territoriales en situation difficile, nous nous mobilisons afin que l’Etat puisse leur venir en soutien. Dans le cadre de la Loi de Finances 2017, j’ai veillé à ce qu’une enveloppe spécifique soit affectée à l’accompagnement des collectivités en difficulté financière. De plus, l’aide exceptionnelle demandée pour le Centre hospitalier de Cayenne devra servir à payer les fournisseurs locaux. Enfin, je souhaite rappeler une grande avancée portée par la Loi Egalité Réelle Outre-mer : grâce au dispositif de Stratégie du Bon Achat (SBA), un tiers des marchés publics sera réservé aux TPE et PME locales. Je suis Ultramarine : je sais que ce sont ces petites et moyennes entreprises qui font l’activité économique de nos territoires. La commande publique doit donc soutenir leur activité.

Certaines propositions du Pacte d’avenir, comme la 2x2 voies entre Cayenne et Macouria, figuraient déjà au contrat de plan Etat-Région. N’êtes-vous pas en train de promettre des choses qui, de toute façon, étaient déjà actées ?

Rappelons ce point essentiel : la logique du Pacte d’avenir est de donner un calendrier d’action pour l’Etat. L’inscription de ce projet dans le pacte d'avenir va permettre sa prise en compte budgétaire et son plan de financement pluriannuel. Par ailleurs, la 2x2 figurait bien, vous avez raison, dans le contrat de plan Etat-Région mais que serait-elle sans le doublement du pont du Larivot que j’ai fait inscrire dans le Pacte d’avenir ?
S'agissant des agriculteurs, quand les versements du Programme de développement rural de la Guyane seront-ils effectués ?

J’ai décidé, en lien avec la direction centrale de l’Agence des Services et de Paiement, de mettre en place une mission d’appui et d’expertise qui sera déployée sur place, en Guyane, dès la semaine prochaine. Vous le voyez, je veux aller vite ! Cette mission permettra d’accélérer le traitement des dossiers européens. De plus, concernant les pêcheurs - car cette question est toute aussi importante – la mise en paiement effectif des dossiers est intervenue avant-hier, le 23 mars. Vous le voyez, sur tous les sujets, je souhaite que le gouvernement soit aux côtés des Guyanaises et Guyanais. Vous pouvez compter sur notre détermination.

Propos recueillis par France-Guyane (avec FXG)

http://www.franceguyane.fr/actualite/une/une-delegation-interministerielle-arrive-340518.php

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25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 07:53
http://www.lesilesdeguadeloupe.com/tourisme/fr-fr/Encyclo#/

http://www.lesilesdeguadeloupe.com/tourisme/fr-fr/Encyclo#/

Le CTIG prend le virage digital

Finie la multitude de sites (agences, compagnies aériennes, locations de voitures, hébergements, restaurants, activités de loisirs), le CTIG propose depuis huir sur son site une plateforme numérique unique pour préparer et acheter ses vacances o péyi !

Comment rendre la Guadeloupe visible sur la terre entière, comment permettre aux consommateurs de devenir des prospects, des clients et des prescripteurs ? Bien sûr le web est depuis longtemps déjà l'outil essentiel de la promotion touristique puisque le e-tourisme représente déjà 28 milliards d'euros en France. Et 40 à 45 % des gens utilisent le Net pour "booker" la totalité de leur voyage. C'est sur cette dynamique que le Comité du tourisme des îles de Guadeloupe entend surfer pour améliorer les performances et l'attrait de la destination. Pour cela, le CTIG a développé avec l'entreprise américaine Mc Cann un écosystème digital et technologique inédit (avant même Porto-Rico et les Bahamas qui sont aussi dessus). Le principe, c'est un site unique qui permet tout à la fois de visiter virtuellement l'archipel par le biais d'un film interactif qui met en scène un guide touristique (l'acteur Jean-Louis garçon) ou par le biais de de l'encyclopédie interactive (Guadeloupédia). Ainsi l'internaute peut explorer et évaluer l'ensemble des offres touristiques, mais aussi réserver et payer son vol, son hébergement, sa location de voiture mais également ses activités de loisir et ses adresses de restauration.

Car la plateforme s'ouvre aussi à tous les professionnels qui peuvent y publier leurs offres, leurs tarifs, leurs disponibilités, leurs promotions et encore les avis de leurs clients. Même les petits opérateurs de tourisme absents de la toile y ont accès.

Prochaine présentation à New York

Pour lancer cette nouvelle plateforme numérique, le président Ary Chalus, celui du CTIG, Louis Molinié, et son directeur général,, Willy Rozier, ont participé jeudi à Paris à la présentation de leur bébé "magique". "Data is gold", a vanté François Tastet de Mc Cann, qui a développé la plateforme. Sur le modèle des algorythmes de facebook, à l'issue de la visite virtuelle, l'internaute reçoit des propositions sensées coller à son profil. Plus largement, les prestataires seront aussi informés des tendances des consommateurs (plage et soleil, tourisme vert, activités nautiques, culture...). Toutes ces données permettront à l'ensemble des acteurs de la destination d'ajuster son offre aux tendances du moment.

Aujourd'hui, le CTIG a pris de l'avance technologique, mais il compte bien l'accentuer encore. La version 2 devrait sortir avant la fin de l'année et la version 3 est déjà en chantier (elles existeront aussi en anglais). Elle devra intégrer les autres secteurs d'activité comme le commerce, l'artisanat, les services y compris l'art. "On va atteindre tout ce qui se produit en Guadeloupe, explique Willy Rozier, et tout ce qui permet à l'économie d'être plus performante."

Après Paris hier, le CTIG présentera sa nouvelle plateforme à New York.

FXG, à Paris

http://www.lesilesdeguadeloupe.com/tourisme/fr-fr/film-interactif

Une campagne TV et facebook

Pour faire connaître ce nouvel outil aux internautes, le CTIG, s'inspirant du jeu "pokemon go" lance une campagne nationale sur facebook et à la télé (France TV et BFM TV) qui met en jeu 100 billets d'avion sur Air Caraïbes et 30 forfaits B&You 30 GO de Bouygues télécom. L'enjeu, gagner à travers un processus de géolocalisation des "gwada points" disséminés dans 35 villes de l'Hexagone Les "gwada points" seront ouverts du 24 mars au 27 avril.

Un écosystème digital comme un label

Il a fallu deux ans de recherche et de développement et 3 millions d'euros d'investissement dont 1,2 pour le CTG, pour arriver à obtenir ce produit. "Jamais une destination dans le monde ne s'était penchée sur un tel projet, explique Willy Rozier. Aujourd'hui, nous sommes les premiers." Un peu plus de 500 professionnels ont déjà signé un contrat de partenariat avec le CTIG. "Nous embarquons un peu plus de 150 professionnels par jour et il sont environ 6000 en Guadeloupe." Selon le président Chalus, le terme d'écosystème fait aussi bien référence à celui du tourisme avec ses hôtels et ses plages, qu'à la biodiversité... "C'est un nom que j'ai choisi, conclut le président, pour que ce soit le label."

Trois questions à Louis Molinié, président du CTIG

"C'est comme un supermarché"

Quel est le principe de cette plateforme numérique ?

Le principe de ce film interactif, c'est comme un supermarché où vous allez tout trouver. Tous les socio-professionnels du tourisme y seront pour vendre leurs produits, leurs villas de luxe, leurs randonnées à pied ou en jetski... Ce sont eux qui vont vendre leur image.

Concrètement, comment on fait ?

Le touriste va cliquer, se balader et aura le choix. Il n'aura plus besoin d'aller sur plusieurs sites. Tous les choix seront sur ce seul site et le touriste pourra acheter tout son voyage avec ses activités. Il fait son parcours et son marché.

Quels retours en attendez-vous ?

Nous attendons d'abord une extension de la période touristique et aussi que le touriste dépense un peu plus. Actuellement, un touriste dépense 80 euros par jour, nous visons 100 euros. En termes de nombre de touristes, actuellement nous en sommes à 800 000 et d'ici l'année 2020, nous espérons atteindre le million.

ITW Ary Chalus, président de la Région

"Nous visons la création d'un millier d'emplois chaque année"

Pourquoi avoir investi 3 millions dans ce projet ?

Ce qui est important, c'est de donner des informations à la population française et par la suite au niveau international sur ce qu'est la Guadeloupe, ce qu'on peut y trouver pour pouvoir augmenter le nombre de touristes. Ca coûte cher, mais je suis sûr que nous aurons un bon retour sur investissement car ce projet va permettre de créer des emplois pour nos jeunes. Nous avons l'objectif de toucher le million de touristes et cela va augmenter notre produit intérieur brut, donc nos recettes et participer à la création d'emplois. Nous visons la création d'un millier d'emplois chaque année.

Est-ce que cela va changer pour l'image de marque de la Guadeloupe e matière de visibilité ?

Déjà, faire mieux connaître la Guadeloupe, puisque beaucoup parlent de la Guadeloupe mais sans savoir ce qu'elle a à offrir. Aujourd'hui, ça permet d'être mieux connus mondialement, que les touristes de l'Inde et de l'"Amérique viennent chez nous. Plus nous aurons de touristes, plus nous aurons d'embauches. Aujourd'hui, je peux dire qu'Air Caraïbes est en train de recruter 200 personnes. Si cette compagnie recrute aujourd'hui, c'est parce qu'il y a une demande ! Le tourisme doit être pour nous le premier créateur d'emplois.

D'un point de vue pratique, quelle est la valeur ajoutée de cette plateforme digitale ?

Je prends un exemple : ceux qui proposent de la plongée sous-marine ou du jetski pourront se mettre sur le site pour se faire connaître et rendre accessible leurs offres aux réservations. C'est un plus pour la Guadeloupe et c'est une première.

C'est aussi une ouverture à l'international...

Nous avons déjà des touristes qui viennent de l'étranger et qui ont des difficultés à savoir ce qui existe. D'ailleurs, dans le cadre du plan 500 000 formations, nous avons mis en place un gros volet de formation à l'anglais ^pour que nous puissions parler anglais en Guadeloupe, mais également en espagnol. Tout cela à des fins touristiques.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 06:54
De La Sakay à La Carapa, 52 minutes, Laterit productions avec France Télévisions

De La Sakay à La Carapa, 52 minutes, Laterit productions avec France Télévisions

Un film sur les Réunionnais de Guyane

Olivette Taombé, cinéaste réunionnaise d’origine malgache, vient de réaliser une documentaire sur une nouvelle tranche d'histoire ultramarine méconnue. Elle s'est intéressée à ces 200 familles réunionnaises parties avec le Bureau du développement agricole s'installer à La Sakay (Madagascar) dans les années 1950 et qui en ont été chassées lors des événements de 1975 qui consomment la rupture de la Grande île avec la France. Le gouvernement rapatrie ses ressortissants dans l'Hexagone. "je suis arrivé à La Sakay vers 6 ans et je suis parti quand j'avais la vingtaine", témoigne Henri-Charles Gabriel. Les Réunionnais de Madagascar quittent l'île une main devant, une main derrière pour trouver un accueil dans des camps de rapatriés dans l'Hexagone. "90 familles ont tout perdu, raconte Colin Lebeau. il y a eu aussi des suicides." L'Etat propose à 300 familles de partir s'installer en Guyane. En échange de leurs fermes perdues à Madagascar, on leur promet d'en retrouver une autre là-bas. La Guyane compte alors à peine 25 000 habitants et il y avait tout à faire. 5 familles seulement acceptent l'offre du gouvernement. Elles débarquent à la Carapa sur la commune de Macouria. Mais la désillusion est cruelle. Non seulement, ils doivent tout reconstruire en pleine forêt, loin de l'eau courante et de l'électricité. "C'était la grosse galère, témoignent Henri-Charles et Colin. En guise de la ferme clé en main promise, ils trouvent de la boue, de la mangrove, de la forêt... Et ce qui devait être un échange devient une obligation de prêt bancaire...

Aujourd'hui, la communauté réunionnaise de Guyane est estimée de 500 à 1000 personnes. "On s'est bien guyanisé, raconte Colin. Pour autant, ces familles continuent dans leurs cercles privés de parler et manger réunionnais.

Le film d'olivette Taombé a été présenté en exclusivité à l'Encre de Cayenne le 15 février dernier. En attendant une diffusion à la Réunion.

FXG, à Paris (avec France-Guyane)

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25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 06:29
Le projet d'implant connecté des Martiniquaises a obtenu la faveur du jury

Le projet d'implant connecté des Martiniquaises a obtenu la faveur du jury

Les Martiniquaises lauréates du challenge Innovatech

Les étudiantes et lycéennes martiniquaises, finalistes en février dernier des sélections régionales, ont remporté le challenge national "Innovatech", mardi au ministère de l'Economie et des Finances. Leur projet de médecine du futur, "Angelmedimetric", a obtenu les faveurs du jury qui avait le choix entre les projets des équipes de Bretagne, Guadeloupe, Ile de France, Languedoc Roussillon, Lorraine, Martinique, Normandie et Picardie. Marinette Torpille, conseillère exécutive de la CTM en charge du développement économique était là pour soutenir ses compatriotes.

Malou Mireur et Najade Canevy, étudiantes en prépa BPCST au lycée de Ducos, Stéphanie Pintor, étudiante en BTS TP 1 au lycée Bissol, Emeline Sagabiot et Héloïse Marie-Reine, élèves de terminale au lycée La Jetée du François, et Gilda Belrose, leur marraine ingénieur au CHU de Fort-de-France, ont développé un implant connecté (au niveau de la cuisse) qui permet une surveillance médicale en temps réel (glycémie, rythme cardiaque, gaz respiratoires...) et prodigue des conseils voire prévient lui-même les secours en cas d'urgence. Ce projet a été préféré au multi e-patch médical connecté de l'équipe montpelliéraine ou encore à l'appli "Green buterfly" de l'équipe guadeloupéenne pour développer l'écotourisme.

Le challenge Innovatech est organisé par l'association "Elles bougent". Il a pour but d'inciter les lycéennes et étudiantes à choisir la voie de l'ingéniorat où les femmes ne représentent que 21 % des effectifs. "Je vous enjoins de devenir les prix Nobel de demain", a lancé la présidente de l'association, Marie-Sophie Pawlak.

FXG, à Paris

Les Guadeloupéennes et leur appli "green butterfly"

Illana Piton et Williane Ségor, élèves de terminale, Alicia Babouram et Katrina Gavarin, étudiantes en BTS, toutes du lycée Faustin Fléret de Morne-à-l'Eau, et leurs marraines, Jessica Julan et Aline Rosolen, ont présenté une application pour smartphone "green butterfly", destinée à faciliter l'écotourisme. "La Guadeloupe, ça marche en vert", ont expliqué les filles avant de se livrer à une petite chorégraphie du plus bel effet. Ca n'a hélas pas suffi à convaincre les jurés qui ont préféré récompenser le projet des Martiniquaises.

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25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 06:26
Un prix américain pour un médecin chercheur réunionnais

Un american society of transplantation award pour le Dr. Alexandre Loupy

Le Réunionnais Alexandre Loupy, médecin néphrologue, maître de conférences des universités et praticien hospitalier au service de transplantation rénale de l'hôpital Necker à Paris, a obtenu le prix de la Société américaine de transplantation. Ce prix n’a jusqu'alors jamais été décerné à un non Américain depuis sa création il y a 14 ans.

Depuis 2013, Alexandre Loupy a publié une série d'articles dans les plus grandes revues scientifiques internationales (Lancet, New England journal of medicine, British medical journal, Journal of american society of nephrology) sur la decouverte de nouvelles formes de rejet des greffons par les anticorps ou encore l'amélioration du diagnostic du rejet rénal et cardiaque... La concrétisation de ses découvertes a été marquée par l’adoption dans la classification internationale du rejet de 2 nouvelles maladies (le rejet vasculaire médié par anticorps et le rejet humoral infra clinique) et de l’adoption par la communauté scientifique de l’analyse des gènes dans le greffon. "Ceci explique le jeune chercheur, a conduit à un changement des pratiques cliniques de greffe dans le monde et a conduit le National institutes of health et la Food and drug administration à me solliciter comme expert européen dans la transplantation d’organe."

Son prix lui sera remis à Chicago le mardi 2 mai prochain.

FXG, à Paris

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24 mars 2017 5 24 /03 /mars /2017 13:41
Lisette Malidor, une vie

Lisette Malidor, 73 ans, est née à Saint-Joseph où la meneuse de revue et comédienne a vécu jusqu'à l'âge de 14 ans. Cette interview doublée d'un portrait a été publiée dans France-Antilles Martinique le 8 mars dernier à l'occasion de la journée de la femme. (photos Alfred Jocksan)

"J'étais un petit animal un peu sauvage"

Qui étaient vos parents ?

Ma mère était couturière et a eu huit enfants. Elle se métamorphosait à chaque instant, passait de la négritude à l'Indienne... Son sang était tel un fleuve qui changeait de couleur... La peau, les cheveux, les yeux, c'était extraordinaire chez ma mère ! Mon père a fait partie des premiers à transporter la banane en France. Il avait beaucoup de talent, mais c'était un Martiniquais (rires), un coq martiniquais ! On pouvait lui ôter le pain de la bouche, mais impossible de lui enlever sa pochette de sa chemise. C'était un élégant qui portait des vêtements kaki repassés par ma mère. Il ne disait mot, mais son regard disait tout...

Comment la toute jeune fille que vous étiez a pensé à quitter son île natale ?

J'avais une tante qui s'appelait Dalise et qui avait eu l'occasion de connaître la France dans sa jeunesse pour y travailler. Quand elle en est rentrée, elle était déjà âgée, elle nous racontait l'histoire de sa vie en France et nous disait que là-bas, il y avait un doigt qui montrait le chemin... Cette image m'est restée dans la tête et j'ai toujours eu envie d'aller en France parce que j'avais ce doigt devant moi.

Dans quelles avez-vous débarqué dans l'Hexagone au début des années 1960 ?

A cette époque, la grande mode c'étaient des Françaises qui cherchaient des bonnes, des gardes d'enfant... Elles payaient le voyage pour ça. J'ai trouvé une famille (c'étaient des notaires) qui m'a fait venir à Pontoise pour m'occuper de leurs deux enfants. J'ai travaillé pour eux et remboursé mon voyage comme ça. J'arrivais dans cette petite province en hiver, avec une petite robe de couleur, sans manche. Je n'ai pas ressenti le froid tout de suite. J'ai passé alors un moment très difficile parce que je prenais conscience de cette nouvelle découverte de la France, de la vie... J'éprouvais un peu d'angoisse à me retrouver seule pour la première fois, loin de chez moi. Je suis vite partie à Paris chez un oncle qui a signé des papiers de prise en charge parce que je n'étais pas majeure et je suis allée voir des religieuses qui m'ont trouvé un travail chez un médecin. J'ouvrais la porte aux patients, je faisais le ménage... J'ai trouvé cette nouvelle famille comme ça. C'était formidable parce que ces gens étaient généreux dans leur façon d'être et c'est grâce à eux, peut-être, que je suis parvenue à faire de la coiffure et arriver là où je suis.

Comment êtes-vous devenue coiffeuse ?

La dame était très coquette et me demandait de la coiffer, ce que je faisais souvent. Elle était toujours très heureuse des coiffures que je lui faisais et c'est alors qu'elle m'a dit : "Vous devriez apprendre la coiffure." Mais, c'était très difficile pour moi deles quitter, de partir comme ça... Je n'avais pas de logement, pas de travail, rien du tout. Mais j'ai trouvé des gens qui m'ont donné une chambre de bonne contre quelques heures de ménage et je pouvais aller à l'école de coiffure et d'esthétique. J'ai fait l'école du Dr. Latour qui se trouvait sur les Champs-Elysées et quand j'ai eu mon diplôme, le vrai problème s'est présenté. Tant que j'étais au service des autres comme domestique, ça se passait très bien, mais le jour où j'ai voulu faire de la coiffure, ça devenait difficile parce que ça voulait dire être en contact avec les autres...

Vous avez alors découvert le racisme ?

Pour trouver du travail, j'allais tous les jours, très tôt le matin, dans les bureaux de placement. Ca a duré très longtemps. Tous les matins, j'y allais pour rien. Au bout d'un certain temps, on m'a donné des adresses de salons où je me rendais pour m'entendre dire : "Ce n'est pas ce que nous attendions." Ils ne voulaient pas de blacks. Mais je crois que chacun de nous dans la vie a une porte, un destin, une chance... Nous pouvons aussi avoir le malheur total, dans toute sa vie... Mais moi, j'ai eu de la chance car dans ce bureau de placement où j'allais tous les matins, est arrivé un homme qui cherchait une fille pour faire des shampooings et manucures dans un salon de coiffure du 16e arrondissement. Je vois encore ce monsieur, petit, presque chauve, autoritaire, Jacques Vallez, devant l'agent du bureau qui lui disait en me regardant : "Je suis désespéré parce que cette fille vient tous les matins chercher du travail et elle ne trouve rien." Jacques Vallez est venu vers moi et m'a dit : "Vous savez faire des shampooings ?" Je lui dit : "Oui et non, je sors d'école, je n'ai jamais travaillé..." C'était un lundi, jour de fermeture des salons ; un des employés de M. Vallez était tombé malade. Il m'a emmené, en métro, et nous sommes arrivés dans ce tout petit salon où il recevait de vieilles bourgeoises. Il s'est installé dans le fauteuil, a posé sa tête et m'a dit : "Vous allez apprendre à faire un shampooing." Il n'avait pas de cheveux et j'ai dû lui faire trois shampooings ! "Ca va aller, m'a-t-il dit, mais surtout, ne mouillez pas la robe des dames." C'était ma hantise ! Il m'a conseillé d'acheter une petite blouse blanche et j'ai commencé le lendemain. Quand les bourgeoises m'ont vu, elles n'osèrent rien dire parce que ce monsieur avait une très forte personnalité. Il était comme un père. Le midi, personne ne sortait ; il faisait cuire du riz dans une petite pièce au-dessus du salon et nous mangions toutes avec lui.

Et pourtant vous n'êtes pas restée...

La fille que je remplaçais a prolongé son arrêt de un à six mois. Quand elle est revenue, j'ai dû partir. Un représentant de shampooings Loréal est passé et il connaissait tous les salons. Il a parlé de moi et j'ai atterri à l'hôtel Normandie à Deauville pour la saison d'été, puis dans un salon de la rue Milton. Il était tenu par un Juif pied-noir communiste qui vendait l'Humanité dans le salon et tout les cadres du siège du parti communiste, voisin, venaient s'y faire coiffer. J'ai ainsi rencontré Georges Marchais mais encore le directeur du théâtre du Palais royal, Jean-Michel Rosière. J'ai assisté à nombre de discussions politiques dans ce salon avec des rasoirs qui sifflaient sur la tête des gens ! Je suis restée deux ans dans ce monde de fourmillement de gens divers, avec des pensées diverses, qui discutaient de politique et étaient complètement à gauche !

C'est là que votre destin a basculé ?

Dans ce salon,  venait un M. Leblanc, responsable d'une société qui s'occupait de tous les programmes et toutes les glaces de tous les théâtres de Paris dont le Casino de Paris qui venait d'être repris par Roland Petit et sa femme Zizi Jeanmaire. Et M. Leblanc me demande si je connaissais des jeunes qui voulaient aller vendre des programmes au Casino. Je me propose ; il me dit qu'il ne sait pas, qu'il va demander... Il revenait toujours sans réponse... Comme j'insistais, il m'a emmené avec lui pour me présenter au directeur. Il était midi. Le directeur m'a à peine regardé et a dit : "Bon, ça va, ça va aller..." Et c'est comme ça que je suis entrée au Casino de Paris, pour vendre des programmes. Pendant peut-être un an, j'ai travaillé la journée au salon et j'allais vendre des programmes le soir, habillée par Yves Saint-Laurent - il s'occupait de tous les costumes au Casino. Et quand je vendais le programme, il se passait déjà quelque chose avec le public dans le hall... Des gens me demandaient si j'allais faire un numéro sur scène ; je ne comprenais pas.

Comment êtes-vous passée du hall d'entrée à la scène ?

Roland Petit cherchait une fille mannequin nue pour sa revue. La fille qui devait faire ça n'était jamais là pour faire le spectacle... Ca devenait urgent de trouver quelqu'un. Je crois que Roland Petit a dû me cerner dans le hall puisqu'un jour, il m'a demandé de passer une audition. Je ne savais pas danser, mais ce qu'il voulait voir, c'était mon corps, comment j'étais faite... J'ai commencé à paniquer ; j'ai pensé à ma mère, à l'éducation que j'avais reçue... Jamais je n'avais montré mon corps nulle part. Mais ce que j'avais vu sur scène - la revue avait déjà commencé - n'avait rien de vulgaire. Il y avait des costumes, même s'ils étaient minimes. Roland Petit a bien vu que je n'étais pas professionnelle. Je n'avais rien d'une fille qui faisait du cabaret ; j'étais un petit animal sur la scène, un peu sauvage. Il m'a simplement dit : "Il va falloir beaucoup travailler." Mais il n'avait pas dit oui ni non, il m'avait vue, c'est tout. Et puis un jour, on m'a appelée, j'étais engagée. D'abord mannequin, puis j'ai beaucoup travaillé la danse. Dans la précipitation... J'ai toujours dû apprendre très vite pour travailler rapidement. Je ne crois pas avoir eu en Roland Petit un maître. Il ne m'a jamais formée, je me suis formée toute seule. Mais mon destin a commencé comme ça.

On vous a vite comparée à Joséphine Baker...

Quand j'ai commencé au Casino, la presse a parlé de la nouvelle Joséphine Baker. Mais Joséphine Baker était toujours vivante ! Elle était à ce moment là en situation difficile et la princesse de Monaco lui avait donné un logement parce qu'elle était à la rue. Grâce à Jean-Claude Brialy, à l'occasion de l'anniversaire du prince, Joséphine a pu monter une revue. Elle est alors monté à Paris voir Roland Petit pour lui proposer sa revue, là où elle avait débuté, au Casino après le théâtre des Champs-Elysées. Mais Roland Petit venait de commencer avec moi... "Ecoutez, lui a-t-il dit, j'ai Lisette, c'est difficile pour moi..." Il me semble que Roland Petit a fini par lui dire qu'il voulait bien de sa revue à condition que, en cas de pépin, je puisse prendre la relève parce que le spectacle doit continuer... Elle a du dire non puisqu'elle est partie à Bobino. Je ne l'ai rencontrée que plus tard, au Cirque d'hiver, où je faisais un numéro de trapèze et elle, un numéro avec un poney. Je suis allée la voir dans sa loge pour lui présenter des excuses, lui dire que je n'étais pour rien dans la proposition de Roland Petit. "Je sais, m'a-t-elle répondu, on compare toujours deux Noires." Peu après, elle m'a envoyé une lettre : "Chère Lisette, vous êtes mon enfant. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n'hésitez pas à venir vers moi..." Joséphine Baker était une femme qui voulait être la mère de tous les enfants du monde, mais je crois que moi, jeune, je l'ai transportée quelque part... Notre confrontation l'a portée car c'est la loi du métier : tant qu'on est encore là, on existe ! C'était un dédoublement. Jeune, elle avait représenté une vie extraordinaire et tout à coup, j'étais là aussi... Mais c'est la vie, la roue tourne... Mais, ça a été pour moi très agréable de la rencontrer.

Ca vous est arrivé plus tard de ressentir la même chose ?

Non pas encore, parce que je n'ai vu personne encore. Et puis, le music hall tel qu'il était à cette époque a disparu. Il n'y a plus de music hall ! Le Casino de Paris existe mais c'est un garage, les Folies bergères sont fermées. A mon époque, toutes ces boites marchaient ! C'était plein tous les soirs...

Et vous avez rencontré beaucoup d'artistes alors...

Au Casino de Paris, j'ai rencontré Serge Gainsbourg quand il est venu faire les musiques de la dernière revue de Roland Petit... Il a écrit des chansons pour moi, mais c'est Roland Petit et Zizi qui choisissaient tout. Les chansons qu'il a écrites pour moi, peut-être deux, je ne les ai pas chantées. Mais, puisque c'était une continuation de revue, j'ai chanté toutes les chansons qu'il avait écrites pour Zizi Jeanmaire ! J'ai aussi fait un voyage aux Antilles avec Henri Salvador. Nous nous étions rencontrés à la Martinique, c'était une star !

Vous avez été meneuse de revue au Casino, aux Folies bergères et au Moulin rouge...

J'ai commencé en 1970 au Casino et j'ai donné ma dernière revue au Moulin rouge en 1990, au moment de la guerre du Golfe.

Comment est survenu l'appel du théâtre ?

Lorsque je suis arrivée au Moulin rouge, j'ai souhaité très vite faire du théâtre et j'ai été approchée par une femme très connue, Anne Delbé, qui a  écrit sur Camille Claudel. Elle m'a proposée de jouer "La ville" de Paul Claudel. Les conditions étaient difficiles parce qu'elle n'avait pas d'argent. Elle avait monté un chapiteau sur la place devant Beaubourg et je jouais juste avant d'aller au Moulin rouge.

Et comment êtes-vous arrivée à faire du cinéma ?

Je ne me suis jamais considérée comme une actrice de cinéma. J'ai eu l'occasion de tourner avec des gens très bien, comme Joseph Losey dans "La Truite", Jean-Claude Mission dans "Ronde de nuit", avec Eddy Mitchell et Gérard Lanvin... Un film policier qui a bien marché ! J'ai fait un dernier film, il y a trois ans avec Peter Greenaway ; il n'a pas très bien marché... Ces gens sont venus me chercher parce qu'ils pensaient que j'étais quelqu'un à part... Mais je n'ai pas eu de très bons agents et je n'ai pas eu tellement de propositions. Il y aurait plus à faire mais j'ai de la chance de pouvoir continuer encore !

Joseph Losey, ce géant d'Hollywood, vous a recruté sur simple casting ?

C'est une rencontre qui m'a laissé un souvenir étonnant. Il m'avait donné rendez-vous dans son appartement de la rue Jacob dans le 6ème arrondissement. Son chien avait bouffé tout le bas de mon pantalon pendant que je discutais avec lui ! Et je n'osais rien lui en dire... C'était un homme que j'admirais, très beau, âgé, marqué, et il me semble bien qu'il avait bu, mais j'avais envie de le prendre dans les bras tant il était beau et doux. Vraiment, ce fut une belle rencontre !

Est-ce que votre antillanité a pu être un atout dans votre carrière ?

Mon antillanité m'a sûrement portée... Mais dans ce métier, il y a des modes... On veut plus d'Africains, plus de métis... J'ai traversé tout ça et j'ai toujours, quoiqu'en pensent mes compatriotes, été portée par mon identité. Cette histoire d'identité, je l'ai toujours portée avec moi, c'est ma faiblesse et ma force.

Quand j'étais au music hall, je n'ai pas hésité à aller au Théâtre noir à Belleville pour jouer des auteurs négroafricains... Le Théâtre noir a été une aventure magnifique mise en place par Benjamin Rosette et ce théâtre a drainé des jeunes, des gens extraordinaires qui ont fait découvrir des auteurs négroafricains, caribéens... Moi-même j'ai joué une pièce qui s'appelait "Errance", un montage de textes de nombreux poètes caribéens et africains... Et c'est dans ce Théâtre noir que j'ai reçu une médaille de Jacques Chirac, alors maire de Paris. Ce théâtre, c'était un garage où il se passait plein de choses. Le musicien Vincent Oryéma a joué dans ce spectacle, "Errance", avant de devenir une star ! Il est passé par là alors qu'il vivait des moments difficiles, que son pays était en guerre...

Faut-il faire plus de place aux acteurs noirs ?

C'est sûr qu'il faut faire plus de places aux acteurs noirs, mais il faut une écriture, des auteurs ! On ne peut pas tout le temps jouer des classiques. Nous vivons dans une société moderne ; nous avons besoin d'auteurs modernes qui écrivent, pas forcément pour les Noirs, mais pour tout le monde, pour la société dans laquelle ils sont. J'ai peut-être eu de la chance de vivre une période où il y avait moins d'acteurs. Maintenant, il y en a beaucoup plus, donc il faut qu'il y ait une écriture, des réalisateurs et des metteurs en scène qui sont à la hauteur ! Si les gens n'ont pas de talent, on ne va pas les faire travailler, il faut du talent ! Quand on regarde les Américains, ils se sont battus et ils se battent encore, mais quand ils sont à l'écran, on les regarde, on n'a pas envie de tourner la tête ! Parmi tous ces immigrés qui arrivent, s'il y en a deux ou trois qui trouvent à s'épanouir, qui nous apportent aussi quelque chose, c'est merveilleux !

Avez-vous découvert cette relève d'auteurs modernes aux Antilles ?

Peut-être faudrait-il que je puisse vivre plus longtemps dans ces pays... Vous savez, je ne vais pas voir un spectacle parce qu'il y a un Noir dedans, je vais voir un spectacle parce que c'est un spectacle. C'est tout ! L'un des derniers films que je suis allée voir au cinéma, c'était "Chocolat". J'ai beaucoup aimé parce que ça montre vraiment le problème qui a existé à une époque... Et j'aime l'acteur ! Ce Black, il a un corps, une présence... Il a quelque chose ! Il faut reconnaître les gens quand ils ont du talent ! C'est le talent qui fait qu'on oublie quand on est Noir... Malheureusement, je répète cette phrase qui a été dite à une très belle mannequin, Cathy Rozier. On lui a dit : "Vous êtes tellement belle qu'on oublie que vous êtes noire." C'est possible d'entendre ça encore... Mais quand le talent est là, je vous assure, ça sublime tout ! Les préjugés, tout ça, ça tombe ! Il ne faut pas être médiocre devant les gens, il faut avoir un corps, un regard, une présence, il faut être là ! J'ai l'impression malheureusement qu'il y a beaucoup de comédiens qui n'ont pas de corps... On a l'impression qu'ils sont mal à l'aise dans leur costume ! C'est bien de vouloir jouer, mais il faut aussi être désiré et c'est bien d'être désiré par les autres. Quand j'ai débuté au music hall, on est venu me chercher et chaque fois, on est venu me chercher...

Quand avez-vous pu revenir la première fois dans votre île ?

Je crois que j'ai dû attendre dix-sept ans ! C'est un ami qui m'a suggéré de revenir dans mon pays. Nous sommes partis ensemble et j'ai redécouvert un pays. Il n'y avait plus de sentiers battus, mais des routes ; les gens avaient des toilettes chez eux... J'ai trouvé un beau pays, mais j'ai trouvé que ça allait trop vite pour les Antilles, le modernisme, les constructions, l'environnement... Si le pays ne fait pas attention, ça peut-être très grave ! Il faut préserver cette nature de végétation, de beauté, de couleur... Le béton n'est pas l'avenir du pays, n'est pas l'avenir du monde. Le pays est si petit... Il faut le protéger. Il est défiguré par ces supermarchés... Affreux !

Quel regard portez-vous sur la création aux Antilles ?

Je suis allée dernièrement en Guadeloupe pour dire un texte de Mme de Duras que je porte depuis 25 ans ; je l'ai joué au MACTe et j'ai découvert ce lieu. J'espère qu'il va s'y passer des choses intéressantes ! Pour l'heure, ça va à tâtons. Je trouve que les Antillais ont du mal à avancer; ça tourne en rond ! Il y a des gens qui ont envie de créer, de faire de belles choses et ça piétine. Quand on est capable de faire un tel lieu de mémoire, il faut être capable d'aller faire des choses à l'extérieur ! Je ne sais pas si c'est la chaleur qui fait ça, mais je trouve que tout ça manque de dynamisme... Ca manque de tout ! C'est un peu navrant, lorsque l'on a vécu autre chose et que l'on retourne dans son pays, que les gens ne soient pas culturellement reconnaissants quelque part...

Quel accueil avez-vous reçu ?

J'ai joué deux spectacles en Martinique parce que j'avais un metteur en scène qui avait ses entrées là-bas. Ma mère venait de mourir, mon père n'était plus là non plus... C'était très émouvant : la première fois que j'allais jouer là-bas, ils n'étaient plus là... Et puis je suis allée jouer un nouveau spectacle sur l'esclavage et, malheureusement, c'est passé comme un cheveu sur la soupe. A la Réunion, à Maurice, ça a eu un succès terrible, chez moi, non... C'était bien avant que Mme Taubira fasse reconnaître la traite et l'esclavage comme crime contre l'humanité. Nul n'est prophète en son pays...

Son coup de coeur : "Le MACTe est un endroit merveilleux, un temple de la mémoire, mais fait avec beaucoup de tact ! On ne sent pas de rancune, mais une histoire qui existe...""

Son rêve : "J'ai toujours des rêves impossibles, mais mes plus petits rêves peuvent m'apporter un grand bonheur."

Son coup de gueule : "Parce que le théâtre, c'est la gaité, la joie, la poésie, ce sont des auteurs, des créations, les Molière devraient s'ouvrir au théâtre de rue ! Je trouve ça un peu trop bourgeois, ça manque de couleurs, d'audace... Molière devrait être Molière !"

Portrait

Distinguée par un Molière

Lisette Malidor a fréquenté des gens extraordinaire, Yves Saint-Laurent, Pierre Bergé, Roland Petit, Zizi Jeanmaire, Jean Genêt, Jacques Chazot... Elle a même défilé comme mannequin dans un film documentaire sur Rudolph Noureev... La chanteuse Barbara aussi... Lisette l'avait appelée quelques mois avant sa mort pour son spectacle, "L'Amour toujours". Lisette lui avait demandé de lui écrire une chanson et Barbara lui avait répondu : "Je ne peux pas, j'ai déjà tellement du mal à écrire pour moi..." C'est une femme qui l'a beaucoup touchée, comme Jean Genêt dont elle entend encore la voix...

Lisette a été très heureuse de participer au documentaire sur Moune de Rivel... "Je l'ai très bien connue à la fin de sa vie...." Moune de Rivel, alors journaliste pour Jeune Afrique, était venue la voir à ses débuts au Casino. "J'ai voulu faire un spectacle avec elle, mais Moune de Rivel faisait ses choses à elle. C'était difficile de la faire diriger par un metteur en scène. Moi, j'ai besoin d'être dirigée, mais elle, non, elle menait les choses seule."

Lisette Malidor fait partie des rares comédiens noirs distingués par un Molière. C'était en 2001 pour le spectacle "Lady's night", joué au Rive gauche.

Récemment, elle s'est rendue à Aix-en-Provence pour dire un texte qu'elle porte depuis quinze ans... "Je voulais parler du tabac par rapport à l'histoire du monde, l'histoire de notre identité par rapport à l'esclavage..." Cette idée, elle l'a ramenée d'un séjour en Afrique où elle était venue jouer. "J'ai vu des enfants qui vendaient des cigarettes dans la rue et j'ai été marquée par cette image. "Comment se fait-il que des enfants vendent des cigarettes dans la rue pour gagner de l'argent alors qu'ailleurs on dit que c'est un danger ?"

Lisette a d'abord effectué des recherches historiques à la BNF. "Le tabac est arrivé en Afrique pour servir de monnaie d'échange... Imaginez ce qu'il représente pour un fumeur, un délice, et ce qu'il représente par rapport à l'histoire... Depuis les chamanes qui l'employaient pour entrer en contact avec les Dieux... C'est le cheminement de cette histoire qui m'intéresse." Et puis elle a rencontré le psychanalyste Philippe Grimberg qui a écrit "Il n'y a pas de tabac sans Freud". L'approche identitaire du tabac par Lisette l'a touché. Maintenant, elle aimerait pouvoir rejouer ce spectacle. "J'aimerai, j'aimerai... Mais pour l'instant, c'est devenu tellement difficile d'apporter des rêves et des projets... Ca tourne en rond ! Moi, je vis à la campagne, je vis avec la nature et je me ressource là-bas. J'essaie d'éloigner de moi toutes les mauvaises ondes de la société, la violence ! Si on regarde la nature, je vous assure que ça pourrait épargner la vie de ceux qui sont dans la souffrance, dans la laideur..." Et dans sa campagne, elle songe à Glissant, à Gratiant,... "Si je devais faire quelque chose, ce serait du Gratiant pour la beauté de sa langue créole. C'est difficile à porter au théâtre !" Même pour quelqu'un comme elle qui a si bien su dire du Césaire sur les planches !

FXG

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24 mars 2017 5 24 /03 /mars /2017 12:47
Une Martiniquaise en Suède

De la danse afro-antillaise à la Suède

Expatriée en Suède depuis 2013, cette danseuse martinico-iranienne, y promeut les danses antillaises tout en finançant la scolarisation de jeunes nigériennes.

Nathalie Dispagne est Martiniquaise par son père natif de Rivière-Pilote, et Iranienne par sa mère. Elle, elle vit en Suède (à Lund près de Malmö) et quand elle fait un colombo, c'est avec du riz persan ! Le papa, photographe, a rencontré la maman à Paris dans les années 1970 et c'est en banlieue parisienne que la petite Nathalie va découvrir la danse, précisément le bèlè, la mazurka et la biguine avec les associations de danses Antillaises d'île de France. "J'ai par la suite intégré le groupe du Diversity Dance workshop, raconte Nathalie, où j'ai pu apporter ces danses. Cette association promouvait l'unité dans la diversité." C'est ainsi qu'elle découvre les premières tournées en province, mais également en Roumanie et en Guadeloupe où elle découvre le ka. Après sa scolarité, elle apprend les arts plastiques à l'université Paris VIII tout en continuant à danser. Et c'est à l'occasion d'un voyage au Niger que lui vient son projet humanitaire. "J'ai été touchée de voir des enfants dans la rue, sans éducation..." Elle ne sait pas encore ce qu'elle peut faire et elle ne sait pas encore que la danse va devenir son métier. Pourtant, à Niamey, les Nigériens l'avaient baptisée "Gonorawa", ce qui, en haoussa, veut dire "expert en danse"... De retour en France, elle met un terme à ses études et décide de partir à New York. Elle est engagée au Broadway dance center où elle devient danseuse professionnelle. Elle va y rester cinq ans au contact de grands chorégraphes tels Brian Green, Spex Boogie ou Marjory Smarth.

Mamachee

Elle crée l'association "Mamachee", ce qui en langue jerma (du Niger) signifie "venez écouter". Elle veut financer la scolarisation d'enfants au Niger. Pour y parvenir, elle peint des tee-shirts qu'elle vend à ses camarades dans les classes de danse. La jeune fille attire ainsi l'attention de ses professeurs qui décident de l'aider à récolter des fonds à l'occasion de leurs spectacles. Dans le même temps avec un autre danseur martiniquais installé à New-York, Franck Muhel, elle enclenche une collaboration avec le comité martiniquais du tourisme pour mettre en valeur le bèlè, la biguine et la mazurka. Ainsi, crée-t-elle ses propres chorégraphies pour les spectacles du Off-Broadway. L'expérience dure de 2007 à 2011. En 2013, elle a réuni assez d'argent pour envoyer une petite nigérienne de 6 ans à l'école.

Des Suédoises en madras

Cette même année, Nathalie décide de rejoindre des camarades de danse suédois à Lund où ils ont ouvert une école. "Ils m'ont demandé de donner des cours de danse traditionnelles, antillaises, africaines et orientales. Personne ne connaissait la Martinique !", raconte-t-elle. Pourtant ses cours, ses spectacles, ses "workshops" ont un succès fou dans les théâtres et les festivals. "C'est magnifique de voir des Suédoises en madras danser la mazurka, s'exclame-t-elle. Je leur apprends aussi les aspects historiques et anthropologiques de ces danses... Je leur explique que certains mouvement sont ceux des coupeurs de cannes..."

Nathalie a été chargée de chorégraphier "Le roi lion" dans sa version scandinave et elle n'a pas manqué s'y introduire ces pas de danses qui lui sont chers... "Bien sûr, il y a des codes dans le bèlè, mais je le fais pour promouvoir l'unité dans la diversité." Nathalie veut participer à "construire la communauté mondiale" et, précise-t-elle, "ça commence dans son quartier". L'an dernier, grâce à ses spectacles qui promeuvent les danses antillaises, Nathalie a pu envoyer Safiatou et Aïssata, deux adolescentes, au collège Hampaté Bâ, un établissement de Niamey qui promeut l'égalité des filles et des garçons.

FXG, à Paris

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24 mars 2017 5 24 /03 /mars /2017 07:48
Un roman d'aventure dans la Martinique du XVIIe siècle

Un roman de cape et d'épée en Martinique

Avec "Le baron de Belsolles", chez Albin Michel, Thibaut d'Anthonay plonge son lecteur dans la Martinique des années 1640 quand le gouverneur général, neveu de Pierre d'Esnambuc, s'appelait Jacques Dyel du Parquet et siégeait au fort Saint-Pierre. Fuyant la prison et la potence en métropole, le baron de Beausoleil vient se trouver en Martinique une nouvelle virginité sous une nouvelle identité. Derrière le roman d'aventure, l'auteur nous révèle la Martinique aux tous débuts de sa colonisation par la France quand il y avait encore des Indiens caraïbes t déjà des Noirs marons. Le baron aventurier est un philanthrope qui veut affranchir ses esclaves et qui se laisse séduire par la société égalitaire des frères de la côte. Entre les intrigues oscillant entre roman d'amour et d'aventure, le gentilhomme plein d'audace ne va pas hésiter à s'associer avec des Juifs hollandais chassés du Brésil par les Portugais et récemment implantés en Martinique. C'est avec eux que le baron de Bellesoles va acclimater la          canne à sucre à l'heure où les Martiniquais ne buvaient que du vin d'ananas et pas encore de rhum...

FXG, à Paris

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21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 09:29

Un très cher poste de secrétaire général

le gouvernement a été condamné pour détournement de pouvoir, le 19 janvier dernier pour avoir recasé un obligé au CNMHE. Le CNMHE, créé en 2005 pour piloter les politiques publiques mémorielles sur les crimes de l'esclavage et de la traite négrière, est composé d'historiens et d'entrepreneurs de mémoire. Ils sont tous bénévoles tandis que le secrétaire général est le seul rémunéré à hauteur de 6000 euros par mois. En janvier 2014, le ministre des Outre-mer, Victorin Lurel, met fin au CDD de Frédéric Lazorthes, secrétaire général du CNMHE nommé en 2009 par Yves Jégo, et installe à sa place Angèle Louviers, une avocate d'origine antillaise, militante PS qui a animé le réseau des soutiens ultramarins du candidat François Hollande.

Frédéric Lazorthes attaque en juin 2015 au tribunal administratif de Paris et obtient l'annulation de son licenciement et de la nomination de Mme Louviers. "La nouvelle orientation donnée au comité, se défend le gouvernement, supposait de renforcer les liens avec le monde culturel et médiatique ultramarin et donc de donner une nouvelle dimension au poste de secrétaire général (...) Mme Louviers est originaire d’outre-mer, contrairement à M. Lazorthes". "Cela ne saurait, selon le juge administratif, justifier le non renouvellement du contrat de M. Lazorthes et son remplacement par Mme Louviers." L'arrêt ordonne au ministre de l’Intérieur de "statuer à nouveau sur l’éventualité d’un renouvellement du contrat de M. Lazorthes dans un délai de trois mois." Avant même la fin de ce délai, le 18 septembre 2016, apprenant que M. Lazorthes fait appel pour obtenir des réparations financières, la nouvelle ministre des Outre-mer, George Pau-Langevin, nomme au poste de secrétaire général du CNMHE le préfet et directeur général de l'Outre-mer, Alain Rousseau, et crée un poste de chargé de mission qui échoit à Mme Louviers qui devient directrice de la programmation et de l’animation. Le ministère pense ainsi avoir évacué le problème Lazorthes. Mais celui-ci, têtu, attaque ces nouvelles nominations. Un nouveau jugement en date du 19 janvier 2017 annule la nomination du préfet Rousseau qu'il n'estime pas justifiée selon le compte-rendu d’une réunion de la DGOM du 18 août 2015 : « M. Lazorthes vient d'interjeter appel pour obtenir des réparations financières. Il faut proposer au DGOM un arrêté nommant ce dernier secrétaire général du CNMHE. »

La nomination du préfet Rousseau a donc bien pour objet de justifier le rejet de la demande de M. Lazorthes dont le tribunal administratif avait ordonné le réexamen". Le juge conclut : "L’arrêté du 18 septembre 2016 doit être annulé pour détournement de pouvoir." Ce qui signifie que le ministère a usé de ses pouvoirs pour un objet autre que celui à raison desquels ils lui étaient confiés. Une décision rarissime. Le ministère des Outre-mer a fait appel de ce jugement. Dans la foulée, le 15 février dernier, l'Elysée a évacué le préfet Rousseau en le nommant membre du Conseil supérieur de l’appui territorial et de l’évaluation, et nommé Corinne Orzechowski, jusque-là préfète de la Sarthe (!), nouvelle directrice générale des outre-mer.

FXG, à Paris

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