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23 novembre 2020 1 23 /11 /novembre /2020 09:57
Lycinaïs Jean et sa mèche rebelle

Lycinaïs Jean vient de sortir son deuxième album, intitulé « Mèche reb'l », un titre qui lui ressemble. Rencontre.

« Je fais de la pop caribéenne »

Comment est née cette mèche ?

Cette mèche est née sur ma tête. Elle est née de ma coiffure même si c'est parti sur mon trait de caractère un peu têtu… C'est à ça que j'ai associé la mèche rebelle. Mèche rebelle ce n'est pas un titre, c'est un état d'esprit et pas un morceau en particulier. C'est la coupe en premier et puis le caractère ! Après j'ai choisi des morceaux qui rentrent dans ce cadre mais ce n'est pas un morceau en particulier qui m'a poussé à appeler mon album comme ça. Je suis en constant renouvellement et chaque album, je le vois un peu comme un échantillon de moi. Je ne veux pas reproduire la même chose à chaque fois, je ne veux pas rester dans ma zone de confort. Le but c'est de toujours en sortir.

C'est ça l'esprit de la mèche rebelle ?

Je pense que le premier album aurait déjà pu s'appeler comme ça

Qu'est-ce qui est important pour vous ?

Faire passer l'émotion… Avant tout, c'est ça ! Que les gens comprennent le propos. Ça dépend du message que je veux faire passer, ça dépend du titre parce qu'on ne peut pas précisément cataloguer mon propos.

Derrière cette mèche rebelle se cache le cœur tendre d'une jeune fille...

Derrière chaque personne qui a un fort caractère il y a toujours un cœur tendre. Plus la carapace est grosse, plus il y a un cœur tendre à protéger à l’intérieur. Moi aussi, je me protège.

Vous avez composé cet album pendant le confinement ?

Je ne dis pas que j'ai composé un album. Je compose tout court. Je compose des titres… Après on peut parler de l'état d'esprit dans lequel j'étais pendant cette période. Je n'étais pas dans une forme de rébellion mais j'étais dans un mood particulier et j'ai choisi les titres de cette période-là pour que ce soit cohérent avec le titre mèche rebelle.

Vous l’avez composée seule ?

J'ai composé cet album toute seule en grande partie. Il n’y a que 4 morceaux qui ne sont pas de moi. Pour Au Nom De l'Amour, c’est Bbo qui a fait l’instrumental, pour Pas à Pas, c’est  mon guitariste Joseph qui a fait des arrangements sur mon instrumental. Pour le titre Connasse, j’ai trouvé un beat maker qui a l'habitude de partager ses instrumentaux sur youtube. J'ai couru l'acheter et j'ai composé dessus et mon guitariste a ajouté ses arrangements. Le dernier, c’est Pas Dans le Mood…

Vous avez utilisé l'autotune, c’est pour être à la mode ?

Effectivement il y a la tendance qui fait que de plus en plus on entend le vocodeur et puis ça apporte une couleur différente en fonction du style musical mais c'est un outil que j'ai toujours utilisé. Dans tous mes titres, même les plus épurés, il y a toujours de l'autotune. C’est un outil qui, à la base, sert à faire de légères corrections, une fois qu'on le met fort, forcément ça s'entend !

Comment avez-vous vécu le confinement ?

C’est une sortie d'album confinée ! on ne peut pas faire de promo comme on pourrait le faire en temps normal c'est à dire faire des concerts allez donner des interviews en radio… on est obligé de tout faire maison, quoi. On essaye d'exploiter au maximum les réseaux sociaux on va payer de la pub sur internet pour faire un peu plus d'audience mais à part ça il n'y a pas 36 milles techniques quand on reste chez soi. En même temps tout le monde est à la maison donc on a plus de chance de toucher les gens aussi, qu'ils soient plus connectés sur internet mais bon ça ne suffit pas. Il faut qu'on puisse quand même exercer notre métier et gagner notre vie tout simplement. On sait très bien que ce ne sont pas les ventes de CD qui vont nous faire manger ça aurait été bien qu'on puisse recommencer à travailler normalement en faisant des concerts et repartir à la rencontre de notre public

Vous êtes déjà prête à repartir sur les scènes de France ?

Nous avons des concerts prévus pour la fin du mois de décembre si le confinement s'arrête comme prévu, quant à venir jouer aux Antilles honnêtement je ne sais pas. On n'a pas de visibilité.

Est-ce que le confinement est favorable à la composition ?

C'est grâce au premier confinement malgré tout ce qu'il avait de négatif que j'ai pu finaliser mon album, prendre du recul dessus… j'ai même retiré certains titres remplacés par d'autres… Ça m'a laissé plus de temps pour commencer à m'y mettre, pour concrétiser l’album surtout, tout mettre à plat. Ça m'a laissé le temps d'avoir envie aussi parce que j'ai passé 2 années consécutives à tourner sans cesse et le peu de fois où j'étais chez moi je n'avais pas spécialement envie de composer. J'avais plus envie de m'aérer l'esprit, faire autre chose que de la musique… Donc ça m'a quand même bien servi ce confinement !

Quel est votre morceau préféré ?

Mon morceau préféré... J'ai eu du mal mais finalement oui ! C’est Your Body. Sa mélodie me plaît, son côté épuré, acoustique… a me parle !

Avez-vous toujours ce même tropisme pour le zouk ?

Oui toujours, ça fait un petit moment que je n'en ai pas fait, mais j'attends de me renouveler à ce niveau-là. C'est comme tout ! Dès que j'aborde un style, pendant un petit moment il faut que je fasse une pause, que je me rafraîchisse un peu et que je revienne avec de nouvelles idées.

Vous faites toujours de la pop ?

Le mot pop réunit à peu près tous les styles musicaux… Oui ce que je fais c'est de la pop, caribéenne mais c'est de la pop. La Caraïbe c'est mon essence principale même si je le voulais, je ne pense pas que je pourrais m'en séparer.

Propos recueillis par FXG

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18 novembre 2020 3 18 /11 /novembre /2020 05:41
Interview du ministre des Outre-mer

Interview Sébastien Lecornu, ministre des Outre-mer

« La commande publique est l’un des leviers majeurs pour le rebond de l’économie »

Les Antilles ont été frappées par des pluies diluviennes qui ont entraîné des inondations et causé des dégâts importants. Quelles mesures seront prises par l’Etat ?

Je suis de tout cœur avec nos compatriotes antillais qui ont été victimes de ces inondations. Les services de l’Etat compétents tant au niveau central que local ont enclenché la procédure qui conduira à la prise d’un arrêté de reconnaissance de catastrophe naturelle. Par ailleurs, le ministère des Outre-mer instruira les demandes d’indemnisation au titre du fonds de secours outre-mer qui lui seront présentées. La solidarité nationale sera au rendez-vous.

C’est la première fois qu’un ministre des Outre-mer dirige son ministère si longtemps depuis le Pacifique Sud où vous avez mené vos consultations en Nouvelle-Calédonie dans la foulée du deuxième référendum d’autodétermination. Comment avez-vous fait pour suivre les affaires antillaises et guyanaises ?

Vous avez raison, la situation n’était pas banale. Avant de répondre à votre question, laissez-moi rappeler pourquoi il était important que je me rende en Nouvelle-Calédonie au lendemain de la deuxième consultation sur l’indépendance. Le processus politique initié par les accords de Matignon (1988) puis de Nouméa (1998) arrive à sa fin : quoi qu’il arrive avant 2022, nous devons imaginer, avec les acteurs politiques calédoniens, la suite. Cela ne pouvait se faire à distance, par visioconférence. La quatorzaine, imposée à toute personne arrivant sur le sol calédonien, a forcément rallongé la durée de ce voyage.

Heureusement, les moyens de communication modernes et sécurisés m’ont permis pendant cette période de suivre les autres dossiers de mon ministère, en premier lieu évidemment la situation sanitaire dans les Antilles et en Polynésie. Deux points quotidiens étaient organisés avec mon cabinet, en tenant compte du décalage horaire. J’ai également pu participer aux Conseils de défense et de sécurité nationale et aux Conseil des ministres en visio. Malgré la distance, j’ai ainsi suivi la mise en place, par le préfet, du confinement en Martinique et de son respect.

La discussion budgétaire a donné l’occasion de parler du plan de relance, mais chaque territoire a encore du mal à trouver midi à sa porte. Comment cela va-t-il se répartir entre les DROM, comment les entrepreneurs vont -ils avoir accès aux mesures de soutien ? Dans quels délais ?

Il ne faut pas confondre les mesures d’urgence exceptionnelles mises en place depuis le printemps dernier, et encore renouvelées avec la poursuite des restrictions sanitaires, et France Relance dont l’objectif est de faire redémarrer durablement notre économie. Pour mémoire, pour les Outre-mer, les prêts garantis par l’État, l’activité partielle, le fonds de solidarité et les reports de charges représentent déjà plus de 4 milliards €. La présentation du plan de relance le 3 septembre était une première étape. La volonté du président de la République et du Premier ministre est maintenant que ce plan de relance soit territorialisé. Nous allons décliner pour les Outre-mer des plans de relance spécifiques à chacun des départements et régions ultramarins. Pour cela, nous devons travailler avec l’ensemble des parties prenantes localement : les élus, les acteurs socio-économiques, la société civile… C’est pourquoi j’ai demandé aux préfets de mener des consultations pour pouvoir remonter les besoins, et ainsi pouvoir financer dans le cadre de France Relance des projets concrets et au bénéfice des citoyens. Ce travail est en cours.

Quel rôle dans cette crise peut et doit jouer la commande publique, notamment pour le BTP ?

Il est clair que la commande publique est l’un des leviers majeurs pour le rebond de l’économie, et ce plus particulièrement dans les Outre-mer. C’est d’ailleurs pour cela que, dès juillet, avec Bruno Le Maire, nous avons signé un décret pour relever les seuils à 70 000€ HT pour le déclenchement des marchés publics. Cette facilité majeure accordée par le Gouvernement permet aux collectivités territoriales de jouer pleinement leur rôle dans cette période de crise.

Malgré les aides et le plan de relance, le tourisme est le vrai perdant de la crise COVID19 aux Antilles. N’est-ce qu’un moment à passer ? Si oui comment tenir en attendant une hypothétique reprise ?

Depuis le début de la crise, nous travaillons avec les acteurs du tourisme et les élus locaux pour prendre les mesures les plus adaptées aux économies locales. Si aujourd’hui notre priorité est la protection de nos concitoyens, nous devons dès maintenant préparer la reprise. Déjà, pour fluidifier le transport aérien vers les territoires ultramarins, nous avons permis l’installation d’un centre de tests antigéniques à l’aéroport d’Orly. Aussi, Atout France lancera une campagne de communication afin d’inciter les Français à se rendre dans les Outre-mer pour leurs vacances, dès que les conditions sanitaires le permettront. Si nous nous projetons à long terme, je crois que les Outre-mer sauront répondre à la nouvelle demande de tourisme : cette crise a révélé chez beaucoup de nos concitoyens une vraie envie de nature.

Le budget OM qui est en train d’être voté est-il assez adapté à la situation de crise que nous vivons dans les territoires ?

Ce budget incarne l’ambition du Gouvernement pour les Outre-mer. Les crédits propres au ministère sont en augmentation significative : + 6%. Sur l’ensemble budget de l’Etat, ce sont près de 20 milliards d’euros qui seront consacrés aux territoires ultramarins en 2021. Cela comprend les 1,5 milliard d’euros destinés au plan de relance en Outre-mer, dont les priorités sont clairement adaptées à la crise que nous vivons : 50 millions d’euros pour accélérer la construction et la rénovation des réseaux d’eau et d’assainissement ; 80 millions d’euros pour la transformation de l’agriculture ; 500 millions d’euros pour l’emploi et la formation… Aussi, pour soutenir les collectivités locales, nous allons installer les contrats d’accompagnement, que proposaient le député Jean-René Cazeneuve et le sénateur Georges Patient dans leur rapport parlementaire. Le principe est simple : les collectivités ultramarines qui le souhaitent prennent des engagements pour équilibrer leur budget, en contrepartie, l’Etat leur apporte un soutien financier exceptionnel.

Qu’est-ce qui a présidé aux choix faits de ne reconfiner que la Martinique ? Ce reconfinement, plus court là-bas, pourrait-t-il être amené à évoluer ? De leur côté, la Guyane et la Guadeloupe sont-elles définitivement épargnées ?

La situation sanitaire en Martinique est particulière : nous luttons sur place contre la propagation de la Covid-19, mais également de la dengue. Ce sont ces deux épidémies combinées, qui mettent en tension le système hospitalier. C’est pour cela que nous avons pris la décision de confiner la Martinique. Pour autant, nous prenons d’autres mesures pour endiguer l’épidémie dans les autres territoires. Elles sont toutes concertées avec les élus locaux et les acteurs socio-économiques. En Guadeloupe, l’épidémie est maîtrisée, mais reste à un niveau élevé. Les rassemblements y sont interdits, des restrictions sont appliquées dans les grandes surfaces… Quant à la Guyane, nous restons vigilants du fait de sa situation géographique.

La Martinique est agitée depuis plusieurs mois par les protestations du mouvements Rouge Vert Noir qui semble donner beaucoup de mal au parquet de Fort-de-France (et qui a abouti à renvoyer deux gendarmes devant le tribunal militaire). La stratégie employée par l’Etat est-elle la bonne ? Entendez-vous donner une suite aux travaux de la commission d’enquête chlordécone puisque toute cette agitation provient de ce dossier ?

Le Plan Chlordécone 4 sera annoncé d'ici la fin d'année. Il tiendra compte des 42 propositions de la commission d'enquête présidée par Serge Letchimy. 2 millions d’euros seront par ailleurs consacrés pour tester les publics prioritaires, notamment les femmes qui souhaitent procréer. Pour le reste, un procès est en cours et je ne souhaite pas m’exprimer sur une procédure judiciaire en cours. Le droit de manifester est constitutionnel, mais les manifestations doivent se dérouler dans le respect de l’ordre public et de l’Etat de droit. Personne n’aurait à gagner d’une récupération politique de ce sujet sensible.

Les autorités guyanaises semblent avoir beaucoup avancé dans leurs travaux préparatoires pour une évolution institutionnelle. Dans quel cadre pourrait naître ce nouveau statut sui generis que les Guyanais demandent ?

Effectivement depuis les Etats généraux sur la Guyane, beaucoup de réflexions ont eu lieu sur l'avenir institutionnel de cette collectivité. Les travaux se poursuivent et le Gouvernement est bien évidemment prêt à poursuivre cette réflexion. Toutefois, nous ne pouvons pas préempter les élections territoriales de l’année prochaine qui constituent une étape démocratique importante pour la Guyane.

Vous vous êtes dit favorable à une évolution institutionnelle en Guadeloupe à condition que les élus s’en emparent. La loi 3D sur la différenciation offrirait-elle une fenêtre de tir favorable ?

Le projet de loi 3D comportera un titre dédié à l'Outre-mer. C'est l'engagement du président de la République. Comme l'a annoncé le Premier ministre, ce projet de loi sera adopté en Conseil des ministres en janvier 2021. Compte tenu des échéances territoriales prévues en 2021, il a été décidé de ne pas y inclure de dispositions "statutaires" ou "institutionnelles" dans un texte si proche d'un scrutin électoral. Mais d'autres dispositions concernant la Guadeloupe pourront parfaitement trouver leur place dans le cadre du processus parlementaire.

Cette loi 3D pourrait-elle aussi permettre à la Martinique d’évoluer ?

De la même manière, nous ne changerons pas l'organisation et le fonctionnement d'une collectivité à seulement quelques mois d'une élection.

Propos recueillis par FXG

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18 novembre 2020 3 18 /11 /novembre /2020 05:39
De 11 à 8

Le CESE aura 8 représentants des Outre-mer au lieu de 11

Dans le cadre de la réforme di Conseil économique social et environnemental, l’Assemblée nationale a adopté lundi soir l'amendement du gouvernement et de la majorité relatif à la représentation de ses membres. Rappelons que cette réforme voulue par le président de la République prévoit de ramener les effectifs globaux de 233 à 175 membres. L’amendement prévoit 45 représentants pour la cohésion sociale, territoriale et la vie associative dont 8 représentants des Outre-mer au lieu de 11 jusqu’alors. Reste désormais à définir le mode de désignation.

FXG

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16 novembre 2020 1 16 /11 /novembre /2020 06:56
Nicole Dubré-Chirat s’est opposée au nom du groupe LREM au rétablissement d’une représentation autonome des Outre-mer au CESE

Nicole Dubré-Chirat s’est opposée au nom du groupe LREM au rétablissement d’une représentation autonome des Outre-mer au CESE

La fin de la représentation ultramarine au CESE est en bonne voie

La commission des lois de l’Assemblée nationale a renoncé mardi 10 novembre à rétablir une représentation spécifique des Outre-mer au Conseil économique social et environnemental (CESE). Le projet de loi organique relatif au CESE doit être voté en séance plénière ce lundi.

La réforme du CESE est revenue en nouvelle lecture au palais Bourbon mardi dernier après l’échec de la commission mixte paritaire. Le rapporteur Erwan Balanant (Modem) a proposé de rétablir les onze représentants des outre-mer, soit une assemblée de 186 membres au lieu de 175. « Je n’en ai pas trouvé d’autres façon de garantir effectivement la représentation de ces territoires au sein du Conseil. » Mais ce n’était pas l’avis de ses petits camarades de LREM. « Nous sommes défavorables à la proposition du rapporteur », a prévenu Nicole Dubré-Chirat. Le Sénat avait pris soin de rétablir une représentation ultramarine autonome, à l’Assemblée, les groupes Modem, PS, LR et UDI entendaient qu’il en reste ainsi. « Si les outre-mer ne sont pas représentés en tant que tels, il est certain qu’ils passeront à la trappe », a mis en garde le député du groupe Liberté et Territoire Paul Mollac. Nicole Dubré-Chirat a présenté un amendement destiné à revenir à la version initiale du texte, tandis qu’Erwan Balanant défendait le sien favorable aux Outre-mer. Les députés LREM Pacôme Rupin et Catherine Kamowski sont intervenus pour dénoncer « une logique de chiffres ou de quotas » : « Si nous commençons à ajouter des catégories, nous n’en finirons jamais : on oubliera toujours quelqu’un. » « Je ne crois pas qu’on puisse considérer les collectivités d’outre-mer comme une catégorie parmi d’autres », a réagi le LR Philippe Gosselin. « L’ajout d’une catégorie supplémentaire, a défendu Erwan Balanant, permettrait de satisfaire tout le monde et de garantir la représentation des outre-mer. Si nous ne le faisions pas, je crains que nous n’adressions un message catastrophique à nos compatriotes d’outre-mer. » Laetitia Avia (LREM) a invité le rapporteur à retirer son amendement. Ce dernier s’est exécuté et la majorité s'est engagée à trouver une solution avant l'examen du texte en séance ce lundi 16 novembre. Le Groupe LREM devrait ainsi proposer un amendement pour rétablir une représentation ultramarine, mais amputée de trois conseillers.

FXG

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14 novembre 2020 6 14 /11 /novembre /2020 05:09
Victoire Jasmin au Sénat, le 12 novembre dernier

Victoire Jasmin au Sénat, le 12 novembre dernier

Jasmin s’inquiète de la situation au centre de transfusion sanguine de Pointe-à-Pitre

« Nous ne devons collectivement être ni responsables, ni coupables. » Avec angoisse et inquiétude, la sénatrice (PS) Victoire Jasmin a fait savoir jeudi au gouvernement lors de la séance de questions d’actualité que le plan de continuation de l’établissement interrégional de transfusion sanguine de la Guadeloupe (qui alimente la Guyane, la Martinique et les îles du Nord) n’était en l’état pas satisfaisant, eu égard à sa dépendance au transport aérien et à la prégnance de la drépanocytose. En effet, tout récemment et quasi simultanément, trois des médecins biologistes de l’EFS de Guadeloupe ont démissionné. A partir du 1er janvier, il ne devrait plus y avoir qu’un seul médecin en la personne de la directrice déjà accaparée par ses fonctions administratives. Loin de rassurer, le secrétaire d’Etat chargé de l’enfance et de la famille, Adrien Taquet, n’a pu que confirmer qu’un certain nombre de travaux jusqu’alors réalisé à Pointe-à-Pitre serait temporairement délocalisé dans des laboratoires de l’Hexagone. Et s’il a indiqué que des réunions de concertation avec l’Agence régionale de santé, les professionnels et les élus locaux auraient lieu, le ministre n’a pu que dire qu’il espérait « un recrutement rapide » tout en concédant qu’il fallait six mois pour recruter et former… Heureusement, il a affirmé qu’au niveau national, il n’y pas de problème de stocks de sang.

FXG

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13 novembre 2020 5 13 /11 /novembre /2020 10:54

Pau-Langevin, adjointe du Défenseur des droits
George Pau-Langevin, députée PS de Paris et ancienne ministre des Outre-mer a été nommée le 10 novembre dernier adjointe du Défenseur des droits. Sur proposition de Claire Hedon qui a succédé à Jacques Toubon en juillet dernier, la Guadeloupéenne a été nommée par le Premier ministre vice-présidente du collège chargée de la lutte contre les discriminations et de la promotion de l'égalité. A ses côtés siègent également Eric Delemar, défenseur des enfants, vice-président du collège chargé de la défense et de la promotion des droits de l'enfant, et Pauline Caby, vice-présidente du collège chargée de la déontologie dans le domaine de la sécurité.

FXG

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13 novembre 2020 5 13 /11 /novembre /2020 05:59
L'ancienne maire de Cayenne vient de succéder à Antoine Karam au Sénat

L'ancienne maire de Cayenne vient de succéder à Antoine Karam au Sénat

Phinéra-Horth interpelle Lecornu sur l’immigration clandestine

Les questions d’actualité au gouvernement jeudi au Sénat ont été l’occasion pour la nouvelle sénatrice Marie-Laure Phinera Horth (inscrite au sein du groupe des sénateurs LREM) de prendre pour la première fois la parole au palais du Luxembourg. Elle a choisi d’évoquer le chavirage le 3 novembre dernier d’un canot avec une vingtaine de passagers clandestins au large de Cayenne pour interpeller le ministre des Outre-mer sur l’immigration clandestine et le nécessaire renfort des pouvoirs régaliens de l’Etat en Guyane.

Sébastien Lecornu a d’abord rappelé que suite à ce naufrage, le procureur de Cayenne a ouvert une information judiciaire et qu’une personne est actuellement en détention provisoire. « La justice passera contre ces passeurs », a-t-il affirmé. Plus globalement il a indiqué que la frontière a été fermée à la suite de l’épidémie de Covid19 et que par rapport aux 111 refus d’entrée sur le territoire établis en 2018, ils ont été 2500 au premier semestre 2020. Le ministre a encore indiqué que le dispositif Harpie était à nouveau « en fonction » et « à haute intensité ». Ainsi les forces armées dont la marine sont déployées, notamment à l’embouchure de l’Oyapock. Par ailleurs il a indiqué que le préfet doit tenir une réunion avec les nouveaux maires de Guyane pour les informer de la politique de l’Etat en la matière.

FXG

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11 novembre 2020 3 11 /11 /novembre /2020 10:52
Daniel Démocrite, mars 2019

Daniel Démocrite, mars 2019

Me Daniel Démocrite, dit « Démo »

« Démo » est mort des suites d’un cancer du pancréas à 75 ans. Avec lui s’éteint une grande voix du barreau de la Guadeloupe. Aux côtés du Bâtonnier Felix Rodes dont il se disait "le complice et le fils spirituel", Daniel Démocrite a plaidé quelques fameuses grandes affaires : les patriotes guadeloupéens, Timalon, Chammougon, Bichara/Chalian, la Sodeg, Gamiette le prophète et encore très récemment il était encore l’un des avocats de Lucette Michaux-Chevry et d’Alfred Marie-Jeanne...

FXG, Démo et LMC

"Nous nous battions pour que le Guadeloupéen soit debout, qu'on le considère à hauteur d'homme", confiait récemment Me Daniel Démocrite à France-Antilles. Un de ses derniers grands procès a été le double acquittement de Ruddy Alexis dans l'affaire Bino.

Pourtant, à l’aube de sa carrière, le grand ténor se destinait à devenir préfet…

Démo a grandi à Pointe-à-Pitre. Son père Paul-Edouard, comptable à l'usine Darboussier, a créé la section Antilles-Guyane de la CFTC (future CFDT). "C'est lui qui a cassé la gueule à Nicolas Ludger avec la cloche du président de séance lors d'une réunion du CA de la caisse de la Sécurité sociale où le PCG était majoritaire", nous a-t-il confié. Un père coureur… Sa mère, comptable aussi, quitte la Guadeloupe en 1949. Elle n'emmène avec elle à Paris que le frère et la sœur de Daniel qui n’a alors que 4 ans. Le petit Daniel vit entre son père rue Vatable à Lapwent, et la case de sa grand-mère dans le faubourg, après Mortenol, non loin de Boissard, près des actuelles pompes funèbres Birras. Daniel est scolarisé à Massabielle. "J'ai alors connu Tony Sarkis, Daniel Lautric, Max Lancrerot et Georges Gamiette, le frère du prophète..."

 A l'âge de 9 ans, il ne va plus en classe. "Tous les dimanches, racontait-il, mon père me donnait une raclée, mais heureusement, il y avait d'autres jours dans la semaine !"

Bizuth à Paris

Apprenant la déscolarisation de son fils, sa mère le fait venir à Paris. "Je ne parlais que le créole pour emmerder mon frère et ma sœur, d’autant que mon oncle avec qui nous vivions nous interdisait de le parler..." Daniel a ramené de sa petite enfance pointoise ses mauvaises manières. « Dans le petit deux-pièces, on mettait l'argent pour le pain sur le manteau de la cheminée, je piquais l'argent ! » Au moment de faire sa première communion, il fait la retraite buissonnière...C'était l'époque de la guerre d'Algérie. « Les petits Algériens voulaient me casser la gueule, mais j'étais habitué aux combats de rue et je me suis vite imposé. » Sa mère le met en pension à Fénelon, dans l'annexe du lycée Rodin dans le XIIe. A la fin du CE1, il est le dernier de la classe... Au CM2, il est premier ex-aequo du début à la fin de l'année. Sa mère lui met tout de même une raclée. "Elle me reprochait de trop ressembler à mon père."

En 6e, il est très bon en latin, en français et en histoire-géo, mais il est nul en maths. On l'envoie au lycée international de Fontainebleau (où se trouvait une base de l'OTAN) avec des fils de bonne famille. Il est bizuthé, mais stratège, il se fait des amis.

Finalement Démo aura son bac avec panache et prépare le concours de sciences po Paris à Nancy, préalable au concours de l’ENA et à la préfectorale.

Tabassé par la police

En mai 1966, le jeune étudiant en droit est condamné par le tribunal, de Nancy à 250 francs d’amende pour une double prévention d'outrages envers officier de police et agent de la force publique. Lors d'un voyage à Strasbourg, Démo a été témoin dans le train d'un contrôle de police sur un Algérien. Démocrite s'interpose et accuse le policier de se conduire comme un malhonnête homme, concluant : " La France est un pays de racistes. " Quelques jours avant, Démo participe à un anniversaire chez un Algérien. Un voisin mécontent alerte la police et les convives sont emmenés au poste. Démo, là encore, conteste les agents qui ont approuvé le dénonciateur alors qu'il tenait des propos racistes. Démo est tabassé. Mes Manville et Pau-Langevin le défendent...

Dans le sillage de Pierre Goldmann

Oruno Lara apprend le procès de Démocrite alors qu’il est insoumis à Bruxelles où il se cache avec Pierre Goldmann chez la fille d'un député qui possède une galerie d'art. Démo les y retrouvera et ils assisteront à une répétition d'Une saison au Congo… Il continue de s'exercer à la boxe anglaise et commence à s'entourer d'une bande d'amis qui traînent autour de Pierre Goldmann. Démo rencontre Louis Dessout, Joël Lautric, l'alibi de Pierre Goldmann, et le futur commissaire Rollin Vindex-Compère... Il participe à des réunions politiques. « On prévoyait de faire des coups à Paris pour avoir du fric... J'étais en contact avec des gars du milieu qui sont devenus des amis. » Parmi eux Jean Agasso dit Ti Jan qui sera ensuite jugé lors du procès des proxénètes antillais, mais également l'anthropologue et ami de Jean Rouch, Jean-Pierre Olivier de Sardan… C’est lui qui a conduit Manville au tribunal de Nancy dans sa 2CV.

En 1967, à l'annonce du massacre de La Pointe, leur groupe décide de rentrer en Guadeloupe. « Une partie de mes amis est vite repartie en France, mais moi, je suis resté comme Méphon qui travaillait aux douanes. On voulait entrer en clandestinité. »

Viré pour activisme

Il fréquente alors Eschyle, Glaude et Baden du GONG qui sont en lien avec Louis Théodore, le kanmrad Jan à l'origine de la création du syndicat UTA, future UGTG... « C'est Roland Girard, le neveu de Rozan, qui m'a fait découvrir mon pays car j'avais grandi en France. » Finalement, Démo sera quelques temps pion à Baimbridge et syndicaliste étudiant avec Dominique Trésor (« Celui qui s'est remarié avec la femme de Reinette quand il était en prison - les RG s'étaient fait un devoir de le raconter à Reinette... »). On lui demande de prendre la direction du mouvement étudiant car il est inscrit à Vizioz depuis 1968. Jean-Claude Courbain est son rival... « Il était le dirigeant et moi, j'étais celui qui le contrait, mais j’étais reconnu puisqu'en même temps j'étais très actif. » Ils se réunissent souvent chez Jean-Pierre Deshayes à Massabielle. Démo organise manifestation et grève de soutien pour Jean Laguerre, alors instituteur... « Le Député Hélène s'est fait tabasser par Jean Laguerre alors qu'il défilait avec son écharpe de maire avec Amélius Hernandez qui l'accompagnait... » Démocrite sera viré de son poste de pion à Baimbridge en 1969 pour activisme.

La Martinique l'accepte et il rencontre Camille Chauvet avec qui il monte un syndicat étudiant. « On avait comme prof Burguburu à Vizioz. Moi j'étais avec Michèle Léro, la soeur de l'actrice Cathy Rosier, et Burguburu voulait me la piquer... » Démo est alors très lié à Raymond Bourgade un militant indépendantiste. « On habitait ensemble à Ravine Vilaine à Fort-de-France. »

1971, Démocrite est poursuivi pour coups et blessures sur le directeur de La Poste... Pour avoir foutu des gendarmes hors de la préfecture lors d'une réunion... « Les gendarmes m'avaient demandé ma carte d'étudiant... Mais c'était un truc entre nous... A nos réunions, c'était comme en mai 68, tous les soirs, il y avait une prise de parole par Michel Rovélas, un syndicaliste ou un dirigeant de Fraternité ouvrière… » Guy Conquet et Roland Girard sont jugés avec lui... Me Henri Leclerc assure leur défense.

Roland Girard et Louis Dessout ont monté une boîte de nuit, le Shaka club que fréquente Démo, mais également l'universitaire Henri Descamps de Bragelogne dont le fils spirituel n'est autre qu'Eric Rotin. Quant à sa soeur, elle est mariée à un Delaprade, syndicaliste dans le bâtiment. Descamps sera plus tard le directeur de cabinet de Bokassa. Il y a encore Daniel Maragnès, le prof de philo qui a aussi connu Goldmann, qui l'a inspiré politiquement... Bref autour de Roland Girard et de Daniel Démocrite, c'est toute une génération qui rêve de révolution.

Zavoka la

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Alex Ursulet, Lucette Michaux-Chevry et Daniel Démocrite en mars 2019

« Simone et André Schwarz-Bart ont changé ma vie », confiait Démo. Cela se traduit par le serment d'avocat qu'il prête en 1974, puis par sa première candidature aux cantonales à Pointe-à-Pitre en 1977.

17 septembre 1980, à 4 h 05, devant le hangar de fret à l'aéroport du Raizet, une bombe explose sous l'aile droite d'un boeing 727 d'Air France. Une autre bombe sous l'aile gauche, près du fuselage, est retrouvée par les gendarmes. A 6 h 55, l'artificier, un sous-officier du SMB, Bruno Soisse, est tué en tentant de la désamorcer. Le GLA revendique l'attentat, probablement accompli par Alain Gambi, un agent d'Air France. L'avocat Daniel Démocrite est placé en garde à vue par le colonel Ferrara. Il a été aperçu à l'aéroport la veille vers 18 heures. L'avocat Félix Rodes le fera sortir rapidement. Le procureur Lasserre s'excusera pour cette interpellation...

Au début des années 1980 marquées par l'activisme du GLA, mais également de l'UPLG, puis de l'ARC, l'avocat Démocrite est confronté au juge d'instruction Chalian. « Il était vice-président du syndicat de la magistrature et jouait au justicier, racontait Démocrite. Il avait des histoires avec tous ceux qui avaient du pognon. » Lorsqu'il fait mettre Raymond Viviès en garde à vue, Chalian n'hésite pas à lui faire traverser la place de la Victoire menotté. C'est encore lui qui a convoqué Raphaël Koury...

Démocrite défend Franklin Bicharra dont le père a des dépôts à Vieux-Bourg Abymes. « Le père était toujours en combine et son fils, Franklin, dirigeait la prison (pas comme directeur !) où il avait été condamné pour sept ans ! » Démocrite a bien failli se battre avec le juge Chalian sous les yeux de ses confrères Mathieu et Frédéric. « Je défendais Socrate Sonis, un voyou... » Le juge lance à l'avocat : « Quand vous êtes aussi en forme comme ça, c'est que vous avez déjà touché beaucoup d'argent. » « Moi, lui répond l'avocat, on peut savoir ce que je fais, mais vous, on ne sait pas ce que vous faîtes ! Donc taisez-vous ! » « Sortez ! », relance le juge. « Venez me sortir ! »

A partir de 1988, Démocrite tourné le dos aux socialistes. Il est dans une optique indépendantiste bourgeoise et regarde la droite de façon plus ouverte. « Mon métier d'avocat va s'inscrire dans le combat pour la Guadeloupe. » Il est dans l'ombre de Félix Rodes. « C'est un des derniers grands acteurs et témoins de cette fin du XXe siècle. Darsière et Manville plaidaient seuls... Plaider à plusieurs, c'est l'école Rodes, la belle époque ! » Démocrite a plaidé les affaires Timalon, Chammougon et plus tard l'affaire du syndicaliste Guillon poursuivi pour avoir attenté à la vie de Lita Dahomey. Au mitan des années 1990, Il s’est rendu une vingtaine de fois à la Réunion pour défendre avec Me Jacques Verges, le bâtonnier Ursulet et son fils Alex, et quatre avocat réunionnais, Paul Vergès. C'était la première équipe de défense représentant tous les DOM.

A Versailles, avec le Martiniquais Ursulet, il avait arraché l’acquittement du comédien Jean-Pierre Saintons auquel personne ne croyait tant et si bien que France-Antilles avait titré en une sa condamnation. « Ils ont dû refaire la bonne une le lundi ! », disait en se marrant Me Démocrite.

FXG

L’interview posthume

Peu avant son décès, à l’occasion de ses séjours à Paris, Daniel Démocrite a accordé une série d’entretiens à France-Antilles. Nous offrons à nos lecteurs en exclusivité sa dernière interview.

« J’avais une vision ! »

Pourquoi vouliez-vous être préfet ?

En fait, s'il y a un poste politique qui m'aurait plu, c'est celui de maire... J'avais un parent éloigné qui était administrateur des colonies. Nous n'étions pas très proches, mais sa mère me racontait ce qu'il faisait... Ce qui m'intéresse dans la politique, ce n’est pas la parole… Moi j'aurai préféré créer un quartier. Par exemple, j'aurais eu Pointe-à-Pitre, j'aurais refait Pointe-à-Pitre. Je me serais adressé à l'architecte qui a refait Montpellier, Ricardo Bofill ou celui qui a fait Brasilia, Oscar Niemeyer ! Je n'aurais fait qu'un mandat parce qu'il y aurait eu des expropriations... Mais j'avais une vision !

Aujourd'hui, vous êtes plutôt méfiant envers les préfets...

Ce qui m'inquiète, c'est ce déséquilibre qui s'instaure sans respecter la séparation des pouvoirs. J'ai parlé au procureur comme si je parlais au préfet : vous arrivez et vous mettez Daniel Gibbs en garde à vue. Je ne sais pas ce qu'il a fait, ça ne me regarde pas, mais je pense que ce n'est pas la meilleure façon de nouer des relations d'équilibre et de respect avec un responsable. Vous commencez par mettre en garde à vue alors que vous allez vous adresser à lui pour lui demander des locaux, pour définir votre politique pénale... Finalement ça me regarde parce que je suis Guadeloupéen. Je trouve ça inadmissible et grave d’entendre le procureur dire : "je travaille en étroite collaboration avec le préfet..." C'est comme si le ministre de la Justice disait qu'il travaille avec le ministre de l'Intérieur qui lui dirait qui arrêter... Ce n'est pas son boulot !

Vous avez récemment participé à une réunion d'anciens de l'institut Vizioz, dont Daniel Marsin. Qu’a représenté Vizioz ?

Nous avons joué un rôle capital dans l'articulation entre le GONG finissant, décapité, et l'UPLG et la nouvelle génération. Les uns étaient en France et nous, nous étions sur place. C'est nous qui avons fait la grève avec l'UTA et ça s'est fait en 1971. Notre grève a duré deux mois... C'était au moment du procès de Guy Conquet. C'est à cette époque qu'a commencé kanmarad Jan. Avec Louis Théodore, on a presque créé le personnage au départ. Je l'ai aidé à ce qu'il devienne propriétaire de ses terres. Il a gagné la première affaire qui concernait 18 hectares à La Boucan. C'est un fin négociateur... C'est un grand Théodore ! C'est le président de la plus grosse coopérative agricole. Ils font 6 millions de chiffre d'affaires !

Etes-vous Français ?

Je ne suis pas gaulois ! Nous sommes un peuple différent et les rapports entre les peuples se modifient mais tout passe par l'indépendance.

Propos recueillis par FXG

Souvenirs d’audience- Affaire Timalon 1988

Douze policiers venus de Nouvelle-Calédonie sont là pour dire qu'ils ont été témoins de l’assassinat du gendarme Guy Haussy, le 13 novembre 1985, par Patrick Timalon. Rodes, Ursulet et Démocrite plaident ensemble contre un bâtonnier de province. « On a gagné à l'arrachée, raconte Démo, au dernier round... » Ils ont fait venir pendant un long week-end un témoin qui s'appelait Carbone, un Dominicains qui partageait la même cellule que Timalon. Il est venu dire que Timalon lui avait avoué que c'était lui qui avait tué le CRS à Boissard.

« Dans un précédent procès, racontait Démocrite, Madice, la femme de Jean-Claude Malo, a voulu sortir de la salle des délibérés parce que le président Beck faisait pression sur les jurés. Il disait en évoquant une autre affaire avec un gendarme que c'est avec l'arme volée de ce dernier que Timalon avait tué Guy Haussy. Le procureur Beck m’a dit : « Je sais que vous avez constitué une équipe avec Manville et Rodes, mais je ne pense pas que ce soit une bonne chose... On va trouver une solution. Il faut qu'on aille plus vite. Moi, ce qui m'intéresse, c'est le procès de Thimalon à Paris, la peine qu'il va prendre là-bas parce qu'il prendra perpétuité... C'est votre client qui a volé l'arme qui a servi à Thnielimalon. On se met d'accord : 5 à 7 ans ? » « Plutôt 5 », tope Démo. « Avec Me Nollard, on plaide ça rapidement en deux jours. On est d'accord sur la peine. » L'affaire arrive mais Beck attaque, instaure un climat de pression, critique Démo qui fait un désordre du diable. A cette époque, il est un champion du désordre ! Suspension d'audience. Beck fait venir le bâtonnier Frédéric devant lequel il dit : « Démocrite, quand même, on avait discuté avant l'audience, comment se fait-il ? » « Mais je vois où vous voulez aller ! Vous allez à perpét là ! Je ne vous laisserai pas faire ça. » Beck répond : « Je vous rassure, je ne suis pas dans cet état d'esprit... » « Ce n'est pas ce qui était convenu... » Le bâtonnier Frédéric dit : « Je ne veux pas connaître vos conventions... Ne parlez pas de ça devant moi. » Les avocats adverses, dont Valérius étaient là aussi. Finalement, Beck a obtenu 18 ans… « Beck nous a eus, mais on l'a eu après. J'ai fait organiser une émission sur RCI et les gens donnaient leur point de vue sur la manière dont s'était déroulé le procès. » Démocrite a fait intervenir Mme Malo qui a dit juste ce qu'il fallait dire... Le lendemain, Roland Ezelin, Evita Chevry, Claude Christon et Démocrite ont fait un communiqué de presse. Aussitôt la police a placé Christon en garde à vue. « Ca a créé une commotion au barreau et à partir de là, on a mené une campagne contre Beck. Deux mois après, il est parti. »

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10 novembre 2020 2 10 /11 /novembre /2020 17:03
L'affaire Kéziah déborde au conseil de l'ordre des Avocats de Paris

L’affaire Keziah fait des remous jusqu’à Paris

Un rapport concernant Me Alex Ursulet lors de la défense de Kéziah Nuissier, transmis par la procureure générale Paris et signé de la substitute du procureur de Fort-de-France, Sabrina Bouix, a atterri sur le bureau du conseil de l’Ordre des avocats de Paris.

Ce rapport concerne l’audience de comparution immédiate du tribunal judiciaire de Fort-de-France du 13 août 2020. Lors de cette audience, Mes Monotuka, Lodéon et Ursulet ont demandé la modification du contrôle judiciaire de Kéziah Nuissier, prévenu des chefs de rébellion et violence sur une personne dépositaire de l’autorité publique. « La note d’audience dont vous avez eu connaissance, écrit la subsitute, retranscrit la teneur des débats, mais elle ne relate pas le comportement et l’attitude de Me Alex Ursulet à mon égard. » Pour commencer la magistrate du parquet dit avoir été « choquée de certains termes employés » par l’avocat pénaliste : « réquisitions scélérates » et « système putride ». Elle estime ensuite que Me Ursulet « s’en est pris directement à (elle) et (sa) personne, bien au-delà du représentant du ministère public… » Elle se plaint de « son positionnement physique, inapproprié, dans la salle d’audience, à proximité immédiate, voire face à (elle) ». Elle reproche à l’avocat de s’être « considérablement éloigné du pupitre qui lui est réservé », « d’avoir systématiquement cherché (son) regard pendant ses plaidoiries » et de ne s’être « quasiment exclusivement adressé qu’à (elle) » plutôt qu’au tribunal. « Son ton, ajoute-t-elle, était agressif et virulent (…) Ses paroles insultantes et menaçantes, et ce même à mots voilés. » La représentante du ministère public explique alors qu’elle n’a « à aucun moment soutenu son regard (…) sachant qu’à (son) sens, il cherchait à avoir une prise directe et personnelle sur (elle) ». Enfin, elle lui reproche encore de s’en être pris « directement et personnellement » à elle en faisant état de son départ de la juridiction et son affectation imminente à Pointe-à-Pitre.

Deux gendarmes poursuivis depuis

Le secrétaire général de l’ordre des avocats de Paris a demandé à Me Ursulet s’il avait des observations à formuler. Dans un premier temps, l’avocat martiniquais a rappelé le contexte de l’affaire Kéziah, rappelant que ce dernier avait porté plainte contre les forces de l’ordre suite à la manifestation du 16 juillet dernier lors de laquelle il a été interpellé. Marcelin Nadeau et Philippe Nilor ont demandé au préfet Cazelles les raisons de ces arrestations « excessivement musclées » tout comme la destruction du « tambour martiniquais, symbole de la résistance et de l’unité de notre peuple ». Les organisations Combat Ouvrier, Groupe Révolutionnaire Socialiste et même le PPM avaient aussi réagi à ces événements liés à l’instruction de l’affaire du chlordécone attendue depuis 18 ans alors même que le président Macron a promis des réparations.

Sur le rapport en lui-même, Me Ursulet affirme que les réquisitions du parquet, « administratives et pointilleuses », ignoraient les faits « à l’origine de l’état de santé de M. Nuissier ». « Les réquisitions de rejet de main levée du contrôle judiciaire ne pouvait que conduire la défense (…) à rappeler les questions posées par une justice à géométrie variable, les gendarmes comme les utilisateurs du chlordécone ne faisant pas l’objet de poursuites ». On sait depuis, qu’à la suite de la plainte déposée par la défense de Kéziah Nuissier, des poursuites pour violence, contre l’avis du parquet, ont été diligentées contre deux des cinq gendarmes qui l’avaient arrêté. C’est faute, au moment de l’audience, de connaître cette décision postérieure de l’IGPN et du parquet, que l’avocat justifie ses termes de « réquisitions scélérates » et de « système putride ». « Leur utilisation, fait-il observer, n’excède pas la liberté d’expression dont bénéficie l’avocat à l’audience conformément à une jurisprudence constante de la Cour européenne des droits de l’Homme. »

« Défense et parquet sont des parties à l’audience »

Pour le reste, Me Ursulet dénie d’avoir eu des paroles « insultantes et menaçantes et ce même à mots voilés » : « Mme Bouix ne justifie pas son propos que les notes d’audience démentent. » Enfin, sur la question du regard que l’avocat aurait porté à la substitute, Me Ursulet rappelle qu’aucune disposition n’entrave la liberté de mouvement de l’avocat dans l’exercice des droits de la défense, même s’il admet que la magistrate eut préféré qu’il plaide « les yeux baissés et attaché à son pupitre ». Il rappelle encore que c’est le président du tribunal qui est en charge de la police de l’audience et qu’il n’a fait aucune observation dans ce sens à l’avocat. Enfin, Me Ursulet rappelle que la défense comme le parquet sont des parties à l’audience, qu’il n’y a pas de lien hiérarchique entre eux et qu’elles sont amenées à se répondre, « en se regardant, ce qui est la moindre des politesses ».

Il appartient désormais au conseil de l’ordre de se prononcer sur les suites qu’il entend ou non donner à ce rapport.

FXG

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9 novembre 2020 1 09 /11 /novembre /2020 05:30
Les tags ont été découverts dimanche sur la façade du boulevard des Invalides

Les tags ont été découverts dimanche sur la façade du boulevard des Invalides

L’affaire Kéziah concurrence l’expo des médecins martiniquais

Alors que le procès de Kéziah Nuissier doit avoir lieu ce lundi au tribunal judicaire de Fort-de-France, la façade du ministère des Outre-mer a été copieusement taguée dans la nuit de samedi à dimanche. Les inscriptions font directement référence à « Kéziah » et dénoncent une justice et une gendarmerie « coloniales ».

Ironie du sort ou volonté délibérée des tagueurs, les murs du MOM ont été tagués alors qu’ils accueillent depuis une semaine une exposition de photos du Martiniquais Jean-Luc de Lagarigue, intitulée “Un regard sur la médecine”. Ce projet de l’Union Régionale des Médecins Libéraux de Martinique invite les jeunes médecins à venir exercer dans les Antilles…

FXG

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