Le reporter

FX-IN-SKY-light-left-bis.jpgFrançois-Xavier Guillerm, dit fxg, est le correspondant permanent à Paris des éditions antillaises du groupe Hersant Media (France-Antilles Guadeloupe et Martinique, France-Guyane). Les articles et photos qui sont publiés sur ce blog permettent aux antillo-guyanais de Paris de prendre connaissance de ce qui s'écrit autour d'eux dans les quotidiens régionaux des DFA. Depuis le 18 novembre 2008, France-Antilles  a son propre site... franceantilles.fr. En attendant qu'on puisse faire basculer ce blog avec son concept 5e DOM sur le site franceantilles.fr, ce blog reste actif et s'adresse à tout ceux qui s'intéressent à l'actualité du 5e DOM. Il peut y a voir des sujets hors thématique outre-mer. Tant pis à ceux que ça emmerdent. Mwen ka fenn tchou zot !

f.guillerm@hersant.com

Le photographe

REGIS-BW-stand-light.JPGRégis Durand de Girard, copyright RDG,  est photographe indépendant. Il vient du théâtre auquel il a consacré vingt ans. Photo-reporter à Paris pour le quotidien régional France-Antilles, il fait des photos pour le théâtre (Fabrice Luchini), la danse (Cie Bisextile, Ménagerie de verre), la télévision (LCP, Canal +) et des créations axées sur le formalisme des lignes et l'impact de la lumière. Ses influences viennent à la fois de Martin Parr pour la sociologie et les lumières, de Weegee pour le fait-divers au flash ou encore de Bruce Weber pour le fashion. L'histoire de la peinture tisse ces liens improbables. Il a publié dans Le Monde, l'Express, Le Point, Le Nouvel Obs, Le Parisien, Le Figaro, Matin Plus, Pariscope, l'Yonne Républicaine, Les Nouvelles Calédoniennes, les Nouvelles de Tahiti...
Pour le joindre ou acquérir les droits des images

http://www.wix.com/hanifbadouraly/rdgphoto#!
regisdurand@vospiresamis.net

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Samedi 26 mai 2012 6 26 /05 /Mai /2012 07:46

L’hommage aux aïeux du CM98

23 mai, date mémorielle choisie par nombre d’Antillais d’Ile de France. Depuis 1999, le CM 98, met tout en œuvre pour que cette journée dédiée aux victimes de l’esclavage colonial devienne une journée de commémoration nationale.le-village-au-pied-de-la-cathedrale---Alfred-Jocksan.jpg

Le comité de la marche du 23 mai (CM98) a installé le village Lanmèkannfènèg sur le parvis de la basilique de Saint-Denis (93). La population antillaise a rendez vous  pour un  temps mémoriel, le temps « Lanmèkannfègèg », un temps de réflexion, de commémoration, le temps d’être ensemble, de vivre et vibrer en harmonie, de penser aux aïeux. Les visiteurs, quasiment tous des descendants d’esclaves découvrent le site internet, www.anchoukaj.org, ainsi que le livre Non Nou qui répertorie les premiers noms donnés aux esclaves de la Martinique.

Reconstitution-d-une-fresque-historique-au-pied-des-tombes-.jpgSur le parvis de la basilique, en plein soleil, les curieux assistent à la reconstitution du voyage des nègres allongés dans la cale de l’Aurore, un bateau négrier, dessiné sur le sol. Une fresque humaine  avec plus de 180 participants, 400 étaient attendus. En bruit de fond la mer tapant sur la coque du navire. Et retentit à la fin le son de la conque de lambi. Certains vacillent, d’autre laissent couler leurs larmes, les visages sont tristes, émouvants, fiers d’avoir vécu ce moment. Puis les participants se sont réunis dans la salle du conseil municipal de la ville de Saint-Denis pour raconter leurs expériences. Le-pasteur-Caristan-Gilbert-et-Serge-Romana-Alfred-Jocksan.jpgMarie-Claude, venue de Lyon et originaire de Saint-Pierre, est fière mais un  peu dans l’embarras : « J’ai un vide en moi, j’ai besoin de savoir et trouver mes racines, pour conduire mes enfants. »  Le docteur Emmanuel Gordien qui a coordonné les recherches collectives sur les noms de la Martinique écoute attentivement. Le président du CM98, Serge Romana, lance: «  Nous sommes  en errance identitaire. » L’université populaire du CM98 est là pour faire savoir à la famille antillaise son origine et sa voie. La-traversee-du-champ-de-canne-Alfred-Jocksan.jpgLa prochaine étape sera de faire connaître cette démarche mémorielle en Afrique, mais 14 ans après, aucune autre communauté partageant cette histoire d’esclavage, Noirs américains, Brésiliens, Cubains, Haïtiens, ne sont là. Le travail d’éducation historique, estime Serge Romana, est indispensable pour accompagner les demandeurs de plus en plus nombreux. Ceux-ci ont aujourd’hui l’occasion d’aller sur  le site : www.anchoukaj.org, un portail de recherche pour tout savoir sur les noms de leurs aïeux.

Une cérémonie républicaine se déroule au son du ka. Le député Patrick Braouezec, le président de la région IDF, Jean-Paul Huchon, le maire de Saint-Denis Didier Paillard, Viviane Roll-Romana, conseillère régionale d’ile de France, l’ajointe au maire de la ville , Jacqueline Pavilla et des présidents d’associations antillaises inaugurent symboliquement le Square du 23 mai 1998, les rues   Amistad, Habitation Raizet et Code Noir. La ville de Saint-Denis s’approprie l’histoire du  23 mai.La-messe-Alfred-Jocksan.jpg

Une autre cérémonie, religieuse et œcuménique, rassemble les familles, toutes générations confondues. La fête Lanmèkannfènèg a pris la suite pour clôturer cette journée  de manifestation riche en émotion. La compagnie Riposte avec D’ de Kabal, l’homme à la voix magique, Dédé Saint-Prix le maitre du chwouval bwa, et les autres ont rythmé la fin de la soirée, en résonnance avec le tam-tam de l’Afrique.

Alfred Jocksan (agence de presse GHM)Spectacle-de-bele-Alfred-Jocksan.jpg


Deux mots, quatre paroles

Jakline-Pavilla-Alfred-Jocksan.jpgJakline Pavilla, maire adjointe à la ville de Saint Denis : « Nous avons franchi une étape, tout simplement en marquant les noms des rues, soit par  une habitation ou par exemple le code noir. C’est assez fort symboliquement. Pour moi, c’est une façon de faire connaitre l’histoire des Antilles qu’on ne connaît pas assez. Ici, souvent dans ma responsabilité de femme politique, je pense à ma mère qui a travaillé dans les habitations sucrières dans les années 70/72. Gamine,  je la voyais partir chaque matin dans les champs de canne. On ne se rendait pas de leurs douleurs, de leurs souffrances. Souvent, je l’évoque dans ma prise de responsabilité pour que nous soyons fiers de ce que nous faisons ».

serge-romana-RDG-.jpgSerge Romana, le président du CM98 : « J’ai ressenti, à 14 heure dans le bateau et à la célébration œcuménique, une grande paix intérieure et une grande communion avec les miens. Je ne me suis pas posé la question du CM98. Je suis marqué par ce que les pasteurs ont dit, marqué par  la force de notre histoire. Cette catastrophe humaine qu’a été l’esclavage est entrain d’être retourné. Nous sommes entrain de faire une vraie force. D’unité, mais aussi un témoignage vibrant de la vie, de ce que l’horreur est capable, malgré tout, de générer, la vie. Notre histoire témoigne que l’homme crée la vie dans m’importe quelles conditions.  De voir ses idées prendre vie, devenir vraiment chair par notre existante commune, étaient quelques choses d’apaisante,  qui nous rend  fier, qui  est bon, que devait gouter tous les descendants d’esclaves. Parce que ça unit, c’est bon pour nous et  pour nos enfants. Je suis  envahit d’émotion, de cette émotion après ça que j’ai vécu. Je n’ai pas pu sortir de la cathédrale, aller tomber dans le tambour. Je suis resté prendre cette énergie positive qui était toujours là  ».

Le-maire-de-St-Denis-Didier-Paillard-Alfred-Jocksan.jpgDidier Paillard, maire de la ville de Saint Denis : « Je dirais que Saint Denis est la ville des rois morts et des peuples vivants. Le peuple vivant est à l’image de 136 nationalités qui peuplent et font la ville. Ainsi que tous  ceux qui sont ses enfants d’esclaves, venus des caraïbes. Il est important pour nous, pour construire l’avenir de la ville de pouvoir s’appuyer  sur la mémoire de  chacun. C’est ça qui nous guide. Ce n’est pas sortir les cadavres des placards, il s’agit de construire sur la mémoire de l’époque. C’est bâtir un rapport de fraternité et de respect entre les populations. J’attend de la sincérité pour bâtir ensemble ».

Emmanuel-Gordien.jpgEmmanuel Gordien dit Toto, directeur de l’AGTHFA du CM98 : « Cette reconstitution est purement symbolique. Nos parents esclaves  sont certainement arrivés par le bateau. L’idée était, collectivement, tous ensembles que nous puissions  communier autour de ce premier voyage. Pour moi c’était la meilleure façon de commencer cette journée de commémoration de victimes de l’esclavage. Une fresque humaine, vivante, historique,  où les personnes étaient allongées dans les conditions des prisonniers africains, dans les bateaux négriers.  Pour moi c’était un symbole, d’une très haute importance. Ce temps long, ce passage du milieu est notre histoire ».

 

 

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Samedi 26 mai 2012 6 26 /05 /Mai /2012 07:02

Retour aux sources pour George Pau-Langevin

Mercredi 23 mai, la ministre de la Réussite éducative, est venue déposer une gerbe en mémoire  d’un combattant républicain, Louis Delgrès, dans son fief du vingtième arrondissement. L’occasion de retrouver les siens.Depot-de-gerbes---Alfred-Jocksan.jpg

L'ancienne députée de l’arrondissement sait que l’union fait la force. En ce mois mai, mois de mémoire, George Pau-Langevin n’a pas hésité à quitter son bureau de la rue de Grenelle pour répéter un geste symbolique qu’elle a initié, il y a cinq ans déjà. Elle vient honorer une date et une figure emblématique de la résistance antillaise, Louis Delgrès.  Elle n’en affirme pas la primauté, mais veut qu’un plus grand nombre participe à cet hommage. «  C’est une date à la quelle nous devons commémorer nos ancêtres esclaves et les souffrances qu’ils ont endurées », souffle-t-elle à l’assemblée issue d’une communauté encombrée par des contentieux d’existence et de reconnaissance.

La-rue-Louis-Delgres---Alfred-Jocksan.jpgLe nouveau député européen, Jean-Jacob Bicep, élu de l’arrondissement, la Réunionnaise Kathy Carime-Jalime et le délégué général à l’outre mer de la ville de Paris, Jean-Claude Cadenet, sont présents. Tout comme les membres du CM 98. Pour l’occasion, d’autres présidents d’association et des personnalités comme Daniel Theault et Melissa Zigault de Couleur pays se sont joints pour dire qu’ils n’oublient pas..

George-Pau-Langevin-ministre-de-la-reussite-educative---A.jpgGeorge Pau-Langevin a pris la parole et laissé parler son cœur : « Quelles que soient les responsabilités qu’on est amené à exercer, la mémoire du passé, la mémoire des sacrifices qui ont été fait pour l’égalité, pour la dignité, pour la fraternité du peuple noir ne doit jamais nous quitter ».

Fred Boyau a eu l’honneur de souffler la fin de la cérémonie au son du conque de lambi, devant des jeunes et quelques sportifs, bien surpris.

Alfred Jocksan (agence de presse GHM)

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Vendredi 25 mai 2012 5 25 /05 /Mai /2012 07:58

Le devenir économique des Antilles Guyane

Colloque-diaspora-et-developpement---Alfred-Jocksan.jpgL’hémicycle de la région Ile de France a accueilli mardi dernier, un colloque sur la diaspora et le développement économique dans les Antilles-Guyane. Avec les jeunes têtes de pont de l’entreprenariat ultramarin en Hexagone, des experts en économie locale, tels que Gilles Gabon administrateur du CM98, Charles François de Tableau de bord, Aude Alphonse de la BDAF, Daniel Hierso d’outre mer Network, Claude Valentin-Marie, conseiller pour l’outremer à l’INED et le président du CM98, Serge Romana, ont animé les débats.

Gilles-Gabon--Serge-Romana-et-Daniel-Hierso---Alfred-Jocksa.jpgUn colloque économique et mémoriel où le CM 98 s’associe au monde économique pour le devenir des DOM. Il s’agit d'aiguiser les consciences, de faire découvrir les réalisations existantes notamment en matière  de nouvelle économie, de montrer ce que le monde économique antillais peut faire localement, en France hexagonale et dans le monde, tant sur le plan des nouvelles technologies, du développement durable et de la recherche.« Si nous voulons  financer aux Antilles Guyane, il faut collecter dans la diaspora antillo-guyanaise », professe la directirce de la BDAF, Aude Alphonse. L’idée est de faire comme dans d’autres communautés vivant sur le territoire : agir en réseau pour exister. « Une démarche patriotique ». 

En s’associant avec des leaders sur le marché de l’emploi aux Antilles, la SEMSAMAR, la BDAF et le réseau outre mer Network. Le CM98  cherche à  donner des outils faire de chacun des acteurs responsables d’un devenir commun en Guadeloupe, Martinique, Guyane et l’Hexagone.

le-public---Alfred-Jocksan.jpgDepuis 14 ans, le CM98, a mis en place un travail sur la  mémoire, aujourd’hui son objectif est de mettre des  structures en place, dans la communauté antillaise, « pour servir à quelque chose, précise Serge Romana. Sans base d’unité, sans identité, sans mémoire,  on ne peut rien construire ». Lui, il plaide pour une structure mémorielle qui génère du bien. «  Depuis les événements de 2009, avance Aude Alphonse de la BDAF, les Antilles-Guyane ont une image dégradée  qui n’attire pas forcément les investisseurs. » Dans ce cas de figure, il ne faut pas crier au loup quand, selon Claude Valentin-Marie, la majorité  des diplômés sur le marché de l’emploi font le choix de la métropole à 67% et 12%  se dirigent vers l’étranger, Le sociologue-démofgraphe martiniquais projette dans une trentaine d’année que la jeunesse active sera positionnée en Hexagone et la jeunesse inactive en outre mer.

le-reseau-Outre-Mer-Network---Alfred-Jocksan.jpgAude Alphonse n’hésite pas à parler à l’instar de Césaire, d’un risque de génocide par substitution aux Antilles, et bientôt dans la diaspora. Elle lance un appel aux domiens d’Ile de France : « Ouvrez un compte de dépôt dans mon établissement ou dans d’autre banque locale pour favoriser le développement de l’économie et du marché antillais. » Elle veut réveiller les consciences car « les enjeux sont d’abord  de créer de la richesse et gagner de l’argent localement dans les secteurs porteurs et à haute valeur ajoutée. La Guadeloupe et la Martinique ne peuvent plus prévoir leur avenir sans les domiens de l’Hexagone avec la mise en place d’un financement solidaire et responsable ».

Mais comment donner le gout d’entreprendre aux populations d’outremers ? Selon Claude Valentin-Marie, le moment est venu pour la structuration d’une société : « Etre antillais est un devenir, non un état ». Il préconise donc une structure de lyannaj pour faire avancer la recherche, la création d’entreprise et l’entreprenariat, un ensemble économique et social, associé aux mouvements mémoriels. « Les enfants du BUMIDOM pourront être les acteurs responsables de la mutation de nos sociétés antillaises, au lieu d'en être les victimes », propose Serge Romana.. Une véritable insurrection des consciences et de solidarité. 

Alfred  Jocksan (agence de presse GHM)

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Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 12:34

Un commandant des RG en conseil de discipline

C’est aujourd’hui que le commandant à l'échelon fonctionnel du service départemental d’informations générales, Serge Narcisse, doit passer en conseil de discipline.Les faits motivant sa comparution, tels qu’établis par l’inspection générale de la police nationale et repris par l’administration de l’Intérieur, indiquent que l’officier de police « a manqué à plusieurs reprises à ses obligations professionnelles, de respect de l’autorité hiérarchique, de dignité et de réserve, notamment ». Ainsi, l’adjoint du commissaire Cordonnier (ex-patron de RG de Martinique) se serait abstenu « de façon récurrente de rendre compte à sa hiérarchie directe », d’organiser des réunions de service alors qu’il assurait l’intérim en l’absence de son chef. Mais ce sont les événements de février 2012 qui semblent avoir convaincu sa hiérarchie de le déférer devant le conseil de discipline, notamment le 8 février 2012 : « A l’occasion d’une manifestation organisée par le PPM, cet officier présent sur les lieux, s’abstenait de communiquer à sa hiérarchie directe les renseignements qu’il avait pu recueillir, notamment concernant la sécurité d’une visite que devait effectuer le ministre de l’Intérieur sur l’île quelques jours plus tard. » Et, enfin, cerise sur le gâteau, le 14 février, à l’occasion du départ de son supérieur, le commissaire Cordonnier, « M. Narcisse se joignait à une délégation d’autres policiers pour fêter à l’aéroport, de manière voyante et sonore (…) le départ de l’ancien chef du SDIG, de retour en métropole. » L’enquête menée par l’IGPN et que France-Antilles s’est procuré fait d’abord apparaître une très mauvaise qualité des rapports entre le chef de service et son adjoint, depuis au moins un an et dont les raisons profondes n’apparaissent pas vraiment. L’un parlant de son adjoint comme d’un électron libre, ingérable, l’autre reprochant à son chef de lui avoir commandé des enquêtes de type politique et morale dont les usages ont pris fin sous le gouvernement Jospin.

Quant aux événements du 8 février, il est reproché à l’officier martiniquais, alors qu’il était en congé, de s’être mêlé à « ce rassemblement durant lequel des chants injurieux avaient été entonnés en créole à l’encontre du ministre de l’Intérieur ». Ce chant serait une célèbre tirade carnavalesque reprenant le fameux « bo fè, Yo pété bonda Vaval » qu’un policier aurait ainsi traduit : « Embrasse le fer, ils ont pété le cul à Guéant. » Le rapport ne mentionne pas les paroles prononcées en créole, seulement leur traduction… Alors ont-ils prononcé le nom de Guéant ou seulement celui de Vaval, sachant qu’on était en plein carnaval ? Pour la petite histoire, ce chant remonte au milieu du XIX siècle, quand un gendarme, candidat à la mairie de Saint-Pierre, fut battu et dut déposer son sabre avant de pouvoir entrer dans l’hôtel de ville. Il avait donc embrassé son arme avant de la déposer, d’où les paroles de la chanson : « Bo fè, yo pété bonda… » Suivait alors le nom du gendarme qui, très vite a été remplacé par Vaval. Il restera donc, lors de ce conseil de discipline, à déterminer ce qui a été réellement prononcé en créole ce fameux 8 février… Quand au refus d’informer sa hiérarchie directe, la défense a produit un texto de Serge Narcisse daté du 9 février à 5 h 53 pour justifier « la présence opérationnelle de la présence (de M. Narcisse) à l’aéroport le 8 février en soirée. Ce SMS est un vrai rapport sur les événements produits, mais il est adressé à un inspecteur général, conseiller technique auprès du ministre de l’Intérieur et son ancien chef, et non à sa hiérarchie locale. Si ce n’est que le chef de la CDI et le DDSP adjoint ont reconnu avoir été informés. Le commandant Narcisse a rétorqué pour sa part qu’il n’avait pas chanté et que, quoiqu’en congé, il était venu « dans l’intérêt du service » et « mû par sa conscience professionnelle ». Quant au comité d’adieu qui avait rassemblé quatre policiers et le commandant Narcisse, alors que le commissaire Cordonnier quittait définitivement la Martinique, les mis en cause ont admlis s’être rendu à l’aéroport pour « fêter » son départ, mais niaient avoir tenu des propos invitant M. cordonnier à partir définitivement. Serge Narcisse a aussi admis avoir poussé un cri de joie mais démenti tout bras d’honneur. Les conclusions de l’enquête établissent qu’on ne peut formellement accuser le commandant Narcisse d’avoir chanté des chants injurieux, mais retiennent le caractère blâmable de la cérémonie d’adieux du 14 février.

FXG (agence de presse GHM)

Notons qu’en marge de ce dossier, Serge Narcisse et deux policiers ont indiqué leur intention de déposer une plainte avec constitution de partie civile à l’encontre du commissaire Cordonnier pour harcèlement moral.

FXG (agence de presse GHM)

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Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 09:20

L’association Tous créoles ! se dote d’une charte

15-mai-2012-2194.JPGLancée en 1998 dans la foulée du manifeste « Nous nous souvenons »,par des membres de la communauté békée pour dénoncer la barbarie de l’esclavage l’association Tous créoles !, lancée par le Martiniquais Roger de Jaham rassemble 250 adhérents et a une section parisienne depuis 2009. Béatris Compère est la présidente de cette section. « Ce manifeste avait fait de l’effet en Martinique car auparavant jamais un béké n’avait fait montre de la moindre repentance. Aujourd’hui, il est important d’avoir un écrit solennel destiné à sceller notre éthique et nos principes. » Voilà pourquoi le 22 mai, Tous créoles ! lance sa charte. Tous les adhérents de l’association devront la signer. Parmi ces adhérents, des gens tels que Bernard Hayot, Jean Bernabé (très impliqué dans la rédaction de la charte), le dissident René Gouyé, l’écrivain Muriel Tramis l’historienne Lydia Orlay ou le journaliste Rodolphe Etienne… « Cette charte consacre notre vision de la créolité, poursuit Mme Comper, et affirme notre foi en qses valeurs et sa pérennité. » Tous Créoles ! comprend la créolité dans sa dimension multiculturelle et le vivre ensemble. « Nous voulons nous rassembler autour des langues et cultures créoles, lutter contre tout propos discriminatoire ou raciste. » N’y a-t-il pas une sorte de naïveté dans tout cela ? « Il faut lutter contre la nature primitive de l’homme, se défend Béatris Compère, faire de nos différences une œuvre collective. » Selon elle, les créolités ne sont pas un attribut identitaire, mais « une vision du monde en perpétuelle évolution ». Pour autant, la vison de la créolité de tous créoles ! n’est pas celle de Glissant ou Chamoiseau. « Ces deux auteurs ont fait beaucoup, mais dans une expression très littéraire, nous, nous traduisons ce concept dans le quotidien. Tous créoles ! s’est aussi rapproché d’Alain Rey, du Petit-Robert, pour préparer une nouvelle proposition de définition du mot « créole ». en octobre, le musée Dapper à Paris accueillera un colloque sur les langues créoles avec Khaï Thorabully, poète et essayiste mauricien, la linguiste Christine Hazaël-Massieux ou encore Lydie Condapanaïken-Duriez, docteur en littératures comparées.

FXG (agence de presse GHM)

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Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 07:32

Les adieux de MLP à Paris

C’étaient les vrais adieux de Marie-Luce Penchard à Paris. Jeudi dernier, l’ancienne ministre de l’Outre-mer a quitté son logement de fonction et son bureau de ministre, mais aussi Paris. Elle vend sa maison de Saint-Rémi-les-Chevreuses dans les Yvelines (son mari prendra sa retraite dans trois ans) et elle se réinstalle en Guadeloupe, dans le sud Basse-Terre, 26 ans  après son départ. Son train de vie ne sera plus le même puisqu’elle ne bénéficiera de la rémunération de ministre que pendant six mois, et qu’elle devra s’acquiiter de ses impôts de ministre… Mais elle siégera désormais au conseil régional. Marie-Luce Penchard n’a pas froid aux yeux. Elle part aux législatives contre Victorin Lurel et le maire de Trois-Rivières (suppléante, donc éligible !) en parfaite connaissance de cause. Elle sait qu’elle se prendra une taule, mais comme elle le disait au lendemain du 6 mai, elle gagnera petit à petit les points pour remonter l’écart. Ca lui prendra peut-être dix ans, mais elle est prête à cette ténacité-là. Elle n’aura pas la lâcheté de la nouvelle ministre des droits des femmes et porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem qui a renoncé, alors qu’elle était investie par le PS dans le département de Lyon où elle est sûre de perdre, après que Jean-Marc Ayrault ait précisé à ses ministres candidats que les battus devraient quitter le gouvernement.

Des facteurs devraient toutefois aider Marie-Luce Penchard localement. D’abord, la nomination de Victorin Lurel au ministère des Outre-mer, peut affaiblir la solidité du socle de gauche sur laquelle il a bâti son succès depuis 2004. Et ce n’est pas le seul qui part. Son conseiller Marc Vizy devient le conseiller outre-mer du président Hollande, son directeur de la communication pourrait bien se retrouver à exercer des fonctions similaires rue Oudinot, et peut-être verra-t-on d’autres collaborateurs partir à Paris dans le sillage de Victorin Lurel… Ensuite, l’état de la droite guadeloupéenne, en ruine, n’est pas tant une calamité pour Mme Penchard. Car il vaut mieux partir de décombres pour reconstruire que d’une maison mal construite. Enfin, dans l’opposition, Marie-Luce Penchard sera à la manœuvre pour tenir exactement le même rôle que celui joué par Victorin Lurel pour démonter les mesures prises pour l’Outre-mer par le gouvernement. Avec l’avantage de connaître parfaitement les dossiers. Dès ce week-end, Marie-Luce Penchard s’est mise au travail. Campagne électorale mais aussi présentation de son livre d’entretien réalisé avec le journaliste de l’AFP, Eric Bassi, L’outre-mer, terre d’avenir. Elle a, par ailleurs, prévu d’en sortir un autre. Elle devrait l’écrire seule et se livrer davantage sur ce que fût son travail à la rue Oudinot. On devrait notamment y apprendre comment elle a mis sa démission dans la balance lorsqu’il a été question du premier coup de rabot sur la défiscalisation… Victorin Lurel est au courant de ses velléités et il ne fera pas l’erreur de Nicolas Sarkozy vis-à-vis de François Hollande : sous-estimer son adversaire.

FXG (agence de presse GHM)

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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 08:53

Taubira-cour-elysee.jpgITW Christiane Taubira

"Je vais me hisser à la hauteur de cette grande et belle responsabilité" 

Que représente ce ministère pour vous ?

Une responsabilité considérable mais en même temps une chance extraordinaire, inouïe, un immense bonheur parce que c’est une si belle institution, ce sont de si belles missions si grandes et chargées de tellement de sens pour les citoyens, d’une telle portée pour leur vie quotidienne que c’est un privilège inouï de pouvoir exercer cette responsabilité. Voilà comment je le mesure et je vais me hisser tous les jours, chaque minute à la hauteur de cette grande et belle responsabilité.

Vous vous attendiez à ce poste ?

Non… Et vous ?

Comment percevez-vous cette justice ?

Nos concitoyens ont moins confiance en leur justice parce qu’elle a été rendue de façon un peu plus lente ces derniers temps. Il y a eu des difficultés en termes de ressources humaines, en terme de nombre bien entendu parce que la qualité humaine est très élevée, en termes de moyens budgétaires. Elle a donc été plus lente et cela a provoqué un sentiment parfois de moindre efficacité. Il faudra réparer cette image dans l’esprit des citoyens. Nous le ferons avec les personnels.

Mme Le Pen a mis en doute vos capacités à être garde des Sceaux…           

Je pense que tous ceux qui mettent en doute qui que ce soit ont la légitimité de s’exprimer, c’est leur droit mais c’est absolument sans intérêt pour ce qui nous concerne.

C’est un ministère de femmes, est-ce important pour vous ?

Ca l’a été visiblement pour le président de la République mais il a pris des garanties sur les compétences, la détermination et les chances de réussite.

Qu'avez-vous à dire à vos concitoyens d’outre-mer ?

Ils savent que l’appareil judiciaire d’une façon générale dans les outre-mer mérite des attentions particulières, et nous les aurons, ces attentions particulières. Mais dans les outre-mer comme sur le territoire hexagonal, nous avons des personnels de grande qualité et nous savons que nous pourrons nous appuyer sur ces personnels.

Qu’en est-il des législatives en Guyane ?

C’est un autre sujet…

C’est pour ce vendredi ?

Comment s’est passé ce premier conseil des ministres ?

Chacun était à sa place et dans son rôle et pour nous, ministres, c’est vraiment l’élément de sécurité en matière d’efficacité. C’est primordial et extrêmement important. Il y avait énormément d’émotion, c’était un conseil des ministres grave, en même temps très précis parce que le président de la République nous a donné des consignes en matière de méthodes de travail, en matière de comportement, en matière d’exigence puisqu’il y a déjà un décret concernant la baisse de nos indemnités, mais aussi le train de vie en général de l’Etat. Donc, nous ferons des efforts et, unanimement, nous sommes totalement d’accord parce que nous sommes en respect par rapport aux difficultés que traversent les citoyens en ce moment. Nous devons prendre toute notre part dans ces difficultés et la première part, ce sont les économies, donc rendre l’Etat de façon optimale de plus en plus efficace avec des moyens ajustés. Le deuxième effort, c’est l’efficacité de notre propre action ministérielle. Mais ce qui est important, c’est que nous pourrons compter les uns sur les autres, c’est-à-dire que la façon dont le président de la République et le Premier-ministre conduisent ce premier conseil des ministres est un signe et cette façon là nous permettra à chacun de faire valoir nos expériences, les leçons que nous en avons tirées, et de les additionnerJre  Je pense que ce sera une très belle et très riche expérience.

Chacun a pris la parole tour à tour ?

Non, c’était un conseil très solennel et seuls le président de la République et le Premier ministre se sont exprimés.

C’est un gouvernement avec beaucoup de diversité…

Y compris la diversité de nos expériences, qu’elles soient politiques, professionnelles, sociales. Il y a tout ça et c’est fabuleux parce que nous allons additionner tout cela.

Propos recueillis par FXG (agence de presse GHM)

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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 08:49

George Pau-Langevin installée rue de Grenelle

GPL-55--A-Jocksan.jpgElle n’était pas la vedette mais la surprise dans ce premier gouvernement Ayrault. La députée guadeloupéenne de Paris, George-Pau Langevin, nommée mercredi soir ministre délégué à la réussite éducative a été installée au ministère de l’Education nationale dès 9 heures, hier matin.

Quand Vincent Peillon, le nouveau ministre de l’Education nationale, est arrivé au ministère rue de Grenelle, elle était déjà là, dans la cour. Les deux ministres socialistes ont attendu un peu jusqu’à ce que Luc Châtel, le sortant, vienne les accueillir sur le perron. Ils sont aussitôt entrés et ont échangé pendant 20 à 25 minutes. Quand ils sont ressortis tous les trois, Luc Châtel a pris la parole pour remercier son personnel et les membres de son cabinet. Vincent Peillon a dit quelques mots dont on retiendra ceux-ci : "Je suis très content que George Pau-Langevin m'accompagne dans cete tâche." George Pau-Langevin est restée ensuite au ministère alors que Vincent Peillon est reparti à pied. 15-mai-2012-1429.JPGL’après-midi, au conseil des ministres, George Pau-Langevin ne s’est pas exrimée longuement. Il a même fallu insister pour qu’elle lâche quelques mots  « Je suis vraiment contente et je pense que je vais pouvoir faire du bon travail pour tout le monde, notamment pour les originaires d’Outre-mer. » Et puis, avant de tirer sa révérence, elle a ajouté avant de partir dans un éclat de rires : « Vous voyez bien que François Hollande aime l’outre-mer ! » Elle a eu un peu de mal à retrouver son véhicule parmi les 17 stationnés dans la cour de l’Elysée. Au ministère de l’Education nationale l’attendait déjà une réunion.

FXG (agence de presse GHM)

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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 08:43

Taubira prend les Sceaux de la justice

Batho-Taubira-Mercier-cour-du-ministere.jpgC’était la passation à ne pas manquer et la presse nationale, nombreuse, ne s’y est pas trompée. Beau temps sur la place Vendôme quand Christiane Taubira est arrivée, à pied, accompagnée de la ministre déléguée à la Justice, Delphine Batho. Sur la place, les deux femmes ont été interpellées par le délégué national de FO Pénitentiaire, le Guadeloupéen Patrick Louvounou, qui a obtenu d’être reçu au ministère dès la semaine prochaine. Michel Mercier, le ministre sortant est venu accueillir les deux femmes à l’entrée de l’hôtel de Bourvalais, siège de la Chancellerie. Passage obligé devant une haie de photographes et cameramen, montée des marches… Mercier-Taubira-Batho-salle-de-reception-ministere.jpgPuis les trois ministres, les deux entrantes et le sortant, sont allés s’isoler une bonne demi-heure pour échanger sur les dossiers en cours. Ils sont ensuite arrivés ensemble pour s’exprimer devant la presse, dans une salle bondée à l’étage du ministère. Allocution retransmise en directe par les chaînes d’information continue. Michel Mercier, centriste lyonnais, débonnaire, a commencé par expliquer le « job » à Christiane Taubira, lui rappelant quelques chiffres : 47 000 employés au ministère de la Justice, 67 000 personnes incarcées et plus de 157 000 condamnés hors système carcéral… « C’est un ministère qui embrasse toute la vie sociale, a résumé Michel Mercier, et il est passionnant même si notre pouvoir de ministre n’est pas très grand… » Invitée à s’exprimer à son tour, Christiane Taubira a d’abord souligné la « grande cordialité » de cette passation de pouvoir avant d’aborder sinon le fond, du moins la méthode : « François Hollande a promis une justice indépendante dans ses rapports avec le conseil supérieur de la magistrature et les réformes seront menées dans la concertation et le pluralisme des avis. » Elle a pris « l’engagement solennel du refus de toute ingérence dans les affaires personnelles, individuelles ». Mercier-Taubira-face-a-face.jpgDelphine Batho qui sera, entre autres, chargée particulièrement des affaires pénitentiaires, a été invitée à s’exprimer en dernier. « Je serai à tes côtés Christiane, a-t-elle conclu, en étant à l’écoute de ceux qui servent cette institution fondamentale de notre République. » Dès 14 heures, les deux femmes étaient au travail puisqu’elles avaient rendez-vous avec le nouveau ministre de l’Intérieur, Manuel Valls. C’est ainsi que les deux patronnes de la justice et le patron de la police sont arrivés ensemble, à 15 heures, dans la cour de l’Elysée pour la séance de photo du gouvernement rassemblé autour de Hollande et le premier conseil des ministres du quinquennat. Sur la photo officielle, Christiane Taubira est au premier rang, à la gauche immédiate du président de la République.

FXG (agence de presse GHM)

 

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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 08:42

Patrick Louvounou, délégué national à l’outre-mer, FO pénitentiaire, en poste à la maison d’arrêt de Basse-Terre

Patrick-Louvounou-FO.jpg« Ce n’est pas parce que Christiane Taubira est une compatriote qu’on acceptera tout »

Vous êtes venu devant la chancellerie, seul, avec votre drapeau syndical, pourquoi ?

Déjà pour saluer Christiane Taubira parce que c’est une originaire de l’outre-mer. Et c’est toujours avec une grande satisfaction que l’on voit accéder aux hautes responsabilités l’un des nôtres. D’autre part, on sait qu’elle a les qualités, les capacités et en tant que syndicat de la pénitentiaire, comme nous sommes en mouvement de mobilisation et que son prédécesseur qu’on vient de remercier, sans faire de jeu de mots, n’a pas osé nous accueillir dans les bureaux pour entendre nos revendications, nous espérons être reçu par la nouvelle ministre dès la semaine prochaine comme nous l’avait promis André Vallini (PS). Christiane Taubira a demandé à Delphine Batho, sa ministre déléguée de nous recevoir. 

 

N’allez-vous pas être gêné d’être en conflit avec une femme que vous aimez bien ?

On voit au-delà. C’est précisément parce que l’on aime bien que l’on manifeste pour lui faire savoir que tant qu’elle sera dans l’esprit de se soucier des difficultés professionnelles des personnels pénitentiaires, on soutiendra toutes les mesures qui seront prises dans ce sens-là. Qu’elle sache aussi en tant qu’originaire de l’outre-mer, la pénitentiaire et le monde judiciaire en outre-mer a été délaissé depuis de nombreuses années et particulièrement par le gouvernement puisque aujourd’hui, à Ducos en Martinique, c’est 500 places pour 1025 détenus. Il y a eu une mutinerie la semaine dernière. En Guyane, c’est pareil, comme Mayotte, la Réunion ou nos compatriotes de la Guadeloupe. Je ne dis rien du Pacifique.

Et si Mme Taubira vous dit qu’il n’y a pas assez de moyens ?

Elle prendra ses responsabilités là-dessus. Ce n’est pas parce quelle est une compatriote qu’on acceptera tout et n’importe quoi. Il va falloir aussi qu’en tant que responsable politique, elle sache que même si on est un partenaire social loyal, on peut aller au bout. Qu’elle écoute nos doléances autour d’une table et dialoguons, prenons le temps d’établir un calendrier… On est aussi prêt à entendre que la France est en difficultés financières et budgétaires et qu’on ne peut avoir tout demain.

Propos recueillis par FXG (agence de presse GHM)

 

 

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