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29 septembre 2017 5 29 /09 /septembre /2017 05:30
Station F et Outremer Network

Des start up péyi à la Station F

Le réseau Outremer Network a réussi à ouvrir la Station F aux start up ultramarines. Une dizaine d'entre elles y incubent depuis le mois de juillet.

La Station F à Paris accueille depuis le mois de juillet des start up membres du réseau animé par le Martiniquais Daniel Hierso, Outremer Network (OMN). "Outre-mer Network, explique son animateur, est le seul programme régional qui permet à des start up de passage en Europe d'acquérir de l'expertise et nous voulons y faire participer les outre-mer." La Station F est la plateforme créée il y a moins d'un an par Xavier Niel, le patron de Free, pour être, mieux qu'un incubateur, un accélérateur de projet et OMN a réussi à s'y imposer. "Le réseau, c'est quand l'outre-mer parle à l'outre-mer, explique Laurent Blériot de Bioalgostral, l'un des start up réunionnaises présente à la Station F, les pépites de demain se trouveront sur cette station ! Aujourd'hui, il y a une vingtaine de places pour les start up d'outre-mer. Ca peut paraître peu, mais c'est énorme quand vous voyez le site de la Station, le plus gros campus mondial de start up. C'est là qu'il faut être !"

Les premières start up antillaises élues sont Kadalys, Festival trotteur, Shopîles, Labmédia du groupe Noviris, Neoz ou encore AK-A, l'agence de marketing ethnique. Nexa, l'agence régionale d'investissement de la Réunion, a passé un accord d'exclusivité avec le réseau Outre-mer Network. Bioalgostral, Oscadi et Torskal sont les premières.

Le marché des start up

Gaston Bigey de Nexa et Pascal Fliche de la Compagnie des Alpes

"A la Réunion, explique Gaston Bigey, le directeur général délégué de Nexa, nous aidons les start up à passer du stade du projet à celui de l'entreprise. Depuis sept ans, notre écosystème a beaucoup progressé, mais force est de constater qu'il nous manque l'étape supérieure. Notre présence à la station F, c'est clairement un passage en première division." La Station F, c'est trente fonds d'investissement, les plus grandes entreprises mondiales du numérique et un foisonnement qui permet aux start up présentes de trouver tout ce qui leur est nécessaire et notamment la tech pour parvenir à transformer leur rêve en projet d'entreprises.

A la station F, ces start up vont tenter de passer du stade de projet au stade d'entreprise. "Il y a un foisonnement, explique Daniel Hierso, qui permet aux start up présentes de trouver tout ce qui leur est nécessaire et notamment la "tech" pour parvenir à transformer leur rêve en projet d'entreprises." Le temps des programmes à la Station F est de trois à six mois. "Soit on y arrive dans ce délai, explique Gaston Bigey, soit, le projet n'est pas bon. C'est ça le marché de la start up."

Amazone, Vente privée à portée de main

Ingrid Chaine de Shop Îles a pu parler de start up à Jacques-Antoine Granjon, le patron de Vente privée. "Maintenant l'idée, c'est d'intégrer leur programme, qu'on puisse tester notre nouvel API (interface de programmation applicative) sur leur site. C'est un module qui permet aux sites marchands de proposer la livraison vers l'outre-mer beaucoup plus facilement en expédiant les colis directement chez Shop'îles. Ca va nous donner plus de visibilité, plus de crédibilités vis-à-vis des sites marchands et plus de facilité du parcours client pour les internautes."

Pascal Pierre-Louis et Nicolas Beaubrun, de Festival trotteur, viennent chercher à la Station F du réseau, de nouvelles compétences et des investisseurs. A terme, ils visent l'entrée les bouquets orange, Free, SFR  ainsi qu'un câble à Miami.

Shirley Billot, dirigeante de Kadalys. la start up qui recycle les déchets de la banane en ingrédients de cosmétique à haute valeur ajoutée, attend de la Station F de l'ouverture au commerce extérieur et de la technologie digitale.

Mercredi 20 septembre, Xavier Niel lui-même est passé voir les start upeur ultramarins avant de donner une conférence tout simplement intitulée "ask me anything", tout le symbole de la Station F, baby foot compris !

FXG, à Paris

L'aventure Neoz

Joséphine Garrick développe avec son associé Mathieu Thorin des TPE ultramarines à l'international. Sa start up, Neoz international, réinvente le négoce international. "Dans les DOM, on dépend beaucoup des importations, mais on exporte peu. Et l'export, c'est la mission que nous nous sommes confiés. Nous y agrégeons plusieurs services, de la réalité virtuelle et beaucoup de fintech pour permettre aux TPE de rattraper leur retard par rapport aux grandes marques et permettre de réduire le gap entre producteur et consommateurs." Ils ont développé un outil de marketing opérationnel nommé "Moz", une boutique éphémère itinérante qui développe les marques de leurs clients au plus près des consommateurs et des acheteurs internationaux. Quand ils sont arrivés à la Station F, ils avaient l'ambition de créer six boutiques Moz cette année et d'investir dans l'immobilier commercial. A la station F, ils ont rencontré Pascal Fliche de la Compagnie des Alpes (parc Astérix, stations de ski), la banque, BNP installée aussi à la Station et partent sur vingt boutiques !

Le "device" d'Oscadi

Olivier Sautron de la start up Oscadi est arrivé avec son appareil d'échographie qu'il a développé sur Ipad et qui permet de faire de la télémédecine. Il a noué un partenariat avec Apple qui est présent à la station F, Il cherche lui aussi à profiter de son séjour à la Station F pour lever des fonds pour l'industrialisation de son produit. "On entre dans un écosystème où on peut tous les jours rencontrer les gens, ils sont sur place, ils étudient le dossier et ils vous aident surtout à monter un meilleur dossier à présenter aux investisseurs." Son outil médical professionnel est soumis à une réglementation particulière et c'est là-dessus qu'il compte trouver de l'accompagnement. "C'est ce qu'on vient chercher en allant dans un écosystème parisien. Les rendez-vous sont très faciles à prendre... Le but, c'est de produire et de toucher le marché au début de l'année prochaine." Trois mois suffiront-ils ?

C'est un projet qu'Olivier mène depuis 4 ans. Le plus gros du travail est déjà fait, le "device" a été testé sur le terrain. Ce qu'il reste à faire, c'est gravir la dernière marche avant la commercialisation. "Alors, on ne sera plus une start up, mais une entreprise !"

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