Le reporter

FX-identite.jpgFrançois-Xavier Guillerm, dit fxg, est le correspondant permanent à Paris des éditions France-Antilles Guadeloupe et Martinique, France-Guyane et du JIR. Les articles et photos qui sont publiés sur ce blog permettent aux originaires des DOM a Paris de prendre connaissance de ce qui s'écrit autour d'eux dans les quotidiens régionaux des DOM. Depuis le 18 novembre 2008, France-Antilles  a son propre site... franceantilles.fr. et le JIR a son site www.clicanoo.re

fxguillerm@yahoo.fr

Le photographe

REGIS-BW-stand-light.JPGRégis Durand de Girard, copyright RDG,  est photographe indépendant. Il vient du théâtre auquel il a consacré vingt ans. Photo-reporter à Paris pour le quotidien régional France-Antilles, il fait des photos pour le théâtre (Fabrice Luchini), la danse (Cie Bisextile, Ménagerie de verre), la télévision (LCP, Canal +) et des créations axées sur le formalisme des lignes et l'impact de la lumière. Ses influences viennent à la fois de Martin Parr pour la sociologie et les lumières, de Weegee pour le fait-divers au flash ou encore de Bruce Weber pour le fashion. L'histoire de la peinture tisse ces liens improbables. Il a publié dans Le Monde, l'Express, Le Point, Le Nouvel Obs, Le Parisien, Le Figaro, Matin Plus, Pariscope, l'Yonne Républicaine, Les Nouvelles Calédoniennes, les Nouvelles de Tahiti...
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Mardi 2 septembre 2014 2 02 /09 /Sep /2014 08:00

Tony Chasseur lance une souscription Mizikopéyi

Tony-Chasseur-2.jpgPour réaliser et sortir le premier album en concert de Mizikopéyi, capté lors de la tournée de mars 2014, Tony Chasseur lance une souscription sous forme de pré-achat du DVD. « Mes possibilités ne me permettent plus d'assumer seul ce type de projet », indique l’artiste qui a choisi de se tourner vers son public. pour participer à cette aventure musicale, il suffit d’expédier sa participation (20 euros l’unité) à l’adresse suivante : Antoine Chasseur – 20 rue Erik Satie 94400 Vitry sur Seine. Le DVD sera transmis au participant à son adresse durant le mois de novembre 2014, avant la sortie publique de l’album.

Le premier big band de l’histoire de la musique antillaise est né en 2006. Depuis, Mizikopéyi rassemble vingt musiciens dont quatorze cuivres (Thierry Vaton au piano, Thierry Fanfant à la basse, Jean-Philippe Fanfant à la batterie, Patrick Boston à la guitare, "Bago" Balthazar aux percussions), et propose « des arrangements d’une sophistication et d’une opulence que l’on n’avait jamais connues dans la musique antillaise », selon Bertrand Dicale (http://www.rfimusique.com/actu-musique/musiques-monde/album/20111020-mizikopeyi-le-reve-grand-format-tony-chasseur). L’orchestre a sorti deux albums : De racines et d’influences, paru fin 2008, et Ka wouvè zel-li, en 2011.

 

FXG, à Paris

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Samedi 30 août 2014 6 30 /08 /Août /2014 08:00

La fête Sakti Karli en région parisienneFete-Karli-3.jpg

Le pavillon de Philippe Andamaye, originaire de Bras-Panon à la Réunion, et retraité de La Poste, ne dépareille pas de celui de ses voisins dans le quartier de la gare RER d’Essonne-Robinson (91). Mais ce dimanche 24 août, s’y déroule une cérémonie plutôt atypique pour ce coin reculé de la banlieue parisienne. C’est la fête religieuse de Sakti Karli. Une centaine de personnes se sont donné rendez-vous chez Philippe. Ils viennent de la region parisienne, mais aussi de province, de Lyon, de Rouen… Certains ont apporté un cabri, d’autres un coq pour honorer une promesse faite à la divinité Karli.

Fete-Karli-4.jpgParvati, la mère de Ganesh, dit la mythologie hindoue, s’est réincarnée en Karli pour détruire Shiva, car la force de Karli est de détruire tout ce qui est mauvais…

Chaque année, depuis 22 ans, entre juillet et août, Philippe Andamaye organise cette fête en l’honneur de Karli. Devant le temple de ses ancêtres qu’il a érigé lui-même (avec les 13 statues fabriquées par Julien Banor de la Ravine-Creuse à Saint-André et les apports théologiques de Viville Vinguétama de Commune-Carron à Sainte-Suzanne) dans la cour de sa maison, Philippe Andamaye, assisté d’amis et de familiers, procède au sacrifice rituel d’animaux. Cette fois, ce ne sont pas moins de quinze cabris et de cinquante-trois coqs qui vont être passés au fil du sabre. Chaque sacrifice est une offrande au Dieu. Philippe Andamaye pratique un culte ancestral qu’il est le seul à realiser dans l’Hexagone, ici dans la chapelle Karli de Corbeil-Essonne. Fete-Karli-10.jpgIl y avait bien naguère un temple Maryéméné à Lyon, mais l’officiant a pris sa retraite et est retourné à la Réunion. “En dehors du temple familial de Philippe, explique Virginius Luçay, un originaire de Sainte-Marie établi à Sucy-en-Brie, on peut pratiquer au temple maryémène de la rue Perdonnet à Paris, à celui de Shiva au Pont-du-Bourget ou à celui de Ganesh, rue Philippe de Girard, à Paris… Mais Philippe est le seul dans l’Hexagone à pratiquer ce rituel avec les sacrifices.” Tour à tour, Philippe est habité par ses ancêtres : il boit alors du rhum, fume, mais quand Karli entre en lui, alors il boit le sang de la bête, la bouche sur la jugulaire tranchée, avant de porter le sang sur la personne qui a offert le sacrifice. Fete-Karli-8.jpg“Il est alors la bête et la divinité”, résume Virginius. Le public assiste au ballet des préparateurs qui amènent un à un les cabris, leur versent de l’eau, du citron sur la tête, passent une flamme, de l’encens avant que n’ait lieu l’holocauste. La cérémonie dure près de six heures… Pendant ce temps, derrière la maison se sont organisés les ateliers : dépeçage, découpe, cuisine. Au menu : massalé de cabri, civet de coq, bouillon Larson, corée…

Parmi les invités, Annick Paros, de l’antenne parisienne du conseil general, Gilbert Aquilimeba de l’association ARTE-Réunion, et des anonymes, copains, collègues ou voisins de Philippe. “Ca fait quarante ans que je suis là, raconte Yoland, originaire de Saint-Denis et installé à Oissel (76), et j’aurai jamais cru voir ça ici !” Virginius Luçay, technicien en acoustique et par ailleurs marcheur sur le feu au temple Dropadi au Chaudron, explique aux ignorants la legende de Parvati et de Karli. Fete-Karli-Nael-Jovien-Gerard-Grondin.jpgUn grand blanc originaire de Saint-André et de Salazie explique qu’il s’appelle Expedit à cause de sa naissance périlleuse : “J’aurai dû y rester car ma mere devait absolument survivre parce qu’il y avait onze autres enfants derrière !” Un jeune homme se présentant comme un Taminladou les rejoint et suscite le respect de ses comparses : “Tu es un vrai Hindou d’Inde !”. Mais déjà, le 53e coq a été sacrifié. Sosthène, un collègue de Philippe, a passé une blouse grise siglée La Poste pour nettoyer le lieu du sacrifice où vont être dressées les tables du banquet. Sur les quinze cabris sacrifiés, seuls deux ou trois ont été cuisinés ; les autres ont été partagés selon les offrandes de chacun. Presque tous se retrouveront le week-end prochain au quartier de La chapelle, à Paris, au temple de Ganesh, pour le Cavali.

FXG, à Corbeil-Essonne


Interview : Philippe Andamaye, organisateur de la fête Sakti Karli

Fete-Karli-Philippe-Andamaye.jpg"On n'a rien à cacher"

Comment est née cette cérémonie à Corbeil-Essonne ?

Ca a commencé par une promesse personnelle. J’étais à la Réunion, au chômage et j’avais promis à la divinité que si un jour je trouvais un petit coin, un petit toit à moi, je lui abandonnerai une partie de ce qu’elle m’aurait donné. Mais quand j’ai voulu honorer ma promesse, mes arrières grands-parents ont dit que ce n’était pas le moment et qu’ils me donneraient l’autorisation le moment venu. C’est venu cinq ans après. Avec mon père, on a mis tout ça en place. A sa mort en 2001, j’ai continué tout seul, avec ma famille et c’est resté familial.

On dit que vous pratiquez un rite ancestral, qu’est ce que ça veut dire ?

Nous pratiquons ce que nos grands-parents nous ont laissé. On ne va rien chercher en Inde ou à l’île Maurice. Je n’ai pas connu mes ancêtres, mais aujourd’hui, ce sont eux qui nous guident. On est nés, on a eu ça en heritage et on ne doit rien modifier contrairement à ce qui se passe souvent à la Réunion.

Etes-vous le seul à pratiquer le sacrifice rituel ?

Non, non ! Il y a encore des petites chapelles qui, à la Réunion, le font toujours traditionnellement, mais il n’y en a pas beaucoup, car les gens modifient les rites. Moi, je reste dans ce que j’ai appris et meme si je ne connais pas le fin fond des choses, je fais tel qu’on le demande pour chaque divinité, chaque autel, chaque ancêtre. Et on ne sait pas comment, mais beaucoup de gens nous apportent la preuve que le culte apporte un peu plus de joie de vivre, avec une maladie guérie, un train de vie amélioré…

Au-delà  de l’aspect religieux, la cérémonie a un rôle social pour ceux d’entre vous qui sont installés dans l’Hexagone ?

Ca permet à ceux qui viennent d’économiser un billet d’avion pour aller fêter le divinité au pays ! On peut le faire là puisqu’on n’a rien modifié. Et les plus jeunes n’ont pas connu ça et avec moi, ils voient comment on faisait avant.

Et vos voisins ? Ils prennent ça comment ?

Mes voisins sont arrivés après moi. Les seuls qui étaient là avant moi, ce sont la rue et la gare RER. Mes voisns, meme s’ils ne viennent pas, savent à peu près ce que je fais. On en parle… On n’a rien à cacher ! A la Réunion, ça se passe comme ça, pourquoi on le cacherait ici ? Nous sommes ouverts à tout le monde. Certains viennent par croyance, pour prier et se recueillir, d’autres viennent comme on va à un baptême ou un mariage, pour manger, discuter, boire un coup…

Propos recueillis par FXG

 

 


En imagesFete-Karli-1.jpg

L'attente de l'offrandeFete-Karli-15.jpg

Préparation d'un coqFete-Karli-7.jpg

Retour d'offrande

Fete-Karli-12.jpg

Nouveau cabri sacrifiéFete-Karli-16.jpg

Tête de coq, nature morteFete-Karli-Eric-Jovien.jpg

Eric Jovien préposé à l'émasculationFete-Karli-Jean-Claude-Grajelin-Gilbert-Aquilimeba.jpg

Jean-Claude Grajelin et Gilbert AquimilébaFete-Karli-Annick-Paros.jpg

Annick ParosFete-Karli-Maurice-Amillard.jpg

Maurice Amillard

Fete Karli Taminladou Marie Virginius Gaspard Expedit YolanLe Taminladou, Marie de Maurice, Virginius Luçay, Marie, Gaspard le Sénégalais, Expédit et Yoland

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Vendredi 29 août 2014 5 29 /08 /Août /2014 09:00

GPL détaille sa feuille de route

GPL.JPGDans la nouvelle étape qui s’annonce pour le gouvernement Valls 2, George Pau-Langevin est à l’aise. Les arbitrages budgétaires rendus en juillet sont « plutôt favorables », selon la ministre (son budget est annoncé en hausse de 7 % sur trois ans dont + 0,3 % dès 2015), Aujourd’hui, le ministère des Outre-mer est concentré sur le pacte de responsabilité et sa déclinaison outre-mer avec un CICE acté à 9 %, soit 50 % de mieux pour les entreprises d’Outre-mer par rapport à ce qu’il sera dans l’Hexagone. Et comme le président de la République l’a indiqué lors de son déplacement récent à la Réunion, la discussion reste ouverte pour voir comment aller plus loin dans certains secteurs comme le BTP ou le tourisme, par exemple. Une ouverture qui fait écho aux demandes des socioprofessionnels sans pour autant les satisfaire quand il demandent un CICE à 19 % dans le tourisme. « Leur raisonnement pouvait sembler séduisant, précise la ministre, mais certains ont craint un effet reconventionnel en métropole et qu’il y ait là aussi des tris à faire alors que l’idée de départ du CICE était que ça soit simple. » Une concertation devrait néanmoins s’engager rapidement pour étudier les secteurs économiques qui pourraient bénéficier d’aides supplémentaires.

George Pau-Langevin est consciente que le secteur du BTP devrait mieux se porter, c’est pourquoi un plan logement devrait être lancé dès le mois de septembre. Et si la défiscalisation au logement social a été préservée, le ministère étudie avec attention l’expérimentation lancée dans la commune guadeloupéenne de Lamentin avec un prêt à taux zéro.

Le dossier de l’octroi de mer devrait aussi connaître son épilogue, en principe, à la fin de l’année 2014, même si les calendriers européen et parlementaire font pencher davantage pour 2015. Quoi qu’il en soit, en juillet, Bruxelles a rendu un arbitrage positif sur l’octroi de mer et la Commission européenne doit régler la question avant décembre. Puis ce sera au parlement européen de se prononcer avant le parlement national.

L’Outre-mer et Bercy

« On a toujours eu aux Outre-mer des relations un peu compliquées avec Bercy - c’est son rôle ! Mais, cette année notamment, nous avons gagné beaucoup d’arbitrages. Le Président et Manuel Valls sont conscients de ce que les outre-mer ont besoin et qu’il convient d’être moins pointilleux. » Actuellement, c’est la TVA non perçue récupérable qui est dans le collimateur, cette spécificité ultramarine qui consiste pour les entreprises à récupérer une TVA qu’elles n’ont pas perçue n’est pas du tout du goût de Bercy, comme de Bruxelles. George Pau-langevin n’a pas démenti que cette aide était menacée, elle a eu cette formule cocasse : « A la limite, il faudrait l’appeler autrement… »

La ministre évite de se prononcer sur la ligne économique gouvernementale incarnée désormais par l’ancien banquier Emmanuel Macron : « Je ne suis pas une économiste assez performante pour me permettre de contredire des gens bien plus compétents que moi sur le sujet. J’ai le sentiment que, sur ma partie outre-mer, le fait qu’on dise aux entreprises qu’on allait les aider à assumer leurs charges est quelque chose qui est plutôt bien passé. Mais nous devons faire attention, pour ne pas ruiner cette politique, à ce qu’on obtienne des contreparties en termes d’emplois. Pour l’heure, c’est un peu flou… » La ministre souhaite qu’un effort particulier soit porté sur la question de l’emploi local.

Du point de vue institutionnel, hors le dossier calédonien qui entre dans une phase pré-référendaire cruciale, le ministère devra retoiletter les statuts des collectivités de Saint-Martin, Saint-Barthélemy et Saint-Pierre et Miquelon et accompagner la fusion des collectivités en Guyane et Martinique. La question de la dotation d’amorçage réclamée par les élus de Guyane et de Martinique ne semble pas résonner rue Oudinot qui rappelle que « théoriquement, ces fusions ont pour but de faire des économies ». Le report des élections territoriales en décembre 2015 leur donne, dit-on au ministère, un délai supplémentaire intéressant dans la mesure où la fusion des administrations n’est pas encore prête. C’est moins vrai en Martinique où la présidente du Conseil général n’est pas sûre de tenir les délais, qu’en Guyane où le président de Région affirme lui ne pas être encore prêt.

L’ombre de l’ancien ministre des Outre-mer, Victorin Lurel, semble être désormais lointaine de la rue Oudinot et si George Pau-langevin poursuit le travail de son prédécesseur sur les sujets économiques, elle devrait prendre désormais du temps pour des sujets qui lui tiennent à coeur comme les questions éducatives et sociales, essentielles à ses yeux pour le sort de la jeunesse dans les territoires.

FXG, à Paris


En Martinique avec Ségolène Royal 

Dans l’immédiat, George Pau-Langevin s’apprête à se rendre en Martinique ce week-end, avec sa collègue de l’Ecologie, Ségolène Royal. Un déplacement, en amont du projet de loi sur la transition énergétique, dans des territoires très dépendants des très chères énergies fossiles. Les deux ministres s’intéresseront donc de près aux énergies alternatives (éoliennes, géothermie, centrales bagasse et biomasse, énergie thermique des mers…) et à certains projets innovants qui connaissent des freins administratifs. C’est le cas de la centrale biomasse du Tampon à la Réunion qui a du mal à obtenir l’accord de la Commission de régulation de l’énergie, comme celui de la géothermie en Dominique. « Mme Royal viendra se sensibiliser à ces questions énergétique dans nos territoires, car on a besoin d’une volonté politique qui puisse aider à lever les obstacles administratifs », indique Mme Pau-Langevin.

 

 

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Vendredi 29 août 2014 5 29 /08 /Août /2014 07:00

L’audience de France Ô mesurée à la rentrée

Gilles-Camouilly.jpg« France Ô sera soumis au Médiamat national dès le 1er septembre », a annoncé, le 2 juillet dernier à Paris, Gilles Camouilly, directeur de l’antenne de France Ô. Son audience n’a jusqu’alors jamais été mesurée. Une telle opération coûte le million d’euros, soit l’équivalent de ses actuelles recettes publicitaires. « Nous sommes lucides car nous sommes la plus petite chaîne du groupe, une des plus petites de la TNT et nous avons une mission de service public, ce qui peut atteindre nos performances. » Pour la rentrée de septembre, la ligne éditoriale reste la même : « Réaffirmer nos racines ultramarines, en faire une force d’ouverture sur le monde et préserver les valeurs du métissage des cultures. » Dans la grille, cette formule se traduit par de la « musique actuelle » tous les vendredi soir, « l’Outre-mer dans l’Hexagone » avec trois rendez-vous d’information quotidiens. « Ce n’est pas un outil de performance d’audience, souligne Gilles Camouilly, mais ça relève du service public. » Pour le reste, il promet une « ligne éditoriale repensée, une trajectoire pour légitimer notre public et notre audience » et un nouvel habillage signé Gédéon.

Picouly-et-Folin.jpgOn ne retrouvera pas à la rentrée « A nous deux » pour cause de départ en retraite de Marijosé Alie, mais la chaîne propose Elisabeth Tchoungui avec « D’un monde à l’autre », 60 minutes sur ce qui fait le buzz dans le monde. « Danse Street » devient « Talent Street » avec un nouveau couple d’animateurs qui élargiront la pêche à tous les talents de l’art urbain. Daniel Picouly sera très présent à l’antenne avec une version ultramarine des « Racines et des ailes » : « Passion outre-mer », neuf documentaires patrimoniaux sur les territoires d’outre-mer. Et une émission littéraire, « Page 19 ». Le présentateur écrivain entrera dans l’univers d’un romancier par la page 19… Laurent Bignolas revient avec « Ô bout du monde », mais cette fois l’animateur fera le pipol pour une bonne cause en terre inconnue. On retrouvera bien sûr Babette et Emmanuel Maubert pour « Les petits plats » (ils seront en Guadeloupe, à Saint-Malo au départ de la Route du rhum et dans les régions de France). Tiga sera toujours là pour l’extrême (« Riding zone » et une nouveauté « Plongeons extrêmes »).

Cut et transmédia

16-juin-2014-2058.JPGLe « Claudy show » est repêché pour revenir fin octobre dans une version revue et corrigée : fini la franche poilade et retour au modèle du « Late show » avec un seul invité. Le Labô de Folin revient dans une nouvelle version. Cut, la série maison tournée à la Réunion revient le 8 septembre pour une nouvelle saison (qui consomme 10 % du coût de la grille !) avec le Martiniquais Vincent Vermignon qui interprétera le rôle de Stephan de Kervelec, pour ceux qui ont suivi la saison 1… On nous promet des épisodes avec des guest comme Zaho ou Tété. Le transmédia sera toujours au programme de la série avec son application pour mobile et réseaux sociaux .

On nous promet un film le lundi soir, des sagas outremer le mardi soir, des comédies cosmopolites le jeudi soir (Invictus, Opération tonnerre, Indigènes, La cité de la joie, Le grand bleu…), de la musique le vendredi soir et le samedi soir, on ouvre le robinet à série anglo-saxonne (Luther, Treme, Serangoon road et Lost en prime).

16-juin-2014-2063.JPGCôté sport, c’est toujours « Couleur sport », « 3 océans sport » avec la diffusion du tour des yoles ou du grand raid à la Réunion, et bien sûr l’athlétisme et la natation que France Télévisions a laissés à France Ô.

Côtés infos, outre les trois JT Outre-mer et le JT Afrique (son sort n’est pas lié, assure Gilles Camouilly, à la liquidation de l’Agence internationale de télévision), l’hebdomadaire « 7 en Outre-mer », présenté par Elyas Akoun est reconduit. Luc Laventure, directeur éditorial d'une collection de documentaires sur les Outre-mer, a achevé le premier volet sur la Guyane. France Ô diffusera cette année une centaine de documentaires « frais ».

FXG, à Paris


La notoriété de France Ô

Une campagne de publicité sera, comme l’an passé, lancée vers la fin de l’année, notamment dans le métro, pour promouvoir France Ô, la 19e chaîne de la TNT. Pour étendre sa notoriété, la chaîne utilise aussi beaucoup les réseaux sociaux et les plateformes du net comme Deezer. Par ailleurs, elle a passé des partenariat avec Skyrock et Nova. Côté conseils, ceux qui pensait France Ô trop petite pour ne pas avoir été une cible de la société Bigmalyon, ils se trompent. Selon Gilles Camouilly qui confirme une information du Point, « C’était en 2009, pour un montant de 15 000 euros ».


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Jeudi 28 août 2014 4 28 /08 /Août /2014 08:58

GPL sortie conseil des ministres 1GPL sur les chapeaux de roue

George Pau-Langevin a participé hier matin au premier conseil des ministres du gouvernement Valls 2. Elle en est sortie souriante et, visiblement, détendue : « Ca a redémarré dans une bonne ambiance, ce sera une équipe soudée, solidaire. » Pour la titulaire du portefeuille des Outre-mer dont personne n’avait évoqué son remplacement lors de la préparation du remaniement, rien ne change. « Pour une grande partie des ministres, on se connaît depuis des années et on travaille ensemble. Les nouveaux, on se connaît dans d’autres circonstances, comme par exemple Myriam El Khomri, élue de Paris où elle faisait un excellent travail… » GPL-sortie-Conseil-des-ministres.JPGL’arrivée du banquier Emmanuel Macron à l’Economie ne lui pose pas non plus de problème : « Le pacte de responsabilité et sa déclinaison outre-mer ont été approuvés alors qu’Emmanuel Macron était déjà collaborateur du président de la République. Donc, je pense que l’orientation sur laquelle nous sommes aujourd’hui et sur laquelle il avait travaillé, s’inscrit dans la continuité dans laquelle on va se situer. » La ministre a déjà sa feuille de route que François Hollande a longuement développée lors de son déplacement à la Réunion, le 22 août dernier. « J’ai des dossiers, des projets et une feuille de route approuvée déjà par le premier ministre; on va démarrer sur les chapeaux de roue ! » Son déplacement, samedi en Martinique, avec la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal est maintenu.

FXG, à Paris

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Mercredi 20 août 2014 3 20 /08 /Août /2014 08:01

François Hollande a rendu hommage aux combattants des Outre-merHollande-Toulon.jpg

Il y avait un beau soleil et un petit vent frais, le matin du 15 août au Mont Faron sur les hauteurs de Toulon pour le début des commémorations du débarquement de Provence. Alignés de la droite vers la gauche, la Guyanaise Jeanne Catayée, la ministre des Outre-mer, George Pau-Langevin, et le président de la République… Jeanne Catayée était alors la seule parmi les vétérans des outre-mer à être présente car elle réside six mois de l'année à Toulon. Les six autres anciens combattants (les Guadeloupéens Edmond Sainsily, Léopold Léon, Salinière Ségor, les Martiniquais Raymond Marin Loza, René Roger Velasques et la Réunionnaise Margueritte Jauzelon) ne devaient arriver à Toulon que dans la matinée pour participer à la cérémonie internationale sur le porte-avions Charles-de-Gaulle.
Toulon-les-anciens-et-GPL.jpgAu Mont Faron, désormais musée Mémorial du Débarquement des Alliés d'août 1944, le chef de l’Etat a rendu hommage de façon très explicite aux combattants des Outre-mer. Après l'hommage national du 2 juin aux dissidents des Antilles et de la Guyane à l’Elysée, François Hollande a tenu à réitérer son geste de reconnaissance, non seulement aux dissidents antillais, mais également à tous les combattants venus des Outre-mer (les anciens du Pacifique, invités, n’ont pu accepter l’invitation en raison de leur âge et de la pénibilité des 24 heures de vol nécessaires).
« Je tenais à être ici, a déclaré François Hollande, pour saluer tous ces héros célèbres ou plus souvent anonymes qui ont contribué à la résurrection de notre pays. Ils étaient l’armée de toute la France, ils étaient même une armée du monde. (…) Il y avait ces soldats qui avaient préféré la France libre à Vichy ; il y avait les dissidents des Antilles qui avaient déjà risqué leur vie en quittant leur île dans des embarcations très fragiles et qui, avec d’autres embarcations heureusement, avaient réussi à débarquer à Cavalaire dans la nuit du 16 au 17 août. Il y avait des Guyanais, il y avait des Réunionnais, il y avait les Tahitiens et les Néo-calédoniens du bataillon du Pacifique, le fameux bataillon des Guitaristes, qui a payé un lourd tribut aussi pour la libération de notre pays, à tel point que le général De Gaulle lui décerna la croix de Compagnon de la Libération en 1945. »

Invités du Dîner d’Etat

Marguerite-Jauzelon.jpgPlus tard, sur le Charles-De-Gaulle, George Pau-Langevin est allée à la rencontre des sept anciens combattants et de leurs familles. Elle a longuement échangé avec eux et elle a eu un long tête à tête avec Marguerite Jauzelon. A 97 ans, la Réunionnaise, très alerte et très élégante, s'exprimant posément, lui a présenté le livre qu'elle a écrit pour consigner tous ses souvenirs d'ambulancière au front dans les différentes batailles de France d'août 1944 à mai 1945. Son petit-fils a relaté une anecdote quoiqu’elle ne conta jamais pas trop son histoire à ses petits-enfants… « Il fallait faire un démarrage en côte et personne n'y arrivait. Elle s'y est attelée et elle a réussi sans problème. C’est alors qu’elle a dit aux soldats qu'elle avait conduit des ambulances pendant la guerre dans des conditions autrement plus compliquées. »

Sur le porte-avions, François Hollande a encore une fois rappelé le rôle des Outre-mer en célébrant « une armée mélangée, composite, cosmopolite, qui rassemblait à la fois ceux de Brest et ceux de Bamako, ceux de Londres et ceux de Dakar, ceux d'Alger et ceux de Fort-de-France. »
Les anciens combattants d'outre-mer ont ensuite assisté au premier rang, à côté des chefs d'Etat, à la revue navale assez somptueuse qui a eu lieu devant le Charles-De-Gaulle avec, en point d'orgue, une superbe démonstration de la patrouille de France. Et, enfin, à quelques tables de celle du président de la République, ils ont participé au dîner d'Etat donné par le chef de l'Etat à l'ensemble des quelques huit cents invités.
L’un d’eux a résumé en une phrase leur émotion et leur joie : « Nous en avons oublié la fatigue du long voyage que nous avons effectué pour arriver jusque-là. »

FXG (photo : ministère des Outre-mer)

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Lundi 11 août 2014 1 11 /08 /Août /2014 08:00

Marronnage et poétiques contemporainesAvignon-rempart.jpg

L’université d’été des théâtres d’Outre-mer en Avignon est un de ces rendez-vous qui, pendant le festival, rassemble tout ce que la création ultramarine propose au public de l’Hexagone sous la férule du laboratoire Scènes francophones et écritures de l’altérité, animé par Sylvie Chalaye. Parce que la plupart des expressions scéniques antillo-guyanaises puisent leur inventivité dans l’oralité, la mémoire de l’esclavage et la sacralisation du corps, il était proposé de relier ce théâtre contemporain à deux piliers des cultures créoles, le conte et le marronnage. Alain-Foix-Sylvie-Chalaye-natali-Koualy-Vincent-Byrd-Lesage.jpgJean-Georges Chali, maître de conférence à l’université des Antilles, le comédien haïtien Miracson Saint-Val et le saxophoniste quebeco-guadeloupéen Jocelyn Ménard (à l’affiche de « L’épreuve de Virjilan »), Le comédien guyanais Ricky Tribord et son comparse guadeloupéen, Dominik Bernard (« Le temps suspendu de Thuram »), la danseuse Julie Sicher (« Noir de boue et d’obus »), le dramaturge Alain Foix et son chevalier de Saint-Georges incarné par Vincent Byrd-Lesage, se sont faits les hérauts de cet art créole, cette poétique du détour et de contournement. « Parler sans se faire comprendre, explique M. Chali. Le conteur est un marron qui tient un double discours, ce que l’on entend et le non-dit… » La poétique du conte est donc une parole masquée, ambiguë car subversive. « Césaire agit ainsi quand il infléchit la langue française pour l’utiliser à sa convenance. Jean-Georges-Chali.jpgCe n’est pas aux Français qu’il s’adresse, mais aux colonisés. » Ce que Jean-Georges Chali résume par ce concept de « cannibalisme littéraire ». C’est ce que propose la compagnie Siyaj avec la pièce mise en scène par Gilbert Laumord, « L’épreuve de Virjilan ». Tandis que le saxo de Jocelyn Menard monte dans l’obscurité de la scène, le baron architecte (Miracson Saint-Val) délivre son message non-dit. L’acteur devient un officiant qui dérange. Exclu de l’église, il prononce « lorézon » et crée ainsi de la liberté dans un mouchoir de poche, lakour, la scène… Jocelyn-Menard.jpgEn disant un texte d’Ina Césaire, la comédienne Mariann Mathéus revient sur ce processus de création parti de l’habitation pour devenir théâtre. Des mots simples d’une vieille guadeloupéenne racontant an tan lontan sa demande en mariage, naît une écriture théâtrale moderne. Jean-Georges Chali replace ce processus dans le ladja pawol, quand la parole se danse, quand le conteur entre dans le cercle sacré, dans lakou, pour provoquer le majolè, seul capable de lui tenir tête, de lui répondre. « C’est la montée au tambour dans le lewoz ! » Voilà posées les bases du théâtre créole. Un temps plus tard et voici « Le temps suspendu de Thuram », une pièce écrite par Véronique Kanor, mise en scène par Alain Timar. Le footballeur guadeloupéen, icône moderne incarnée par Ricky Tribord, est kidnappé par un quidam, un looser (Dominik Bernard). Kanor interroge la mythologie sportive. « Thuram est un cheval de Troie pour celui qui veut faire entendre son cri », explique Alain Timar, mais il est aussi démythifié par Kanor qui ose provoquer le sacré. Qui est le marron ? Le kidnappeur ou le kidnappé ? Alain-Timar-Ricky-Tribor-Dominik-bernard.jpgAutre marron de théâtre, le chevalier de Saint-Georges. Alain Foix confronte cette autre icône antillaise, « le Mozart noir », au chevalier d’Eon. C’est « Duel d’ombres » (un carton pendant ce festival !). Au-delà de la facétie de cette rencontre improbable (même si les deux chevaliers se sont bien battus en duel), la pièce pose la question non pas de l’identité, mais de la différence entre l’intime, le soi, et l’apparence, l’enveloppe corporelle avec son genre et sa couleur qui enferment l’Homme. Alain Foix part en marronnage contre la mascarade… Les deux chevaliers sont deux identités non enfermées, complexes. Alain Foix ne parle pas de leur statue, des icônes qu’elles sont devenues, mais  « de leur personne dans leur personnage ». Le dramaturge guadeloupéen en profite pour marronner par rapport à l’esclavage : « Je nie toute servitude, mais je reconnais que je paie, comme Saint-George, l’impôt sur la peau ! » Tout en assumant son histoire passée par l’esclavage, il refuse toute « identité d’assignation ». C’est finalement ce que propose aussi Kanor avec Thuram. « Ils sont des aliens obligés de se rendre compte avec violence qu’ils sont humains », dit Vincent Byrd Lesage qui conclut : « C’est là l’hyper marronnage. »

FXG, à AvignonAffiches-avignon.jpg


Trois questions à Axel Arthéron, chercheur à l’université des Antilles

« D’autres grilles esthétiques sont possibles »

Axel-Artheron.jpgL’oralité créole a-t-elle des leçons à donner à donner au théâtre occidental ?

Nous sommes à Avignon, temple des formes européennes du théâtre, et nous en profitons pour mettre en confrontation deux usages du théâtre, deux manières d’envisager la parole dans le cadre du théâtre. L’ensemble des spectacles afro-caribéens proposés puisent leurs structures sur une hybridité des formes qui viennent en grande partie d’une réactivation des chaînes de la parole. C’est une manière de de voir comment le théâtre se renouvelle, se réactualise aussi bien par la musicalité, le jazz, le schéma narratif du conte, le jeu corporel du comédien descendant du conteur, de l’officiant du culte vaudou. L’intérêt de ces dramaturgies est de voir comment, un peu loin des cadres académiques, canonisés par les institutions théâtrales et universitaires, est de nous inviter à un décentrement des regards et de la grille de lecture.

Quel est l’apport de ces théâtres afro-caribéens ?

C’est une manière d’inscrire l’altérité au cœur de la création et de voir comment il n’y a pas qu’une seule manière de faire du théâtre. Le festival In a mis en avant le Mahabarata d’un metteur en scène japonais et toutes ces formes présentes sur le Off nous invitent à relativiser, à ne pas penser le théâtre comme un monolithe, comme une forme qui se vit et se joue dans les capitales. Il y a un théâtre loin de Paris, loin des dorures et des velours rouges des théâtres à l’italienne ! D’autres grilles esthétiques, d’autres façons d’interpréter le théâtre existent et sont possibles.

Sommes-nous si éloignés que cela des racines du théâtre antique ?

Il y a toujours un possesseur, un initié, un officiant de la parole qui, à l’intérieur d’un cercle, déploie une parole face à un peuple des regardants, qu’il soit un public de spectateurs ou un public d’initiés. On est toujours dans la même idée du théâtre antique, de la scène à l’italienne, du théâtre épique de Brecht jusqu’aux dernières formes hybrides du théâtre antillais. Il y a toujours la même idée : une parole sacrée, investie qui se joue devant une communauté de spectateurs. Quel que soit l’épithète que l’on place après le mot théâtre, ça reste du théâtre.

Propos recueillis par FXG, à Avignon


Thérèse Marianne-Pépin, vice-présidente de la Région Guadeloupe

There-marianne-pepin.jpg" Nous avons une visibilité plus forte et une grande variété de spectacles "

La Région Guadeloupe a décidé d’accompagner une douzaine de spectacles au festival d’Avignon, pourquoi un tel effort ?

Ca fait pratiquement dix ans que la Région investit dans la création et la diffusion artistique, tant en matière de cinéma que de littérature, il fallait absolument arriver à un résultat et nous sommes arrivés aujourd’hui à l’objectif que nous poursuivions, c’est-à-dire avoir des compagnies théâtrales guadeloupéennes présentes en nombre à Avignon avec des créations de qualité.

Comment les compagnies ont-elles été sélectionnées ?

Nous avons fait savoir notre intention de participer au festival d’Avignon et nous avons reçu un certain nombre de demandes. Nous les avons triées. Des dossiers ont été approuvés et ceux-là ont été accompagnés. C’est un travail de longue haleine. Certaines créations sont accompagnées depuis un certain temps et leur présence.

Etes-vous satisfaite de cette présence ?

Ce n’est pas la première fois que les Guadeloupéens sont présents, mais là, venir en pareille délégation et en nombre dans plusieurs théâtres, c’est plus nouveau puisque nous ne sommes pas seulement au théâtre de la chapelle du verbe incarné (Théâtre des outre-mer en Avignon de Greg Germain, ndlr) où nous sommes chez nous, nous sommes au théâtre du collège de la Salle, au théâtre des Halles, ce qui fait que nous avons une visibilité plus forte et une grande variété de spectacles, de Laurence Joseph à Maryse Condé ! Nous avons démontré notre capacité d’être présents à Avignon pour pouvoir faire encore mieux demain. Et l’année prochaine, un certain nombre de pièces présentées durant de festival seront présentées en Guadeloupe comme « La faute à la vie » avec Firmine Richard.

Propos recueillis par FXG, à Avignon


Quand le Canard enchaîné flingue Greg Germain

L’édition du Canard enchaîné du 30 juillet se paye la figure du théâtre des Outre-mer en Avignon, Greg Germain, sous le titre « Un pape d’Avignon béni par France Ô ». Un article pas très gentil sur le promoteur de nos théâtres depuis plus de quinze ans à Avignon. C’est vrai que Greg Germain est devenu le président de l’association Avignon, festival et compagnie qui gère le doux bordel qu’est le festival Off et qu’à ce titre, il s’expose. Mais ce qui lui est reproché est d’utiliser la société de production Axe sud qu’il gère avec son épouse, Marie-Pierre Bousquet, pour capter des pièces de théâtre que retransmet France Ô dans l’émission Multisénik dont il assure la présentation (à titre gracieux, nous a-t-il fait savoir). On lui reproche aussi d’avoir su obtenir une subvention de 20 000 euros de la SPEDIDAM et de capter les pièces jouées dans le théâtre qu’il dirige, la chapelle du verbe incarné. S’il est vrai qu’à l’origine, Axe sud ne filmait que les pièces de son théâtre, cette année, sur une poignée de pièces filmées, seules deux étaient jouées à la Chapelle. Mais il faut dire qu’avant, aucun théâtre avignonnais ou presque ne proposait de théâtre ultramarin. Selon les connaisseurs, cet article serait le fruit d’un règlement de compte venu de la CGT spectacle, pas contente de la manière dont le patron du Off a géré la crise des intermittents du spectacle. Selon d’autres spécialistes de la chose avignonaise, ce serait un coup de France Télé qui en aurait marre du « théâtre intello des outre-mer ». Qu’on en dise du bien ou du mal, l’important, c’est qu’on en parle et c’est quasi déjà une première !

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Vendredi 8 août 2014 5 08 /08 /Août /2014 08:35

Léon Léon nègres des AmériquesLeon-Leon.jpg

Après deux tournées en Guyane et les fameuses brigades d’intervention poétique, après 24 représentations au théâtre du verbe incarné à Avignon en juillet dernier, la pièce « Léon, Léon, nègres des Amériques », mise en scène par Valérie Goma, sera en octobre en Martinique et en Guadeloupe avant Haïti.

Valerie-Goma.jpg« Je trouve que c’est une parole extrêmement moderne. Je n’ai rien écrit dans ce texte ! » Valérie Goma fait la modeste et elle a raison puisque le propre d’un metteur en scène est d’insuffler la vie aux mots du poète, à ceux du conteur. Ici, poète et conteur se prénomment tous les deux Léon. L’un est Léon Walter Tillage, fils de paysan nègre de Caroline du Nord aux Etats-Unis, témoin et victime de la ségrégation, l’autre est Léon Damas, poète de la négritude et grand pourfendeur de l’assimilationnisme. « Il y en a un qui parle – et qu’est-ce qu’il parle bien ! – raconte Valérie Goma, parce qu’il a la liberté de parole, l’autre ne parlera que bien plus tard, une fois qu’il aura vécu puis digéré les affres de la ségrégation. » Si l’un use de salves très syncopées, de mots courts mais très efficaces, l’autre avance tout doucement dans son récit de vie.  Effarant. Le génie de la metteuse en scène qui a réuni les mots de ces deux Léon, c’est de nous faire penser que les mots de Damas ont traversé les océans et le temps et qu’il a secrètement entendu ceux de l’autre Léon comme ce dernier a entendu les siens. A l’inverse des fulgurances de Damas, Walter Tillage est un vieux monsieur qui avance lentement. Il explique d’ailleurs dans son récit pourquoi il n’agit pas tout de suite, pourquoi il a attendu quasiment toute sa vie pour nous livrer son témoignage. « Il n’est pas con, s’exclame Valérie Goma, s’il n’a pas parlé avant, c’est parce que ce n’était pas possible ! » Et pourtant, on ressort de ce spectacle avec la sensation que peut-être Walter Tillage et ses frères américains ont avancé beaucoup plus vite que « nos Français qui ont si bien parlé», pour reprendre Valérie Goma. Elle est partie d’une idée toute simple, le centenaire de Léon Damas. Roland-Zeliam.jpg« On avait envie de s’y coller, c’est un incontournable chez nous, Roland  Zéliam surtout… Mais moi, je sentais que pour Roland, il fallait travailler sur un autre personnage, un personnage qui aurait un récit tenu, parce que dire de la poésie, ce n’est pas donné à tout le monde et puis, ce n’est pas théâtral. En revanche pour dire de la poésie, il fallait trouver un artiste qui soit plutôt un musicien, plutôt un slameur, un poète d’aujourd’hui et quelqu’un qui ait comme ça cette écorchure vive qu’a Dgiz, avec une autre question d’identité et peu importe laquelle, mais qu’il puisse intérioriser cette traversée entre plusieurs cultures et toujours le sentiment, hélas, d’être un peu floué. » Sur scène, le duo fonctionne à merveille et autant les mots de Damas nous emportent, autant le récit de Walter Tillage nous terrasse. Avec une question lancinante, le modèle français d’intégration vaut-il mieux que celui des Etats-Unis ?

FXG, à Paris


Trois questions à Dgiz, contrebassiste, slameur et comédien

Dgiz.jpg« Je préfère une petite vérité qui blesse qu’un mensonge qui tue »

Comment êtes-vous entré dans les mots de Léon Gontran Damas ?

Damas est d’actualité et je pense même qu’il était en avance sur son temps. Sa langue est très similaire à l’écriture rap, voire slam, d’aujourd’hui. Il a une manière de ciseler ses textes et de leur donner du souffle, parfois d’une ligne à l’autre. Je respecte ça dans le spectacle, bien sûr. Ces mots ne sont pas d’une autre époque et restent présents dans notre vocabulaire.

Vous avez en commun d’être ou d’avoir été des écorchés vifs…

A une époque de sa vie, il a été un peu plus écorché que les autres et ça correspond peut-être aussi à une période de ma vie. Nous partageons aussi d’être antisystème… Oui, quelque part. Après, c’est à doser ! Il ne faut pas non plus être extrémiste ou radical, fasciste de sa pensée et l’imposer aux autres. Il y a des choses qui me révoltent aussi et j’utilise mon art pour le dire, mais pas comme un pouvoir pour véhiculer des doctrines ou des philosophies, mais plutôt pour questionner, ramener à la réalité des choses et, qu’elle choque ou pas, se demander ce qu’on en fait. En tout cas, on se dit les choses. Il n’y a rien de pire que les non-dits et ces poches de création qu’on essaie d’étouffer avec des choses bien mielleuses, bien pensées à l’avance. Je sais que Damas n’avait pas sa langue dans sa poche et, comme moi, il n’avait pas que des amis, puisque parfois nous disons des petites vérités… Si je me trompe, tant mieux, j’assume. Je préfère une petite vérité qui blesse qu’un mensonge qui tue.

Et comment vous êtes-vous trouvés Roland Zeliam et vous ?

On est des frères ! On est né le même jour. Il m’a trop bien accueilli en Guyane et je lui ai rendu en métropole. C’est une très grand comédien, une figure locale et il m’a appris beaucoup de choses.

Propos recueillis par FXG, à Avignon

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Vendredi 8 août 2014 5 08 /08 /Août /2014 06:00

Cahier d’un retour au pays natal à AvignonJoel-Lokossou-Cesaire.jpg

 Difficile de convaincre les badauds dans les rues d’Avignon, quand bat le feu du festival, d’aller voir un spectacle quand on sait que le Off, cette année, en offrait quelque 1300 ! Et pourtant, Renaud Lescuyer, un metteur en scène lyonnais, semble avoir trouvé une parade : « Beaucoup de gens, au moment où ils entendent Césaire, reviennent sur leurs pas et prennent le flyer. Il y a tous ceux qui connaissent Aimé Césaire et il y en a peu qui ne le connaissent pas et il y en a peu qui l’ont lu. Et puis il y a ceux qui connaissent le Cahier, et là on touche au but ! » Renaud-Lescuyer.jpgRenaud Lescuyer, avec la compagnie Persona, est allé chercher un comédien béninois, Joël Lokossou, et un compositeur qui n’est autre que le fils de Wilfredo Lam, Stéphane Lam, pour monter au centre européen de la poésie d’Avignon la première œuvre d’Aimé Césaire. « J’ai découvert ce texte avant mon premier séjour en Martinique, en 1999, avec l’idée d’un jour le monter au théâtre. » L’idée est restée en suspens car le jeune metteur en scène trouvait le sommet difficile à grimper. Et puis, il y a cinq ans, la rencontre avec Joël Lokossou lui a ouvert un horizon. « Je ne voulais pas que ce soit un projet de Blanc, j’avais besoin de quelqu’un qui était vraiment au contact de cette histoire, de cette réalité. » Et puis, Joël Lokossou est un acteur qui a une puissance d’incarnation du verbe phénoménale. « Il est dans un rapport sacré à la parole ! Et c’était essentiel avec ce texte qui a une dimension chamanique, spirituelle extraordinaire. » Renaud Lescuyer et Joël Lokossou se sont ainsi lancés dans ce qu’ils appellent « une danse de mémoire ». Sur scène, ils passent du blues à la cérémonie incantatoire vaudou, en passant par le cri, le chant, une expérience d’incarnation de la parole qui emmène le spectateur extrêmement loin dans la recherche de soi-même. « Le Cahier n’est pas qu’un spectacle, indique Renaud Lescuyer, c’est un rituel de passage qui offre une compréhension de ce que le peuple noir a vécu et vit. Césaire donne une grande vision prophétique sur les rapports entre l’homme blanc et l’homme noir et propose une réconciliation qui me touche infiniment et qu’on avait envie de partager avec le plus de personnes possible. »

Joel-Lokossou.jpgLes paysages musicaux composés par Stéphane Lam, la scénographie et les lumières accompagnent les différents mouvements de la pensée d’Aimé Césaire, son rituel poétique, son voyage, de la prise de conscience à la colère en passant par la mémoire jusqu’au temps de l’acceptation et de la proposition d’une réconciliation sans concession. « Ce voyage théâtral s’inspire de l’histoire et de la géographie des souffrances infligées à l’homme noir. »

Avant d’atterrir à Avignon, La compagnie Persona est allée roder cette mise en scène trois ans durant au Bénin, en Kabylie, en Haïti (et s’ils n’ont qu’une envie, aller montrer leur spectacle au pays natal de Césaire, ça n’est pas encore fait…), « les pays qui ont connu l’oppression et l’esclavage », et les voilà bouclant leur voyage triangulaire en Europe, « le pays des esclavagistes » pour ouvrir le jeu avec un public encore plus large. Ce « Cahier » là veut encore vivre sur les scènes du monde. 3C’est un spectacle, conclut Renaud Lescuyer, qui touche beaucoup de monde à la surface du globe et, parfois, je suis effaré de constater que ce sont les intellectuels et les universitaires français qui sont les plus réticents par rapport à l’œuvre de Césaire. »

FXG, à Avignon

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Mardi 5 août 2014 2 05 /08 /Août /2014 11:25

Splendeur et misère avignonnaises pour la compagnie réunionnaise Tétradanse

Around-Lucy.jpg« Jouer tous les jours, c’est génial ! Mais économiquement, c’est une catastrophe ! » La chorégraphe Valérie Berger a même ajouté sur scène, à la fin du spectacle : « On a tout perdu ! » Une parole qui visait sans doute, dans le public, la déléguée interministérielle à l’égalité des chances des Français des Outre-mer, Sophie Elizéon, qui n’a pu faire autrement que d’arriver en retard, en cette fin juillet, au théâtre de la chapelle du verbe incarné à Avignon pour assister à la représentation de la compagnie Tétradanse qui démarrait chaque jour à midi cinq. « Quand on est aidé à 30 ou 40 %, la mise personnelle est importante, relate Valérie Berger. On est une petite structure avec peu de moyens, mais on avait envie de venir et c’est qui me semble le plus important à retenir que les tracas matériels. Quand on meure, on n’emporte rien dans sa tombe, donc on s’en fout ! » Un ton libre à l’égal du spectacle offert par les trois danseuses et le musicien pendant les 24 jours du festival. Trois petits quarts d’heure captivant pour regarder Valérie Berger, Sandrine Ebrard et Céline Amato évoluer sur fond des créations sonores de Keng-Sam Chane Chick Té. Le spectacle commence avec un premier mouvement, Around Lucy, où Valérie Berger, instinctive, animale voire reptilienne, offre un « geste primitif, épuré, élémentaire », qui renvoie à la féminité originelle de Lucy, celle qu’on a longtemps qualifié « la première femme ». Around Lucy avait été joué sur cinq dates l’an passé au festival d’Avignon, cette fois, c’est tous les jours en prélude de FEM, le deuxième mouvement. FEM.jpgLes trois danseuses, masquées, encapuchonnées, voilées, les pieds rivés sur un tabouret, se refilent une robe à la manière d’une patate chaude. Si chacun est libre d’interpréter ce ballet comme il le souhaite, Valérie Berger et ses camarades sont parties sur l’idée que « les discriminations tournent » et que ça tourne pour elles aussi. « Un coup on est bien, un coup on n’est pas bien, commente Valérie Berger, un coup on est libre, un coup on ne l’est pas, mais ce sont les interprétations personnelles qui vont être liées à ce qu’on fait. » Keng-Sam Chane Chick Té mixe en direct, tantôt du gros son presque rock, tantôt de l’électro minimaliste (il a cinq partitions sonores à sa disposition), et chaque représentation est différente. Les trois danseuses changent tous les jours de rôle et de place, manière de réaffirmer cette rotation des discriminations tout en partageant une première place centrale. « On compose avec ça en fonction de chacun, chaque jour... » Difficile d’en faire dire davantage à cette chorégraphe de talent qui travaille sur la liberté, celle des danseuses comme celle du spectateur ; son art n’est pas la parole, mais le corps.

Après le festival d’Avignon, FEM et Around Lucy seront programmés les 18 et 19 novembre chez Bernard Faille et Pascal Montrouge au théâtre Champ fleuri à Saint-Denis.

FXG, à Avignon

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