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18 novembre 2017 6 18 /11 /novembre /2017 07:37

Cinq Martiniquaises brisent le tabou en Cassation

La Cour de Cassation a mis un terme mardi 14 novembre aux neuf années de combat que cinq hôtesses d'Air France (elles étaent dix au départ) ont mené contre leur chef d'escale à l'aéroport du Lamentin, R. L. accusé de harcèlement.

En rejetant le pourvoi de ce dernier, la Cour de Cassation valide définitivement la condamnation qu'a prononcée la cour d'appel de Fort-de-France le 26 mai 2016 et instaure avec l'arrêt L. la première jurisprudence.

L'affaire démarre en juin 2008 quand le chef d'escale d'escale d'Air France, R. L. dépose plainte pour dénonciation calomnieuse suite à son licenciement motivé par des plaintes de salariées pour harcèlement moral et sexuel. En septembre 2009, une information judiciaire est ouverte. Sept salariées se sont plaintes de harcèlement sexuel, trois de harcèlement moral. L'instruction révèle des infractions commises par abus du pouvoir hiérarchique à l'encontre de trois plaignantes mais également des "gestes déplacés", des "caresses et bisous dans le cou"... Certaines employées se plaignent d'avoir été tenue par la taille, de tentative de baisers sur la bouche, de mains qui se glissent dans les sous-vêtements...

Une se souvient de propos insistant pour voir un piercing sur son ventre... Puis, suite à un malaise, son supérieur l'accompagne dans le cabinet du médecin où il essaie de lui ôter sa robe. C'est le médecin qui doit l 'arrêter ! Une autre raconte que son chef lui a demandé de venir dans son bureau pour le masser... Une autre employée raconte que son supérieur l'a caressée en glissant ses doigts dans ses sous-vêtements.

Même les témoins cités par la défense en racontent. Ainsi, l'un d'eux, masculin : "On plaisantait avec les collègues féminins au sujet du du piercing sur la langue et des effets sur la fellation et nous rigolions tous ensemble." L'ensemble des déclarations des uns et des unes fait apparaître "le climat impudique auquel se trouvaient confrontées les parties civiles soumises à l'autorité de R. L.".

Jurisprudence #balancetonporc

L'affaire est renvoyée devant le tribunal correctionnel de Fort-de-France en janvier 2014. A l'audience, elles ne sont plus que huit plaignantes... Et là, coup de théâtre, Me Edmond-Mariette, défenseur de R. L., obtient la relaxe car une partie du texte pénal contre le harcèlement moral et sexuel a été retoqué par le Conseil constitutionnel en 2012. Dès lors, le tribunal estime qu'il ne peut condamner un prévenu sur une qualification pénale qui n'existe plus.

Le parquet, cinq des plaignantes, mais également Air France, aussi partie civile, interjettent appel.

L'affaire est plaidée dans une étrange discrétion en mai 2016. Nouveau coup de théâtre, Me Ursulet, défenseur des hôtesses, propose une nouvelle lecture du droit que les juges d'appel suivent : Ils constatent avec lui l'extinction de l'action publique en raison de l'abrogation de la loi pénale qui fait tomber le chef de harcèlement sexuel. Ils condamnent R. L. à quatre mois de prison avec sursis pour harcèlement moral à l'encontre de deux des appelantes. Ne pouvant considérer le prévenu coupable de harcèlement sexuel, ils ne condamnent pas R. L. pénalement, mais ils le tiennent responsable du préjudice et du dommage moral qu'ont subi les cinq femmes. En conséquence, R. L. est définitivement condamné à payer à chacune des victimes 1200 euros de dommages-intérêts et 800 euros de frais de justice. Par voie de conséquence, il est rayé à vie des cadres d'Air France. C'est ce jugement que la Cour de Cassation a déclaré régulier le 14 novembre  Ainsi, si le changement de loi a permis au prévenu d'échapper à une condamnation pénale pour les faits de harcèlement sexuel, la cour d'appel n'a pas commis d'erreur en exigeant qu'il indemnise ses victimes "sur le plan civil".

Cette décision, la première jurisprudence nationale relative à la loi contre le harcèlement sexuel, consacre ce délit dans ses nouvelles dispositions et c'est cette "jurisprudence martiniquaise", en pleine séquence "#balance ton porc" qui permet de formaliser les tenants et aboutissants de la nouvelle législation contre le harcèlement sexuel en France.

FXG, à Paris

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18 novembre 2017 6 18 /11 /novembre /2017 07:00
GMZ en Guadeloupe

Dix ans après la disparition de Patrick Saint-Eloi (PSE), Jacob Desvarieux et le groupe Kassav ont décidé de lui consacrer la toute dernière édition du Grand méchant zouk (GMZ). Après le Zénith de Paris le 20 octobre, c'est au palais des sports du Gosier le 18 novembre. Interview.

"Patrick Saint-Eloi a montré qu'en créole, on pouvait parler d'amour"

Le Grand méchant zouk rend hommage à PSE, pourquoi lui et pourquoi maintenant ?

Clairement, le GMZ 2017 est dédié à Patrick Saint-Eloi ! On ne l'a pas fait avant parce qu'il fallait attendre le temps du deuil déjà et puis, depuis son décès, tous les ans, il y a des gens qui veulent organiser des hommages et on ne veut pas se retrouver en concurrence avec eux parce que la machine que nous mettons en route est de fait assez lourde ! Et comme souvent, ce sont des copains à nous, nous ne voulons pas écraser le truc !

Et cette année, le paysage est dégagé ?

Cette année, on a bien fait gaffe qu'il n'y avait rien de prévu et on a décidé de le faire. Nous allons faire un plateau où il y aura nous, Kassav, évidemment, mais aussi un tas de chanteurs de plusieurs générations et que ne chanteront que des chansons de Patrick Saint-Eloi.

Le GMZ a toujours un tropisme pour la transmission...

Ben oui ! On essaie de transmettre aux générations qui arrivent le savoir-faire, notre façon de voir les choses. C'est vrai qu'à l'époque où nous avons commencé à faire de la musique, ce qui était important, c'était de jouer de la musique. Aujourd'hui, ce qui semble plus important que la musique, c'est l'image.

Et vous êtes parvenus à rester les mêmes avec la même simplicité qu'au début des années 1980...

Les choses évoluent et chaque génération dit la même chose : "De mon temps, etc..." Voilà, c'est comme ça... Je pense que nous respections des valeurs qui étaient bien, les nôtres, comme chaque génération défendait les siennes. D'ailleurs, nous avons contesté la génération de nos parents, enfin ce qu'ils ont fait et puis finalement on se rend compte qu'au fur et à mesure, on a évolué, on a fait progresser les choses. Quand on est jeune, on ne voit pas ça tout de suite. Voilà, il faut que les anciens transmettent aux jeunes des valeurs... qu'ils leur apprennent que ce qu'ils font, il y a des artistes qui l'ont fait avant eux et que c'est grâce à cela qu'ils peuvent le faire.

Finalement PSE ne vous a jamais quitté...

Patrick Saint-Eloi est encore parmi nous. Je dirai même qu'il est plus que parmi nous ! Oui, certes, nous continuons de jouer ses morceaux, mais il y a toute une génération de chanteurs, d'artistes aux Antilles, mais également ailleurs en Afrique, en Angola, au Mozambique, au Cap Vert, au Brésil, qui ont été influencés par le travail qu'il a fait et qui le jouent maintenant, sans même parfois sans savoir que ça vient de lui... Parce qu'avec les nouvelles générations souvent, il n'y a pas eu d'éducation culturelle très poussée. Ils écoutent la radio, entendent des morceaux d'il y a trois ans et ils pensent que tout a commencé là !

Est-ce qu'il y a une philosophie Patrick Saint-Eloi ?

Il y a eu un avant Patrick et un après Patrick ! Et il faut remettre les choses dans leur contexte. Avant lui, quand on parlait des femmes dans nos chansons, c'était soit une romance, le plus sirupeux possible, soit c'était à limite de la pornographie. On disait que c'était dû à la langue parce qu'on n'a pas beaucoup de vocabulaire, pas beaucoup de mots et quand on parlait d'amour, de sexe ou de pornographie, c'était pratiquement les mêmes mots... Et non ! Patrick Saint-Eloi a montré qu'en créole, on pouvait parler d'amour en étant romantique, en ayant toutes les qualités et ce qui a fait que beaucoup de jeunes femmes ont participé à son succès. Beaucoup de chanteurs et de chanteuses ont changé leur façon d'écrire des chansons grâce au travail de Patrick Saint-Eloi.

Comment s'est passée votre première rencontre ?

Très mal ! A l'époque, j'avais fait un album solo et on trouve un producteur pour finir l'album. Le producteur aimait bien la musique mais pas la voix. Il ne savait pas que c'était moi... Il a voulu nous proposer des chanteurs, mais avant qu'il ne le fasse, on a organisé nos propres castings. Deux mecs sont arrivés ; on les a a écoutés... Bof, c'était pas terrible et on les a virés du studio. Parmi eux, il y avait Patrick. Quelques années plus tard, Georges Décimus est revenu avec Patrick qui était un de ses amis d'enfance, pour le proposer sur un autre projet. Il a fait son essai et on a été emballé. Je n'avais pas fait le rapprochement entre les deux auditions...

Et quand PSE est venu vous dire qu'il arrêtait Kassav ?

Ca nous a fait un peu bizarre... Le mec vient et te dit qu'il a envie de poser ses valises, qu'il veut voir ses enfants grandir. On comprend tous ça et on dit ok, mais ça va durer combien de temps ? Trois mois. Et effectivement, trois mois après, il recommençait à faire des concerts... mais sans nous ! (Rires)

Vous ne l'avez pas mal pris ?

Non parce qu'on savait ! Vous avez déjà vu un musicien qui prend sa retraite ? Il ne peut pas !

Kassav a existé avant PSE, avec PSE, après PSE et, finalement, Kassav n'a pas tellement changé...

Kassav a évolué mais reste Kassav. L'essence même de Kassav, c'est d'être une association de gens qui au départ — et c'est pas parce qu'on est copains ou qu'on a été la même école — ont construit un projet. C'était un projet au départ Kassav ! L'idée de prendre la musique antillaise et d'en faire un truc international ! C'était un truc mégalo à l'époque mais on ne disait pas ce mot là. Et les gens qui étaient séduits par ce projet sont venus. La plupart sont restés, même si deux ou trois sont partis, et ils sont toujours là jusqu'à maintenant...

Et c'est cet esprit que vous faîtes vivre dans le GMZ ?

Ben oui, entre autres... On essaie de transmettre ce qu'on sait faire et ce qu'on a appris à faire sur les scènes à droite et à gauche.

Pouvez-vous nous dévoiler quelques noms de ceux qui seront à l'affiche avec vous ?

C'est secret, mais je vais vous faire une confidence : il y aura peut-être Jocelyne Béroard et Jean-Philippe Martély. Moi, je vais jouer de la guitare et Georges Décimus va jouer de la basse. Je peux même vous dire que Jean-Claude Naimro sera là et chantera une chanson !

Propos recueillis par FXG, à Paris

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17 novembre 2017 5 17 /11 /novembre /2017 06:49

François Brichant, co-organisateur de la Journée Outre-mer développement (JOMD).

La 6e JOMD se tient samedi 18 novembre au palais Brongniart, à Paris.

"On a besoin d'exemples, besoin de montrer que c'est possible !"

Huit ans d'existence et six éditions déjà, comment expliquez-vous une telle pérennité ?

La JOMD remplit une case ! Et si les entreprises répondent de plus en plus présent — elles étaient huit en 2009 et sont à présent au dessus de 50 — c'est qu'elles y trouvent un intérêt fort ! L'intérêt de se reconnecter avec les talents diplômés qui sont partis pour les faire revenir, mais aussi l'intérêt de montrer un dynamisme et une attractivité des Outre-mer dans l'Hexagone. Et Dieu sait si ce n'est pas tous les jours faciles ! On est toujours dans un point de vue hexagonal des Outre-mer qui a toujours des tendances très caricatural et c'est toujours mieux que les gens se rendent compte par eux-mêmes, au travers d'un événement comme la JOMD, un peu mieux que ce que sont les outre-mer dans leur diversité économique, leur volonté de se développer et de représenter pour la France une extension sur la planète.

C'est donc un succès sur le plan entrepreneurial...

Mais pas seulement puisque le public est aussi au rendez-vous ! Nous recherchons des jeunes en fin de parcours qui ont été faire leur second cycle dans l'Hexagone, mais aussi des jeunes qui ont une première expérience professionnelle et qui se posent aussi la question du retour sur leur territoire d'origine. Ils sont un peu désorientés parce que ce n'est pas du tout évident d'aller à la pêche aux informations  dans des lieux éloignés et éparpillés quand on est dans l'Hexagone. L'avantage, c'est que nous offrons sur un seul et même lieu, sur une journée, tous les deux ans, un grand rendez-vous.

Est-ce que vous avez établi une typologie précise de ces jeunes ?

Il y a quelque chose d'assez étonnant quand on observe cette fréquentation de jeunes, c'est que nous avons un énorme turn-over. Sur cette cible de jeunes qui sont venus à la JOMD en 2015, très peu reviennent cette année...

Vous considérez  qu'ils ne cherchent plus de boulot ?

Ca veut dire oui, qu'en tout cas, ils ont trouvé une réponse à la dernière JOMD ou ailleurs entretemps et ça veut dire aussi qu'il faut faire la JOMD tous les deux ans parce que tous les deux ans, ce sont des gens d'une nouvelle génération qui viennent pour se reconnecter avec leur territoire d'origine. Ca, c'est un des grands enseignements de la JOMD en analysant les fichiers, c'est une bonne nouvelle qui nous incite à continuer !

Avez-vous estimé le nombre de recrues grâce à la JOMD ?

On pense qu'on est proche de la centaine de postes de cadre, mais on a réellement du mal à récolter les informations... Nous constatons que nous marquons de plus en plus le terrain dans l'environnement économique, mais c'est compliqué de le comptabiliser...

Quel contenu veut montrer la JOMD ?

Quand on regarde le contenu de la programmation de la JOMD cette année, on voit que nous ne sommes pas là pour faire de la communication aseptisée. Nous traitons de problèmes, nous parlons de fracture scolaire, de problèmes d'éducation, d'insécurité, de changement climatique... Nous abordons toutes les problématiques ! On ne cherche pas que des étudiants pour des postes d'encadrants, on cherche aussi des jeunes qui ont envie de revenir pour entreprendre, pour dynamiser le tissu économique et il faut qu'ils se fassent en une journée une vision réaliste des choses...

Entre les tables rondes, les mises en relations et autres ateliers de coaching, qu'est-ce qui marche le mieux ?

Ce qui marche le plus, ce sont les exemples concrets, les belles histoires. Ceux qui viennent raconter leur retour d'expérience, leur carrière... Cette année, nous allons faire un focus sur l'aventure entrepreneuriale exceptionnelle d'Air Caraïbes au niveau national et qui est d'abord une aventure ultramarine ! Nous allons aussi mettre la Réunion en exergue car c'est un département qui a montré l'exemple, notamment dans sa volonté de faire de grands travaux. La route du littoral est un chantier qui est unique au monde ! Tout ce qui montre, dans la diversité, des réussites, c'est toujours ce qui marche le mieux au niveau du public. On a besoin d'exemples, besoin de montrer que c'est possible !

Qu'en est-il du réseautage ?

Cette année, nous allons faire appel à l'association Jeunesse Outre-mer (AJOM) qui  va mettre ses JOM connecteurs au-devant des quelques 2000 visiteurs attendus. Ces JOM connecteurs auront pris la mesure de tout ce qu'il y aura comme possibilités de recrutement pour lettre le plus rapidement possible les jeunes en relations avec les secteurs et les entreprises qui peuvent les intéresser. L'idée, c'est de fluidifier le plus possible ! On aura aussi un espace coaching pour aider les jeunes à gérer un entretien, un speed job dating !

Et pour le réseautage inter entreprises ?

On les fait se rencontrer la veille et c'est comme dans tous les salons, les gens s'échangent leurs cartes !

Propos recueillis par FXG, à Paris

Un prix du livre d'histoire d'outre-mer doté de 5000 euros

Cyril Conte, cofondateur de la JOMD, est un passionné d'histoire des outre-mer et a toujours voulu consacrer une table ronde à l'histoire depuis la toute première JOMD. La rencontre de ce Cyril Conte avec l'historien Frédéric Régent, spécialiste de l'histoire moderne à la Sorbonne et président du Comité national pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage, avait conduit à un parrainage de la JOMD à un colloque historique il y a deux ans. Cette fois, est née l'idée de doter de 5000 euros un prix du livre d'histoire d'outre-mer. Le lauréat sera révélé samedi en fin de journée à l'occasion d'une table ronde consacrée aux outre-mer vus par les écrivains en présence de Jimmy Anjoure-Apourou, Frankito, Corinne Mencé-Caster et trois nominés du prix du livre d'histoire d'Outre-mer.

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16 novembre 2017 4 16 /11 /novembre /2017 10:17
Christian Laine, président de la Fondation l'INFA, Grégory Baugé et Alain Langlacé, directeur général de la Fondation.

Christian Laine, président de la Fondation l'INFA, Grégory Baugé et Alain Langlacé, directeur général de la Fondation.

La fondation INFA lance un appel aux dons pour la formation au pays

Grégory Baugé  parraine une campagne de mécénat pour former des Guadeloupéens aux métiers d'art, du numérique et du tourisme.

La fondation INFA (Institut national de formation et d’application) est une fondation reconnue d’utilité publique entièrement dédiée à la formation professionnelle en France ; elle existe depuis 70 ans. Sensibilisée après les passages des cyclones Irma et Maria, au sort des 13 000 Guadeloupéens au chômage et sans qualification, aux 1000 nouveaux jeunes qui chaque année décrochent de l'école, la Fondation a lancé, vendredi à Paris, un appel aux dons pour permettre à ces publics éloignés de l'emploi d’accéder à une qualification professionnelle et de renforcer leur employabilité. "Grâce aux dons récoltés, explique Christian Laine, président de la fondation INFA, maire de la ville de Lescar (64) près de Pau, et lui-même ancien stagiaire de l'INFA, nous pourrons envoyer formateurs et matériels pour dispenser dans un premier temps des formations aux métiers d’arts. Dans une seconde phase, à moyen terme, la Fondation souhaite développer également des formations certifiantes aux métiers du numérique et du tourisme." Plusieurs des formations numériques de la Fondation INFA ont reçu le label Grande École du Numérique (GEN) et trois formations en tourisme ont reçu le label de la Conférence des formations d’excellence du tourisme (CFET). La Fondation a ainsi choisi de développer ses actions avec l'école de la deuxième chance en Guadeloupe.

Parce qu'un parcours de formation coûte de 13 à 15 000 euros, la Fondation veut d'appuyer sur le mécenat et s'est choisie, pour lancer cette campagne, un parrain de prestige et bien connu au pays, Grégory Baugé. « La fondation INFA, a déclaré le champion médaillé mondial de cyclisme, incarne les valeurs de l’entraînement par l’apprentissage, de la cohésion et l’esprit d’équipe par l’entraide, du dépassement de soi par le courage, de la volonté de chacun et de tous pour gagner ensemble, et de s’améliorer par des formations qualifiantes pour tous et partout en France, et même jusqu’aux Antilles. »

La campagne d’appel aux dons commence ce jour et se déroulera jusqu’au 31 décembre 2017. Renseignements sur infa-fondation.com

FXG, à Paris

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15 novembre 2017 3 15 /11 /novembre /2017 10:49
Messe antillo-guyanaise à Saint-Sulpice

La grande messe des Antillais et Guyanais à Paris

Samedi 11 novembre, plus de 3 000 fidèles, tous originaires des Antilles et de la Guyane, se sont rassemblés à l’église Saint-Sulpice au cœur de Paris pour un office célébré sous la présidence de Monseigneur Jean-Yves Riocreux, évêque de Guadeloupe, en compagnie de Monseigneur David Macaire, évêque de Martinique, et de Monseigneur Emmanuel Laffont, évêque de Guyane.

Les trois prélats revenaient de Lourdes où ils avaient avoir assisté au rassemblement des évêques de France. Cette messe annuelle, très chère aux fidèles, est organisée par l’aumônerie des Antilles-Guyane sous la houlette du père Marcel Crépin.

Parmi les fidèles, une majorité de femme, mais aussi le nouveau député de Guadeloupe, Olivier Serva, qui a eu du mal à trouver une place au premier rang. Il a du rester debout sous le nef. Les chants étaient assurés par la chorale du « Chœur Salvé », largement épaulés par les fidèles qui reprenaient les refrains et donnaient de la voix.

Monseigneur Jean-Yves Riocreux a diffusé un message de paix et d’amour pour célébrer l’anniversaire de saint Martin de Tours, mais aussi un message de solidarité et d’assistance pour les habitants des îles de Saint-Martin, de Saint-Barthélemy, de la Dominique, de Marie-Galante et Terre-de-Bas, touchées par la violence des ouragans Irma et Maria. Il a ensuite évoqué le parcours de Christophe Colomb avec ses dix-sept caravelles lors de son deuxième  voyage depuis Saint-Domingue jusqu’aux îles du nord qu'il croise le 11 novembre 1493, jour où il baptise Saint-Martin. « Et à la manière de saint Martin de Tours, annonce l'évêque de la Guadeloupe, nous partageons notre manteau ! Nous allons remettre en état l’église de Grand-Case qui est indisponible et indispensable pour que la communauté se rassemble. » Sur ces paroles, Monseigneur Riocreux a invité ses deux homologues à prendre la parole.

« La Martinique, déclare Monseigneur David Macaire, se prépare à accueillir du 12 au 20 juillet 2018 la journée caribéenne de la jeunesse. La jeunesse de toute la Caraïbe est attendue à la Martinique pour cette occasion." Il a encore évoqué le 170e anniversaire de l'abolition de l'esclavage en 2018. "Nous allons fêter la mémoire de nos parents qui nous ont laissé en héritage non la honte, mais la profondeur de la foi. Après l’abolition, nos ancêtres esclaves sont accourus à l’église pour remercier le seigneur, c’est une réalité historique ! »

20 nouveaux prêtres

Mgr Laffont a rappelé que L’église de Guyane est engagée dans un projet pastoral de trois ans. "Nous avons pour mission de frapper à toutes les portes depuis le temps du carême et pendant les deux ans qui viennent, il est absolument interdit à un pratiquant de venir à la messe le dimanche sans avoir prié pendant la semaine avec le texte de la paroisse." Il est reparti s’assoir en laissant le micro à Mgr Riocreux : « En 2019, les Journées mondiales de la jeunesse auront lieu à Panama. Nous sommes sur la route de Panama et nous nous préparons pour vous accueillir. » Il a encore annoncé que les diocèses de Martinique, de Guyane et de Guadeloupe allaient accueillir 20 jeunes prêtres.

Sitôt la messe dite, les trois évêques sont pris d'assaut. Pour la première fois, Jacques est venu de Créteil. «  Ca me donne chaud au coeur de voir l’église comble, remplie par autant d’Antillais. Je suis vraiment content d’avoir fait le déplacement ». Pas loin de lui, au passage Mgr Macaire, un homme demande la bénédiction. « Mon père, mon père, bénissez-moi, pour moi et toute ma famille... » L’évêque pose la main sur la tête et repart avec le sourire du devoir accompli. Sa cousine, plus loin, n’ose pas s’approcher malgré son insistance ». Denise, venue de la Seine Saint-Denis, ne veut rien rater de cette journée. « Je suis à Paris depuis ce matin ! Cette messe je la vis en moi, c’est ma nourriture spirituelle, c’est ma lumière. Je suis contente d’être ici. Je repars heureuse retrouver ma famille avec des paroles qui éclairent ma vie. »

Alfred JOCKSAN

Mgr Laffont déterminé

Monseigneur Emmanuel Laffont a soulevé les fidèles en leur demandant de crier : "Déterminés". "La Guyane, a-t-il dit, en a plein le dos de voir que les fusées décollent et que la Guyane ne décolle pas ! Les gens l'ont dit de manière déterminée, avec beaucoup de force et très paisiblement. Mais ont-ils été entendus ? Sur tous les barrages où je suis allé, c’était la paix, la joie, la certitude d’être dans son bon droit. Ne pas réclamer l’impossible, mais réclamer le nécessaire ! (...) On en a jusqu’à la gorge, on est gonflé avec ça. Mais j’ai encore dans la tête ce beau dessin quand le pasteur demande qui veut le changement, tout le monde lève la main et quand on demande qui veut changer, tout le monde baisse la tête et regarde ses pieds..."

L'aumônerie Antilles-Guyane a besoin de sous

La quête était destinée aux caisses de l’aumônerie des Antilles et de la Guyane organisatrice de cette journée. Le père Crépin a tiré la signal d’alarme, car faute de donateurs et de mécènes, la revue Alizé risque de mettre la clef sous la porte. Et malgré la multitude, il y a eu peu d’offrande au moment de la quête... L’aumônerie doit mener ses missions tout au long de l’année et réserver l’église Saint-Sulpice pour ce rassemblement annuel et populaire avec les trois évêques des Antilles et de la Guyane. "La quête est un geste de solidarité, il faut donner en toute simplicité", explique le père Crépin. L’Aumônerie vient de quitter Paris dans le 19eme arrondissement pour s’installer à Pantin au 23 rue de la paix.

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13 novembre 2017 1 13 /11 /novembre /2017 06:33
Budget de l'Outre-mer - 1ère lecture

Budget Outre-mer adopté en première lecture

Malgré l'opposition déclarée des groupes FI, GDR, NG et LR, les députés ont voté, jeudi 9 novembre, par 91 voix pour et 39 contre la mission Outre-mer du budget 2018.

Contre l'avis du gouvernement et l'hostilité du groupe REM, les crédits fonds verts ont été rétablis.

La ministre des Outre-mer Annick Girardin a connu quelques moments de solitude, hier à l'Assemblée nationale à l'occasion de l'examen en première lecture du budget de sa mission : 2, 104 milliards d'euros en autorisations d'engagement et 2,068 milliards en crédits de paiement, soit 3,9 % de la dépense globle de l'Etat. La ministre qui veut "changer de modèle" et "rompre avec les conservatismes", a trouvé face à elle des députés remontés. Le Martiniquais du groupe Nouvelle gauche (NG) Serge Létchimy a relevé des "insuffisances suffisamment graves", La Réunionnaise Huguette Bello (GDR), "un budget en suspens, un recours accru au droit commun et une logique d'autocompensation", sa compatriote NG, Ericka Bareigts a exprimé "de grosses inquiétudes"... "Votre budget, a renchéri le député réunionnais de la France insoumise (FI) Jean-Hugues Ratenon, ne jette pas les bases pour un avenir meilleur !" "Il n'est pas meilleurs que le le précédant, a ajouté le Martiniquais Jean-Philippe Nilor (GDR), il n'est pas pire, il est sans audace..." A l'autre bout de l'hémicycle, le Réunionnais David Lorion (LR) a pointé un budget "contre les entreprises, contre les familles et contre les jeunes". Et mis à part, le Réunionnais Thierry Robert (Modem), la Polynésienne Maïna Sage (Les constructifs UDI), quoique "déçue", et la députée hexagonale Naïma Moutchou (porte-parole du groupe République en marche - REM), tous ont dénoncé la chute brutale de l'aide au logement, des enveloppes de Ladom et du plan séisme et encore l'absence de  toute mise en oeuvre de la loi égalité réelle outre-mer. Se défendant de tout "marketing", "virtuel ou "recul", la ministre s'est voulue rassurante sur Ladom et ses 13 % en moins : "Les crédits de Ladom sont à l'euro près ceux des dépenses de 2017." Face à l'effondrement de la ligne budgétaire unique (LBU) qui finance le logement social, Annick Girardin a déclaré : "C'est notre capacité à produire et rénover qu'il faut sanctuariser et augmenter."

Scrutins publics tendus

La discussion d'un premier amendement déposé par Serge Létchimy et visant à faire passer le fonds de secours de 10 à 500 millions d'euros, en raison des récents événements climatiques à Saint-Martin, Saint-Barthélemy, en Guadeloupe et en Martinique, a fait apparaître une ébauche de coalition de la gauche et de la droite contre le centre. L'alliance a fini par s'avérer payante lorsqu'il a été question du fonds vert pour le Pacifique que la ministre a fait passer de 25 millions à zéro euros. Maïna Sage a déposé un amendement signé par quasiment tous les groupes politiques, visant à rétablir ces 25 millions. Alors que les parlementaires discutaient, le président de l'Assemblée a annoncé qu'il était saisi d'une demande de scrutin public sur cet amendement, mais également sur le budget de la mission outre-mer. Les députés Modem et REM n'étaient pas assez nombreux pour empêcher l'adoption de l'amendement de Maïna Sage (46 pour, 40 contre). Et c'est après un épisode un peu fébrile et l'intervention au débotté de la porte-parole du groupe REM (qui a laissé le temps aux députés macronistes pour rappliquer dare-dare en séance) que le budget de la mission outre-mer a été adopté par 91 voix pour et 39 contre. Ouf !

Le budget de l'Outre-mer va maintenant être examiné par le Sénat avant de revenir au palais Bourbon avant Noël.

FXG, à Paris

L'argent des SIDOM

Huguette Bello (GDR Réunion) est revenue sur le "pactole" des SIDOM qui doit permettre à l'enveloppe de la ligne budgétaire unique de regonfler de 20 millions d'euros une fois la vente des sociétés immobilières d'outre-mer (SIDOM) à la société nationale immobilière (SNI) réalisée. "Quel montant, quand ?", a demandé le Réunionnais David Lorion (LR). Le prix de la vente est fixé à 190 millions d'euros pour 70 000 logements, soit 2714 euros par logement en moyenne. En comparaison, le secrétaire d'Etat au Logement, Julien Denormandy établit le prix d'un logement social dans l'Hexagone à 100 000 euros l'unité... Le prix est variable selon les territoires : 4750 euros en Martinique, 1968 à la Réunion, 1460 à la Guadeloupe, 3035 à Mayotte, 8000 euros à Kourou (la SIMKO sera aussi vendue, a confirmé Mme Girardin au député Serville), 200 à Cayenne... "1000 euros le logement, a manqué s'étouffer Serge Létchimy (NG), pas 1000 euros du mètre carré ! Et ça ne serait pas le prix de vente au locataire !" "Notre parc social, s'est indignée Huguette Bello, est-il à ce point délabré ? A moins que ça ne soit une très bonne affaire..." La ministre a rappelé que la cession avait été actée par le précédent gouvernement et la loi Sapin 2 : "J'hérite donc de ce dossier", a-t-elle dit avant d'ajouter : "Je suis convaincue désormais de ce projet." Le Martiniquais (GDR) Jean-Philippe Nilor a obtenu toutefois une petite compensation en obtenant un vote favorable pour son amendement visant à établir un rapport sur le risque d'amiante dans 70 % du parc locatif martiniquais.

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11 novembre 2017 6 11 /11 /novembre /2017 06:39

Les dirigeants du CEREGMIA seront rejugés par leurs pairs

"Erreurs de droit." Le conseil d'Etat a annulé, mercredi 8 novembre, les sanctions de révocation et de suspension (trois et cinq ans) prises par le conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (CNESER), le 8 juin 2016, à l'encontre des trois dirigeants du Centre d'Étude et de Recherche en Économie, Gestion, Modélisation et Informatique Appliquée (CEREGMIA) de l'université des Antilles, Fred Célimène, son adjoint Kinvi Logossah et l'ancien doyen Eric Carpin.

La nouvelle est tombée sans trop de surprise dans la mesure où déjà, le 16 octobre dernier, le rapporteur public du Conseil d'Etat préconisait d'annuler ces sanctions.

Les trois universitaires, poursuivis en justice pénale pour avoir détourné des fonds européens, avaient d'abord été sanctionnés le 11 juin 2015 par la section disciplinaire du conseil d'administration de l'université Toulouse 1 Capitole où avait été dépaysée leur affaire (cinq ans de suspension pour Fred Célimène et un blâme pour ses collèges). Par la suite, l'université des Antilles avait fait appel et saisi le CNESER. Les trois universitaires sanctionnés ont déposé alors un pourvoi devant le Conseil d'Etat. Ce dernier a estimé, d'une part, que le CNESER "en annulant, alors qu'il en était exclusivement saisi par la voie de l'appel, la décision du 11 juin 2015 (...) a entaché sa décision d'une erreur de droit (...) au seul motif qu'elle est intervenue plus de six mois après la date à laquelle cette section disciplinaire avait elle-même été saisie". D'autre part, le même CNESER aurait du rouvrir l'instruction après que l'université des Antilles a produit deux mémoires accompagnés de pièces nouvelles après le dépôt du dossier. Cela aussi le conseil d'Etat l'a jugé comme une seconde erreur de droit. Résultat, MM. Célimène, Logossah et Carpin sont renvoyés à nouveau devant le CNESER pour être rejugés. Au passage, l'université des Antilles doit verser 3 000 euros à chacun d'entre eux.

FXG, à Paris

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11 novembre 2017 6 11 /11 /novembre /2017 05:50
Joël et José Jernidier à Paris le 24 octobre dernier

Joël et José Jernidier à Paris le 24 octobre dernier

"Circulez", une pièce de mieux au répertoire caribéen

Joël et José Jernidier étaient à Paris, la semaine passée pour jouer ensemble la pièce "Circulez", écrite par José Jernidier et mise en scène par José Exelis. Après avoir rencontré un succès phénoménal en Guadeloupe, en Martinique et à Saint-Martin, c'est le public du théâtre de l'Epée de bois à la Cartoucherie de Vincennes qui a pu applaudir les deux Guadeloupéens sur scène. Mais au-delà du fait d'avoir pu jouer dans la capitale (ils étaient déjà l'hôte du festival Kanoas mi-octobre à Ivry dans le Val de Marne), l'auteur José Jernidier a pu prendre livraison à la sortie de leur impression des premiers exemplaires du texte de la pièce que les éditions Jasor viennent de publier.

L'histoire met en scène un flic négropolitain qui reprend au pays une enquête sur un accident de la toute mettant en cause le fils Chofwa dont le père a trouvé la mort...

Cette publication vient aboutir un travail que José Jernidier a entamé il y a déjà longtemps. "A l'origine, raconte-t-il, on m'avait commandé un sketch pour la prévention routière. Joël l'a joué une ou deux fois... Et j'ai voulu revenir fouiller un peu ce texte..." José s'y remet, passe le texcte à son frère Joël qui l'envoie à José Exelis. Les premières lectures publiques au MACTe, en mai 2016, sont prometteuses, mais le texte est, pour reprendre les termes de José Jernidier, "work in progres". Les répétitions s'enchaînent et le texte s'enrichit pour enfin être fixé au moment de la création de la pièce. Lorsqu'il a vu la pièce, le patron de la scène nationale de Martinique, Hassane Kouyaté a déclaré : "Un théâtre caribéen est né !" D'où cette envie de publier la pièce : "Il m'est apparu nécessaire de la publier, raconte José Jernidier, car il y a un besoin pédagogique." José Jernidier a déjà publié "Moun Koubari" et "Vin vann", mettant ainsi à la disposition des compagnies théâtrales des pièces qui fondent ainsi le répertoire d'un théâtre caribéen.

La pièce doit prochainement être jouée à Cayenne et sera l'hôte du Théâtre des Outre-mer en Avignon en juillet 2018.

FXG, à Paris

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10 novembre 2017 5 10 /11 /novembre /2017 10:28
Yldiz Pollack-Beighle, ministre des Affaires étrangères du Suriname, Annick Girardin, ministre des Outre-mer, et l'ambassadeur de la zone, Jean-Bernard Nilame

Yldiz Pollack-Beighle, ministre des Affaires étrangères du Suriname, Annick Girardin, ministre des Outre-mer, et l'ambassadeur de la zone, Jean-Bernard Nilame

Coopération France-Suriname

Annick Girardin, ministre des Outre-mer, et Yldiz Pollack-Beighle, ministre des Affaires étrangères du Suriname, ont signé hier matin à Paris, en présence des quatre parlementaires guyanais et de l'ambassadeur de la zone, Jean-Bernard Nilame, un accord de coopération qui fixe les compétences maritime des deux pays dans l'estuaire du Maroni. Cette signature, aboutissement de négociations qui ont débuté dans les années 1990, règle des questions de souveraineté en mer et définit le cadre de la coopération à venir en matière économiques et environnementale. Elle permet en outre des actions communes contre les activités illégales de pêche notamment.

"Nous avons ouvert une nouvelle page pour aller plus loin dans la régularisation des relations entre nos deux pays, a déclaré Yldiz Pollack-Beighle, pour aller plus loin dans l'ouverture d'opportunités de développement pour nos deux populations que ce soit dans l'éducation, la santé, la sécurité, l'environnement."

Pour Georges Patient, cet accord est bienvenu vu "cette passoire qu'est le fleuve". Quant à son jeune collègue, Lénaïk Adam, il en attend plus de contrôles et un cadre qui permette de l'apaisement. La ministre française n'a pas voulu limiter cet accord çà une simple question de contrôle, tout comme son homologue surinamienne qui a ajouté : " Nous avons identifié spécifiquement ce que nous voulons faire grandir ensemble. Aujourd'hui, c'est une nouvelle page pour les futures générations. Notre intention, c'est d'être des partenaires pour le bien-être de nos pays et de nos populations. Nous avons éclairci les positions de nos populations et en faisant cela, nous avons fait avancer la cause de notre développement. Cela ouvre la porte à de futurs accords entre nos deux pays."

Au-delà de cette signature, la ministre française a salué le fait que le parlement surinamien ait enfin ratifié un accord de coopération policière signé en 2006... La question du transfert des détenus surinamiens qui purgent une peine à Rémire-Montjoly a été aussi évoquée. Mme Girardin s'est encore félicitée des flux touristiques et commerciaux qui s'accroissent et de l'ouverture prochaine du nouveau bac international entre Albina et Saint-Laurent, pour saluer la relance de la coopération culturelle dans le cadre du conseil du Fleuve. Enfin, la ministre des Outre-mer a indiqué que prochainement, de semblables accords devraient être signés avec le Brésil.

FXG, à Paris

Trois questions Annick Girardin

"Nous travaillons dans la confiance"

Quels sont les termes de cet accord ?

Anick Girardin : C'est un accord qui permet de délimiter nos zones économiques, qui nous permet de travailler ensemble sur la lutte contre la pêche illégale, mais surtout qui nous permet de faire un pas de plus vers cette amitié qui nous unit, le Suriname et la France, cette volonté de coopération régionale que nous voulons mener sur les questions de sécurité, de justice, de police dans l'intérêt de nos populations, des populations qui vivent sur le fleuve Maroni, qui ont beaucoup d'histoires en commun et qui doivent continuer à pouvoir penser un avenir commun.

Qu'est-ce que ça va changer ?

Cet accord a pour volonté de lutter contre l'insécurité d'un côté et de l'autre du fleuve, de travailler sur la question des trafics de drogue parce que nous avons à coeur de protéger notre jeunesse, mais nous avons aussi à coeur de travailler aussi sur les questions de santé, d'éducation, de développement économique. Nous voulons protéger nos populations bien sûr, mais nous voulons aussi les aider à avoir une vie meilleure, voilà ce que nous voulons construire ensemble.

L'accord délimite un espace maritime, ça veut dire qu'il n'était pas encore défini ?

Quand on définit un espace maritime, c'est effectivement qu'il ne l'était pas. Nous avons là une avancée certaine ! Mais délimiter les choses, c'est les rendre plus claires et c'est donc permettre une amitié encore plus transparente. Nous travaillons aujourd'hui dans la confiance et c'est le plus important.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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10 novembre 2017 5 10 /11 /novembre /2017 06:59
Mormeck et les assises des Outre-mer

Mormeck, avocat des assises des Outre-mer

Jean-Marc Mormeck fait partie de l'équipe projet ultramarin qui, au côté du coordinateur Thierry Bert, est en charge de l'animation des assises des Outre-mer. Depuis le lancement officiel des assises, le 4 octobre dernier, l'équipe projet a établi sa façon de travailler et distribué les rôles au sein des groupes où  chacune des personnalités qui la composent voudrait s'investir. "Du fait que je sois délégué interministériel à l'égalité des chances des Français d'Outre-mer, explique l'ancien champion de boxe, je me tourne davantage vers le 6e DOM..." Ainsi, Jean-Marc Mormeck est déjà allé à la rencontre des Ultramarins de la région lyonnaise à Vaulx-en-Velin. Ce mercredi à Paris, il recevait les associations ultramarines d'Ile de France en compagnie de la ministre Annick Girardin. La semaine prochaine, il sera à Marseille et le 8 décembre, il sera en Nouvelle-Aquitaine. "Je viens écouter les compatriotes et je leur demande de s'investir, de participer, explique Jean-Marc Mormeck. Pour une fois, on leur donne la parole... C'est vrai qu'il y a toujours beaucoup de plaintes, mais moi je leur dis qu'il faut qu'ils arrêtent de tout attendre ! Il faut qu'ils se bougent ! Il n'y a pas rien, il y a un ministère, une délégation, il y a quand même des choses !" Et maintenant, il y a les assises... "Il faut qu'ils participent, insiste le délégué, et je leur dis que ces assises sont l'occasion de revendiquer ce qu'ils veulent. Il y a un site et il faut y aller pour dire ce dont les gens ont besoin, comment ils voient les choses !" A titre personnel, Jean-Marc Mormeck se dit qu'il faut trouver des solutions pour enrayer cette délinquance qui mine les outre-mer. "Ca, c'est impératif ! Avant de pouvoir construire quoi que ce soit, il faut régler les problèmes du présent." Jean-Marc Mormeck a entendu le président de la République proposer de faire venir les formations dans les territoires plutôt que de faire venir les jeunes dans l'Hexagone. "Le fait qu'il l'ait proposé, c'est déjà une bonne démarche. Ces jeunes ont besoin de se former dans les territoires, ensuite je pense que ça coulera de source." De ce côté-ci de l'océan, le délégué se place dans le sillage du premier titulaire de la délégation, Patrick Karam, quand il met en avant "le problème des billets d'avion". Voilà pourquoi, Jean-Marc Mormeck prie instamment les compatriotes à venir s'exprimer sur le site des assises des Outre-mer. "Et nous verrons qu'est-ce qui ressort en priorité." Il sait bien qu'il y a des gens qui doutent de l'utilité de ces assises, il va même plus loin en disant qu'il en faut, des gens dubitatifs. "Moi-même, je ne suis convaincu de rien ! Je dis simplement que la démarche est bonne, que l'envie de le faire, d'aller vers les autres, elle est là. Et puis, si toutes ces personnes viennent s'exprimer sur le site et qu'il ne se passe rien, alors il y aura des raisons de se plaindre, mais si on n'y vas pas, si on n'y croit pas, on n'a pas le droit de se plaindre !"

Jean-Marc Mormeck devait rencontrer le Premier ministre cette semaine. Une visite protocolaire normale pour le délégué qui dépend directement de Matignon. Le rendez-vous a été retardé pour des questions d'agenda. Jean-Marc Mormeck attendra encore un peu pour réitérer son idée d'élargir son périmètre d'action au-delà du périphérique. "Pourquoi se contenter de ce qu'on me donne, s'amuse-t-il, alors qu'on pourrait faire plus ! C'est ce qu'on demande aussi à toutes ces personnes de l'Outre-mer dans ces assises, de s'engager."

FXG, à Paris

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