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Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 12:34

Un commandant des RG en conseil de discipline

C’est aujourd’hui que le commandant à l'échelon fonctionnel du service départemental d’informations générales, Serge Narcisse, doit passer en conseil de discipline.Les faits motivant sa comparution, tels qu’établis par l’inspection générale de la police nationale et repris par l’administration de l’Intérieur, indiquent que l’officier de police « a manqué à plusieurs reprises à ses obligations professionnelles, de respect de l’autorité hiérarchique, de dignité et de réserve, notamment ». Ainsi, l’adjoint du commissaire Cordonnier (ex-patron de RG de Martinique) se serait abstenu « de façon récurrente de rendre compte à sa hiérarchie directe », d’organiser des réunions de service alors qu’il assurait l’intérim en l’absence de son chef. Mais ce sont les événements de février 2012 qui semblent avoir convaincu sa hiérarchie de le déférer devant le conseil de discipline, notamment le 8 février 2012 : « A l’occasion d’une manifestation organisée par le PPM, cet officier présent sur les lieux, s’abstenait de communiquer à sa hiérarchie directe les renseignements qu’il avait pu recueillir, notamment concernant la sécurité d’une visite que devait effectuer le ministre de l’Intérieur sur l’île quelques jours plus tard. » Et, enfin, cerise sur le gâteau, le 14 février, à l’occasion du départ de son supérieur, le commissaire Cordonnier, « M. Narcisse se joignait à une délégation d’autres policiers pour fêter à l’aéroport, de manière voyante et sonore (…) le départ de l’ancien chef du SDIG, de retour en métropole. » L’enquête menée par l’IGPN et que France-Antilles s’est procuré fait d’abord apparaître une très mauvaise qualité des rapports entre le chef de service et son adjoint, depuis au moins un an et dont les raisons profondes n’apparaissent pas vraiment. L’un parlant de son adjoint comme d’un électron libre, ingérable, l’autre reprochant à son chef de lui avoir commandé des enquêtes de type politique et morale dont les usages ont pris fin sous le gouvernement Jospin.

Quant aux événements du 8 février, il est reproché à l’officier martiniquais, alors qu’il était en congé, de s’être mêlé à « ce rassemblement durant lequel des chants injurieux avaient été entonnés en créole à l’encontre du ministre de l’Intérieur ». Ce chant serait une célèbre tirade carnavalesque reprenant le fameux « bo fè, Yo pété bonda Vaval » qu’un policier aurait ainsi traduit : « Embrasse le fer, ils ont pété le cul à Guéant. » Le rapport ne mentionne pas les paroles prononcées en créole, seulement leur traduction… Alors ont-ils prononcé le nom de Guéant ou seulement celui de Vaval, sachant qu’on était en plein carnaval ? Pour la petite histoire, ce chant remonte au milieu du XIX siècle, quand un gendarme, candidat à la mairie de Saint-Pierre, fut battu et dut déposer son sabre avant de pouvoir entrer dans l’hôtel de ville. Il avait donc embrassé son arme avant de la déposer, d’où les paroles de la chanson : « Bo fè, yo pété bonda… » Suivait alors le nom du gendarme qui, très vite a été remplacé par Vaval. Il restera donc, lors de ce conseil de discipline, à déterminer ce qui a été réellement prononcé en créole ce fameux 8 février… Quand au refus d’informer sa hiérarchie directe, la défense a produit un texto de Serge Narcisse daté du 9 février à 5 h 53 pour justifier « la présence opérationnelle de la présence (de M. Narcisse) à l’aéroport le 8 février en soirée. Ce SMS est un vrai rapport sur les événements produits, mais il est adressé à un inspecteur général, conseiller technique auprès du ministre de l’Intérieur et son ancien chef, et non à sa hiérarchie locale. Si ce n’est que le chef de la CDI et le DDSP adjoint ont reconnu avoir été informés. Le commandant Narcisse a rétorqué pour sa part qu’il n’avait pas chanté et que, quoiqu’en congé, il était venu « dans l’intérêt du service » et « mû par sa conscience professionnelle ». Quant au comité d’adieu qui avait rassemblé quatre policiers et le commandant Narcisse, alors que le commissaire Cordonnier quittait définitivement la Martinique, les mis en cause ont admlis s’être rendu à l’aéroport pour « fêter » son départ, mais niaient avoir tenu des propos invitant M. cordonnier à partir définitivement. Serge Narcisse a aussi admis avoir poussé un cri de joie mais démenti tout bras d’honneur. Les conclusions de l’enquête établissent qu’on ne peut formellement accuser le commandant Narcisse d’avoir chanté des chants injurieux, mais retiennent le caractère blâmable de la cérémonie d’adieux du 14 février.

FXG (agence de presse GHM)

Notons qu’en marge de ce dossier, Serge Narcisse et deux policiers ont indiqué leur intention de déposer une plainte avec constitution de partie civile à l’encontre du commissaire Cordonnier pour harcèlement moral.

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Mardi 22 mai 2012 2 22 /05 /Mai /2012 09:20

L’association Tous créoles ! se dote d’une charte

15-mai-2012-2194.JPGLancée en 1998 dans la foulée du manifeste « Nous nous souvenons »,par des membres de la communauté békée pour dénoncer la barbarie de l’esclavage l’association Tous créoles !, lancée par le Martiniquais Roger de Jaham rassemble 250 adhérents et a une section parisienne depuis 2009. Béatris Compère est la présidente de cette section. « Ce manifeste avait fait de l’effet en Martinique car auparavant jamais un béké n’avait fait montre de la moindre repentance. Aujourd’hui, il est important d’avoir un écrit solennel destiné à sceller notre éthique et nos principes. » Voilà pourquoi le 22 mai, Tous créoles ! lance sa charte. Tous les adhérents de l’association devront la signer. Parmi ces adhérents, des gens tels que Bernard Hayot, Jean Bernabé (très impliqué dans la rédaction de la charte), le dissident René Gouyé, l’écrivain Muriel Tramis l’historienne Lydia Orlay ou le journaliste Rodolphe Etienne… « Cette charte consacre notre vision de la créolité, poursuit Mme Comper, et affirme notre foi en qses valeurs et sa pérennité. » Tous Créoles ! comprend la créolité dans sa dimension multiculturelle et le vivre ensemble. « Nous voulons nous rassembler autour des langues et cultures créoles, lutter contre tout propos discriminatoire ou raciste. » N’y a-t-il pas une sorte de naïveté dans tout cela ? « Il faut lutter contre la nature primitive de l’homme, se défend Béatris Compère, faire de nos différences une œuvre collective. » Selon elle, les créolités ne sont pas un attribut identitaire, mais « une vision du monde en perpétuelle évolution ». Pour autant, la vison de la créolité de tous créoles ! n’est pas celle de Glissant ou Chamoiseau. « Ces deux auteurs ont fait beaucoup, mais dans une expression très littéraire, nous, nous traduisons ce concept dans le quotidien. Tous créoles ! s’est aussi rapproché d’Alain Rey, du Petit-Robert, pour préparer une nouvelle proposition de définition du mot « créole ». en octobre, le musée Dapper à Paris accueillera un colloque sur les langues créoles avec Khaï Thorabully, poète et essayiste mauricien, la linguiste Christine Hazaël-Massieux ou encore Lydie Condapanaïken-Duriez, docteur en littératures comparées.

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Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 07:32

Les adieux de MLP à Paris

C’étaient les vrais adieux de Marie-Luce Penchard à Paris. Jeudi dernier, l’ancienne ministre de l’Outre-mer a quitté son logement de fonction et son bureau de ministre, mais aussi Paris. Elle vend sa maison de Saint-Rémi-les-Chevreuses dans les Yvelines (son mari prendra sa retraite dans trois ans) et elle se réinstalle en Guadeloupe, dans le sud Basse-Terre, 26 ans  après son départ. Son train de vie ne sera plus le même puisqu’elle ne bénéficiera de la rémunération de ministre que pendant six mois, et qu’elle devra s’acquiiter de ses impôts de ministre… Mais elle siégera désormais au conseil régional. Marie-Luce Penchard n’a pas froid aux yeux. Elle part aux législatives contre Victorin Lurel et le maire de Trois-Rivières (suppléante, donc éligible !) en parfaite connaissance de cause. Elle sait qu’elle se prendra une taule, mais comme elle le disait au lendemain du 6 mai, elle gagnera petit à petit les points pour remonter l’écart. Ca lui prendra peut-être dix ans, mais elle est prête à cette ténacité-là. Elle n’aura pas la lâcheté de la nouvelle ministre des droits des femmes et porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem qui a renoncé, alors qu’elle était investie par le PS dans le département de Lyon où elle est sûre de perdre, après que Jean-Marc Ayrault ait précisé à ses ministres candidats que les battus devraient quitter le gouvernement.

Des facteurs devraient toutefois aider Marie-Luce Penchard localement. D’abord, la nomination de Victorin Lurel au ministère des Outre-mer, peut affaiblir la solidité du socle de gauche sur laquelle il a bâti son succès depuis 2004. Et ce n’est pas le seul qui part. Son conseiller Marc Vizy devient le conseiller outre-mer du président Hollande, son directeur de la communication pourrait bien se retrouver à exercer des fonctions similaires rue Oudinot, et peut-être verra-t-on d’autres collaborateurs partir à Paris dans le sillage de Victorin Lurel… Ensuite, l’état de la droite guadeloupéenne, en ruine, n’est pas tant une calamité pour Mme Penchard. Car il vaut mieux partir de décombres pour reconstruire que d’une maison mal construite. Enfin, dans l’opposition, Marie-Luce Penchard sera à la manœuvre pour tenir exactement le même rôle que celui joué par Victorin Lurel pour démonter les mesures prises pour l’Outre-mer par le gouvernement. Avec l’avantage de connaître parfaitement les dossiers. Dès ce week-end, Marie-Luce Penchard s’est mise au travail. Campagne électorale mais aussi présentation de son livre d’entretien réalisé avec le journaliste de l’AFP, Eric Bassi, L’outre-mer, terre d’avenir. Elle a, par ailleurs, prévu d’en sortir un autre. Elle devrait l’écrire seule et se livrer davantage sur ce que fût son travail à la rue Oudinot. On devrait notamment y apprendre comment elle a mis sa démission dans la balance lorsqu’il a été question du premier coup de rabot sur la défiscalisation… Victorin Lurel est au courant de ses velléités et il ne fera pas l’erreur de Nicolas Sarkozy vis-à-vis de François Hollande : sous-estimer son adversaire.

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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 08:53

Taubira-cour-elysee.jpgITW Christiane Taubira

"Je vais me hisser à la hauteur de cette grande et belle responsabilité" 

Que représente ce ministère pour vous ?

Une responsabilité considérable mais en même temps une chance extraordinaire, inouïe, un immense bonheur parce que c’est une si belle institution, ce sont de si belles missions si grandes et chargées de tellement de sens pour les citoyens, d’une telle portée pour leur vie quotidienne que c’est un privilège inouï de pouvoir exercer cette responsabilité. Voilà comment je le mesure et je vais me hisser tous les jours, chaque minute à la hauteur de cette grande et belle responsabilité.

Vous vous attendiez à ce poste ?

Non… Et vous ?

Comment percevez-vous cette justice ?

Nos concitoyens ont moins confiance en leur justice parce qu’elle a été rendue de façon un peu plus lente ces derniers temps. Il y a eu des difficultés en termes de ressources humaines, en terme de nombre bien entendu parce que la qualité humaine est très élevée, en termes de moyens budgétaires. Elle a donc été plus lente et cela a provoqué un sentiment parfois de moindre efficacité. Il faudra réparer cette image dans l’esprit des citoyens. Nous le ferons avec les personnels.

Mme Le Pen a mis en doute vos capacités à être garde des Sceaux…           

Je pense que tous ceux qui mettent en doute qui que ce soit ont la légitimité de s’exprimer, c’est leur droit mais c’est absolument sans intérêt pour ce qui nous concerne.

C’est un ministère de femmes, est-ce important pour vous ?

Ca l’a été visiblement pour le président de la République mais il a pris des garanties sur les compétences, la détermination et les chances de réussite.

Qu'avez-vous à dire à vos concitoyens d’outre-mer ?

Ils savent que l’appareil judiciaire d’une façon générale dans les outre-mer mérite des attentions particulières, et nous les aurons, ces attentions particulières. Mais dans les outre-mer comme sur le territoire hexagonal, nous avons des personnels de grande qualité et nous savons que nous pourrons nous appuyer sur ces personnels.

Qu’en est-il des législatives en Guyane ?

C’est un autre sujet…

C’est pour ce vendredi ?

Comment s’est passé ce premier conseil des ministres ?

Chacun était à sa place et dans son rôle et pour nous, ministres, c’est vraiment l’élément de sécurité en matière d’efficacité. C’est primordial et extrêmement important. Il y avait énormément d’émotion, c’était un conseil des ministres grave, en même temps très précis parce que le président de la République nous a donné des consignes en matière de méthodes de travail, en matière de comportement, en matière d’exigence puisqu’il y a déjà un décret concernant la baisse de nos indemnités, mais aussi le train de vie en général de l’Etat. Donc, nous ferons des efforts et, unanimement, nous sommes totalement d’accord parce que nous sommes en respect par rapport aux difficultés que traversent les citoyens en ce moment. Nous devons prendre toute notre part dans ces difficultés et la première part, ce sont les économies, donc rendre l’Etat de façon optimale de plus en plus efficace avec des moyens ajustés. Le deuxième effort, c’est l’efficacité de notre propre action ministérielle. Mais ce qui est important, c’est que nous pourrons compter les uns sur les autres, c’est-à-dire que la façon dont le président de la République et le Premier-ministre conduisent ce premier conseil des ministres est un signe et cette façon là nous permettra à chacun de faire valoir nos expériences, les leçons que nous en avons tirées, et de les additionnerJre  Je pense que ce sera une très belle et très riche expérience.

Chacun a pris la parole tour à tour ?

Non, c’était un conseil très solennel et seuls le président de la République et le Premier ministre se sont exprimés.

C’est un gouvernement avec beaucoup de diversité…

Y compris la diversité de nos expériences, qu’elles soient politiques, professionnelles, sociales. Il y a tout ça et c’est fabuleux parce que nous allons additionner tout cela.

Propos recueillis par FXG (agence de presse GHM)

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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 08:49

George Pau-Langevin installée rue de Grenelle

GPL-55--A-Jocksan.jpgElle n’était pas la vedette mais la surprise dans ce premier gouvernement Ayrault. La députée guadeloupéenne de Paris, George-Pau Langevin, nommée mercredi soir ministre délégué à la réussite éducative a été installée au ministère de l’Education nationale dès 9 heures, hier matin.

Quand Vincent Peillon, le nouveau ministre de l’Education nationale, est arrivé au ministère rue de Grenelle, elle était déjà là, dans la cour. Les deux ministres socialistes ont attendu un peu jusqu’à ce que Luc Châtel, le sortant, vienne les accueillir sur le perron. Ils sont aussitôt entrés et ont échangé pendant 20 à 25 minutes. Quand ils sont ressortis tous les trois, Luc Châtel a pris la parole pour remercier son personnel et les membres de son cabinet. Vincent Peillon a dit quelques mots dont on retiendra ceux-ci : "Je suis très content que George Pau-Langevin m'accompagne dans cete tâche." George Pau-Langevin est restée ensuite au ministère alors que Vincent Peillon est reparti à pied. 15-mai-2012-1429.JPGL’après-midi, au conseil des ministres, George Pau-Langevin ne s’est pas exrimée longuement. Il a même fallu insister pour qu’elle lâche quelques mots  « Je suis vraiment contente et je pense que je vais pouvoir faire du bon travail pour tout le monde, notamment pour les originaires d’Outre-mer. » Et puis, avant de tirer sa révérence, elle a ajouté avant de partir dans un éclat de rires : « Vous voyez bien que François Hollande aime l’outre-mer ! » Elle a eu un peu de mal à retrouver son véhicule parmi les 17 stationnés dans la cour de l’Elysée. Au ministère de l’Education nationale l’attendait déjà une réunion.

FXG (agence de presse GHM)

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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 08:43

Taubira prend les Sceaux de la justice

Batho-Taubira-Mercier-cour-du-ministere.jpgC’était la passation à ne pas manquer et la presse nationale, nombreuse, ne s’y est pas trompée. Beau temps sur la place Vendôme quand Christiane Taubira est arrivée, à pied, accompagnée de la ministre déléguée à la Justice, Delphine Batho. Sur la place, les deux femmes ont été interpellées par le délégué national de FO Pénitentiaire, le Guadeloupéen Patrick Louvounou, qui a obtenu d’être reçu au ministère dès la semaine prochaine. Michel Mercier, le ministre sortant est venu accueillir les deux femmes à l’entrée de l’hôtel de Bourvalais, siège de la Chancellerie. Passage obligé devant une haie de photographes et cameramen, montée des marches… Mercier-Taubira-Batho-salle-de-reception-ministere.jpgPuis les trois ministres, les deux entrantes et le sortant, sont allés s’isoler une bonne demi-heure pour échanger sur les dossiers en cours. Ils sont ensuite arrivés ensemble pour s’exprimer devant la presse, dans une salle bondée à l’étage du ministère. Allocution retransmise en directe par les chaînes d’information continue. Michel Mercier, centriste lyonnais, débonnaire, a commencé par expliquer le « job » à Christiane Taubira, lui rappelant quelques chiffres : 47 000 employés au ministère de la Justice, 67 000 personnes incarcées et plus de 157 000 condamnés hors système carcéral… « C’est un ministère qui embrasse toute la vie sociale, a résumé Michel Mercier, et il est passionnant même si notre pouvoir de ministre n’est pas très grand… » Invitée à s’exprimer à son tour, Christiane Taubira a d’abord souligné la « grande cordialité » de cette passation de pouvoir avant d’aborder sinon le fond, du moins la méthode : « François Hollande a promis une justice indépendante dans ses rapports avec le conseil supérieur de la magistrature et les réformes seront menées dans la concertation et le pluralisme des avis. » Elle a pris « l’engagement solennel du refus de toute ingérence dans les affaires personnelles, individuelles ». Mercier-Taubira-face-a-face.jpgDelphine Batho qui sera, entre autres, chargée particulièrement des affaires pénitentiaires, a été invitée à s’exprimer en dernier. « Je serai à tes côtés Christiane, a-t-elle conclu, en étant à l’écoute de ceux qui servent cette institution fondamentale de notre République. » Dès 14 heures, les deux femmes étaient au travail puisqu’elles avaient rendez-vous avec le nouveau ministre de l’Intérieur, Manuel Valls. C’est ainsi que les deux patronnes de la justice et le patron de la police sont arrivés ensemble, à 15 heures, dans la cour de l’Elysée pour la séance de photo du gouvernement rassemblé autour de Hollande et le premier conseil des ministres du quinquennat. Sur la photo officielle, Christiane Taubira est au premier rang, à la gauche immédiate du président de la République.

FXG (agence de presse GHM)

 

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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 08:42

Patrick Louvounou, délégué national à l’outre-mer, FO pénitentiaire, en poste à la maison d’arrêt de Basse-Terre

Patrick-Louvounou-FO.jpg« Ce n’est pas parce que Christiane Taubira est une compatriote qu’on acceptera tout »

Vous êtes venu devant la chancellerie, seul, avec votre drapeau syndical, pourquoi ?

Déjà pour saluer Christiane Taubira parce que c’est une originaire de l’outre-mer. Et c’est toujours avec une grande satisfaction que l’on voit accéder aux hautes responsabilités l’un des nôtres. D’autre part, on sait qu’elle a les qualités, les capacités et en tant que syndicat de la pénitentiaire, comme nous sommes en mouvement de mobilisation et que son prédécesseur qu’on vient de remercier, sans faire de jeu de mots, n’a pas osé nous accueillir dans les bureaux pour entendre nos revendications, nous espérons être reçu par la nouvelle ministre dès la semaine prochaine comme nous l’avait promis André Vallini (PS). Christiane Taubira a demandé à Delphine Batho, sa ministre déléguée de nous recevoir. 

 

N’allez-vous pas être gêné d’être en conflit avec une femme que vous aimez bien ?

On voit au-delà. C’est précisément parce que l’on aime bien que l’on manifeste pour lui faire savoir que tant qu’elle sera dans l’esprit de se soucier des difficultés professionnelles des personnels pénitentiaires, on soutiendra toutes les mesures qui seront prises dans ce sens-là. Qu’elle sache aussi en tant qu’originaire de l’outre-mer, la pénitentiaire et le monde judiciaire en outre-mer a été délaissé depuis de nombreuses années et particulièrement par le gouvernement puisque aujourd’hui, à Ducos en Martinique, c’est 500 places pour 1025 détenus. Il y a eu une mutinerie la semaine dernière. En Guyane, c’est pareil, comme Mayotte, la Réunion ou nos compatriotes de la Guadeloupe. Je ne dis rien du Pacifique.

Et si Mme Taubira vous dit qu’il n’y a pas assez de moyens ?

Elle prendra ses responsabilités là-dessus. Ce n’est pas parce quelle est une compatriote qu’on acceptera tout et n’importe quoi. Il va falloir aussi qu’en tant que responsable politique, elle sache que même si on est un partenaire social loyal, on peut aller au bout. Qu’elle écoute nos doléances autour d’une table et dialoguons, prenons le temps d’établir un calendrier… On est aussi prêt à entendre que la France est en difficultés financières et budgétaires et qu’on ne peut avoir tout demain.

Propos recueillis par FXG (agence de presse GHM)

 

 

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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 08:40

Victorin Lurel, à l’issue du conseil des ministres

Lurel-perron-elysee.jpg« Nous sommes au service de la France »

Comment s’est passé le premier conseil des ministres ?

Le président de la République a fait une belle introduction en nous disant que nous étions ministres de la République, au service de la France. Très rapidement, il a rappelé les orientations fixées en accord avec le premier ministre. Il veut rassembler les Français sur les valeurs de la République, avec comme objectif premier la jeunesse. Il veut de l’exemplarité et du respect, respect du peuple, du Parlement, des partenaires sociaux, des organisations professionnelles, des ONG, de la fonction publique… Le chef de l’Etat veut réduire l’insécurité. Il a dit que la sécurité ne doit pas être un prétexte pour une prise de distance avec le peuple.

Quelle était l’atmosphère ?

Elle était détendue, conviviale et chaleureuse tout en étant empreinte de solennité. J’ai été assez impressionné. On nous a rappelé le travail en collégialité et la discrétion que nous devons avoir, notamment avec la presse.

lurel-drole_5736.jpgAvez-vous signé une charte de déontologie ?

Oui, nous l’avons tous signée. Nous nous engageons à limiter les dépenses publiques, les dépenses de personnels, à ne pas avoir de conflits d’intérêts, à ne pas cumuler les mandats… Pour les ministres qui se présentent aux élections législatives, cela rentrera en application après les élections législatives.

A-t-il été question de la baisse de la rémunération des ministres de 30 % ?

Tout à fait. Et c’est très bien. Le salaire mensuel brut d’un ministre sera de 9 940 euros (ndlr : 14 200 euros précédemment). Les dépenses de cabinet devront, elles, baisser de 10 %. Nous devons être extrêmement vigilants sur les dépenses de fonctionnement. Nous devons être économes.

Propos recueillis par David Martin (agence de presse GHM)

 

 

 

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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 08:27

Passation républicaine entre Penchard et Lurelvictorin-arrivee_5277.jpg

Victorin Lurel a pris possession hier de l’hôtel de Montmorin où il succède à Marie-Luce Penchard.

Une passation républicaine et sans tension. Finalement, le chassé croisé entre le nouveau ministre des Outre-mers Victorin Lurel et Marie-Luce Penchard s’est bien passé jeudi matin. Alors que les deux Guadeloupéens sont en concurrence frontale pour les législatives et qu’ils n’ont eu de cesse ces derniers mois de s’affronter, la passation a finalement été moins tendue qu’avec Yves Jégo.

penchard-attend-que-victorin-la-voit_5312.jpgIl était 9 h 45 quand Victorin Lurel est arrivé. Marie-Luce Penchard l’attendait sur le perron de l’Hôtel de Montmorin mais, ne la voyant pas tout de suite,  son successeur a d’abord salué les conseillers sur le départ puis deux journalistes avant de rendre compte de sa bévue. Ojn frise l'incident mais... Non, chacun sourit.

lurel-salue-personnel-5306.jpgVictorin Lurel et Marie-Luce Penchard se sont entretenus une vingtaine de minutes. « J’ai été reçu parfaitement. Nous avons évoqué les sujets brûlants et urgents », a déclaré Victorin Lurel qui a jugé a jugé la situation « un peu singulière » de succéder à quelqu’un de Basse-Terre, sa circonscription.

Pas de préférence guadeloupéennelurel-penchard-poignee-de-main5477.jpg

Le nouveau locataire de la rue Oudinot a affirmé être conscient qu’il devra oublier ses origines. « Lorsque vous êtes originaire d’un territoire, votre action est plus scrutée que d’autres. J’éviterai de faire ce que j’ai eu à reprocher à d’autres… » Victorin Lurel a donc pris l’engagement d’exercer ses nouvelles fonctions « dans la plus grande impartialité et la plus grande équité ». lurel_5674.jpgHistoire de montrer qu’il ne sera pas le ministre de la Guadeloupe ou des DOM, il a rappelé qu’il a en charge douze territoires et qu’il y a « des urgences en Polynésie où la situation financière est difficile, ou en Nouvelle-Calédonie où nous allons travailler avec des constitutionnalistes… » Dans les sujets à traiter d’urgence en outre-mer, il a évoqué la vie chère et les prix du carburant. Il ne sait toutefois pas encore dans quel territoire il se rendra en premier. « Cela dépendra de l’actualité. »

La croissance ayant été nulle au 1er trimestre, il fera « en fonction de l’état des lieux et prendra rapidement les mesures symboliques qui s’imposent ». Celles-ci seront prises « dans la justice ». François Hollande a prévu d’investir 500 millions d’euros sur la législature. Mais Victorin Lurel prévient déjà : « La conjoncture va manifestement nous pousser à réajuster le budget. »

L’une des premières missions à laquelle il va s’atteler est de voir comment « rendre le ministère plus efficace ». Il discutera avec le Premier-ministre de la façon de le renforcer. En principe, le nombre de conseillers de cabinet dans les ministères devrait être limité à dix, au lieu de vingt sous le gouvernement Fillon.

Retrouvailles aux législatives

lurel-tend-la-main-a-penchard_5455.jpgVictorin Lurel s’est réjoui d’avoir un ministère de plein exercice. François Hollande s’était engagé à le rattacher à Matignon. « Nous avons fait mieux que ça puisqu’il s’agit d’un ministère de plein exercice. C’est un signal fort envoyé aux outre- mers », a-t-il souligné, ajoutant que « trois membres du gouvernement sont originaires, de près ou de loin, de ces territoires ». Il a d’ailleurs tenu à préciser que leur présence est due à leur talent : « Ce n’est pas simplement de la discrimination positive. »

Durant la campagne François Hollande a martelé que les ministres ne cumuleraient pas les mandats. Victorin Lurel devrait donc laisser la présidence du conseil régional de Guadeloupe. « Si c’est incompatible, je prendrai la décision qui s’impose », convient-il tout en évoquant l’ordre des élus au conseil régional. Josette Borel-Lincertin pourrait donc lui succéder, mais il préfère attendre d’avoir consulté les instances socialistes locales. Et il attendra de voir s’il est réélu à l’Assemblée nationale dans un mois. Jean-Marc Ayrault a prévenu que ceux qui ne seront pas élus aux législatives devront laisser leur place de ministre.penchard-depart-cour_5533.jpg

Concernant, la Délégation inter-ministérielle à l’égalité des chances des Français d’outre-mer. Victorin Lurel a annoncé qu’elle sera « renforcée ». Deux Guadeloupéens s’y sont succédé en cinq ans. Elle avait été créée pour Patrick Karam qui a eu pour successeur Claudy Siar.

lurel-bureau_5880.jpgVictorin Lurel a confié avoir été informé de sa nomination environ deux heures avant l’annonce officielle. Il a dû rapidement prendre un vol en Guadeloupe pour arriver à Paris à 7 heures du matin. Avant de quitter la cour du ministère, Matrie-Luce Penchard a rendu la monaie de sa pièce à Victorin Lurel. Celui-ci lui tendait la main et elle a fait mine de ne pas le voir immédiatement. Là encore, ça s'est terminé par un sourire des deux côtés ! A midi, Marie-Luce Penchard prenait l’avion en sens inverse pour se lancer totalement dans la campagne pour les législatives. Elle rêve de piquer la place dans la 4ème circonscription de son successeur rue Oudinot. Pas une mince affaire.

(agence de presse GHM)

penchard-voiture-5593.jpg


3 questions à Marie-Luce Penchard :

penchard_5566.jpg« Je crois avoir accompli ma mission »

Quel bilan faites-vous de vos trois ans rue Oudinot ?

Je crois avoir accompli ma mission, mon devoir. C’est une chance d’être à un moment ministre de l’Outre-mer. J’ai indiqué à Victorin Lurel combien ce ministère est important et difficile.

De quoi avez-vous parlé ?

J’ai fait avec lui le tour des dossiers. C’était mon devoir, dans l’intérêt de toutes les populations d’outre-mer. Je lui souhaite bonne chance, et, évidemment, nous allons nous retrouver très vraisemblablement dans quelques jours.

Comment s’est passée la discussion dans le bureau ?

Très bien, très républicain. J’ai le sens des responsabilités. Je souhaite que l’on puisse avancer dans l’intérêt de tous ces territoires qui apportent quelque chose d’important à notre pays. Dans ces moments difficiles il ne faut pas oublier la dimension ultramarine dans tous les projets qui seront ceux du gouvernement.

Propos recueillis par DM

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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 07:45

Lurel à l’Outre-mer, Taubira à la Justice et GPL à la Réussite éducativeAyrault et Taubira avec des fleurs

François Hollande et Jean-Marc Ayrault ont nommé trois ultramarins dans le gouvernement. Victorin Lurel est à l’Outre-mer, Christiane Taubira à la Justice et George Pau-Langevin est ministre déléguée à la Réussite éducative.

Trois ultramarins font partie du gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Au ministère de l’Outre-mer, Victorin Lurel reprend le portefeuille de Marie-Luce Penchard. Ces derniers mois, les deux Guadeloupéens se sont affrontés à coups de communiqués de presse. Leurs routes n’ont pourtant pas fini de se croiser. La fille de Lucette Michaux-Chevry ira affronter aux législatives Victorin Lurel dans la 4ème circonscription de Guadeloupe, qu’il détient depuis 2002, après l’avoir pris à un ancien affidé de Lucette Michaux-Chevry, Philippe Chaulet.

lurel 4494François Hollande, que Victorin Lurel a soutenu dès les primaires socialistes, s’est engagé à limiter le cumul des mandats. Le nouveau résident de la rue Oudinot devra donc laisser la présidence du conseil régional de Guadeloupe qu’il a ravie en 2004 à Lucette Michaux-Chevry et où siège, dans l’opposition, Marie-Luce Penchard (fille de la précédente) quoiqu’elle n’y ait été présente qu’une seule fois depuis son élection 2010.

Victorin Lurel est un fin politique combatif et érudit, avec un brin d’orgueil, au point que ses opposants aiment à le traiter de « ti coq ». Mais ses amis lui préfèrent, beaucoup plus affectueusement « Toto ». 

Il espérait un autre ministère et lorgnait l’Agriculture (il a dirigé naguère la chambre d’agriculture de Guadeloupe) ou les Affaires sociales, avec un rêve secret, sérieusement caressé lors de la campagne de Ségolène Royal en 2006-2007, le Budget. Mais, dernièrement, Victorin Lurel avait confié qu’il accepterait la mission que François Hollande et Jean-Marc Ayrault lui attribueraient. Il reste donc cantonné à l’outre-mer dont il connait toutes les arcanes pour avoir été secrétaire national à l’Outre-mer au PS en 2005. Il avait remplacé Axel Urgin, évincé pour avoir fait campagne pour le non au référendum sur le projet de Constitution européenne du 29 mai 2005, contre la direction du PS.

Il n’est resté à cette fonction que sous le premier-secrétariat de François Hollande. En juillet 2006, il avait démissionné pour protester contre le non-respect par la direction du parti socialiste de son engagement à mieux représenter la « diversité » à travers les investitures pour les législatives de 2007. Il avait alors soutenu la candidature de George Pau-Langevin dans la 21ème circonscription à Paris.

george-pau-langevin--RDG-.jpgAprès avoir côtoyée sa compatriote parisienne sur les bancs de l’Assemblée nationale, il la retrouve au gouvernement.  George Pau-Langevin, Guadeloupéenne également, a été nommée ministre déléguée à la Réussite éducative. Cette avocate de profession a été présidente du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié des peuples (MRAP) de 1984 à 1987. Elle a dirigé l’Agence nationale de promotion et d’insertion des travailleurs d’outre-mer (ANT) devenu depuis Ladom. En 2001, elle devient conseillère au cabinet du maire de Paris Bertrand Delanoë pour la vie associative et déléguée générale à l’outre-mer.

Christiane TaubiraMais la grosse cote de ce gouvernement c’est Christiane Taubira, députée de la Guyane depuis 1993 et mère de la loi éponyme reconnaissant la traite négrière et l’esclavage comme étant des crimes contre l’humanité, qui devient garde des Sceaux et 3e dans le rang protocolaire du gouvernement. Elle avait soutenu Arnaud Montebourg lors des primaires. L’ancienne candidate du parti radical de gauche à la présidentielle de 2002 (elle avait obtenu 2 % des suffrages) et fondatrice du parti Walwari en Guyane va occuper les prestigieux locaux de la place Vendôme. Elle a été nommée Garde des Sceaux, alors que les noms d’Arnaud Montebourg, Bertrand Delanoë circulaient. Elle était aussi, durant cette campagne présidentielle, un des quatre « représentants spéciaux » du candidat Hollande. Cette femme de caractère et d’une grande culture impressionne souvent son auditoire. Nombreux sont ceux qui ont été marqués par ses interventions à l’Assemblée nationale sans l’appui de notes.

Les trois ministres ultramarins sont, comme leurs collègues, prévenus : le Premier-ministre Jean-Marc Ayrault a annoncé que les ministres qui seraient battus aux élections législatives de juin ne pourraient « pas rester au gouvernement ».

David Martin (avec FXG), Agence de presse GHM


Jean-Jacob Bicep intègre l’Europarlement

JJ Bicep 4661Le maire-adjoint du XXe arrondissement, Jean-Jacob Bicep (EELV) profite des nominations de deux dirigeants d’EELV, Cécile Duflot (ministre de l'Égalité des territoires et du logement) et Pascal Canfin (ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé du développement) pour rejoindre le parlement européen à Strasbourg. Sur la liste EELV aux élections européennes de 2009, Jean-Jacob Bicep était en 5e position. Par le jeu des nominations/démissions des ministres, il fait son entrée à l’Europarlement. Jean-Jacob Bicep est un Guadeloupéen dont le nom est bien connu sur l'archipel puisque son cousin était naguère premier fédéral du PS.

Par fxg - Publié dans : fxgpariscaraibe
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