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27 janvier 2019 7 27 /01 /janvier /2019 07:21
Isabelle de Silva, la présidente de l’Autorité de la concurrence, à droite d’Ericka Bareigts, et une partie de l’équipe de l’AdC qui a participé à l’entretien.

Isabelle de Silva, la présidente de l’Autorité de la concurrence, à droite d’Ericka Bareigts, et une partie de l’équipe de l’AdC qui a participé à l’entretien.

Ericka Bareigts propose ses idées à l'Autorité de la concurrence

Ericka Bareigts veut un ticket de caisse centralisé et une transparence des prix alimentaires à l'égale de celle obtenue sur les produits pétroliers.

Ericka Bareigts s'est entretenue jeudi à Paris avec Isabelle de Sylve, la présidente de l'Autorité de la concurrence (AdC), au moment où ses agents achèvent à peine leur instruction de terrain dans l'océan Indien sur les produits de première nécessité. Il s'est d'abord agi de transparence. "Je suis favorable, a indiqué la députée de Saint-Denis, à ce qu'on instaure un ticket de caisse centralisé, ce qui existe dans l'Hexagone, mais pas dans les Outre-mer." Ce ticket de caisse centralisé permettrait de recenser tous les achats faits dans les grandes et moyennes surfaces de l'île et d'avoir ainsi une véritable transparence sur les prix pratiqués en étant moins captif des promotions fictives ou des promotions tournantes. Il permettrait ainsi de mettre en évidence les grandes surfaces qui seraient plus chères malgré les apparences. "Un consommateur, explique-t-elle, peut ainsi gagner sur paquet de biscuits, mais perdre sur les quatre autres produits de base qu'il achète à côté." Cette question a déjà été abordée à l'observatoire des prix, des marges et des revenus (OPMR) à la Réunion et il suffirait que l'INSEE se mette au diapason et trouve accessoirement des moyens pour cela. L'idée aurait séduit la présidente de l'AdC.

L'entretien a aussi porté sur les produits alimentaires : "j'ai aussi proposé, explique l'ancienne ministre, de faire sur quelques produits l'exercice du marché de gros qui avait été pratiquée pour les produits pétroliers." Il s'agirait d'étudier la formation du prix depuis l'usine de biscuits, par exemple, jusqu'au consommateur final, c'est-à-dire une décomposition du prix à chaque étape intermédiaire pour faire la transparence à chaque échelon. "A chaque fois que l'on parle de ça à l'OPMR, regrette Mme Bareigts, on nous explique toujours que le transport, c'est à la marge et que ça ne pose pas de problème, qu'à telle autre étape, c'est encore à la marge et au final, il n'y a jamais de problème... Sauf que quand on passe à la caisse, c'est un problème !" Pour illustrer son propos, Ericka Bareigts a fait valoir qu'en vingt ans, elle avait constaté que pour les produits vestimentaires, on arrive à trouver des chemises, des tee-shirts, des pantalons, des shorts, franchisés ou non, au même prix que ce qu'on trouve dans l'Hexagone. "Pourquoi quand ça marche sur un tee-shirt, on nous explique que ça ne marche pas sur boîte de biscuits ? Je veux comprendre ça." L'AdC qui est en train de préparer l'avis que lui a demandé le président de la République en juin dernier, sur le même sujet que celui qui avait été rendu en 2009 sur les biens de première nécessité, pourrait trouver là des armes utiles. "Les gens, aujourd'hui, ont besoin de voir comment se forment les prix ; il faut donc trouver les noeuds et quand on trouve les noeuds, il faut essayer de les faire exploser parce qu'on ne peut pas encore avoir un différentiel de 30 ou 40 % sur de l'alimentaire alors qu'on est arrivé à faire bouger les lignes sur les produits pétroliers, les vêtements, la téléphonie..."

Pièces détachées automobiles

En 2009, le travail de l'AdC avait permis de faire aboutir la loi Lurel de régulation économique. Aujourd'hui l'évaluation de la loi Lurel et de la loi égalité réelle outre-mer se fait dans un contexte qui est sensiblement le même qu'en 2009 avec les mouvements sociaux. "Celui qu'on a connu à la Réunion en décembre, poursuit Mme Bareigts, augure de mauvais jours si on arrive pas à avancer sur le sujet."

Les matériaux de construction et les pièces détachées automobiles ont encore été abordés. "Les pièces détachées, c'est un problème de sécurité publique auquel s'est montrée sensible la présidente de l'AdC, assure Ericka Bareigts. Il s'agit de pneus, de phares, de plaquettes de frein et quand une famille modeste n'a pas les moyens de changer ses pneus ou ses plaquettes, elle se met en danger, elle met ses enfants en danger et les autres avec !" Sur ce sujet, il pourrait y avoir plus que des problèmes de transparence, à savoir des contentieux à venir, voire des sanctions. Avec des plaquettes de frein à 67 euros quand on trouve les mêmes à 19 euros dans l'Hexagone, il y a là un vrai sujet pour l'AdC qui devrait s'en emparer rapidement.

FXG, à Paris

Produits de dégagement

La question des produits de dégagement a été abordée alors même que la veille en commission, Ericka Bareigts demandait à Didier Guillaume, le ministre de l'Agriculture, quand allait-il mettre en application les lois égalité réelle et "égalim". Réponse du ministre : "Ce sujet est un vrai scandale !" Une ordonnance devrait donc sortir d'ici quelques semaines pour l'application de ces deux lois sur les produits de dégagement.

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