Le reporter

FX-IN-SKY-light-left-bis.jpgFrançois-Xavier Guillerm, dit fxg, est le correspondant permanent à Paris des éditions antillaises du groupe Hersant Media (France-Antilles Guadeloupe et Martinique, France-Guyane). Les articles et photos qui sont publiés sur ce blog permettent aux antillo-guyanais de Paris de prendre connaissance de ce qui s'écrit autour d'eux dans les quotidiens régionaux des DFA. Depuis le 18 novembre 2008, France-Antilles  a son propre site... franceantilles.fr. En attendant qu'on puisse faire basculer ce blog avec son concept 5e DOM sur le site franceantilles.fr, ce blog reste actif et s'adresse à tout ceux qui s'intéressent à l'actualité du 5e DOM. Il peut y a voir des sujets hors thématique outre-mer. Tant pis à ceux que ça emmerdent. Mwen ka fenn tchou zot !

f.guillerm@hersant.com

Le photographe

REGIS-BW-stand-light.JPGRégis Durand de Girard, copyright RDG,  est photographe indépendant. Il vient du théâtre auquel il a consacré vingt ans. Photo-reporter à Paris pour le quotidien régional France-Antilles, il fait des photos pour le théâtre (Fabrice Luchini), la danse (Cie Bisextile, Ménagerie de verre), la télévision (LCP, Canal +) et des créations axées sur le formalisme des lignes et l'impact de la lumière. Ses influences viennent à la fois de Martin Parr pour la sociologie et les lumières, de Weegee pour le fait-divers au flash ou encore de Bruce Weber pour le fashion. L'histoire de la peinture tisse ces liens improbables. Il a publié dans Le Monde, l'Express, Le Point, Le Nouvel Obs, Le Parisien, Le Figaro, Matin Plus, Pariscope, l'Yonne Républicaine, Les Nouvelles Calédoniennes, les Nouvelles de Tahiti...
Pour le joindre ou acquérir les droits des images

http://www.wix.com/hanifbadouraly/rdgphoto#!
regisdurand@vospiresamis.net

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Dimanche 27 décembre 2009 7 27 /12 /Déc /2009 00:00

Marie-Luce Penchard, une jeunesse guadeloupéenneMLP-33-ans-Alamanda.jpg

Marie-Luce Penchard, ministre de l’Outre-mer, est née et a grandi en Guadeloupe sans discontinuer de 1959 à 1986, jusqu’à ce qu’un attentat contre sa mère et son beau-père bouleverse son histoire avec la Guadeloupe…Retour sur une jeunesse Guadeloupéenne.

 

Pour la première fois en rupture

Nous sommes le 8 mars 1986 Capesterre-Belle-Eau. Un cocktail Molotov est lancé sur la tribune où Lucette Michaux-Chevry (LMC) se tient et harangue la foule. Gérard Penchard, président de la CCI de Basse-Terre, se jette entre la femme et le projectile. Il est grièvement brûlé au visage… C’est cet attentat convainc la jeune Marie-Luce Penchard, fille de LMC et belle-fille de Gérard, de quitter la Guadeloupe. « Je n’ai pas supporté… C’est ma mère qui faisait de la politique et c’est le père de mon mari, donc ma moitié, qui souffrait. Je n’avais pas le droit de lui faire ça ! A ce moment-là, j’en ai voulu à la Guadeloupe d’avoir basculé alors que je considérais les Guadeloupéens comme tous des frères. » Marie-Luce Penchard se sentait pour la première fois en rupture et prenait le chemin de l’exil.

 

« Je ne m’appelle pas Michaux-Chevry ! »

Son père est un Michaux, sa mère une demoiselle Chevry. « Ma mère a prêté son serment d’avocat sous le nom de Chevry qu’elle a gardé après son mariage. Moi, je suis une demoiselle Michaux. Michaux-Chevry, en tant que patronyme, ça n’existe pas. » Marie-Luce est née le 14 février 1959, jour de la saint Valentin à Blanchet, Gourbeyre, « dans la petite maison qui est à l’entrée de la grande maison blanche de ma mère. » Dans les années 1960, LMC avait un petit cabinet d’avocat au Bas du bourg, le quartier populaire ; le père était représentant de commerce. En mars 1967, c’est l’affaire Snrsky, prélude au massacre du mois de mai à Pointe-à-Pitre… « Je me souviens de ce cordonnier infirme qui était juste en face du magasin de chaussures de Srnsky  J’ai l’image de mes parents un peu affolés parce que mon père était clair de peau… Mon père est un blan péyi, mais on dit plutôt des mulâtres… » Son grand-père, Octave Michaux, était un blanc créole, mais du côté de sa grand-mère, « quand on remonte, il y a un Antillais… C’est pour ça que mon père disait qu’il était mulâtre. Sa mère avait ¾ ou 4/5 de blanc… » Et ces différences comptaient : « La famille de mon père n’a pas accepté ma mère parce qu’elle était noire. »

 

MLP 33 ansL’été de la Soufrière

Marie-Luce fait sa petite école au pensionnat de Versailles, puis à partir du CM2, au lycée Gerville-Réache. Elle fréquente Brigitte Rodes, les Minos, les Bichara, les jumeaux Brigitte et Christian Célestine. Il y avait encore Danielle Monrose ou le fils Laban, devenu directeur de cabinet de Victorin Lurel. Et puis, bien sûr, il y avait les Penchard… Jean-Michel, l’actuel conseiller économique et social… Yvan, plus jeune, le copain d’Octave, son frère. Et Patrick : « Mon mari n’a fait que deux années de scolarité à Basse-Terre, le reste en métropole, chez sa grand-mère à Bordeaux. Je l’ai connu quand je suis arrivée en terminale. »

Le 9 juillet 1976, Marie-Luce passe ses oraux du bac ; le 11, la Soufrière explose. « La cendre avait recouvert tout le jardin. Ma mère qui plaidait au palais de justice, a juste eu le temps de dire à mon père de nous emmener dans notre petite maison de Saint-François. Et ma mère est montée avec sa robe d’avocat sur une moto pour aller chercher sa mère à Saint-Claude ; la maison était grande ouverte et ma grand-mère avait disparu. On a su par la suite qu’elle avait fait du stop et on l’a retrouvée quatre jours après au Moule dans un camp de réfugiés. Cette dame qui, à l’époque avait 82 ou 83 ans, n’avait jamais été en Grande-Terre de sa vie ! »

 

La bande Velpo

Basse-Terre revit mais Marie-Luce part étudier à Paris Dauphine. Quand elle revient aux vacances, elle retrouve ses amis de la « Velpo’s band ». Denis Figaro, Jean-Michel Penchard et Alain Abdobal avaient trouvé le nom. « Ils avaient fait des cartes et on n’avait pas le droit de rentrer si on n’avait pas sa petite carte ! La journée, on allait sur les plages et le soir chez les uns et les autres. Il y avait les fils Penthier qui venaient de Pointe-à-Pitre, la grande soeur Figaro qui était hôtesse à la SATA – elle  nous surveillait ‑, le fils Callard qu’on appelait Pompon, les enfants Romney, le fils Nouvel… Quand on se recevait, les parents n’avaient pas le droit de rester… »

 

Mariage au pays

En 1980, Marie-Luce rentre en Guadeloupe pour se marier. Elle s’inscrit à Fouillole, décroche sa maîtrise d’économie et fait des statistiques pour l’office du tourisme que dirige alors Eric Rotin. Puis, son cousin Philippe Michaux, directeur général de la SODEG, la recrute. Elle partage alors le même bureau que Marlène Mélisse. « Elle était directeur des ressources humaines et moi j’étais assistante financière. Je montais les dossiers de subvention pour la Caisse des dépôts et pour les opérations de logements sociaux. » Mais la SODEG, c’est un scandale en puissance… Sa mère, présidente du conseil général, lui dit : « Tu ne peux pas rester dans cette société parce que j’attaque. » Marie-Luce accepte de monter l’antenne pointoise du conseil général. « Je m’amusais mais j’ai vu où la politique vous emporte… »

 

L’exil

En mars 1985, peu après l’attentat meurtrier du restaurant l’Escale à Pointe-à-Pitre, Dominique Larifla prend le conseil général à la mère, et Georges Brédent, l’antenne pointoise à la fille. L’Alliance révolutionnaire Caraïbe, organisation indépendantiste active depuis 1982, est soupçonnée de se comporter en véritable fraction armée… « Ce n’était pas du tout comme le LKP chez qui on sent, derrière, une volonté de proposer quelque chose, un projet. Eux, ils étaient dans le rejet du pouvoir en place et ils n’avaient aucune alternative à moyen terme. »  En février 1986, Marie-Luce accouche d’un garçon. En mars, après l’attentat de Capesterre-Belle-Eau, sa mère est élue députée et devient ministre… « Nous quittons définitivement la Guadeloupe le 2 novembre 1986, c’était le jour des morts. J’ai pleuré toutes mes larmes dans l’avion… » Elle ne retournera en Guadeloupe qu’en juillet 1989 et attendra encore près de vingt ans pour faire comme sa mère : de la politique et devenir ministre.

François Xavier Guillerm (Agence de presse GHM)


Si elle était…

Un végétal : une liane

Un site : les chutes du Carbet

Un plat : le colombo

Une boisson : un ti’punch au Bielle de Marie-Galante

Une chanson : une chanson de Barry White

Un écrivain : Marcel Proust

Un animal : un lapin.

Un homme politique : Je suis déjà une femme politique

Un modèle politique : Nicolas Sarkozy parce qu’il est dans un parler vrai qui correspond à ma personnalité et Mandela dont j’ai lu deux fois de suite la biographie.


MLP-ministre-2--fxg-.jpgInterview Marie-Luce Penchard

«  Ce n’est pas par népotisme que Nicolas Sarkozy m’a choisie ! »

Pratiquez-vous toujours le créole ?

Quand j’arrive en Guadeloupe, je parle créole. La seule chose qui m’embête, c’est que parfois je perds un peu les expressions. Elles reviennent avec le temps parce que dès je rencontre des amis, je parle créole. J’aime le côté imagé du créole et j’en parle beaucoup avec mon beau-père parce que, justement, on ne peut pas le traduire.

Négritude et créolité vous parlent-ils ?

On a beaucoup parlé de Césaire après sa mort en disant que ce qu’il disait était très bien, mais avant ? Il était très critiqué. Moi, je trouve que ce qu’il dit correspond à ma vision et ne m’a jamais choqué. On me disait d’arrêter de lire Césaire parce qu’il était pour l’indépendance de la Martinique. On avait des discours assez simplistes sur l’homme alors que ce n’était pas ça. C’était pour moi un grand républicain.

Que dîtes-vous à ceux qui disent que vous êtes partie trop longtemps et que maintenant vous êtes une négropolitaine ?

Je suis fâchée ! Certes, j’ai quitté la Guadeloupe entre 1986 et 1989. Il a fallu que je fasse ce deuil. C’était dur quand même… J’ai perdu mon emploi, mon mari aussi. On s’est retrouvé à Paris au chômage avec deux enfants en bas âge, un beau-père brûlé… Il faut arrêter de dire que je ne suis pas aux Antilles… Les gens à Basse-Terre n’ont pas eu le sentiment que Marie-Luce était partie ! Ils ont vu mes enfants grandir. Comme on dit en Guadeloupe, au lieu de tirer vers le haut et d’être fiers de ceux qui y arrivent, certaines personnes tirent tout vers le bas. Quand j’entends Philippe Chaulet sur Canal + parler de népotisme… Lorsque l’on connaît Nicolas Sarkozy, il est aisé de comprendre que ce n’est pas par népotisme qu’il m’a choisie. C’est un manque d’intelligence qui veut dire que je suis plus utile à Paris, que je ne dois surtout pas venir…

Pourquoi ne voudraient-ils pas que vous veniez ?

Parce que je gêne et que je dis des choses qu’ils sont peut-être incapables de dire. Au lieu de m’utiliser pour faire progresser le débat, pour un vrai projet alternatif, j’ai l’impression de voir la Guadeloupe régresser. Que ce soit à l’époque de Bernier, Dagonia, Larifla ou ma mère, on sentait qu’il y avait des gens qui n’avaient pas forcément les mêmes idées politiques mais qui avaient envie de faire progresser ce territoire et là, j’ai l’impression  qu’on essaie de détruire, pas de faire avancer.

Comment faire en sorte que Chaulet et Carabin vous acceptent ?

Il vaut mieux que je m’adresse à la population directement parce que j’ai confiance et je crois qu’elle est en capacité d’entendre un discours de vérité.

Ca veut dire que vous vous présenterez devant les électeurs…

Je veux bien le faire. Non pas pour faire carrière, je suis ministre alors ce n’est pas pour faire carrière ! Je n’entends être ni présidente, ni vice-présidente de Région. Je veux simplement être conseillère régionale pour m’intéresser à la vie de mon département. J’y suis née et j’y suis profondément attachée. Je ne finirai pas mes jours sans revenir en Guadeloupe.

Recueillis par FXG

 

 

 

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Jeudi 24 décembre 2009 4 24 /12 /Déc /2009 13:36
img021.jpgDouble mixte pour le magazine de la femme noire
Au sommaire du numero 31 Janvier / février 2010 de BRUNE,  Euzhan Palcy, une semaine à New York, Pape Diouf, Patrick Karam, " le Zorro des Antilles", Abdoulaye Bio‐Tchané... Un numero pécial fêtes qui promet d'en finir avec l’ethnique…
Pape Diouf, exclusif dans BEN
« J’ai été journaliste en France pendant dix ans et donc à ce titre respecté. Mon arrivée à la tête du club venait après un parcours qui n'a pas été fait dans l'ombre. Il est vrai que lorsque nous sommes allés défendre les couleurs de l'OM à l'étranger, j'ai suscité parfois de la curiosité. Le fait qu'il n'y ait pas de Noirs à la tête des clubs européens, qu'il n'y en ait pas dans les instances dirigeantes des clubs en France, cela renvoie au problème de la société française. »
Euzhan Palcy, une femme sans concession
Elle est incontestablement la cinéaste française la plus connue aux États‐Unis où elle vit depuis une vingtaine
d’années. Une domiciliation couronnée de lauriers puisque son pays d’accueil apprécie son talent et l’honore régulièrement. C’est à Harlem, par une journée automnale venteuse et ensoleillée que Brune a rencontré Euzhan Palcy, auteur sans concession et une femme qui a mis ses convictions au coeur de son art
2009, the Obama's Day !
The place to be pour faire le plein d’énergie urbaine.
Carnet de voyage et d’impressions sur New York, la Grosse Pomme qui a pris des couleurs depuis un certain 20 janvier
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Mardi 22 décembre 2009 2 22 /12 /Déc /2009 00:00

L’affaire Eliane Kabile devant la Cour européenne des droits de l’Homme

Après des années d’enquête, une condamnation pour procédure abusive et une saisie sur sa retraite, Christiane Daugimond veut toujours savoir pourquoi et comment sa sœur, Eliane Kabile, est morte, huit ans plus tôt au centre hospitalier de Gonesse, où elle avait été admise pour une raison bénigne. Car non seulement, Eliane Kabile est décédée, mais son corps a disparu du caveau familial au cimetière de Sarcelles. Après plusieurs autopsies et exhumations, l’enquête a mis en exergue un certain nombre d’incohérences qui n’ont pourtant pas empêché  la justice de prononcer un non lieu et de condamner Mme Daugimond pour procédure abusive. L’hôpital de Gonesse s’était lui aussi mis dans la bataille puisqu’il poursuivait Christiane Daugimond pour des faits de diffamation. Elle avait distribué en mars 2007 un tract et un article du Parisien  où étaient exprimés ses doutes sur l’hôpital et le sort fait à sa sœur. Heureusement, le 3 décembre dernier, la cour d’appel de Versailles n’a pas donné suite aux demandes de l’hôpital qui ont été rejetées. Il n’empêche que Christiane Daugimond a déjà été saisie de 1000 euros sur sa retraite en paiement des 15000 euros d’amende pour procédure abusive. Pour Me Missamou, son conseil, « c’est totalement injustifié. C’est une famille qui veut seulement des explications sur la disparition d’un corps… » L’avocat a désormais saisi la cour européenne des droits de l’Homme.

FXG, agence GHM de presse

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Lundi 21 décembre 2009 1 21 /12 /Déc /2009 22:52

La terre vue de la terre d’Alban Fatkin000023

« Je travaille en argentique noir et blanc et je ne recadre jamais mes photos. » Alban Fatkin, lauréat à 21 ans du prix 2007 de la Vocation de la fondation Bleustein-Blanchet vient de publier aux éditions Clan Instinct, « Les pieds sur terre », un reportage photo réalisé au Maroc, en Mauritanie et au Mali…  Les ferrailleurs de Tanger, les enfants de Bamako, l’esclave mauritanien… Malgré toute la beauté, la rêverie — on se dit : c’est du Rimbaud, c’est l’Abyssinie !—, malgré tout cela, son esprit nous parle de la terre, il est enraciné. Alban Fatkin est un géant, planté, aux os solides, une force de la nature qui sublime ce qu’il voit au moment où il le photographie… Les graphismes fournis, adroits, appuyés renvoient aux beaux-arts, à la recherche du beau, d’une vérité aussi. Jean-Eric Boulin, son préfacier, parle « d’une visée discrètement politique ». L’exergue qu’il signe l’atteste : « Ceux qui m’ont ouvert grand leur porte seraient, ici, reçus avec mépris et suspicion. Il semblerait que les seules portes qu’on puisse leur ouvrir soient celles des centres de rétention… D’ici ou d’ailleurs, nous avons tous pourtant les pieds sur la même terre. » bert bodega lunettes

Un regard

Son travail est une ode à la composition, à l’équilibre. Il n’a peur ni du vide, ni de l’austérité d’un décor. Il est lui aussi d’une économie sèche, d’une humilité totale, et il a la force de l’instantané. Le temps et la dureté du monde sont estompées par la douceur des tirages et de l'édition. Un geste pour dévoiler des âmes. Le réel que le photographe jette au premier plan est transcendé, devient poésie. Il aligne les tirages par deux, trois ou quatre et voilà qu’il versifie. Comme Jérome et ses quatre vérités, séquence de photogrammes qui laisse deviner peut-être un cinéaste qui s'ignore encore… Ses cadres ne laissent rien au hasard. Il a une attention aux choses, en un mot, il a un regard.

dyptique Alban

A Jérusalem Est

Le prochain reportage d'Alban Fatkin doit être publié par Jeune Afrique. Il est rentré le 21 décembre d'Israël. Là-bas, il a accompagné une ONG qui garde une maison palestinienne de Jérusalem Est contre des colons israéliens pressés de s’en emparer. Une de ses photographies montre des gens en train de peindre une étoile de David sur la boutique d’un Palestinien. Ses pellicules sont rentrées par la valise diplomatique.

Régis Durand de Girard et FXGSans titre-4

Alban Fatkin vit à Sauve (Gard). Il s'est formé à la photo à l'atelier Nomade de Claude Simon. Il a été photographe pour France-Antilles et pour ce blog en septembre et octobre 2008. Son site Internet http://www.photobis.com/ALBAN_FATKIN/link

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Lundi 21 décembre 2009 1 21 /12 /Déc /2009 00:00

ITW Michel Horeau, organisateur de la Bouvet-Guyane 2012 Michel-Horeau.jpg

« Nous aurons très probablement huit à dix Guyanais en course »

Pour cette troisième édition, la course transatlantique à la rame en solitaire change de nom…

La première s’appelait Rames Guyane ; la deuxième, Bouvet Rames Guyane et la troisième s’appelle Bouvet Guyane parce que c’est vrai qu’on a besoin d’avoir un titre un peu court, un peu tonique et on met en valeur nos deux partenaires.

La prochaine édition n’est pas avant deux ans et demi, pourquoi ?

Il fallait qu’on trouve une fenêtre de tir qui évite les principaux événements nautiques et maritimes, la Jacques-Vabre, La Route du rhum, le Vendée Globe, etc… Il fallait aussi éviter les principaux événements non maritimes, comme le Dakar, et politiques puisque si on partait trop tard, on pouvait se retrouver englués dans les élections présidentielles de 2012. On aurait pu le faire en 2011 mais notre partenaire Bouvet et probablement la Guyane avaient besoin de respirer un petit peu, ce sera donc en janvier 2012. Ca devrait donner sur le plan d’eau une course un peu moins difficile que la seconde et un peu plus que la première.

Le lieu de départ va changer…

On se souvient bien malheureusement que 11 des 22 participants de la seconde édition ont été remorqués car il leur était impossible de doubler en force le cap des Almadies. Avec 11 concurrents hors course dès le second jour, fallait-il les sortir, les éliminer d’office ? Donc on partira de Dakar et on évitera la difficulté réelle qu’est l’embouchure du fleuve Sénégal. Malheureusement, on perd ce merveilleux pays de Saint-Louis que tous ont adoré. Il faut trouver un endroit sous le vent d’une côte où les bateaux peuvent attendre le top départ sans être entraînés soit par un vent fort, soit par un courant. Là, on sera sous la présidence de la République, sur la Corniche, très abritée des vents dominants et où peuvent se masser des dizaines de milliers de Sénégalais.

Où en sont les engagements de skippers ?

On a ouvert les inscriptions en novembre. Six ont signé, seize sont en cours… On pense qu’avant juin 2010, on aura entre 20 et 25 inscrits. On roule vers 30 inscrits et il se pourrait que l’on doive refuser du monde car on ne veut pas vraiment aller à plus de trente. La première victoire, c’est d’être sur la ligne de départ, après ça va tout seul ! Nous aurons très probablement huit à dix Guyanais en course, notamment l’épouse d’Henri-Georges Hidair, Pascal Vaudé qui revient, Jean-Pierre Lacroix qui hésite… Il y a une ferveur, un engouement ! De voir des Karl Barranco ou même des Pascal Vaudé qui se sont révélés et qui ont réussi, ça met du cœur au ventre à tous ceux qui se disent pourquoi pas moi !

L’expérience a montré que certains sur qui on n’aurait pas parié un kopek sont arrivés comme des seigneurs…

Et d’autres qu’on prenait pour de gros cadors se sont écroulés…Skippers Bouvet Giuyane

Propos recueillis par FXG, agence de presse GHM

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Samedi 19 décembre 2009 6 19 /12 /Déc /2009 02:00

Jeanine Maurice-Bellay 8e à Paris sur la liste d’Europe Ecologie

La Martiniquaise Jeannine Maurice-Bellay, élue sortante du conseil régional d’Ile de France sera la seule Antillaise à figurer sur la liste parisienne d’Europe Ecologie aux élections régionales de 2010. Elue en 2004 sur la liste du socialiste Jean-Paul Huchon, elle a terminé son mandat dans les rangs des radicaux et apparentés. Cette fois, elle sera 8e sur la liste conduite pas le nouveau président de Greenpeace France, Robert Lion. Ses camarades antillais candidats à la candidature, le Guadeloupéen Jean-Jacob Bicep, et le Martiniquais David Auerbach-Chifrin ont été recalés. Le premier parce que déjà recalés par les Verts, dont il est membre. La candidature du second n’a pas même été examinée. M. Auerbach-Chifrin pense que c’est parce qu’il est jugé trop proche de Patrick Karam et de l’UMP.

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Samedi 19 décembre 2009 6 19 /12 /Déc /2009 00:00

Interview. Axel Urgin, secrétaire national à l’outre-mer du PSphoto-006.jpg

" Empêcher une droite minoritaire de faire main basse sur la seule région socialiste de l’outre-mer "

Le divorce est prononcé entre les socialistes de Guadeloupe avec deux listes concurrentes aux régionales, quelle est votre sentiment en tant que secrétaire national chargé de l’outre-mer ?

Un sentiment de déception et d’échec. Déception, parce que l’unité des socialistes guadeloupéens est aujourd’hui compromise. Il y a deux députés socialistes en Guadeloupe et chacun des deux va se retrouver à la tête de listes concurrentes. Et un échec, voire un échec personnel, parce qu’en charge à la direction nationale de l’unité du parti socialiste outre-mer, force m’est de constater une situation anormale et préjudiciable à tous les socialistes.

Que comptez-vous faire ?

Puisque la médiation que nous avons conduite, avec de nombreux contacts avec les uns et les autres, a échoué, je ferai deux remarques. D’abord, que le désaccord entre les deux leaders socialistes de la Guadeloupe n’a pas pour origine de médiocres ambitions personnelles. Il y a là – reconnaissons-le - une vraie divergence politique entre Victorin Lurel et Eric Jalton, qui porte essentiellement sur deux choses : l’évolution institutionnelle et le rapport au mouvement social. Ce sont donc des désaccords de fond. Ensuite que, malgré tout, il faudra que les retrouvailles de la famille socialiste se fassent et le plus tôt sera le mieux, ce qui – je le concède – ne sera pas forcément simple.

photo-005.jpgVous allez être obligé d’entériner le divorce et d’attendre qui sera le vainqueur ? Quelle est la stratégie du PS ?

Ne rien faire qui envenimerait les choses sachant que la fédération de la Guadeloupe ne souhaite pas – semble t-il – s’engager dans une démarche de sanctions vis-à-vis de ceux de ses membres qui suivraient Eric Jalton. Je crois comme eux qu’on ne règle pas un problème politique par des mesures disciplinaires. Cela dit, soyons clairs. La liste socialiste en Guadeloupe est celle qui sera conduite par le chef de file qu’ont désigné, à une très large majorité, les militants de la fédération, désignation qui, de surcroit, a été ratifiée par les instances nationales.  Il y aura peut-être des socialistes sur une autre liste, mais la liste socialiste en Guadeloupe sera la liste conduite par Victorin Lurel.

Eric Jalton n’est-il pas un peu trop coutumier du fait ? En 2004, il a rompu avec le PS pour être 4e sur la liste de Lucette Michaux-Chevry avant de rentrer au bercail du PS…

C’est Victorin Lurel lui-même qui, lorsqu’il était à ma place, a souhaité tourner cette page. Donc, je ne commenterai pas le passé. Ce qui m’intéresse, c’est que continue de se bâtir en Guadeloupe un grand parti socialiste, et ce parti a besoin de tous. Une des difficultés que nous avons au PS, c’est que les rapports de force au sein d’une fédération se font nécessairement à partir des motions nationales, lesquelles n’intègrent jamais des débats qui sont pourtant majeurs outremer comme la question institutionnelle ou la stratégie d’alliances avec des organisations politiques locales. Reste qu’il vaut toujours mieux que les socialistes règlent leurs désaccords au sein de la famille, et par des votes. Eric Jalton n’a pas jugé possible de le faire dans le cadre de la fédération. J’en prends acte mais pour le regretter.

Vous parliez d’un échec. En tirerez-vous les conclusions ?

J’ai déjà rendu compte de la situation à la 1re secrétaire. On avait réussi à éviter de justesse les menaces de scission à la Réunion. En Guadeloupe, il y a aujourd’hui deux listes malgré les efforts de la direction fédérale qui n’a pas ménagé sa peine pour l’éviter et que je veux ici saluer. C’est maintenant au secrétaire national à l’outre-mer d’assumer sa part de responsabilité et je le ferai. A commencer par tout mettre en œuvre pour que les socialistes, et plus généralement la gauche, se rassemblent en Guadeloupe avec un objectif unique : empêcher une droite minoritaire de mettre à profit nos divisions pour faire main basse sur la seule région socialiste de l’outre-mer.

Propos recueillis par FXG, agence de Presse GHM

 

 

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Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /Déc /2009 03:00

ITW Eric de Lucy, président de l’UGPBANde-lucy-1.jpg

« Dole, Delmonte et Chiquita vont être plus agressives »

La Commission européenne a accepté mardi la baisse des tarifs douaniers pour les bananes sud-américaines, pouvez-vous dire que vous êtes en situation de crise ?

Non. Ce qui a été signé mardi était déjà sur la table des négociations à Genève, à la dernière assemblée générale de l’OMC, en juillet 2008 et nous nous étions beaucoup battus avec nos collègues des ACP pour empêcher la signature de cet accord. L’espoir que nous avions était que la négociation globale à Doha étant bloquée, il n’y aurait pas d’accord séparé sur la banane contrairement à ce que recherchait Pascal Lamy, le directeur de l’OMC, avec les Américains. Pascal Lamy voulait cet accord pour créer un précédent et jusqu’au dernier moment les Américains ont été extrêmement réticents à signer l’accord. Car signer un accord sur la banane consiste à mettre le doigt dans un engrenage et à devoir aller à la table des négociations pour parler coton et autre…

L’UGPBAN a été rejointe avant-hier par le Parlement européen qui a adopté une résolution pour demander des compensations à la Commission européenne. Quelles sont ces compensations et au nom de quoi les demande-t-on ?

L’accord signée par la commission est une baisse des droits de douane de 176 à 148 euros la tonne pour les principaux fournisseurs du marché européens que sont les producteurs latino-américains qui en tirent donc un avantage supplémentaire puisqu’ils ont déjà 80 % du marché. Dès lors, Dole, Delmonte et Chiquita vont pouvoir être plus agressives qu’elles ne l’étaient jusqu’à présent.

En tirant les prix vers le bas ?

On peut imaginer qu’il y aura un mouvement de prix à la baisse, on peut donc imaginer qu’il y aura une baisse du revenu de l’ensemble des producteurs européens et ACP. Nous demandons donc à l’Union européenne de nous apporter le soutien financier complémentaire pour compenser la baisse de revenus de nos producteurs. Ce montant sera discuté par nos Etats, France, Espagne et Portugal.

Quelle est votre estimation ?

De l’ordre de 50 millions par an pour l’ensemble des producteurs européens. Mais ce qui va coûter le plus cher à l’Europe, c’est le manque à gagner en matière de droits de douane : 150 ou 200 millions par an.

L’effet de cet accord est rétractif ?

L’accord a été paraphé le 15 décembre 2009 et il reste au conseil des ministres de l’Europe de le valider et à l’Europarlement et au conseil général de l’OMC de le ratifier. Ca peut prendre 6 à 8 mois mais on peut considérer que depuis le 15 décembre, la taxe est passée à 148 euros.

Quelle est la composition du marché européen de la banane ?

Le marché est de l’ordre de 5.5 millions de tonnes cette année et on l’estime à 6 millions de tonnes en 2011. Les Latinos détiennent 80 % des parts, soit cette année, 4.5 millions de tonnes.

Propos recueillis par FXG, agence de presse GHM

 

 

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Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /Déc /2009 02:00

MLP reçue par Sarko

« Elle rencontre très souvent le président de la République qui a toujours des attentions particulières pour elle lors des conseils des ministres. » L’entourage de Marie-Luce Penchard, était fier des félicitations que le président a adressée à la ministre de l’Outre-mer lors de l’entretien qu’ils ont eu à l’Elysée, hier en fin de matinée pendant « une grosse demi-heure ». D’autant que c’était une rencontre à la demande de Nicolas Sarkozy. Le seul témoin de ce face à face était le conseiller Outre-mer de l’Elysée et ancien patron de Marie-Luce Penchard, Olivier Biancarelli. La ministre a présenté la mise en route du CIOM avec les premières mesures (assouplissement des visas), puis elle a procédé à un tour d’horizon économique et politique de tous les territoires évoquant notamment les référendums à venir et l’éventuel déplacement du président de la République à Mayotte et à la Réunion prévu pour la mi-janvier. Marie-Luce Penchard en a d’ailleurs profité pour lui réaffirmer sa participation sur une liste de la majorité présidentielle aux régionales en Guadeloupe. « La président de la République l’a chaleureusement félicitée pour ses six premiers mois à la tête du « MOM », pour son action, son implication, son art de faire et sa manière de parler vrai », indique une source de la rue Oudinot qui insiste sur l’attachement de Nicolas Sarkozy à l’outre-mer : « Il veut faire régulièrement le point sur l’ensemble des territoires et pas simplement sur la Guadeloupe ! » Quant à interpréter cette rencontre comme le pendant de celle que Nicolas Sarkozy a accordé à Victorin Lurel il y a peu, l’entourage de la ministre dément et se contente d’indiquer que « si Victorin Lurel est rose-rouge en Guadeloupe, il est bien bleu à Paris… » Pas de doute, on est vraiment en campagne électoral !

FXG, agence de presse GHM

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Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /Déc /2009 02:00

La France sé tan nou ossi

Patrick Karam, le Collectifdom, SOS Racisme, Beur FM, Africa n°1 et Tropic FM organisent ce vendredi à Montreuil un concert citoyen pour inciter les jeunes originaires des outre-mers ou issus de l’immigration à s’inscrire sur les listes électorales, une soirée gratuite pour l’égalité et la citoyenneté avec un débat suivi d’un concert avec Saïk, Rost, Daddy Mory, Thanya, Soumia, M’Wayne, Jamadom, Atrim, Marisa, Yasmine Modestine, l’Homme paille et Mighty Ki la.

Tandis que la France entière vit au rythme des débats dans les préfectures sur l’identité nationale, Patrick Karam, délégué à l’égalité des chances, estime que « sa contribution c’est celui sur l’égalité ». Et pour marquer l’événement, le leader des jeunes démocrates américains, Thione Niang, sera là. « Nous ne sommes pas considérés par la clase politique, avance Daniel Dalin, président du Collectifdom. Le fait de voter peut changer le regard de la classe politique. » D’où le slogan de la soirée, pendant républicain de celui du LKP : « La France sé tan nou ossi. » « Il faut réveiller l’idéal politique quand certains le salissent, considère Samuel Thomas, de SOS racisme qui dénonce le racisme d’un Eric Zemour et cite sans les nommer les dérapages liés au débats sur l’identité nationale. « J’aurai préféré qu’on centre ce débat sur l’égalité sans stigmatiser l’étranger ou l’islam, se défend Patrick Karam, comme le voulait le président de la République qui, lui-même est un métèque, un immigré de la deuxième génération… » Samuel Thomas aurait aimé que certains ministres viennent assister à des stages de citoyenneté ! Mais au fait, on n’a pas entendu SOS racisme réagir aux propos anti blancs de Claude Cayol en Martinique… Ils ne savaient pas mais on nous assure que SOS racisme a choisi d’être partie civile dans le procès contre Huyghes Despointes et ses concepts de pureté de la race blanche et contre Akibé, ceux qui appelaient à « coké ich béké ».

FXG, agence de presse GHM

Le concert a lieu ce vendredi 18 décembre, à 20 heures à l’espace Paris est Montreuil, au 128, rue de Paris.

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