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27 juillet 2015 1 27 /07 /juillet /2015 05:52

George Pau-Langevin défend sa position vis-à-vis de Bruxelles

« Les montants des aides sont couverts sans risque de remboursement, contrairement à ce qu’a fait celui qui nous donne des leçons ! » George Pau-Langevin n’a apprécié que modérément les attaques dont elle a fait l’objet de la part des lobbyistes d’Eurodom au sujet de l’octroi de mer et du règlement général d’exemption par catégorie (RGEC). Ce nouveau système qui remplace celui des aides notifiées à Bruxelles est considéré par les entrepreneurs ultramarins comme une acceptation du plafonnement des aides nationales au détriment de l’ancien qui visait à compenser les handicaps structurels. La ministre s’en défend : « Nous sommes parvenus à faire avaliser l’octroi de mer et sécuriser les aides d’Etat. La commission européenne a une nouvelle manière de fonctionner avec le RGEC dont l’intérêt est de donner plus de latitude aux Etats. » Et si certaines aides se trouvaient exclues du RGEC, Bruxelles a fait distribuer des lettres de confort. « Les montants maximum ne nous arrangent pas forcément et là aussi nous avons reçu une lettre expresse. » Le plafond des aides françaises a été ainsi relevé de 15 points pour les Outre-mer, couvrant ainsi l’enveloppe des aides d’Etat. Pour le moment.

Le ministère des Outre-mer assure toutefois qu’il va demander la révision du RGEC. « Il faut sécuriser l’existant maintenant et améliorer le fond du droit », indique la ministre qui estime avoir tenu les engagements du président de la République. Pour autant, GPL balaye d’un revers de main ceux qui en viennent à invoquer De Gaulle ou Pompidou dictant eux-mêmes leur point de vue à Bruxelles. « Ca ne marche pas comme ça. Nous sommes 28 Etats en Europe et la plupart des commissaires européens ignorent jusqu’à l’existence des outre-mer français ! »

FXG, à Paris

Les sargasses agacent

« J’ai peut-être répondu un peu vivement aux élus. je comprends leur déception et celle des populations devant le refus du ministère de l’Intérieur d’accorder la situation de catastrophe naturelle. » George Pau-Langevin a indiqué que le dossier des sargasses ne répondait pas à la procédure et aux conditions précisées par le ministère de l’intérieur pour bénéficier de ce régime d’indemnisation. « Je suis consciente que pour M. Tout le monde, c’est une catastrophe naturelle, mais pour le ministère de l’Intérieur. Je suis d’accord pour revenir à la charge. » GPL a écrit à Marisol Touraine (Santé), Bernard Cazeneuve (Intérieur) et Ségolène Royal (Ecologie) pour reprendre le dossier. GPL a rappelé qu’elle avait engagé 3 millions d’euros en Martinique, autant pour la Guadeloupe et Saint-Martin et donner les moyens aux collectivités d’embaucher des jeunes pour constituer des brigades vertes. « La première chose à faire aujourd’hui, c’est de les ramasser. » La ministre estime qu’il faut comprendre le phénomène et ses causes et lancer des études pour la valorisation des sargasses. Avec ses collègues ministres, GPL veut lancer un plan équivalent à celui des algues vertes en Bretagne.

Un plan jeunesse en septembre

GPL a insisté hier matin sur l’ordonnance marché publique présentée par Emmanuel Macron mercredi en conseil des ministres. Celle-ci prévoit une clause favorable aux entreprises postulantes si elles embauchent un certain pourcentage de jeunes de moins de 25 ans. au-delà de cette annonce, la ministre a évoqué à l’endroit de la jeunesse un droit à la formation, la protection, la sécurité… Un travail interministériel est en cours qui devrait aboutir en septembre, à l’issue d’une manifestation avec des associations de jeunes voués à l’accueil des étudiants dans l’Hexagone (sans doute l’AJEG, toujours dans les petits papiers du ministère), à un plan jeunesse. « Il s’agira de mettre en connexion les jeunes formés, les collectivités et les entreprises. » Une forme de Journée outre-mer développement nationalisée !

Fin du roaming en janvier 2016

La discussion du projet de loi de modernisation du droit outre-mer qui s’est achevée la semaine dernière à l’assemblée nationale a permis de faire voter la fin des frais d’itinérance en téléphonie mobile. Les députés ont voté la fin roaming à compter du 1er janvier 2016. Ils ont accéléré une démarche initiée par l’Union européenne qui a déclaré la fin progressive du roaming jusqu’en 2017.

Lurel ressort le dossier carburant

L’examen du projet de loi de modernisation du droit outre-mer a permis aussi au député Victorin Lurel de faire adopter un amendement visant à obliger l’Etat à vérifier la légalité des suppléments non cotés utilisés pour la facturation des produits pétroliers bruts, raffinés ou semi-raffinés importés dans dans les départements de la Guadeloupe, de la Guyane et de la Martinique, ainsi que le fonctionnement des marchés de gros pour la distribution de ces produits dans le département de La Réunion et de Mayotte. « Victorin Lurel a raison de vouloir que sa loi soit appliquée, a déclaré Mme Pau-Langevin. » Celle-ci a rappelé que mois après mois, les préfets font en sorte que les consommateurs voient leurs intérêts préservés, « mais nous avons eu le sentiment que la SARA ne disait pas tout. Nous allons voir et nous avançons positivement avec la SARA dans la recherche de la transparence. »

Un rapport sur le prix des billets d’avion

Parce que le prix du baril de pétrole chute à moins de 50 dollars, le poids des surcharges carburant appliquées par les compagnies aériennes sur le prix des billets d’avion apparait de moins en moins justifié. or, elles appliquent systématiquement des surcharges carburant, qui apparaissent sous les codes YQ ou YR sur les billets, à tout moment de l’année en complément du prix des billets d’avion pour compenser les variations à la hausse du prix du baril de pétrole. Singulièrement dans les outre-mer, cette taxe grève ainsi tant le pouvoir d’achat des passagers que l’attractivité et le dynamisme économique de ces territoires à fort potentiel touristique. L’effet conjugué de la chute de 53 % depuis janvier 2014 du prix du baril et de la croissance soutenue du trafic passagers (estimée à 7 % en 2015), pourrait laisser envisager la fin des surcharges carburant selon l’Association internationale du transport aérien (IATA) représentant près de 84 % des compagnies aériennes mondiales. Ainsi, en 2015, le prix moyen d’un billet aller-retour par avion (458 dollars) pourrait diminuer de 5,1 % par rapport à son niveau de 2014, notamment par la suppression de la surcharge sur le carburant, sans compromettre les bénéfices du secteur aérien qui pourraient, selon IATA, bondir de 26 % pour atteindre un niveau record de 25 milliards de dollars avant impôts en 2015. Les députés ont obtenu la remise d’un rapport au Parlement sur la possibilité d’envisager une suppression de cette taxe surcharge carburant.

 

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24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 05:32

Le conseil d'Etat confirme la radiation de Georges Gombaud-Saintonge des commissaires aux comptes

Radié par la chambre régionale de sicipline des commissaires aux comptes de Basse-Terre en octobre 2013, Georges Gombaud-Saintonge se bat contre cette décision. En novembre 2014, le haut conseil du commissariat aux comptes a rejeté son appel. Il s'est donc retourné devant le conseil d'Etat qui a examiné l'affaire le 26 juin dernier. M. Gombaud-Saintonge a défendu le fait que "le haut conseil avait entaché sa décision d'un vice de forme et une insuffisance de motivation en estimant que les faits de complicité de nombreuses dégradations de meubles et d'objets appartenant à son épouse étaient contraires à l'honneur et à la probité et constituaient une faute disciplinaire, alors qu'ils touchaient à sa vie privée." La décision est tombée hier, mercredi 22 juillet, par un rejet de ce pourvoi, "irrecevablee" et "fondé sur aucun moyen sérieux". M. Gombaud-Saintonge reste donc radié de l'ordre des commissaires aux comptes.

FXG, à Paris

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24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 04:34

On n'avait pas revu Norma Claire à Avignon depuis 2008. Elle était alors venue présenter à la chapelle du Verbe incarné un duo dansé avec son fils, "Va, vis..." Cette fois Norma Claire a délégué sur scène deux chanteuses créoles (Clara Nugent et Régine Lapassion) et un couple de danseurs (Steve Guimaraes et Gladys Demba) pour une courte pièce intitulée Emergence. Entretien avec la chorégraphe.

"Relation insincère entre homme et femme"

De quelle émergence parlez-vous ?

Emergence, c'est un travail autour de la difficulté de la relation de l'homme et de la femme dans nos mondes créoles. Il s'agit de partir aussi de ces tensions difficiles qui font que c'est une identité encore complexe à se dire dans la tranquillité.

Ces tensions sont symbolisées par ce tissu rouge que se disputent les deux danseurs, pourquoi ?

Ce tissu rouge, ce tissu de sang, symbolise les mémoires difficiles, la mémoire collective de l'esclavage... Ces mémoires, finalement, induisent ces tensions.

S'agit-il de relation insincère entre homme et femme ?

Tout à fait et de ces difficultés à laisser une relation s'établir tranquillement. La tentative de ce spectacle, c'est de faire émerger ces tensions pour s'en délivrer, s'en libérer. C'est salvateur de pouvoir les sortir, les prononcer... C'est une pièce dans la tension, dans la difficulté, mais qui permet à la toute dernière minute de trouver un regard conciliateur entre cet homme et cette femme.

Les deux danseurs sont accompagnés tout au long de la pièce par les chants créoles de deux chanteuses. Pourquoi ?

La voix porte en elle la relation humaine, la voix est comme un écho aux mouvements... Mais les chanteuses sont aussi témoins de cette société, de la difficulté de la relation, de la tension de l'homme et de la femme... Elles les regardent et elles les portent avec leur voix, leur chant ccréole qui est aussi une mémoire qui continue et peut se prolonger à l'infini.

Comment réagit le public du festival d'Avignon ?

La plupart des pesonnes sont touchées par le spectacle, puis découvrent une identité, une culture qu'ils ne connaissent pas, mais qu'ils peuvent commencer à comprendre. On a peu de spectacles qui parlent de cette identité créole particulièrement guyanaise qui reste méconnue.

Propos recueillis par FXG, à Avignon

La compagnie Norma Claire

Chorégraphe et professeur international, Norma Claire propose un art résolument multiculturel, au confluent de son origine guyanaise, de ses racines africaines et de la culture occidentale dans laquelle elle a grandi. Elle crée sa compagnie en 1992 et elle mène des actions de sensibilisation à la danse hip hop et afro-contemporaine dans les quartiers et dans le milieu scolaire, de création et de diffusion de spectacles et dirge le festival de danse contemporaine « Rencontres de danses métisses ».

 

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23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 06:27

Christiane Taubira, garde des Sceaux, est aux Antilles pour quatre jours, du 21 au 24 juillet. Interview.

"J'ai renforcé les effectifs"

Après les derniers événements survenus à Ducos, quelle est la situation du centre pénitentiaire, tant côté personnels, que côté détenus ?

Le centre pénitentiaire de Ducos est un établissement difficile qui fait l'objet de toute mon attention depuis 2012. J'avais diligenté une mission, puis une inspection. En juillet 2014, j'ai reçu le rapport du groupe de travail sur les 'questions pénitentiaires en Outre-mer', que j'avais mis en place un an plus tôt. En conséquence, j'ai renforcé les effectifs. Le chantier, qui avait pris du retard, bénéficie désormais d’un suivi serré de l'administration, avec un nouveau directeur de projet. Ainsi, l'extension de 160 places sera mise en service au premier trimestre 2016, portant la capacité de l’établissement à 730 places. J’ai souhaité deux autres constructions dans le budget triennal 2015/2017: un centre de semi-liberté et un autre établissement fermé afin de rattraper le retard subi par ce territoire, laissé à l’abandon de la précédente majorité depuis tant d’années.

La situation à Baie-Mahault est moins criante, mais elle reste tendue aussi avec cette lancinante question de la surpopulation pénale...Quelle est la réalité de cette surpopulation à Ducos comme à Baie-Mahault ?

La surpopulation est réelle et importante dans ces deux établissements. A Ducos comme à Baie Mahault, des détenus dorment à plusieurs en cellule voire sur des matelas par terre, ce n'est pas admissible. C'est pourquoi j'ai prévu la construction de nouvelles places en Martinique mais aussi en Guadeloupe, notamment à Basse-Terre.

Peut-on appliquer de la même manière une politique pénale alternative à la détention aux Antilles que dans l'Hexagone ?

Il faut en conserver le principe. Je renforce les services pénitentiaires sur l'ensemble du territoire à hauteur de 1000 personnels pour un corps de 4000 personnes, soit une augmentation de 25% ! Les Antilles en bénéficieront aussi. La réforme pénale, promulguée le 15 août dernier, permet le prononcé d’une nouvelle peine, la 'contrainte pénale' avec un suivi du condamné mieux adapté. Nous avons également instauré la 'libération sous contrainte' qui créé un sas à la sortie de détention. Ces nouvelles mesures pour prévenir la récidive sont applicables aux Antilles comme dans l'Hexagone. Il nous faut cependant trouver davantage de partenaires pour leur mise en œuvre (structures d’hébergement, d’insertion professionnelle ou de prise en charge sanitaire).

Serez-vous « la dernière visite ministérielle » de la prison de Basse-Terre ?

Assurément, tel qu’est actuellement l'établissement. Les conditions de détention ainsi que de travail des agents n'y sont pas dignes. J'ai obtenu des crédits conséquents dans le cadre du budget triennal 2015/2017. Je veux que nous puissions trouver rapidement la meilleure solution dans la concertation.

Où en sont les projets immobiliers de la justice en Martinique et en Guadeloupe ?

En Martinique, j’inaugure le nouveau bâtiment, qui a l'air magnifique, abritant la cour d’appel de Fort-de-France. Cela renforcera la place de l’institution judiciaire sur le territoire. Je sais que des lycéens et des jeunes de la Protection judiciaire de la jeunesse ont travaillé sur un projet de mise en forme de phrases sur la justice, qui seront projetées dans la salle des pas perdus. Il est important que les plus jeunes s’approprient aussi bien l'institution que le lieu.

En Guadeloupe, des travaux importants vont commencer en novembre pour rassembler les services du TGI de Pointe-à-Pitre actuellement dispersés sur trois sites. Le nouveau palais de justice sera situé en centre-ville, près de la place de la Victoire et à proximité de la sous-préfecture. S’agissant du Palais de Justice de Basse-Terre, une extension des surfaces modulaires de 450 m² et une restructuration de la cour d’assises sont prévues. Le coût de l'ouvrage s'élève à 2 M€, et le conseil régional y participe à 40% aux côtés de l'Etat.

La procureure générale de Basse-Terre vient d'être nommée procureur générale de la cour d'appel de Paris, faut-il y voir un encouragement à venir exercer la magistrature en outre-mer ?

J’ai en effet proposé madame Catherine Champrenault au poste de procureure générale près la cour d’appel de Paris; c'est la première fois qu'une femme occupera ce poste depuis la création de la cour d'appel de Paris, soit plus d'un siècle. J'ai également proposé monsieur James Juan, avocat général à Basse-Terre, comme procureur général près la cour d’appel de Nouméa. Ce sont deux magistrats de grande valeur, et leur parcours en outre-mer n’y est sans doute pas indifférent. Mon souci va bien au-delà : je souhaite que les jeunes de nos territoires comprennent que ces postes sont à leur portée, et que l'on peut y faire de belles carrières. Voilà pourquoi je travaille avec les universités pour instaurer des tutorats et que je veux développer les classes préparatoires intégrées.

Me Ursulet a obtenu ce 16 juillet que la France soit condamnée par la CEDH pour la violation de l’article 3 de la Convention dans son volet matériel. Faudra-il changer la législation sur la légitimité de la violence policière ?

Ce n'est pas la législation française qu'a condamnée la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH); cette législation ne reconnaît d'ailleurs absolument pas un droit à la violence aux forces de sécurité; elle leur applique les règles générales de la légitime défense, qui supposent un usage de la force strictement proportionné à l'agression. S'agissant de l'enquête menée par la Justice, la CEDH a d’ailleurs conclu à la non-violation de l’article 3 de la Convention sous l'angle de l'obligation procédurale; concernant la façon dont les investigations ont été menées, la Cour a estimé que le requérant n’avait nullement démontré en quoi les investigations n’auraient pas été conformes aux exigences d’une enquête effective. Ce qu'a condamné la CEDH, c'est au contraire un usage jugé disproportionné de la force publique, qui ne concerne, heureusement qu'une infime minorité des forces de l'ordre.

Pourquoi avez-vous été réticente pour le transfert de la tenue du registre de commerce des sociétés des greffes des tribunaux mixtes de commerce aux CCI ?

Un amendement, voté dans la loi croissance et activité, actuellement examinée par le Conseil constitutionnel, prévoit que les CCI auront en charge la tenue du registre du commerce et des sociétés. Je sais combien les difficultés de gestion de ce registre ont pu pénaliser, depuis une dizaine d’années, la vie économique dans nos territoires. Lorsque j'étais députée, j'ai eu à intervenir pour que les délais d’immatriculation des entreprises soient normalisés. Je comprends donc parfaitement le souci des élus; j’ai mis en place un plan de redressement, avec d'importants moyens supplémentaires, dont les effets sont déjà significatifs. A Fort de France, le délai d’immatriculation d’une entreprise a été ramené à 3 jours ; à 4 jours à Basse Terre. Les extraits de KBis sont délivrés en une journée. Avant la fin de l’année, la situation sera devenue normale. J'ai fait établir un tableau de bord mensuel. Les progrès sont réels. Concernant le transfert aux CCI, je répète que cela ne me paraît ni efficace, ni exempt de tout risque. Selon l'amendement, il faudra que par convention de délégation, les CCI se préparent à gérer le RCS, tant pour les personnels à recruter que pour le déploiement des outils informatiques. Il faut espérer que les délais ne se rallongent pas à nouveau. J'ajoute que, sans mettre en cause la probité de qui que ce soit, il y a des risques objectifs de conflit d’intérêt, et de contestation par des tiers. Nous verrons si l'avenir me donne tort.

Propos recueillis par FXG, à Paris

 

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23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 06:09

Un logement d'urgence pour une Guyanaise après douze jours de grève de la faim devant l'Assemblée nationale

Line Legrand devrait sans doute accepter ce mercredi d'être hospitalisée, a indiqué Daniel Dalin, président du Collectifdom, car son pied présente des risques graves de gangrène diabétique. Depuis douze jours, cette Guyanaise de 47 ans, malvoyante et déjà amputée d'une jambe, s'est installée rue de l'Université à Paris, devant l'Assemblée nationale. Elle observe une grève de la faim. La mobilisation depuis lundi du député de la Giyane, Gabriel Serville qui a alerté le CReFOM, le cabinet de George Pau-Langevin et la présidence de l'Assemblée, semble avoir abouti après l'intervention du Collectifdom et du CReFOM. Ségolène Neuville, secrétaire d'État chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l'exclusion semble avoir pris le dossier de cette dame en main.

L'histoire de Mme Legrand démarre en 2012 lorsqu'elle et son frère entrent un conflit avec un policier réunionnais de la BAC de Cayenne, Sébastien Ichaye. "Il m'a massacré la tête et j'en paye les conséquences ! J'ai eu un décolllement rétinien à chaque oeil, un fracture multiple de la mâchoire inférieure..." Le policier, en civil au moment des faits, a été condamné à six mois ferme et six avec sursis en septembre 2012. "Il est toujours policier de la BAC", regrette Mme Legrand.

En septembre 2013, Line Legrand doit subir une nouvelle intervention sur les yeux. Le laser est en panne à l'hôpital de Cayenne et on l'envoie se faire opérer à l'hôpital Rotxchild à Paris. A partir de là, ça va être la dégringolade physique et sociale pour Line Legrand. "J'étais animatrice en milieu périscolaire et je dependais du régime social des indépendants." Ainsi, elle n'est prise en charge que lorsqu'elle est hospitaisée. "L'hébergement post-hospitalier, la nourriture et tout le reste, c'est à mon compte. Et si la Guyane regorge d'or, ma poche à moi n'est pas en or !" Line s'est rapidement retrouvée à la rue, SDF. Le SAMU Social parisien la renvoie aux services sociaux de la Guyane... Elle est à la rue quand elle perd sa jambe en raison de son diabète. "Je suis arrivée de Guyane, j'étais debout avec toute ma diginité ! J'aurai du rentrer en Guyane le 31 janvier 2014 ! On m'a tourné en bourrique !"

Finalement, le barouf de la mise en scène de Mme Legrand devant l'Assemblée a fini par payer. "On m'a trouvé un hébergement provisoire dans un centre pour handicapés et on va me trouver un logement social avant la fin du mois." Reste que pour ne pas risquer de perdre son dernier pied, Daniel Dalin a du la convaincre de retourner à l'hôpital en urgence.

FXG, à Paris

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23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 06:02

Chantal Loïal joue double à Avignon

La chorégraphe pointoise n'avait joué que quatre fois son spectacle "On t'appelle Vénus" à Avignon. C'était lors de l'édition 2012. Cette fois, Chantal Loïal a obtenu la case de 12 h 15, celle qui ouvre le marathon théâtral de la chapelle du Verbe incarné. Dans ce solo franc et voluptueux, Chantal Loïal incarne la « Vénus hottentote » pour interroger le regard de l’occident sur la différence. Cette Sud-africaine à la morphologie hors norme, calypige, fut montrée en Europe comme un animal exotique au début du XIXe siècle. Mais pas question pour Chantal de rejouer le drame. Elle danse en hommage à Sara Baartman pour lui offrir une victoire sur l’histoire et continuer à mettre en échec un certain regard européo-centré qui existe encore aujourd’hui. "C'était raide le week-end dernier, confie la chorégraphe et danseuse, et lundi, c'est reparti. La salle de la chapelle a une jauge de 100p laces, mais à partir de 30 personnes, le jeu devient possible. "En)-deça, c'est dur mais il faut y aller !" Les retours de presse sont bons.

Chantal a décroché la Croix avec un portrait d'elle à l'occasion des vingt ans de sa compagnie Difé Kako. Même la presse turque est venue chroniquer son spectacle. A la fin du spectacle, certains spectateurs rentrent en loge pour la voir. "Je touche des gens d'une certaine maturité car mon propos n'est ni dans l'humour, ni dans la frivolité..." C'est exact pour la Vénus hottentote, mais également pour l'autre pièce qu'elle fait jouer par sa compagnie au théâtre Golovine. Sa création 2014 : "Noirs de boue et d'obus". "C'est vrai que la pièce qui est donnée juste avant la nôtre est un spectacle hip hop qui attitre bien plus les jeunes." Le spectacle Noir de boue et d'obus devrait être capté pour entrer dans la collection Multiscénik produit par Axe Sud et France Ô.

FXG, à Avignon

17 spectacles ultramarins

S'il n'y avait le Théâtre des Outre-mer en Avignon (TOMA) de Greg Germain et Marie-Pierre Bousquet, le présence ultramarine au festival off d'Avignon serait réelle mais bien modeste même si l'agence de promotion et de diffusion des cultures d'Outre-mer se félicite de la présence de 17 spectacles ultramarins à l'affiche du Off. A la chapelle du Verbe incarné, sur huit spectacles programmés chaque jours, l'un est métropolitain, un autre haïtien (Pawol chouchoun), un réunionnais (La diva du pavé), deux guyanais (Emergence et A petites pierres) et trois guadeloupéens (On t'appelle Venus, Mariann' Matthéus et Popul'hair). Au théâtre du Rempart, la compagnie guadeloupéenne Jeu veut donne Attention chute de femmes, de Serge Sandor, mis en scène et joué par Isabelle Kancel. Le théâtre Isle 80 accueille des Calédoniens. Les Guadeloupéens de la compagnie Siyaj sont au théâtre du Balcon (avec Gilbert Laumort dans Rituel théâtral d’avant le coucher du soleil). A la manufacture, Frantz Succab est Bobo 1er, roi de personne et, au théâtre Bô, Winny Kaona, l'héritère de Moune de Rivel, chante le crime du bal nègre de la rue Blomet. La Compagnie Baba Sifon de la Réunion donne Lapin à la Maison du Théâtre pour Enfants (Monclar). Avenue zéro, le spectacle de marionnettes, musical et (presque) sans paroles de la compagnie Théâtre des Alberts de la Réunion est au Fabrik’ théâtre. Enfin, le spectacle de cirque réunionnais, La Pli i Donn de la compagnie Cirquons Flex est joué tous les soirs à 20 h 30 au chapiteau "Midi-Pyrénées fait son cirque sur l’île Piot". Le café théâtre n'est pas en reste avec avec les deux pièces de la compagnie guadeloupéenne 2L Prod, qui propose au théâtre Bô, Ca va décoiffer et Domino. Aucune troupe martiniquaise n'a fait le déplacement cette année. Pour autant, Sourya Adèle et la compagnie Man Lala représente la terre d'Aimé Césaire avec la reprise de la mise en scène d'Alex Descas, Mary Prince, les paroles d'une esclave.

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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 04:41

Un avocat martiniquais fait condamner la France

Rendu infirme après un contrôle musclé dans une gare SNCF et débouté par la justice française, un Français d'origine maghrébine fait condamner la France pour traitements inhumain ou dégradant.

"Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants." C'est cet article 3 de la convention européenne des droits de l'Homme qui a été violé dans son volet matériel (mais pas dans son volet procédural), a arrêté le 16 juillet la Cour européenne des droits de l'Homme qui condamne ainsi la France. la Cour a été saisie par l'avocat martiniquais Alex Ursulet (photo) et son confrère du barreau de Strasbourg, Me G. Thuan dit Dieudonné. Ils ont agi à la demande d'Abdelkader Ghedir, un homme victime de violences de la part d'agents du service de surveillance générale (SUGE) de la SNCF.

Dans l’après-midi du 30 mars 2004, Abdelkader Ghedir fume dans la gare de Mitry-Villeparisis et fait l'objet d'un premier contrôle de la part d'agents de la SUGE. Vers 20 heures, deux policiers du commissariat de Mitry Mory, interviennent car on leur a signalé qu’un individu jetait des cailloux sur les trains. Sur place, ils voient un homme ne correspondant pas à la description fournie, c'est Abdelkader Ghedir, paraissant ivre, qui se montre agressif à leur égard. Ils appelent du renfort tandis qu’arrivent cinq fonctionnaires du SUGE. Abdelkader Ghedir part en courant vers un passage souterrain.

Les agents du SUGE l’interpellent sans opposition, l’emmenent devant l’entrée de la gare et le placent contre un mur. Trois policiers ont qualifié l'interpellation de « musclée ». Ces trois témoins précisent avoir vu un employé du SUGE porter un coup de genou à Abdelkader Ghédir, au niveau du visage, alors que celui-ci se trouvait au sol maintenu par deux autres agents et menotté dans le dos. Voyant qu’il allait porter un deuxième coup, le brigadier-chef lui a mis la main sur le genou en lui disant : « C’est bon. »

Après la palpation de sécurité, M. Ghedir est placé dans un véhicule de police à proximité. Lors de son transport et de son arrivée au commissariat, il se plaint de nausées et doit être soutenu par les policiers pour sortir du véhicule. Il présente une plaie au menton saignant abondamment. Arrivé dans les locaux de garde à vue, il perd connaissance et tombe dans le coma. Un médecin lui prodigue les premiers soins, avant l’arrivée des sapeurs-pompiers, à 20 h 14. Il est placé en garde à vue à 20 h 15 pour des faits d’outrage à agent de la force publique et violences volontaires sur agent chargé d’une mission de service public, sans que la mesure ne puisse lui être notifiée compte tenu, selon le procès-verbal, de son état d’ébriété.

95 % d'incapacité

La garde à vue est levée à 22 heures 10 sur instruction du procureur de la République. Finalement, son taux séquellaire d’incapacité partielle permanente (IPP) est estimé à 95 %, M. Ghedir n’ayant plus aucune autonomie pour tous les gestes élémentaires de la vie quotidienne. Il est depuis confiné dans un fauteuil et n’est capable d’aucune activité autonome.

Les agents de la SUGE sont mis en examen en décembre 2004. Le 15 février 2010, la juge d’instruction du tribunal de grande instance de Meaux rend une ordonnance de non-lieu. La chambre de l’instruction en conclut que l’information n’a pas permis de réunir contre quiconque des charges suffisantes d’avoir commis une infraction.

Le 27 septembre 2011, la Cour de cassation rejette le pourvoi de M. Ghédir et le fonds de garantie contre les actes de terrorisme et d’autres infractions sollicite la restitution des sommes qui ont été allouées à titre provisionnel, pour un total de 490 000 euros.

Onze ans après, la CEDH vient contredire ce long chemin d'injustice en imposant sa jurisprudence. Elle indique dans son arrêt que "même dans les circonstances les plus difficiles, telle la lutte contre le terrorisme et le crime organisé, la Convention prohibe en termes absolus la torture et les peines ou traitements inhumains ou dégradants". En ce qui concerne la question particulière des violences survenues lors de contrôles d’identités ou d’interpellations opérés par des agents de police, la Cour rappelle que "le recours à la force doit être proportionné et nécessaire au vu des circonstances de l’espèce"

la dernière fois que la France a été condamnée par la CEDH, c'était sur le garde à vue. Elle a du réformer sa législation.

FXG, à Paris

 

 

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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 08:54
Rosenal Geddeman, Belisong Kwadjani, Kimmy Amiemba, Grégory Alexander, Nolinie Kwadjanie et Carlos Rémie Seedo

Rosenal Geddeman, Belisong Kwadjani, Kimmy Amiemba, Grégory Alexander, Nolinie Kwadjanie et Carlos Rémie Seedo

Ewelyne Guillaume et la compagnie KS and Co sont de retour au festival Off d'Avignon. Pour la deuxième année consécutive, les élèves du théâtre école Kokolampoe de Saint-Laurent-du-Maroni, accompagnés du comédien Grégory Alexander, montent sur les planches du théâtre de la chapelle du Verbe incarné. Entretien.

"Nos comédiens sont reconnus par leurs pairs"

Vous présentez "A petites pierres", une pièce du Togolais Gustave Akakpo. Pourquoi ce texte ?

C'est un jeune auteur qui travaille beaucoup avec le théâtre du Tarmac à Paris. Je l'ai connu en Guyane quand il est venu faire un atelier d'écriture. J'ai ensuite vu un de ses spectacles à Avignon et nous l'avons invité à le jouer chez nous à Kokolampoe. J'ai ensuite découvert son oeuvre et la pièce "A petites pierres". C'est celle-là que je devais monter avec nos élèves qui sortent du théâtre école.

Les comédiens ont-ils eu le même engouement ?

Ils ont adoré car c'est un texte écrit dans ce français africain tellement truculent, riche en saveur, tellement proche, non pas de notre parler à nous en Guyane ou aux Antilles, mais de la façon dont nous ressentons les choses, images fortes, sentiments forts !

C'est le sort de la femme qui interpelle dans cette pièce...

Cette histoire raconte au-delà du conte la condition qui est faite aux femmes, pas seulement dans les pays où on on lapide, dans nos sociétés occidentales, mais également en Guyane où la femme n'est pas tant que ça la maîtresse de jeu ! On est loin du compte. La pièce propose un état des lieux très sévère par rapport à la situation de la femme. Il faut réfléchir au statut de la sanction. Parce que qui vole un oeuf vole un boeuf, mais si vous avez volé un oeuf, faut-il vous décapiter ?

La situation de la femme met en relief la fragilité de l'homme...

Il ne faut pas voir avec les femmes que la moitié de l'orange ; il y a l'autre moitié qui est l'homme ! IL'homme est fragile parce qu'il tient à son pouvoir et s'il y tient, c'est qu'il est fragile. La pièce d'Akakpo est forte parce qu'elle permet aussi de contempler l'homme dans sa fragilité. L'homme peut être violé, violenté dans son être. Akakpo montre ces deux violences, il montre l'interactivité de la violence. Ce n'est pas une pièce binaire. Nous sommes responsables du bien que nous faisons les uns aux autres.

Vous élèves connaissent leurs premiers succès depuis deux ans à Avignon ou à la Villette (Paris). Sont-ils plus connus en dehors des frontières de la Guyane que chez nous ?

Nos élèves sont pros depuis le spectacle "Songe d'une autre nuit" qui a été le spectacle tremplin. Nous avons été réjouis en découvrant un grand article que La Marseillaise nous a consacré cette semaine. Ca fait plaisir parce que nous travaillons en silence en Guyane. C'est un très bon laboratoire pour travailler sereinement et hardiment, mais en même temps, on n'a jamais de retour sur le travail. On a l'impression que l'expression "nul n'est prophète en son pays" s'applique terriblement à nous. Mais au moins, nos comédiens sont heureux, ils sont reconnus par leurs pairs en Avignon.

Propos recueillis par FXG

Le pitch

Une jeune fille se laisse séduire par un jeune qui revient de France paré de toutes les vertus et de sublimes T-shirts. Elle couche avec lui alors que c'est totalement interdit par les lois du village, tabou. Elle est promise à la mort par lapidation. Ca commence comme une tragédie grecque, mais ça finit bien et Antigone ne meurt pas à la fin !

 

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17 juillet 2015 5 17 /07 /juillet /2015 05:17

Une Réunionnaise remplace l'ambassadeur Fred Constant

La Réunionnaise Véronique Bertile a été nommée hier en conseil des ministres ambassadrice, déléguée à la coopération régionale dans la zone Antilles-Guyane. Elle remplace le Martiniquais Fred Constant qui avait été nommé à ce poste par le pouvoir UMP en 2011, avant d'y être reconduit par le pouvoir socialiste en 2013. Véronique Bertile est une universitaire, maître de conférence en droit public à l'université de Bordeaux. Elle a exercé auparavant à l'université de la Réunion. Sa thèse de droit public portait sur les langues régionales ou minoritaires et la Constitution en France, Espagne et Italie. Depuis juin 2014, elle était conseillère technique au cabinet de George Pau-Langevin.

Claudine Ledoux remplacée par un diplomate dans l'océan Indien

Luc Hallade, conseiller des affaires étrangères hors classe, a été nommé ambassadeur, délégué à la coopération régionale dans la zone de l'océan Indien, au conseil des ministres, hier. Il remplace Claudine Ledoux, ex-maire socialiste de Charleville-Mézières, dans l'est de l'hexagone, qui avait été nommée à la succession de Philippe Lesseyne en septembre 2013, non sans que cela ne fasse grincer ds dents à la Réunion. La nomination de Luc Hallade qui vient du corps diplomatique devrait mieux passer.

Un nouveau chef à l'Agence régionale de santé de la Réunion

François Maury, directeur d’hôpital hors classe, a été nommé, lui aussi hier en conseil des ministres directeur général de l’agence régionale de santé de l’Océan indien, à compter du 24 août 2015.

 

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 06:49

Sandrine Déglise, originaire de la Rivière Saint-Louis, joue La Diva du pavé au théâtre de la chapelle du Verbe incarné, haut-lieu théâtre des Outre-mer en Avignon. Mise en scène par Isabelle Martinez, la chanteuse lyrique est accompagnée sur scène de son chef d'orchestre, Alexis Campos, dans un opéra urbain, drôle et émouvant. Rencontre avec une cantatrice réunionnaise.

"Je m'adresse au public en créole"

Vous offrez réellement un opéra aux spectateurs d'Avignon ?

C'est un opéra décalé. Il présente la figure d'une diva qui descend de son piédestal pour aller vers son public. Il y a des passages poétiques, des passages drôles, mais ce n'est pas pour autant un opéra comique.

Peut-on faire de l'opéra sans être sérieux quand on est comme vous une vraie chanteuse lyrique ?

C'est une question de registre et puis surtout d'intention ! Dans l'histoire de l'opéra, il y a les opéras-bouffes, les opéras comiques avec Offenbach ou Rossini... Le côté drôle, c'est une question de caractère et ce n'est pas du tout incompatible avec la technique lyrique.

C'est peut-être incompatible avec l'image qu'on peut se faire de l'opéra ? Vous la bousculez cette image...

Aucune incompatibilité d'image ! Pour moi le lyrique est une technique qui est au service d'une histoire, d'une intention, d'un vouloir dire. Le lyrique n'est qu'un moyen, une technique.

Vous vous présentez comme une chanteuse lyrique créole. Est-ce que votre créolité rentre en compte dans ce spectacle ?

Oui, ma créolité entre en jeu dans le sens où je m'adresse au public en créole. Lorsque Isabelle Martinez a conçu le spectacle, on a souhaité toutes les deux qu'il y ait des adresses en créole parce que je suis créole et que je ne voulais pas passer à côté de cela non plus. Maintenant, ce ne sont que les adresses au public qui sont en créole. Les chants, quand il s'agit de Verdi, de Puccini, de Bizet, je ne vais pas les traduire en créole !

Comment êtes-vous tombée dans le lyrisme ?

J'en ai eu envie depuis toute petite, je devais avoir 4 ans... Il y a des envies comme ça, des obsessions qui nous tenaillent, on ne sait d'où ça vient mais il faut les suivre. Et après, il y a eu une cantatrice qui m'a beaucoup impressionnée, Mady Mesplé qui, au fait de sa gloire, a choisi de chanter dans des émissions très populaires comme les shows de Gilbert et Maritie Carpentier et elle m'a époustouflé parce que je sentais que cette dame ne venait pas de la variété. Elle m'a énormément influencée.

Vous avez monté cette pièce avec Isabelle Martinez au sein d'un collectif que vous avez créé il y a quatre ans, Alpaca rose. Quelle est la genèse de ce collectif ?

Ce qui nous intéresse dans ce collectif, c'est de mutualiser nos savoir-faire, nos talents pour s'aider à réaliser nos projets. On a toujours quinze idées dans un tiroir et de nous grouper en collectif nous a permis de réaliser ce qui nous tenait à coeur et c'est ce qui s'est passé avec la Diva du pavé puisque parmi les membres fondateurs d'alpaca rose, il y a Isabelle Martinez, auteur et metteur en scène, Alexis Campos et moi-même !

C'est votre première scène avignonnaise, comment a réagi le public ?

C'est ma première à moi, mais pour le collectif, Isabelle Martinez est déjà venue à Avignon il y a deux ans avec le spectacle "Européana, une brève histoire du XXe siècle". Les premières représentations se sont très bien passées. Vous savez, moi je chante et je suis sur mon petit nuage. Il y a beaucoup de réactions dans la salle et même si c'est un autre public que celui que je connais à l'île de la Réunion, je le sens !

Propos recueillis par FXG

Photos : FDub

 

Du 4 au 26 juillet à 15h05

Relâche les 8, 15 et 22 juillet

Le pitch

La Diva du Pavé aborde avec émotion le mythe de la diva, de toutes ces cantatrices sacrifiées à leur art et à leur public, et le mythe des héroïnes d’opéra sacrifiées à l’amour. Mais notre Diva ne se résout pas à la tragédie et, pleine de vie, descend de son piédestal.

Sabine Deglise, chanteuse lyrique créole, et Alexis Campos à la baguette, recréent avec malice du lien avec les spectateurs. Cet opéra urbain et décalé aborde l’art lyrique à travers la figure emblématique de la Diva. Noyée dans son étonnante robe totem, la cantatrice descend de son piédestal et nous entraîne avec malice et poésie dans les coulisses du répertoire. Sans altérer la pureté de son chant ni la nature de son « causement » créole, elle nous livre son art sur des airs de Verdi, Puccini, Gershwin, Monteverdi… Un opéra tout public, drôle et émouvant.

 

 

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