Le reporter

FX-identite.jpgFrançois-Xavier Guillerm, dit fxg, est le correspondant permanent à Paris des éditions France-Antilles Guadeloupe et Martinique, France-Guyane et du JIR. Les articles et photos qui sont publiés sur ce blog permettent aux originaires des DOM a Paris de prendre connaissance de ce qui s'écrit autour d'eux dans les quotidiens régionaux des DOM. Depuis le 18 novembre 2008, France-Antilles  a son propre site... franceantilles.fr. et le JIR a son site www.clicanoo.re

fxguillerm@yahoo.fr

Le photographe

REGIS-BW-stand-light.JPGRégis Durand de Girard, copyright RDG,  est photographe indépendant. Il vient du théâtre auquel il a consacré vingt ans. Photo-reporter à Paris pour le quotidien régional France-Antilles, il fait des photos pour le théâtre (Fabrice Luchini), la danse (Cie Bisextile, Ménagerie de verre), la télévision (LCP, Canal +) et des créations axées sur le formalisme des lignes et l'impact de la lumière. Ses influences viennent à la fois de Martin Parr pour la sociologie et les lumières, de Weegee pour le fait-divers au flash ou encore de Bruce Weber pour le fashion. L'histoire de la peinture tisse ces liens improbables. Il a publié dans Le Monde, l'Express, Le Point, Le Nouvel Obs, Le Parisien, Le Figaro, Matin Plus, Pariscope, l'Yonne Républicaine, Les Nouvelles Calédoniennes, les Nouvelles de Tahiti...
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Lundi 15 septembre 2014 1 15 /09 /Sep /2014 10:00

Le Front national instrumentalise la drépanocytose

«Drépanocytose : La maladie génétique qui permet de chiffrer l’ampleur de l’immigration. » En choisissant de baser sur les statistiques de la drépanocytose sa théorie du «grand remplacement », de « la substitution démographique actuellement en cours », le Front national a provoqué la colère de Jenny Hippocrate, présidente de l’association pour l’information et la prévention de la drépanocytose. Le Front national publie une carte de l’INVS qui « montre le pourcentage de naissances en France concernées par le risque de drépanocytose, une affection qui concerne quasi-exclusivement les populations principalement originaires des Antilles, d’Afrique noire mais aussi d’Afrique du Nord.» Il en conclut que « en Ile-de-France en 2010, par exemple, ces chiffres permettent d’affirmer que 60% des naissances sont issues de populations extra-européennes ».

A  « la diatribe du Front », aux « propos particulièrement haineux de ce parti », jenny Hippocrate oppose « que les domiens ne sont pas des immigrés et qu’ils sont partie intégrante de la composante nationale ». Elle déplore que « ces messieurs-dames du Front considèrent toujours que tout ce qui ne présente pas la bonne couleur, doit être considéré comme étranger, voire immigré ».  Mais surtout, elle déplore cette instrumentalisation : « Pas besoin de trouver des boucs émissaires pour justifier des propos ou des théories qui ne tiennent pas la route. Nous défendons les intérêts de personnes souffrant d’une pathologie invalidante. La majorité de ces personnes, françaises et fières de l’être, n’ont pas demandé à être malades ! Pour notre part, nous prenons la défense d’êtres humains quelle que soit leur couleur de peau. »

Au-delà de cette instrumentalisation par le parti de Marine Le Pen, Jenny Hippocrate renvoie l’Etat à ses responsabilités : « La HAS (Haute Autorité de Santé) a alimenté la flamme des penseurs du Front en refusant le dépistage universel des nourrissons pour la détection de la drépanocytose préférant se cantonner dans le ciblage ethnique, au risque de bafouer la Constitution et les textes européens qui régissent ce type de comportement. » Et faute d’obtenir satisfaction, elle menace de descendre dans la rue pour faire entendre la voix des malades et de leurs proches.

FXG, à Paris 

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Lundi 15 septembre 2014 1 15 /09 /Sep /2014 08:00

Cooked by Suzy Palatin

Suzy-palatin-2.JPGLa cuisinière guadeloupéenne, Suzy Palatin, sort deux plats cuisinés frais pour la marque Cooked by. Son colombo de poisson et son yassa de poulet sont distribués depuis le 15 septembre dans le Monoprix, les épiceries fines et certains Carrefour.

Suzy Palatin n’est pas un chef de cuisine (« Je n’ai pas de brigade derrière moi », lance-t-elle goguenarde), elle est simplement cuisinière. Et si les téléspectateurs de Master chef et autres émissions culinaires ne la connaissent qu’à travers une seule émission « Ma cuisine antillaise », sur Cuisine +, elle est désormais une personnalité reconnue dans le landerneau de la gastronomie française. En témoignent la dizaine d’ouvrages de cuisine qu’elle a publiés et  un prix, « le gras d’honneur », que lui a décerné le Club du gras (une confrérie de grands chefs) pour le plat fétiche de son grand-père : le porc demi-sel cuit dans un bouillon avec une carotte, un oignon, des grains de poivre et, à la fin, un piment antillais entier.  Elle le sert avec ses frites réputées pour être croustillantes à l’extérieur et purée à l’intérieur ;  Hélène Darroze, la chef étoilée au guide Michelin et nouvelle jurée de Top chef sur M6, a mis ces deux recettes de Suzy dans son dernier livre !

Si de son enfance à Pointe-à-Pitre, Suzy garde le souvenir du défilé des cuisinières devant le domicile familial, rien ne la prédestinait à un tel parcours. Après le collège Michelet, celui du Raizet et un bac économie à Baimbridge, Suzy devient mannequin. Elle défile d’abord au pays pour Denis Devaed avant de s’envoler pour Paris où elle débute avec Guy Laroche. « J’ai commencé à marcher comme un mannequin, mais il m’a demandé de marcher comme j’étais arrivée, nature. » Son dernier défilé sera pour Hermès et son créateur Martin Margiella.

Des recettes inratables !

Colombo-3D.jpgSa carrière de cuisinière, elle la prépare pendant ce temps-là, sans même le savoir, dans sa cuisine. « La cuisine de ma mère me manquait terriblement… » Alors elle essaye de la reproduire et en fait profiter ses amis. C’est alors qu’elle rencontre la comédienne Frédérique Gasser-Hermé, la femme du pâtissier Pierre Hermé. « Elle adore la cuisine et elle a aimé la mienne. » Frédérique la présente à un éditeur de chez Hachette et c’est le premier livre de recettes : « Gourmande et créole ». Le truc de Suzy, c’est de proposer de recettes inratables, « parce que j’étais nulle au début en cuisine ! » Un succès qui va être suivi par « Le meilleur des Antilles » (Larousse), « Ne dîtes jamais que c’est régime… c’est léger ! » et « Régime en fête » (Minerva), « Les pommes frites, dix façons de les préparer » et « le cochon, dix façon de le préparer » (L’épure), « Cuisinière créole » (Stéphane Bachès), « Mon poids idéal pour la vie » (la Martinière), « Petit Dictionnaire Insolite des cultures et des langues Créoles » (Larousse) qui lui a valu des félicitations de Christiane Taubira et Maryse Condé, jusqu’au dernier né cette année, « Le fait maison, cuisine créole » (Hachette). Cooked-by--colombo--suzy-palatin.jpgC’est forte de cette réputation parmi les maître-queux que Dorothée Dereux, créatrice de la société « Cooked by » est venue lui commander deux plats. Cooked by a lancé une série de plats cuisinés frais élaborés par de grandes signatures. Ainsi après le chef du Costes, Laura Zavan, Beena Paradin et Heloisa Bacellar, Suzy Palatin a élaboré un colombo de poisson au lait de coco, épices et patates douces, et un yassa de poulet avec compotée d’oignons et citrons. Et Cooked by de promettre : « Ca va faire swinguer vos papilles ! »

FXG, à Paris


Une cuisine événementielle

cooked-by---yassa---suzy-palatin.jpgSuzy n’a pas très envie d’ouvrir un restaurant. Sa prédilection, c’est l’événementiel. Alors, elle cuisine chez les gens pour des cocktails, mariages, réceptions, ou simplement des repas… D’autres fois, elle devient « chef d’un soir » dans un grand restaurant où elle propose ses croustillants d’épinard au coco ou le plat d’Hélène, sa maman, un colombo de porc avec un massalé fait maison.  Ainsi, récemment, elle faisait ses fameuses frites au Meurice, le grand palace parisien. Elle a aussi rejoint les tenants du « Fooding », un événement créé par Alexandre Cammas en 1999 pour démocratiser « la super bonne bouffe ». Ces pique-niques urbains organisés par de grands chefs qui cuisinent au barbecue des recettes spécialement conçues, s’exportent désormais dans le monde entier !


Son dernier ouvrage : « Cuisine creole : les meilleures recettes »

Fait-maison-cuisine-creole.jpgExotique et parfumée, la cuisine créole se décline ici à travers 80 recettes : acras de morue, bokit au poulet, féroce d'avocat, colombo de poisson, dombrés aux crevettes, gâteau mangue-passion, tarte Tatin à la banane...


Des pages techniques délivrent tous les secrets pour fabriquer chutneys, pâte à bokits ou dombrés, riz créole ou sauce chien. Des astuces et des conseils qui aideront le praticien à annoncer fièrement : « C'est moi qui l'ai fait ! »

Ce nouvel ouvrage de la série « Fait maison » est là pour rappeler que cuisiner permet de partager de bons repas en famille ou entre amis et de consommer des aliments sains et équilibrés.

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Samedi 13 septembre 2014 6 13 /09 /Sep /2014 08:00

L’UNESCO s’empare de la question des réparations liées à l ‘esclavageReinette-Schmidt-beckles-diene-Moussa-Iye-Unesco.jpg

A l’occasion des 20 ans de la Route de l’esclave, ses animateurs à l’UNESCO ont placé la question des réparations au coeur des actions à mener pour les dix prochaines années.

Il y a vingt ans à Ouidah au Bénin, l’UNESCO lançait la Route de l’esclave. Il s’agissait de “promouvoir une meilleure connaissance culturelle, historique et patrimoniale des personnes d’ascendance africaine”. Ce projet répondait à la charte de l’UNESCO qui stipule que “l’ignorance ou le voile qui couvre des événements historiques majeurs constitue un obstacle à la compréhension mutuelle entre les peuples”.

Hilary-Beckles-Barbade.jpgHier, au palais de l’UNESCO à Paris, on célébrait cet anniversaire et on débattait pour “identifier des actions pertinentes” à mener pour les dix prochaines années. 2015 marquera le début de la “decennie internationale des personnes d’ascendance africaine”. Dans la salle de conférences et sur l’estrade, des spécialistes venus d’Afrique, des Amériques, de la Caraïbe, d’Europe… “L’histoire du droit et des traffics humains, l’histoire de la justice dans la construction de la légitimisation de l’esclavage”, sont les themes abordés par Nelly Schmidt, chercheur en histoire au CNRS, avant d’annoncer la nécessité de “faire un grand travail sur les reparations”. “La question des reparations, explique le vice-recteur de l’université à la Barbade, Hilary Beckles, permet d’empêcher que l’héritage de l’esclavage soit passé sous silence.” Et, le chercheur precise : “Il faut le connaître si l’on veut comprendre la creation des diasporas africaines, or il y a des resistances à la diffusion de nouveau savoir, il y a de l’indifférence par rapport à ces recherches.” Voilà entre autres ce qui motive des reparations du point de vue du college scientifique de la Route de l’esclave. 

“Crime sans châtiment”

Doudou-Diene.jpgDoudou Diène, l’initiateur du projet il y a vingt ans, a mis le doigt sur “l’ambiguïté des commémorations, rituels répétitifs qui occultent les questions de fond”. Et la question est lourde puisque Jean-michel Devos, professeur honoraire à l’université de Nice et specialist du 18e siècle a écrit : “La traite et l’esclavage sont le plus grand crime de l’histoire de l’humanité par sa durée et son ampleur.” La loi Taubira en a fait un crime contre l’humanité. Doudou Diène souligne le paradoxe : “Un crime sans châtiment et non documenté.” Il veut donc redonner à ce crime sa substance, sa réalité. Voilà le défi lancé aux historiens. “Un silence idéologique a été construit pour marginaliser une page infamante et la racialisation a permis de construire la hiérarchisation pour légitimer l’esclavage”, poursuit-il avant d’opposer à l’invisibilité des victimes, la presence actuelle des afro-descendants. Et à la carte de la traite et de l’esclavage, il superpose une carte économique et ethnique révélatrice des séquelles sociales laissées sur la Route de l’esclave. Il faut donc ce qu’il appelle des reparations éthiques, historiques, éducatives et sociales.

“La question des réparations est transnationale.” Myriam Cottias, présidente du comité national pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage (CNMHE) est intervenue pour annoncer qu’elle avait lancé une mission sur la question des reparations. Le CMNHE n’a pas attendu une saisine du ministère des Outre-mer ou de la Justice, il s’est autosaisi du sujet comme ses statuts l’y autorisent. Les premières auditions débuteront en novembre. Le CNMHE entend constituer une base de données des textes les plus importants sur la question des réparations. Le Commission consultative des droits de l’homme lui a emboîté le pas.

FXG, à Paris


Les Routes de l’esclave

Conference-route-de-lesclave-UNESCO.jpgEn vingt ans, la Route de l’esclave s’est enrichie de très nombreux parcours, sites et monuments liés à l’histoire de la traite transatlantique, de l’esclavage et de leurs abolitions. En France, outre le memorial de Nantes, un parcours “Route de l’esclave” relie dans l’Est le fort de Joux, la Maison de la Négritude à Champagney, le musée de l'abbé Grégoire à Emberménil, la maison natale de Victor Schoelcher à Fessenheim et le couvent d’Anne-Marie Javouhey à Chamblanc. Michel Reinette, animateur du colloque a annoncé l’ouverture prochaine en Guadeloupe du Mémorial ACTe.

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Samedi 13 septembre 2014 6 13 /09 /Sep /2014 08:00

L’affaire Alexandra Dailloux - Stéphane Hayot fait pshitt

Mes Dina Rioual-Rosier et Philippe Sénart, les défenseurs de Stéphane Hayot, ont fait savoir le 10 septembre que “le procureur de la République de Fort-de-France a décidé de procéder au classement sans suite de la plainte déposée contre leur client par Alexandra Dailloux”.

Il y a un peu plus d’un an, le 29 juillet 2013, la Martinique s’émouvait de la plainte qu’une secrétaire de direction du Groupe Bernard Hayot avait deposée à la gendarmerie contre le fils de Bernard Hayot, Stéphane, pour harcèlement sexuel. On nous promettait un combat judiciaire féroce avec de grands tenors du barreau foyalais. Finalement, Alexandra Dailloux a changé d’avocats et, pour citer l’ancien président Chirac, l’affaire a fait Pshitt.

Selon le communiqué des avocats de M. Hayot, Alexandra Dailloux, lors de son audition par les services de l’enquête, a “formellement reconnu avoir intentionnellement menti pour attirer la compassion dans le cadre de son licenciement, qui avait été motivé par des manquements professionnels avérés”. Fort de cette déclaration, le procureur a “constaté l’absence de toutes charges contre Stéphane Hayot” et “estimé que dans la mesure où son innocence et son intégrité étaient ainsi confirmées, il y avait lieu de clore l’ensemble des poursuites engages”.

Stéphane Hayot indique qu’il a toujours “réfuté les allégations mensongères et diffamatoires proférées à son égard et refusé de céder à la tentative de chantage exercée contre lui”.

“Je me réjouis que soit ainsi mis un terme aux graves atteintes portées à mon honneur et ma reputation”, a-t-il fait dire part ses avocats.

FXG, à Paris

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Jeudi 11 septembre 2014 4 11 /09 /Sep /2014 08:00

L’Etat annonce 45 millions d’euros pour le très haut débit

Le 3 septembre dernier, en conseil des ministres, la secrétaire d’Etat chargée du numérique, Axelle Lemaire, a présenté la stratégie du gouvernement pour le numérique dans les territoires. La veille, le chef de l’Etat avait déclaré à Clichy-sous-Bois vouloir « assurer avec les collectivités locales et l’industrie la couverture intégrale de la France en très haut débit d’ici à dix ans ». Les Outre-mer sont logiquement inclus dans cette stratégie qui doit mobiliser quelque 7 milliards d’euros pour les cinq prochaines années. « J’ai personnellement veillé, a indiqué la ministre des Outre-mer, George Pau-Langevin, à ce que les outre-mer soient au cœur de cette stratégie d’avenir pour nos territoires. » 68 départements français ont répondu à l’appel à projet et c’est à la fin du mois de juillet dernier que l’ensemble a été budgétisé. La Réunion est ainsi servie par l’Etat à hauteur de 37,08 millions d’euros, auxquels pourront s’ajouter 8,4 millions supplémentaires. Ces 37,08 M€, seront utilisés pour améliorer la couverture par les réseaux avec la fibre optique qui permet de passer du haut débit au très haut débit. « L’adoption de la fibre permet de délivrer des débits largement supérieurs à ce que permet l’ADSL aujourd’hui », indique le site du ministère ce mercredi matin. L’autre somme est conditionnée aux résultats d’une étude sur le raccordement aux câbles très haut débit sous-marins et la réduction du coût de la connectivité. Le gouvernement a souhaité que le cahier des charges de l’appel à projets national « France Très Haut Débit » fasse l’objet d’une disposition spécifique. Le fait est que chaque DOM a avancé une solution propre avec des coûts différent. L’étude s’attachera à harmoniser ces coûts pour abaisser sa facture.

A titre de comparaison, l’Etat débloquera 26,38 millions d’euros en Martinique (et 3,58 millions supplémentaires conditionnels), 19,42 millions d’euros pour la Guadeloupe, et 2,88 millions d’euros pour Mayotte.

FXG, à Paris

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Jeudi 11 septembre 2014 4 11 /09 /Sep /2014 07:38

Lurel.jpgVictorin Lurel, président de la Région, a rencontré la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal, hier. Au programme les futures lois sur la transition énergétique, la biodiversité,  la conférence biodiversité  qu’accueillera la Guadeloupe du 22 au 25 octobre prochains, la situation du port, mais aussi un sujet qui préoccupe  les Guadeloupéens depuis trop longtemps : l’eau. Interview. 

« L’ONEMA ne veut plus financer la Guadeloupe »

Qu’attendez-vous de la ministre de l’Ecologie sur le dossier de l’eau ?

Nous avons déjà tenu deux réunions en Guadeloupe pour trouver une solution.  La première a fixé  la règle, l’horizon et les montants. La deuxième a servi pour débloquer la situation à Capesterre-Belle-Eau : Véolia a accordé un moratoire de huit jours et on attend vendredi pour savoir si la présidente de la Communauté d’agglomération du sud Basse-Terre (CASBT) conclut. Et puis il a l’intervention de l’Etat. Un engagement a été pris et je voulais vérifier auprès de Ségolène Royal que l’office national des eaux et des milieux aquatiques (ONEMA) interviendra. Elle doit essentiellement financer l’assainissement à hauteur de 27 millions d’euros sur la période 2014-2020. Ce n’est pas suffisant d’autant qu’un courrier aurait été tenu disant que l’ONEMA ne voulait plus financer la Guadeloupe. Nous nous employons donc à faire réexaminer cette décision. Ségolène Royal a été très sensible et très ouverte à cette thématique. Il y a des centaines de millions de travaux à faire, dont 427 pour la seule réparation des canalisations. Il faut donc que l’ONEMA revienne. Nous avons formulé une demande pour au moins 30 millions sur l’horizon 2014-2020 en plus des 27, mais consacrés exclusivement à la Guadeloupe, compte tenu de l’état des réseaux. Bien évidemment, les autres partenaires vont cofinancer tout cela.

La gestion catastrophique de ce dossier de l’eau ne devrait-il pas aboutir à ce que des institutions comme le SIEAG mettent la clé sous la porte ?

Il y a une chose que personne n’a évaluée : avant, il y avait plus d’une dizaine d’autorités  compétentes. Les intercommunalités sont arrivées et aujourd’hui, il y a encore six ou sept autorités compétentes dont le SIEAG. Le SIEAG, au-delà des appréciations portées sur sa gestion passée, avait le bénéfice d’être l’un des syndicats importants qui pouvait être le syndicat unique. Or, désormais, il y a six communautés de communes ou d’agglomérations qui se veulent également compétentes. C’est la raison pour laquelle, j’ai pris l’initiative de dire qu’il faut une seule autorité et donc confier tout cela à l’office de l’eau qui, présidée par Jacques Gillot, reste une institution indépendante avec des redevances payées par les uns et les autres.

La Guadeloupe peut-elle réellement se sortir de cette pénurie à répétition ?

Il faut mettre de l’ordre dans le paysage des institutions et des établissements publics qui gèrent l’eau. C’était l’objet de notre première réunion : l’architecture et la gouvernance de l’eau. Nous créerons ensuite un syndicat unique de production, mais également, en partie, de la distribution, notamment pour les réseaux.

Véolia a renoncé finalement à larguer la Guadeloupe ?

Ils sont venus me voir pour dire que si rien de sérieux n’était fait, des engagements fermes pris, des contrats signés, ils partiraient… Ils ont été bienveillants et ont accepté de reconduire pour huit jours supplémentaires sans aucune garantie, sans contrat, pour trouver un accord avec la CASBT, car c’est là où ça bloque. Alors que Gabrielle Carabin a signé en différant les problèmes de répartition d’actifs et de passif du SIEAG, la Basse-Terre pose un certain nombre de problèmes. Mais le terme du délai que nous a laissé Veolia arrive vendredi et nous devons parvenir à conclure pour ce qui concerne le château d’eau qu’est Capesterre-Belle-Eau.

Propos recueillis par FXG, à Paris

 

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Lundi 8 septembre 2014 1 08 /09 /Sep /2014 09:54

Le rapport Patient sur les finances des DROM

Ce lundi, le sénateur de la Guyane, Georges Patient, remettra un rapport pour une reforme des finances locales dans les départements et regions d’outre-mer (DROM) aux ministres Pau-Langevin (Outre-mer) et Eckert (Budget). Le Sénateur Patient souligne que les collectivités d’outre-mer bénéficient d’une “structuration financière atypique, avec des dépenses par nature supérieures à celles de leurs homologues de métropole, et avec des besoins spécifiques de rattrapage, particulièrement dans le domaine des équipements publics”. Le rapport insiste fortement sur la disparité persistante des niveaux de vie (exprimée en terme de PIB/ habitant, mais également du point de l’indice de développement humain entre la métropole et les outre-mer). C’est particulièrement le cas en Guyane, où le décalage du développement est de 25 à 30 ans en raison de handicaps structurels et d’une situation démographique exceptionnelle. Selon Eurostat, le PIB par habitant de la Guyane n’est qu’à 53% de la base européenne, contre 73% pour la Martinique, 67% pour la Réunion et 66% pour la Guadeloupe. A l’échelle de l’Union  Européenne, la situation de la Guyane est comparable à celle des 22 régions de Roumanie, Bulgarie et Pologne.

Le sénateur Patient plaide donc pour une réévaluation  “des concours financiers de l’Etat aux collectivités locales” et formule des propositions sur “les aménagements de la fiscalité locale ainsi que les dotations aux collectivités d’outre mer”.  

Il propose un “dispositif transitoire susceptible de neutraliser, à partir de 2015, l'effet des mesures de gel et de réduction des dotations de l'Etat”. En matière de fiscalité indirecte, le rapport pose le problème de la répartition de la ressource d’octroi de mer entre les communes. Le sénateur reprend la proposition qui consiste à instaurer une taxe territoriale sur les services pour compenser la non application de la TVA.

Concernant les réajustements des dotations aux collectivités, le rapport conclut à la nécessité de faire passer la part superficiaire de la dotation de 3,22€/hectare (modalités de droit commun) à 5,37€/hectare (dotation dite « communes de montagne »). Enfin il prévoit également de revoir le mécanisme de plafonnement de la part superficiaire de la dotation globale de fonctionnement en faisant passer le plafond de 3 à 4 fois le montant lié à la population, et en réallouant le solde de la dotation superficiaire à un fond de désenclavement sur une base intercommunale.

En définitive 41 propositions sont formulées pour que soient données aux DROM des marges de manœuvre financières et fiscales mieux adaptées à leurs réalités respectives.

En période de disette budgétaire, pas sûr que ce rapport ne séduise nos ministes, notamment Christian Eckert…

FXG, à Paris

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Samedi 6 septembre 2014 6 06 /09 /Sep /2014 09:00

Philippe Muller de retour au Conseil d’Etat

Hier matin, la sixième sous-section du Contentieux au Conseil d’Etat a examiné une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) déposée par Philippe Muller, ancien procureur de la République de Saint-Denis et désormais avocat général à la cour d’appel de Grenoble. Celui-ci avait déjà contesté (en vain), le 15 juillet dernier, devant la même juridiction administrative, sa mutation. Hier, c’est l’avertissement que lui a attribué son supérieur, le procureur général de la Réunion, le 5 mai dernier, qu’il remettait en cause. Philippe Muller demande à la haute juridiction de transmettre au Conseil constitutionnel le contrôle de la conformité aux droits et libertés garantis par la Constitution de l'article 44 de la loi organique relative au statut de la magistrature. Cet article 44 prévoit qu’en dehors de tout aspect disciplinaire, le procureur général a le pouvoir de donner un avertissement. Si au bout de trois ans, aucun fait nouveau n’intervient, cet avertissement devient caduc. Le garde des Sceaux et le ministre de la Fonction publique ont fait savoir leur refus de transmettre cette QPC au Conseil constitutionnel. Le rapporteur public, dont l’avis doit éclairer les juges de la sous-section, a rappelé que le Conseil constitutionnel s’était déjà prononcé sur la conformité de ces dispositions à la Constitution et aux droits de la défense. « Cela vaut déclaration de conformité », a indiqué le rapporteur public. Mais Philippe Muller soutient que l’évolution de la jurisprudence est une nouvelle circonstance qui permet au Conseil de pouvoir se prononcer à nouveau. « Ca n’affecterait pas la portée du texte contrairement à ce qui s’est passé avec la réforme de la garde à vue et le changement de jurisprudence des droits de la défense en 2010 », a opposé le rapporteur public. Le président a mis sa décision en délibéré. En sortant de l’audience, Alain Monod, l’avocat de M. Muller, ne semblait pas trop se faire d’illusion sur l’issue de cette QPC, mais il semblait plutôt surpris de l’absence de son client qui lui avait indiqué son intention d’être présent à cette audience.

 

FXG, à Paris


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Vendredi 5 septembre 2014 5 05 /09 /Sep /2014 09:00

Commémoration du départ de l’Aurélie à Pondichéry 

Ceremonie-pondichery.JPGL’association culturelle française « Souvenirs des Indes » et l’ONG indienne « ADER India » ont organisé une cérémonie commémorative le 23 août dernier à Pondichéry à l’occasion du 160e anniversaire du départ des engagés Indiens pour la Guadeloupe. Un mémorial des engagés, à l’initiative des Réunionnais, inauguré en janvier 2010 à l’Université de Pondichéry, a servi de lieu de recueillement. « Les élèves de la pension Bless School, relate la Guadeloupéenne Christelle Gourdine installée depuis quelques années à Pondichéry, ont allumé des lumières, offerts des fleurs aux ancêtres et ont chanté les hymnes nationaux, régionaux et locaux, en présence de Mannar Mannan et G. Bharaty, descendants du célèbre poète Pondichérien Bharatidasan. » Ils ont ensuite partagé le traditionnel Biryani à la pension avec tous les élèves. Quelques chaînes de Télévisions locales ont couvert l’événement. Cette cérémonie voulait commémorer le départ du 1er bateau, l’Aurélie, parti de Pondichéry à l’automne 1854 pour arriver à Pointe à Pitre fin décembre 1854, emmenant à son bord 320 travailleurs indiens dont 15 enfants. L’Aurélie inaugurait ainsi une période qui a duré pendant 35 ans et au cours de laquelle près de 40 000 Indiens sont arrivés en Guadeloupe et 25 000 en Martinique. Ils sont partis des ports de Madras, Pondichéry, Karikal, Yanaon et Calcutta mais venaient de presque toute l’Inde avec une majorité de Tamouls. Venus initialement dans le cadre d’un contrat de 5 ans, certains ont pu repartir, certains ont rempilé mais beaucoup ont dû rester car le coût du rapatriement devait être supporté par l’employeur… Les Indiens ont refait leur vie aux Antilles, loin de chez eux, et leurs descendants sont, d’après Christelle Gourdine « maintenant un souvenir des Indes ». Celle-ci ajoute : « A défaut d’y voir un cadeau, on ne peut nier leur présence bien que leur histoire ne se trouve nulle part dans les livres. Entre 1848 et 1946, se  trouve un grand vide. » C’est pour cela que Souvenirs des Indes a été créée en janvier 2014 pour faire connaître cette histoire en France et en Inde. « Les Indiens, poursuit Christelle, connaissent l’île Maurice, un peu la Réunion, mais ni la Guadeloupe ni la Martinique. Ils apprennent peu à peu l’existence de notre diaspora. Un bon début. » Souvenirs des Indes entend commémorer les engagés Indiens en impliquant les Français et les Indiens pour une meilleure connaissance de l’histoire et un partage des cultures.

FXG, à Paris

Légende photo : Offrande de fleurs aux ancêtres par les étudiants de la Bless School, Christelle Gourdine-Mandjiny, Muruganandam Mandjiny et leurs invités de Pondichéry.

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Vendredi 5 septembre 2014 5 05 /09 /Sep /2014 08:57

France Ô fait jeu égal avec HD1

 

Ca y est ! Les premières audiences mesurées de France Ô ont été rendues publiques hier. Mardi 2 septembre à 20 h 45, France Ô a réuni près de 190 000 téléspectateurs en diffusant « L’empire du tigre », une fiction française réalisée par Gérard Marx, avec Bernard Giraudeau et Thierry Frémont. « Pour la 2e soirée consécutive, France Ô se place devant l’ensemble des chaînes de la TNT HD. », claironne le communiqué de la station qui précise : « Sur la diffusion des deux épisodes, la chaîne atteint 0,9% de part d’audience en moyenne. » Des chiffres pourtant bien modestes et qui ne concernent qu’un moment de prime time. Qu’en est-il des audiences des concurrentes de la TNT ?

Les audiences des prime time de la semaine du 25 au 31 août (qui ne donnent pas encore les chiffres de France Ô) attestent de la petite performance de « la chaîne des Outre-mer et de l’ouverture sur le monde » : elle fait jeu égal avec HD1, dépasse 6ter (0,7 %), Numéro 23 (0,5 %) et se fait battre par RMC Découverte (1,1 %) ou D17 (1,3 %).

Ce qu’il est notable de constater, c’est que le chiffre avancé de 190 000 téléspectateurs renvoie à l’audience de la radio des Antillais d’Île de France, Tropiques FM qui, d’après le Médiamétrie officiel, affichait un même nombre d’auditeurs avant les grandes vacances. L’audience de France Ô, désormais mesurée, sera extrêmement surveillée par Gilles Camouilly, son directeur d’antenne, qui appuie sa ligne éditoriale sur l’Outre-mer et l’Ouverte sur le monde quand d’autres, notamment à l’Elysée et chez nombre de nos parlementaires, voudraient y voir dominer seuls les Outre-mer français.

 

FXG, à Paris

Par fxg - Publié dans : fxgpariscaraibe
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