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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 07:00

Une "dégringolade" des prix des billets d'avion au départ des outre-mer

Selon le dernier baromètre de la direction de l'aviation civile, les prix des billets d'avion dégringolent au départ d’outre-mer (-14,7%) entre mai 2015 et mai 2016.

Au départ des départements d’outre-mer, la baisse des prix mesurée en mai 2016 est spectaculaire (-14,7% par rapport à mai 2015, tous départements de départ et toutes destinations confondus). Depuis les Antilles, la chute atteint des niveaux jamais atteints jusque-là (-18% au départ de Guadeloupe et -20,6% depuis la Martinique toutes destinations confondues), reflétant une faible demande, mais ces fortes baisses viennent également compenser les fortes hausses observées en mai 2015. Ainsi, par rapport à mai 2014, les prix n’ont diminué que de -6,5% au départ de Guadeloupe et de -7,7% au départ de Martinique. Au départ de la Guyane, la forte baisse des prix des billets d’avion s’installe durablement (-14,5% entre mai 2015 et mai 2016 toutes destinations confondues, après 4 mois de baisse à deux chiffres). Même le département de la Réunion a bénéficié d’une baisse de prix des billets d’avion importante en mai (-7% par rapport à mai 2015), alors qu’ils étaient orientés à la hausse ces derniers mois.

FXG, à Paris

Published by fxg
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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 06:55
C'est la première fois qu'Erika Bareigts sera au banc des ministres pour défendre une loi

C'est la première fois qu'Erika Bareigts sera au banc des ministres pour défendre une loi

Erick Bareigts défend la loi égalité et citoyenneté contre les discriminations et pour la diversité

La secrétaire d'Etat à l'égalité réelle, Ericka Bareigts, défend sa part de texte (le titre 2) du projet de loi égalité et citoyenneté à l'Assemblée national aujourd'hui.

Elle s'est fixée trois objectifs pour parvenir à lutter contre toutes les formes de discriminations : l'accès à la fonction publique pour les jeunes sans diplôme de moins de 28 ans, la maîtrise de la langue française et des médias résolument ouverts à la diversité sans stéréotypes.

"Lutter contre les discrimination, indique Ericka Bareigts, c'est lutter contre les préjugés et défaire notre façon de regarder la différence." La ministre admet que tout un chacun peut être "un peu discriminant", mais elle affine : "Certains en sont conscients et essaient de se corriger, d'autres en sont conscients mais ne font rien pour se corriger — ce sont les racistes — et enfin, il y a les inconscients qui discriminent sans le savoir..." Mais quelle qu'elle soit, cette discrimination provoque un sentiment de rejet, d'exclusion, de repli, de colère et peut générer une violence qui impacte nécessairement la question du lien social et du vivre ensemble. C'est contre cela que la ministre défend deux amendements gouvernementaux pour que les médias nationaux et publics (essentiellement la télévision) affichent davantage de "diversité non stéréotypée". Cela veut dire que les programmes doivent faire une place à des personnalités issues de la diversité parmi les médecins, avocats, chefs d'entreprise invités des médias et non se limiter (comme à la dernière cérémonie des Molière) à leur donner un rôle de videur ou de "clown chocolat" !

20 critères de discrimination dans le code pénal

Ce travail parlementaire devrait donner au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) la capacité de demander aux chaînes les éléments quantitatifs et qualitatifs pour vérifier que l'ambition fixée entre elles et le CSA soit bien au rendez-vous. Si ce n'est pas le cas, la nouvelle loi permettra au CSA de mettre en place des sanctions encore inapplicables aujourd'hui. "Un rappel à l'ordre, explique Mme Bareigts, sera possible grâce à des mesures qui changent fondamentalement l'approche de la diversité." Elle rappelle que la diversité à la télé n'était que de 14 % en 2015 et que ce ratio n'a pas bougé en 2016. Par ailleurs, seuls 9 % des non blancs à l'antenne sont des héros quand 21 % sont cantonnés à des rôles secondaires. Si les discriminés sont aussi bien les femmes, les handicapés, France Stratégie indique que ce sont les personnes ayant au moins un ascendant africain et les Domiens qui sont les plus discriminées. Pour autant, la ministre ne défend pas les quotas. "Ce serait un échec", souligne-t-elle qui préfère retenir les vingt critères de discrimination contenus dans le code pénal.

FXG, à Paris

Une agence nationale de la langue française

Un autre aspect de l'égalité réelle que défend la secrétaire d'Etat à l'égalité réelle est la maîtrise de la langue française. S'il y a 3 millions d'illettrés en France, elle table dur 500 000 en outre-mer. La ministre est chargée de mettre en place une agence nationale de la langue française qui sera chargée de coordonner l'accès à un parcours de langue française dans la formation professionnelle. Cette agence devrait voir le jour en 2017 avec un focus particulier sur le phénomène dans les outre-mer.

Enfin, le projet de loi doit permettre aux jeunes sans diplôme de moins de 28 ans d'avoir un accès facilité à la fonction publique après un parcours accompagné en un ou deux ans.

A noter que tous les amendements gouvernementaux relatifs à la diversité ont été combattus par les deux élus Front national de l'Assemblée, Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard.

La loi Taubira et le délit d'apologie de l'esclavage

Victorin Lurel (PS, Guadeloupe) a fait adopté en commission ses amendements qui visent à donner un caractère normatif à la loi Taubira et pénaliser toute apologie ou négation de l'esclavage et de la traite à l'égal de ce qui se pratique pour la Shoah. Pour autant, le gouvernement va revenir avec un nouvel amendement car il estime que le texte adopté présente un risque et pourrait tel qu'il est faire courir un risque d'inconstitutionnalité de la loi Gayssot qui réprime pénalement la négation de la Shoah. Elle devrait donc présenter un amendement gouvernemental de remplacement "pour sécuriser le texte".

Quant aux aux autres amendements (qui visent à abroger les lois d'indemnisation des anciens propriétaires d'esclaves et la rançon payée par Haïti contre la reconnaissance de son indépendance), la ministre assure qu'ils sont importants : "Le symbolique n'est pas neutre et répare dans l'inconscient collectif ; il attire l'attention sur des sujets pour revenir sur notre histoire coloniale."

1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 05:00
Retour au pays des rois nègres, un essai de Gérard Théobald

Un essai sur "la précarité de la Guadeloupe"

Dans "Retour au pays des rois nègres" (LGO éditions), Gérard Théobald fait un voyage initiatique en Guadeloupe. Il s'abandonne dans une forme d'errance à la fois littéraire et sociologique dans son espace, sa culture, son histoire. "J'ai eu ce besoin d'errer en Guadeloupe parce que je n'y étais par retourné depuis une vingtaine d'années. Je l'avais quittée très en colère suite à l'assassinat de l'une de mes tantes et j'avais besoin de me réapproprier ce pays qui est aussi le mien." Guadeloupéen de père et de mère, Théobald est un enfant de l'émigration, né dans l'Hexagone. Ce "cahier du retour", il le fait à l'envers de Césaire et en 2013, l'année des 39 meurtres... "Lorsque j'y suis retourné, je faisais des repérages pour un documentaire sur les violences faites aux femmes et leurs conséquences sur les enfants. J'ai trouvé la Guadeloupe très détériorée. Il y a un fantasme de solidarité, mais en fait de la désunion et beaucoup d'individualisme... Beaucoup de choses qui me semblaient étranges et nouvelles..."

Au sortir de cette errance guadeloupéenne, on reste comme l'auteur avec une grosse interrogation parce que la Guadeloupe qu'il révèle est fragile. "Elle est bien la propriété du volcan, précise Gérard Théobald, elle est explosive à tout moment. Je n'ai pas la sensation que la Guadeloupe soit éminemment pacifiée." Vie chère, chômage, passé colonial et esclavagiste, drogue, violence... L'essai aborde toutes les sciences humaines en même temps qu'il effeuille les littératures et les cultures qui font ce pays.

Mais qui sont-ils ces rois nègres qu'il accroche dans son titre ? "Ce sont toutes ces personnes guadeloupéennes qui ont eu un rôle très minoré dans le développement de la Guadeloupe et puis, il y a les nouveaux rois nègres... Ce sont ces personnalités qui ont la prétention de faire de la politique, de construire la société mais qui la construisent dans un cadre très limité. Je me suis baladé dans toutes les limites de ce cadre, à essayer de comprendre parce que ça me permettait d'accepter ce que la Guadeloupe est." Et ce qu'elle est, il le résume en un mot : "précaire".

FXG, à Paris

"Retour au pays des rois nègres", de Gérard Théobald (LGO éditions)

30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 04:26

France Ô, son budget et sa grille de programmes

"L’ensemble des engagements effectués par les antennes nationales fait l’objet d’approbation de la direction de France Télévisions et personne ne bénéficie d’indépendance totale dans la gestion de son budget, bien heureusement." Gilles Camouilly, ancien directeur de l'antenne de France Ô, a souhaité donner une suite à notre article sur la future grille de programme de la chaîne pour indiquer ce qu'il avait réellement fait avant son départ de France Ô en février dernier : "Les dépenses réalisées et engagées étaient de 8,9 M€ soit 35 % du budget annuel de la chaîne et non pas 70 % (la partie effectivement réalisée n’étant que de 16%)."

Il signale en outre que "ces investissements particulièrement faibles étaient liés au changement de stratégie éditoriale voulu par la présidente et à ma volonté de ne pas m’engager à la place de mon successeur qui devra faire des choix importants pour la rentrée 2016."

Par ailleurs, mais ce n'était pas l'objet de cet article, Gilles Camouilly s'inscrit en faux contre ce qu'il appelle "un procès politicien en insuffisance ultramarine qui a trop longtemps duré au détriment de France Ô" et rappelle que "le cahier des charges de la chaîne France Ô, créé en 2005, n’a jamais inclus une exclusivité de programmes ultramarins. Au moment de mon départ, il n’y a jamais eu autant de programmes traitant de l’outremer. Nous étions depuis 2013 largement au-dessus des 50% d’items dédiés à l’outre-mer."

FXG, à Paris

29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 09:04
George Pau-angevin et Bernard Cazeneuve place Beauvau lundi 27 juinL

George Pau-angevin et Bernard Cazeneuve place Beauvau lundi 27 juinL

GPL et Cazeneuve annoncent un plan sécurité outre-mer

George Pau-Langevin et Bernard Cazeneuve ont présenté lundi 27 juin à Paris le plan sécurité outre-mer devant un large parterre de préfets et hauts-commissaires en poste en outre-mer pour annoncer des renforts en termes de policiers et de gendarmes. En tout ils seront 370 policiers et 63 gendarmes d'ici la fin de l'année à rejoindre les territoires.

Par ailleurs, chaque année, des postes seront ouverts selon les situations de chacun des territoires, a annoncé le ministre de l'Intérieur. Les deux ministres ont annoncé en outre qu'entre 2017 et 2019, il y aurait 300 gendarmes de plus dont 179 dès 2017. S'agit-il de redéploiement ou de création de poste ? La réponse de GPL n'a été ni affirmative, ni négative. Il y aura donc sans doute des deux.

Une centaine de ces renforts sont prévus pour Mayotte qui présente selon les deux ministres, la situation la plus préoccupante avec la Guyane et la Nouvelle-Calédonie, suivis par les Antilles. La Réunion a été classée en niveau 2 sur une échelle à trois niveaux. Seuls les territoires de Saint-Barth et Saint-Pierre-et-Miquelon ne posent pas vraiment de problème.

Les deux ministres ont annoncé la réunion de la conférence nationale pour la sécurité outre-mer qui devra se réunir deux fois par an avec les élus et les préfets. Autre nouveauté, la création d'une force de projection basée dans l'Hexagone qui permettra d'intervenir selon les besoins. Les zones de sécurité prioritaires devraient elles aussi être réévaluées. Bernard Cazeneuve a invité les préfets à faire appel à la vidéosurveillance afin d'améliorer le taux d'élucidation.

Par ailleurs, les ministres ont confirmé l'implantation d'une antenne du GIGN à Mayotte et de l'OCTRIS à Cayenne. De même, ils ont confirmé le relogement du commissariat de Cayenne et la rénovation des commissariats les plus vétustes. Un recensement des besoins mobiliers doit être effectué d'ici la fin de l'année pour inscrire les besoins éventuels dans le plan de programmation triennal 2017-2019.

Bernard Cazeneuve a eu un mot sur la radicalisation islamique dans les Outre-mer pour indiquer que les territoires n'étaient pas à l'abri des attentats. Et si les deux ministres ont insisté sur le ciblage des détentions illégales d'armes, ils n'ont pas repris la demande de certains élus concernant la formation spécifique que les fonctionnaires de police et gendarmes affectés outre-mer pourraient avoir avant leur départ. En revanche, George Pau-Langevin a confirmé qu'il y aurait plus d'ultramarins mutés en outre-mer. Les 22 mesures qui constituent ce plan sécurité sont loin d'être inutiles, mais elles surviennent de telle façon qu'elles ont pu donner à certains la fâcheuse impression que les deux ministres découvraient seulement maintenant la situation sécuritaire outre-mer.

FXG, à Paris

Effectifs globaux de la police et de la gendarmerie  outre-mer au premier semestre de 2016 :
- 4903 policiers (dont 4018 dans les DOM et 885 dans les COM) - 
- 5126 gendarmes (dont 3711 gendarmes départementaux et 1415 gendarmes mobiles) 
28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 04:57
Les rapporteurs Robert Laufoaulu et Mathieu Darnaud, le président de la délégation outre-mer, Michel Magras, et l'administratrice de la délégation outre-mer, et le rapporteur coordonnateur, Thani Mohamed Soilihi, hier à Paris.

Les rapporteurs Robert Laufoaulu et Mathieu Darnaud, le président de la délégation outre-mer, Michel Magras, et l'administratrice de la délégation outre-mer, et le rapporteur coordonnateur, Thani Mohamed Soilihi, hier à Paris.

Inextricables indivisions foncières dans les Outre-mer

Un an après la question du foncier de l'Etat en outre-mer (les 50 pas géométriques et 95 % de la Guyane), la délégation sénatoriale aux Outre-mer a adopté hier le rapport d'information du sénateur mahorais Thani Mohamed Soilihi (PS) sur l'indivision foncière. Celle-ci impacte fortement la Guadeloupe, la Martinique et Saint-Martin dans l’arc antillais, Mayotte et La Réunion dans l’océan Indien, ainsi que la Polynésie française dans le Pacifique. Partout, la conséquence est la même : le gel du foncier. "Les situations d’indivision sont devenues inextricables, indique le rapport, car résultant de dévolutions successorales non réglées et parfois même non ouvertes sur plusieurs générations." En Martinique, 26 % du foncier privé est géré en indivision et 14 % supplémentaires correspondent à des successions ouvertes. Selon le sénateur Jacques Gillot (app. PS), la situation est semblable en Guadeloupe. À Mayotte, la situation est chaotique. Par exemple, les 3/4 du village de Chiconi ne sont couverts que par deux titres fonciers établis dans les années 1960. En Polynésie française, les nombreuses indivisions réunissent parfois des centaines d’indivisaires à la faveur de successions non liquidées depuis quatre à cinq générations et alimentent l’abondant contentieux des « affaires de terre ». Ces affaires représentent 30 % des affaires civiles aux TGI de Fort-de-France et Pointe-à-Pitre, et 25 % au TGI de Saint-Pierre (974). Aucune à Mayotte où jusqu'à récemment, le foncier était l'affaire des cadis...

Cette situation est préjudiciable pour l'activité économique comme pour les politique d'équipement puisque "la carence de titres fait obstacle à toute expropriation et empêche les prélèvements fiscaux".

Le rapport ouvre une série de propositions juridiques et techniques afin d'alléger le contentieux foncier (experts, liste des ayant-droits, prescription acquisitive décennale...) et "d'apurer ces situations inextricables." Mais ce n'est qu'un rapport d'information qui reste à traduite en actes législatifs ou réglementaires.

FXG, à Paris

25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 05:37
Alex Catherine au studio BLB Prod à Pantin le 22 juin

Alex Catherine au studio BLB Prod à Pantin le 22 juin

Alex Catherine, 44 ans, enfant du Moule et de Sainte-Anne, a reçu France-Antilles au studio de répétitions BLB Prod à Pantin (93), avant son concert au Cabaret sauvage ce samedi. Interview avec un zoukeur surdoué.

"Le zouk a besoin de guerriers"

Qu'est-ce ça change un concert à Paris ?

On dit loin des yeux, loin du coeur, mais là, c'est loin du coeur et près des yeux ! Ce public est loin de la Guadeloupe, la Martinique ou la Guyane et pourtant c'est aussi mon public donc j'y vais avec tout mon amour... Mais j'ai aussi beaucoup d'appréhension...

Le trac ?

Oui, bien sûr ! Je pense que le jour où je n'aurai plus le trac, j'arrêterai de chanter parce que je ne fais pas semblant.

Qu'est-qui fait la singularité d'Alex Catherine ?

Je ne fais jamais comme les autres ; je n'essaie jamais d'imiter ou de ressembler à quelqu'un. Je reste tel que je suis. Il y a une chose qu'on n'apprend pas aux artistes et ça, c'est Dieu qui me l'a donné, c'est la sensibilité, la capacité de donner de l'émotion aux gens.

Vous vous souvenez comment est née votre envie de chanter ?

J'ai été élevé dans une famille de chanteurs. Chez moi, tous les Catherine chantent ! Mon père, ma mère, neveux, nièces... On doit être 60 ou 70, les enfants et petits-enfants de mon père... Mon père chante le ka ; moi je chante, je cogne le tanbou ! La tradition, je l'ai dans la peau, je la chante parce que je la vis. Musicalement, je reflète mon chez moi, mon peuple, ma musique. Pour moi un peuple sans musique n'est pas un peuple. Il faut s'identifier à sa culture, à sa musique, à ses valeurs.

Après 25 ans de carrière, qu'est-ce qui vous donne toujours envie ?

Depuis le début, je l'ai pris comme un vrai métier. C'est un vrai métier et je l'ai pensé comme ça. Je ne suis pas venu pour faire le beau ou faire le pitre. Je suis venu faire mon métier, amener le zouk au plus loin. J'essaie par mes moyens que sont mes mots, mes textes, mes mélodies... J'amène ma pierre à l'édifice, personnellement ! Parce que je sais que le zouk a besoin de guerriers comme moi.

D'où le nom de votre album, "The love's soldier", le guerrier de l'amour... Qu'est-ce qui vous inspire ?

La vie, la vie de l'Antillais. Si par exemple le Chinois se sent concerné par ma musique, ça me fait plaisir, mais quelque part, j'écris avant tout pour ma culture. Je m'adresse en premier à mes compatriotes des Antilles, de la Guyane.... J'ai envie de les voir rigoler sans avoir eu besoin de se parler ; c'est ça qui me plaît ! Après le Chinois, si ça lui parle, tant mieux ! (rires)

A l'heure où les albums ne se vendent plus, vous avez vendu 10 000 exemplaires de The love's soldier...

Sans major, sans rien ! Je suis fier et content, mais je continue le travail. Je suis éternellement en studio parce que je compose tous les jours... J'essaie de progresser avec un petit noyau fort, ma base : Rudy Levis, le batteur. C'est lui qui chapeaute un peu tout ça. J'essaie de garder les mêmes musiciens parce que chaque concert d'Alex Catherine est unique. Même si on les prépare tous de la même façon, c'est le public qui juge et qui te donne le tempo. Il y a des moments où j'ai fini de chanter et le public continue. Et tu ne peux pas le laisser chanter seul, tu es obligé d'intervenir ! Et là, c'est bon...

Propos recueillis par FXG, à Paris

Alex le Gwadloupéyen

"On a toujours habité à Marly, Sainte-Anne d'où est mon père. Ma mère est originaire de Boisvin au Moule. Alors comme le maire de Sainte-Anne m'a décoré en tant que Saintannais, la maire du Moule m'a aussi décoré en tant que Moulien. J'en suis fier ! "Il est Moulien", disait l'une ; "il est Saintannais", disait l'autre. Non, je suis Guadeloupéen comme mon père et ma mère !"

24 juin 2016 5 24 /06 /juin /2016 05:34

France Ô prépare sa grille de rentrée 100 % ultramarine

Le rapprochement entre les deux entités du pôle outre-mer de France Télévisions — France Ô et les 1ères — étant désormais acté dans le plan stratégique de la nouvelle équipe dirigeante de France Télévisions, le service de coordination des chaînes outremer 1ère à Malakoff a adressé un mail début mai à ses correspondants dans les territoires : "Nous avons besoin, écrit son directeur Luc de Saint-Sernin, d'avoir la plus grande visibilité possible sur la production locale réalisée par le réseau, que celle-ci soit en fabrication interne, en coproduction, ou en pré-achat. Pour aller au plus vite, je vous propose de repartir sur les tableaux de recensement des productions que vous nous aviez fait parvenir l'année dernière : il vous suffit ainsi de les réactualiser et/ou les compléter (en renseignant au mieux, et svp, la partie "droits internet")." Et il y avait le feu car il fallait des réponses de chaque station avant la Pentecôte. C'est ce mail qui a fait dire au président du CReFOM, Patrick Karam, "que l’utramarinisation promise de France Ô se réduirait à bricoler une grille de rentrée en se servant uniquement des productions locales de 2015 sur lesquelles les 1ères détenaient des droits".

Car France Ô a un autre problème, financier, ainsi que l'a confié à Patrick Karam le prédécesseur de Wallès Kotra à la tête du pôle outre-mer de France Ô, Michel Kops : "70 % du budget 2016 de France Ô était déjà dépensé au mois de mars, parce que Gilles Camouilly avait eu le droit d’engager des dépenses jusqu’à son départ et qu’il ne s’en est pas privé." On attend donc avec hâte la conférence de présentation de la grille de rentrée. De même qu'on attend de savoir quelles vont être les conséquences du passage de France Ô en basse définition comme peut-être un changement de numéro de chaîne, hormis la faible qualité de l'image...

FXG, à Paris

20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 05:23
JMM, délégué interministériel

Jean-Marc Mormeck. Délégué interministériel à l'égalité des chances des Français d'Outre-mer.

"Je suis un enfant des outre-mer et de la banlieue"

Combien de dossiers de refus de cautions bancaires pour un logement avez-vous sur votre bureau ?

Les ultramarins, singulièrement les étudiants, ont des difficultés à se loger sur l’ensemble du territoire hexagonal et particulièrement à Paris au motif que leurs cautions résident « à l’étranger ». En creusant un peu le sujet, je me suis aperçu que cette difficulté est vécue par l’ensemble des ultramarins. Mais chiffrer cette situation est très complexe puisque peu de nos compatriotes nous alertent directement, et que les délégations des outre-mer font très bien leur travail, donc résolvent ces problèmes avant que nous n’en ayons connaissance.

Mais ce n’est pas une raison pour ne pas s’en saisir puisqu’il s’agit d’une discrimination caractérisée depuis un amendement adopté à l’initiative de Victorin Lurel en 200. Le projet de loi Egalité et citoyenneté bientôt en discussion à l’Assemblée nationale renforcera encore la répression de ces discriminations dans l’accès au service bancaire dans son article 41. Même s’il n’y avait qu’un seul de nos compatriotes qui la subisse, il faudrait y mettre un terme. C’est une question de principe. Je souhaite donc travailler à un dispositif qui permette à chacun de faire face à ce genre de discrimination en faisant appel à une structure d’intermédiation entre le bailleur et le garant.

Qui peut saisir votre délégation et comment doit-on faire ?

Pour nous saisir, toute personne ayant un lien avec les outre-mer peut téléphoner ou nous écrire un mail sur stopdiscri@outre-mer.gouv.fr pour nous alerter sur un dysfonctionnement ou une discrimination. Plus généralement, nous sommes à l’écoute, mon équipe et moi-même, des personnes qui subissent une forme de rupture d’égalité dans la manière dont ils sont traités par rapport aux autres citoyens français. Mes rencontres régulières avec les acteurs de terrain, associations sportives culturelles, de solidarité, me permettent également d’être informé en direct de situations qui leur sont présentées. Je mettrai un point d’honneur à ce que chaque sollicitation trouve une réponse et que le cas échéant les services compétents soient saisis et relancés : c’est la raison pour laquelle j’ai rencontré le Défenseur des droits, le délégué à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme et les différents ministères concernés pour qu’aucune sollicitation ne reste sans réponse.

De quelle manière entendez-vous valoriser l'image des outre-mer ?

je vais travailler dur pour que nos ultramarins de l’hexagone, et en particulier ceux qui habitent dans les quartiers éligibles à la politique de la ville trouvent une reconnaissance à la hauteur de leurs talents. Vous savez, c’est difficile pour les jeunes en particulier d’être entre ici et là-bas, et en plus d’être confrontés aux préjugés attachés à la « banlieue ». Je n’oublie pas les territoires les plus isolés de la République, et je vais être très proche à la fois d’Hélène Geoffroy, d’Ericka Bareigts, comme de George Pau-Langevin et de Patrick Kanner pour veiller à ce que les ultramarins soient complètement bénéficiaires des mesures engagées par le comité interministériel à l'égalité et la citoyenneté et conduites par le comissariat général à l'égalité des territoires. Je suis moi-même un enfant des outre-mer et de la banlieue : je sais ce que les préjugés signifient mais je sais aussi que la réussite est possible. C’est le message que je veux faire passer.

Ferez-vous comme votre prédécesseure du monde entrepreneurial une priorité ?

On ne peut pas aider à l’insertion sans travailler avec les entrepreneurs quels qu’ils soient. Ma carrière passée m’a permis de tisser des liens de confiance avec des acteurs majeurs du monde économique et je travaille activement à les sensibiliser et les associer aux outils que nous sommes en train de bâtir. Par ailleurs, les ultramarins sont très dynamiques en matière de création d’entreprises et elles sont plus solides dans le temps que la moyenne. Aussi il est clair que je maintiendrai les contacts et les partenariats déjà noués, certains d’entre eux seront élargis, mais je vous en dirai davantage en septembre une fois que le travail que j’ai entamé commencera à porter ses fruits.

Propos recueillis par FXG, à Paris

 

20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 04:18

Le kali’na et le wayana bientôt enseignés en Guyane

A la rentrée de septembre, les langues kali’na et wayana seront enseignées à l’école Yanamalé d’Awala, à l’école Yukaluwan d’Iracoubo, ainsi que dans les écoles de Taluhwen, Antekum, Kayodé et Elahé. "Il s'agit d'une expérimentation pédagogique et didactique en cycle 2, a annoncé, mardi à l'Assemblée nationale, Hélène Geoffroy, secrétaire d'Etat à la Ville, en réponse à une question de Chantal Berthelot. Si conformément aux linguistes réunis à Cayenne en 2011, il y a des intervenants en langue maternelle dans certaines écoles du territoire pour faciliter l'apprentissage du français, Mme Berthelot estime que ce dispositif, loin d’être généralisé, reste insuffisant. Elle regrette "qu’aucune mesure ni expérimentation n’ait pu être menée pour favoriser, au sein de l’école ou dans un cadre extrascolaire, un co-apprentissage de la lecture et de l’écriture dans la langue maternelle et le français". En l'absence de Najat Vallaud-Belkacem, Hélène Geoffroy lui a assuré que "l’académie de la Guyane souhaite (...) se doter dans les dix prochaines années de plusieurs écoles primaires bilingues à parité horaire, notamment sur le Maroni et l’Oyapock". Un parcours de professionnalisation a été mis en place pour les intervenants en langue maternelle afin de leur reconnaître une véritable compétence plurilingue et multiculturelle, et des formations et habilitations à enseigner dans les langues de Guyane sont ouvertes aux locuteurs natifs de ces langues, à l’image de ce qui existe déjà pour les professeurs des écoles des sections bilingues « français/créoles guyanais » du littoral. Un "dictionnaires et lexiques bilingues des langues de Guyane" doit sortir en 2017.

Plus généralement, il est question de "remplacer le bilinguisme de substitution confiné au cycle 1 du niveau pré-élémentaire, vers un bilinguisme additif, généralisé sur la continuité des cycles 1 à 3 et sur plusieurs écoles du territoire".

La ministre a assuré que le projet et la démarche académiques prenaient totalement en compte "un effort important non seulement de recrutement et de formation de cadres enseignants, mais également en matière d’outillage didactique et d’ingénierie pédagogique".

Les perspectives pour que tous les enfants de Guyane aient toutes leurs chances de réussite, de même que le calendrier sont ainsi officialisés.

FXG, à Paris

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