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12 octobre 2019 6 12 /10 /octobre /2019 06:51
Photo : Philippe Miljevic

Photo : Philippe Miljevic

Lyza Hery, la nouvelle génération de pastoriens

Lyza Hery fait partie des vingt doctorantes et 15 post-doctorantes récompensées mardi 8 octobre à Paris, par le prix Jeunes Talents L'Oréal-Unesco pour les femmes et la science. Outre une bourse de recherche d’un montant de 15 000 euros, Lyza doit bénéficier d’un programme de formation au leadership, complémentaire à son parcours scientifique.

Lyza Hery est une jeune femme de 28 ans, une Bonbon de Terre-de-Haut par sa mère. Aujourd'hui, elle est chercheure à l'institut Pasteur de la Guadeloupe. Elle est tombée dans la science "naturellement", dit-elle. "J'ai eu la chance d'avoir mes frères comme modèles ; ils ont fait un brillant parcours scientifique et j'ai voulu réaliser le même parcours qu'eux, mais plus spécifiquement dans les sciences naturelles." Grâce à ses professeurs et ses maîtres de stage qui l'ont confortée dans ses choix, après l'agronomie, la biologie marine, elle s'épanouit dans le domaine des sciences de la santé. Aujourd'hui, elle est en 3e année de thèse. Son sujet, c'est l'étude de l'influence des bactéries des gîtes larvaires sur la capacité des moustiques à transmettre des virus en Guadeloupe, mais aussi en Guyane. Il s'agit donc de la lutte biologique anti-vectorielle. "On essaie de trouver des outils novateurs plus respectueux de l'environnement pour pallier aux problèmes des insecticides et à la résistance que les moustiques développent." Aujourd'hui, l'actualité, c'est la bactérie wolbaccia dont on sait qu'elle a des propriétés pour stopper le développement des virus dans l'espèce de moustique aëdes aegypti et pour rendre stérile d'autres espèces. "Moi, j'étudie les bactéries naturelles,  dit-elle. Je ne m'intéresse pas à injecter des bactéries dans le moustique, mais j'essaie plutôt d'étudier celles qui sont naturellement présentes dans le moustique. En fonction de leur gîte larvaire, je cherche à savoir si ces bactéries peuvent influencer la transmission du virus, particulièrement celui de la dengue."

Lyza a d'abord fait deux ans de master à Bordeaux, mais l'envie de revenir dans son archipel a été si forte qu'elle a proposé sa candidature spontanée à l'institut Pasteur  de la Guadeloupe. "Je me suis dit que ce sujet de recherche me permettrait de faire quelque chose de bénéfique pour mon île et plus largement pour la Caraïbe." Entrer à Pasteur ne signifiait pas seulement rentrer en Guadeloupe, mais entrer dans le grand réseau international des instituts Pasteur et instituts associés. "Grâce à ça, j'ai pu développer des collaborations avec l'institut Pasteur de la Guyane et même avec un laboratoire au Canada affilié au réseau pastorien."

L'institut Pasteur de la Guadeloupe, elle le connaissait déjà pour s'y être fait vacciner contre la fièvre jaune. Et puis le travail historique de l'institut Pasteur sur la lutte anti-vectorielle (l'anophèle et le paludisme ont été éradiqués en 1967) et plus récemment sur l'antibio-résistance ou la recherche du chlordécone dans les eaux et les aliments ne lui étaient pas inconnus.

Le moustique, "un sujet primordial pour les îles"

A Pasteur, c'est le sujet moustique qui lui a été proposé. "Je me suis reconnue dans ce sujet parce que c'est un problématique qui me concerne même si au départ ce n'était pas mon domaine puisqu'au début mon parcours était axée sur la santé, la biochimie, la biologie cellulaire et tout ce qui touche au cancer. Travailler sur les insectes vecteurs de maladies infectieuses, qu'il s'agisse des moustiques, des tiques, ça reste des problématiques très actuelles qui ne cesseront jamais d'évoluer et c'est un sujet primordial pour les îles." Si Lyza n'a jamais été atteinte de quelque maladie infectieuse, elle se souvient en revanche de sa maman terrassée par le chikungunya. "Ca m'a encore plus motivé de savoir que n'importe qui pouvait être infecté et c'est d'autant plus important qu'on ne connaît pas encore de vaccin réellement efficace. Alors entrer à l'institut Pasteur, c'est une chance parce que ce n'est pas dans toutes les îles qu'il y a des laboratoire d'entomologie médicale."

Après sa thèse, Lyza aimerait poursuivre son travail au sein du réseau pastorien. "Pour l'instant, je suis sur ma thèse que je soutiendrai l'année prochaine, mais j'aimerai continuer dans ce domaine avec celle qui dirige le laboratoire d'entomologie médicale, Anubis Véga-Rua, et poursuivre ce même sujet de recherche."

FXG, à Paris

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