Le blog des informations du 5e DOM, en complément du site Internet de France-Antilles, franceantilles.frlink
Le reporter
François-Xavier Guillerm, dit fxg, est le correspondant permanent à Paris des éditions antillaises du groupe Hersant Media (France-Antilles Guadeloupe et
Martinique, France-Guyane). Les articles et photos qui sont publiés sur ce blog permettent aux antillo-guyanais de Paris de prendre connaissance de ce qui s'écrit autour d'eux dans les
quotidiens régionaux des DFA. Depuis le 18 novembre 2008, France-Antilles a son propre site... franceantilles.fr. En attendant qu'on puisse
faire basculer ce blog avec son concept 5e DOM sur le site franceantilles.fr, ce blog reste actif et s'adresse à tout ceux qui s'intéressent à l'actualité du 5e DOM. Il peut y a voir des sujets
hors thématique outre-mer. Tant pis à ceux que ça emmerdent. Mwen ka fenn tchou zot !
f.guillerm@hersant.com
Le photographe
Régis Durand de Girard, copyright RDG, est photographe indépendant. Il vient du théâtre auquel il a consacré vingt ans. Photo-reporter à Paris pour le quotidien régional
France-Antilles, il fait des photos pour le théâtre (Fabrice Luchini), la danse (Cie Bisextile, Ménagerie de verre), la télévision (LCP, Canal +) et des créations axées sur le formalisme des
lignes et l'impact de la lumière. Ses influences viennent à la fois de Martin Parr pour la sociologie et les lumières, de Weegee pour le fait-divers au flash ou encore de Bruce Weber pour le
fashion. L'histoire de la peinture tisse ces liens improbables. Il a publié dans Le Monde, l'Express, Le Point, Le Nouvel Obs, Le Parisien, Le Figaro, Matin Plus, Pariscope, l'Yonne Républicaine,
Les Nouvelles Calédoniennes, les Nouvelles de Tahiti...
Pour le joindre ou acquérir les droits des images
Elle a commencé à rôder son spectacle, Le sentier du rire, au théâtre Côté Cour à Paris de Janvier à Juin 2009, elle a
poursuivi au festival d’Avignon avec cinq magnifiques représentations au théâtre du Roi René. La Guadeloupéenne Nathaly Coualy reprend son spectacle tous les vendredis à 19h45 à partir du 11
Septembre, au Sentier des Halles à Paris. Drôle, (im)pertinente, culottée, intelligente, elle donne une leçon de femme quand ce n’est pas une leçon d’histoire, tourne le drame en dérision et
charme par son naturel et sa simplicité. Nathaly manie la plume et les jeux de mots avec délicatesse et élégance, elle affirme son style dans ce premier texte où l’on retrouve la collaboration de
Pascal Légitimus qui y laisse son empreinte. Cascade de rires assurée !
Roselyne Bachelot, ministre de la Santé
« Les territoires ne sont pas un laboratoire d’expérience »
La communication sur la grippe A est-elle exagérée ? La ministre de la Santé s’en défend, tout en affirmant qu’il ne faut rien exagérer. Elle rappelle que le virus est peu sévère dans sa forme
actuelle, mais très contaminant et tient à affirmer que l’Outre Mer n’est pas un terrain d’entraînement pour la métropole. Avez-vous déjà tiré des leçons de l’épidémie de grippe A qui traverse la France de l’hémisphère sud ?
Le terme d’enseignement est certainement prématuré. On en est à un point
de situation. Il y a des choses que nous savons, globalement, sur la grippe H1N1, avec sa diffusion dans l’hémisphère austral. C’est un virus qui est peu sévère dans sa forme actuelle, mais très
contaminant. Ce qui se passe à La Réunion, par exemple, est conforme à ce que l’on a pu observer dans d’autres pays de l’hémisphère austral. Je tiens à dire que La Réunion, la Nouvelle-Calédonie
ou la Polynésie ne sont pas des « laboratoires d’expériences ». Cette expression me choque. Ces départements et territoires affrontent avec maîtrise une alerte pandémique. La situation sanitaire
fait que, comme partout, des mesures ont été prises. Je me rends à La Réunion, vendredi et samedi, car c’est le premier département qui est touché de manière forte. Je souhaite faire le
point sur la situation et apporter mon soutien à la population, aux professionnels de santé et à l’administration. Est-ce que les Antilles et la Guyane sont susceptibles d’être touchées avant la métropole ?
Nous n’avons aucun élément permettant de répondre à cette question. Je ne suis pas devin. Je travaille en étroite collaboration avec les scientifiques et je les écoutent lorsqu’il me disent que
beaucoup de choses sont encore inconnues. Aucun épidémiologiste n’est capable de l’affirmer. Ces territoires sont dans l’hémisphère septentrional. Je ne peux vous dire s’ils seront touchés avant
la métropole.*
Quels sont les scénarios retenus
?
En juin, il y avait quatre scénarios. Le scénario « rose » était que l’épidémie s’éteindrait d’elle-même. Il est d’ores et déjà abandonné. Un scénario plus « noir » était que le virus deviendrait
plus dangereux. Il n’est pas abandonné, mais il est aujourd’hui moins probable. Le virus n’a pour le moment pas muté. Enfin, il y a deux scénarios « gris », avec une évolution continue du virus
et une évolution par vagues. On est plutôt dans ces scénarios. Quel pourcentage de la population doit être vacciné pour que la stratégie soit efficace ?
Il y a encore quelques inconnues. Quand aurons-nous l'autorisation de mise sur le marché (AMM) ? Il n’est pas question d’entamer une campagne de vaccination sans AMM. Les laboratoires continuent
à affiner certains points : faudra-t-il une ou deux injections, ou une pour certaines personnes, deux pour d’autres ? Autant de questions encore en suspens, mais pour répondre précisément à votre
question, on estime que lorsque 50 % de la population est vaccinée, on ralentit considérablement l’épidémie. Lundi vous avez déclaré : « Il faut tout mettre en œuvre pour enrayer cette épidémie. En cas de malheur, les Français ne nous pardonneraient jamais de ne pas
l'avoir fait ». La proportion de risque est-elle importante ?
Il faut d’abord faire part aux Français des informations qui sont en notre possession. Tout le monde sait bien que chaque fois qu’il y a une crise sanitaire, écologique, industrielle… rien n’est
pire que les fausses informations. C’est mon rôle de tenir un langage de transparence sur ce sujet, de dire les choses avec précaution, sans céder à un pessimisme exacerbé, ni à un optimisme un
peu naïf. Deuxième point, dans la gestion d’une pandémie, il y a un facteur de responsabilité, lié à attitude de la population. Il n’y a pas d’un côté un gouvernement actif et des citoyens
passifs. Les citoyens peuvent prendre en main leur propre santé en mettant en œuvre ce qu’on appelle les gestes barrières : se laver les mains, utiliser des mouchoirs à usage unique pour tousser
ou éternuer …
La grippe saisonnière touche entre 2 et
2,5 millions de personnes chaque année, pour entre 2 000 et 5 000 décès. On estime que la grippe pourrait toucher un tiers de la population française (soit 20 millions de
personnes)…
Le virus est effectivement plus contaminant que celui de la grippe saisonnière et très peu de personne ont une immunité naturelle (c’est un nouveau virus), mais il est moins virulent. Des
scénarios mathématiques sont donc établis. Nous les prenons avec beaucoup de prudence. On sait déjà que même si ce virus est moins sévère, le fait qu’il soit plus contaminant fait qu’il peut
toucher plus de personnes fragiles, notamment les malades atteints de pneumopathie ou les femmes enceintes. Une partie de la population pense qu’il existe une surenchère entre le gouvernement et la presse sur la question ? Certains, notamment dans l’opposition,
affirment que le gouvernement parle de la grippe A pour faire oublier la crise économique…
Je n’ai pas l’impression que la presse ait baissé la garde sur les sujets économiques et sociaux. Se préparer à une crise se n’est pas tenir un discours catastrophique. Ce n’est pas quand la
grippe est là que l’on s’y prépare.
Bernard Debré (député UMP et professeur
de médecine) regrette que les spots télé ne disent pas que « cette grippe n’est pas dangereuse dans l’immense majorité des cas ». Il aurait aimé « un message moins dramatique »…
Cette campagne a été préparée avec des épidémiologistes, des virologues, des spécialistes de ces questions…. N’y a-t-il pas de craintes sur une éventuelle augmentation du prix du vaccin ?
Les marchés publics nous permettent d’avoir une clarté totale sur ce sujet. La campagne vaccinale coûte plus de 800 millions d’euros, 15 euros pour deux doses. On est dans les tarifs habituels.
Nous les achetons en grande quantité, aux meilleures conditions commerciales possibles. Propos recueillis par David Martin et François-Xavier Guillerm (Agence de presse GHM) * Selon Françoise Weber, directrice de l’institut national de veille sanitaire, La Martinique et la Guadeloupe ont dépassé le seuil épidémique. L’activité grippale
est en hausse à la Martinique et en baisse à la Guadeloupe. Repères Selon Brice Hortefeux, il y a 35 000 cas en Nouvelle-Calédonie, 10 000 en Polynésie, 9 000 à la Réunion dont 3 500 depuis
début août.
Il y a eu 10 décès dont en 8 outre-mer à la date du 19 août.
Dans la semaine du 17 au 23 août, il y a eu 4 500 consultations pour la grippe A, 29 recours aux urgences (en hausse), 7 hospitalisations en soins intensifs dont 2 à la Réunion, et 1 décès.
94 millions de doses de vaccins ont été réservés par le gouvernement à 4 laboratoires différents. Les premiers millions seront disponibles à la mi-octobre.
La vaccination nécessite deux injections et ne sera pas obligatoire. Toute personne désireuse de se vacciner pourra le faire.
Finalement Marie-Luce Penchard débarquera mardi en Martinique aux environs de midi. Elle rencontrera d’abord les
principaux élus locaux. Mercredi matin, elle assistera à la réunion de l’observatoire des prix. L’après-midi, même programme en Guadeloupe avec rencontre avec les élus et réunion de
l’observatoire des prix. Retour le mercredi soir pour Paris.
L’antenne de police judiciaire de Saint-Martin de la direction interrégionale de la police judiciaire de Pointe-à-Pitre
est supprimée selon un décret du Premier ministre du 24 août. Désormais seule Fort-de-France et Cayenne peuvent se prétendre des antenne de la Direction interrégionale de la police judiciaire
dont le siège est au morne Vergain aux Abymes (Guadeloupe). En revanche, Saint-Martin devient à compter du même jour un « détachement » de l’antenne de l’Office central pour la
répression du trafic illicite des stupéfiants à Fort-de-France. Une modification qui en dit long sur le type de délinquance pourchassée à Saint-Martin !
Le producteur Jimmy Blanche le promettait depuis longtemps… Ce sera le 11 septembre, un « concert événement »
au New Morning, à Paris. Avec le chanteur de gwoka, deux autres grands, Dominique Tauliaut avec K’Spiwit, et Philipe Cantignol.
Saint-George à Mogador
L’opéra du Chevalier de Saint-George, le Nègre des lumières (sur un livret d’Alain Guédé), créé l’hiver dernier en région
parisienne, sera à l’affiche du théâtre de Mogador, à Paris, le 12 septembre. Le chevalier est incarné par le ténor guadeloupéen, Mowgli Laps, un peu trop chaben pour le rôle. « Il a a fallu
le maquiller un peu », confidence du libretiste.
Théâtres créoles à la Villette
Pour clôturer la Saison créole à la Grande halle de la Villette à Paris, trois spectacles sont programmés, du 22
septembre au 10 octobre, « pour rendre compte de la variété des esthétiques théâtrales et des influences réciproques entre les différentes îles ». Venant de La Réunion, le Théâtre
Taliipot, qui sillonne le monde depuis 20 ans, inaugure ce cycle avec Mâ Ravan’, sa dernière création, un rituel théâtral et chorégraphique inspiré des mythes de l’océan indien qui avait
connu un très gros succès lors du festival d’Avignon 2008.
Trame, écrit et mis en scène par la Guadeloupéenne Gerty Dambury et interprété entre autres par Firmine Richard, s’applique à dénouer les relations complexes de la filiation et
les rapports entre l’Afrique et les Antilles. Une pièce qui a elle aussi déjà rencontré le public antillais la saison dernière.
Enfin, sous la direction de José Exélis, les Guadeloupéens de la Compagnie Siyaj, présentent Comme deux frères,
un texte de Maryse Condé adapté pour l’occasion par José Pliya, dressant un réquisitoire de la société guadeloupéenne à travers l’histoire de deux amis d’enfance. Comme deux frères
avait été lancé lors du festival d’Avignon en 2007.
Bilé s’intéresse aux « collabos » noirs
Le journaliste et écrivain prolixe, Serge Bilé souhaite publier un ouvrage qui soit une sorte de « pendant » à
son « Noirs dans les camps nazis » ; il serait consacré aux collaborateurs noirs du régime nazi. Le cas du collabo martiniquais Hippolyte, évoqué en 1974, dans le film de Louis
Malle, Lacombe Lucien, semble l’intéresser. A terme, il voudrait bien faire accepter l’idée d’en faire un film.
L’extension outre-mer de la TNT au Conseil des ministres
Marie-Luce Penchard, Secrétaire d’Etat chargée de l’Outre-Mer, a présenté en Conseil des Ministres l’ordonnance portant
extension et adaptation Outre-mer des dispositions relatives à la TNT. « Cette ordonnance constitue le coup d’envoi de la TNT Outre-Mer » s’est réjouit Marie-Luce Penchard dans un
communiqué. La mise en place de la TNT Outre-Mer doit se dérouler en deux ans, avec pour résultat principal un accès pour les ultramarins à un nombre de chaînes beaucoup plus important. Le
lancement du premier multiplexe devrait intervenir avant la fin de l’année 2010, soit un an avant l’extinction de la diffusion analogique pour l’ensemble du territoire national.
Ce projet d’ordonnance, s’appuyant sur les recommandations formulées par le Conseil supérieur de l’audiovisuel, met en
œuvre le plan « France Numérique 2012 » et permet d’assurer son passage à la télévision numérique dès 2011, aussi bien Outre-mer qu’en métropole.
Le sénateur Christian Gaudin (UC, Maine-et-Loire), rapporteur spécial de la mission « Recherche et enseignement
supérieur », a rendu public son rapport d'information intitulé : « La dette du CNES à l'égard de l'Agence spatiale européenne : pour un atterrissage en douceur »,
résultant d'une enquête demandée à la Cour des comptes. Le rapport d'information de la commission des finances du Sénat prend acte du calendrier d'apurement de la dette du Centre national
d'études spatiales (CNES) à l'égard de l'Agence spatiale européenne (ASE), engendrée par l'échec initial du lanceur Ariane V en 2002 et qui atteignait 332 millions d'euros à fin 2007.
L'augmentation, dès 2011, de la participation financière de la France au sein de l'ASE de 685 millions d'euros à 770 millions d'euros, devrait permettre de ramener la dette française à
zéro à la fin de l'année 2015, compte tenu d'un niveau réaliste d'activité de cette agence.
Les jeux en ligne étaient au menu de la commission des finances cette semaine à l’Assemblée nationale. Les départements
et collectivités d’outre-mer ont fait part de leur souhait d’être intéressés à la rétrocession d’une part des bénéfices, tels les amendements déposés par Victorin Lurel. Les communes possédant un
hippodrome, comme celles possédant un casino réclament une part de 15 % plafonnée à 10 millions d’euros, les fédérations sportives ont réclamé une part de 1 % non-plafonnée. Eric Woerth, ministre
du Budget a indiqué qu’il fallait laisser vivre la poule aux œufs d’or avant de commencer à vouloir la plumer. Le rapport de la commission des finances sur le sujet sera rendu en septembre mais
les amendements de Victorin Lurel ont d’ores-et-déjà été rejetés.
Luc Laventure veut raviver Top
courses
Reçu le 7 juillet dernier par Patrice Duhamel, n°2 de France Télévisions, Luc Laventure, le Martiniquais qui dirige les
antennes de RFO, a eu droit à la douche écossaise ! Tandis que Wallès Kotra, le Calédonien qui dirige les infos à RFO, voyait ses projets acceptés, le directeur des antennes s’est vu refuser
tous ses projets, qu’ils concernent l’émission hebdo avec Doc Gyneco ou la quotidienne. Pour le coup, il aurait demandé au spécialiste du tiercé, Jack Vautrin, de ressusciter Top
courses !
Un hexagone et des îles
« La France, c'est un hexagone et des îles. Comme je suis très patriote, je suis
vraiment fier qu’un représentant d’un territoire de l’outre-mer, de surcroît le plus éloigné, soit à la tête d’un grand club de ligue 1. J'ai connu Antoine Kombouaré quand il entraînait la
réserve du PSG. C’est vraiment quelqu’un de bien, et j’ai confiance en lui. Cela dit, et malgré le talent de ce Calédonien, je ne vois pas le PSG finir dans les trois
premiers. » Un compliment signé Guy Roux, figure mythique du foot français, qui vient de resigner pour 2 ans à Canal+.
Pour Flosse, l’Elysée ne voulait pas d’un train de sénateur
Saisi le 13 juillet par la Garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie de la demande de levée d’immunité parlementaire de
Gaston Flosse, le Sénat n’avait semble-t-il pas l’intention d’aller très vite. La présidence de la République a poussé à la réunion d’un bureau extraordinaire sur le cas Flosse. Le conseiller
outre-mer de l’Elysée confiait d’ailleurs lors de la garden party : « On choisira la meilleure date ». Pour le Sénat, initialement, c’était plutôt septembre. Gérard Larcher
se défend sèchement : « Il n’y a eu de pression de personne. Je suis assez grand garçon et président du Sénat. Je convoque le bureau à la date où je décide de le
convoquer ».
René Dosière joue la
transparence
Le député apparenté socialiste de l’Aisne René Dosière, connu pour son intérêt de l’outre-mer et ses rapports sur les
comptes de l’Elysée, donne l’exemple. Sur son blog, il dévoile l’ensemble des dépenses de son enveloppe parlementaire.
http://renedosiere.over-blog.com/
Penchard aimerait ne plus avoir Jégo en
photo
Sous l’ère Jego, le budget communication du secrétariat à l’Outre-Mer avait pris du poids (cuisinier trois étoiles au
Michelin pour l’annonce de la campagne promotionnelle pour partir en vacances aux Antilles, présentation des vœux au musée de l’homme, Moleskine et clés USB offertes aux journalistes…) L’une des
dernières commandes a été un jeu de petites fiches d’information sur l’outre-mer. Conséquence, Marie-Luce Penchard a aujourd’hui sur les bras 66 cartons de 150 exemplaires, avec sur chacun
d’entre eux la photo d’Yves Jégo.
Directrice régionale de RFO Guyane, Liliane Francil, a été nommée directrice régionale de RFO Guadeloupe où elle succède
à Jean-Philippe Pascal . Ce même Pascal qui va lui-même prendre la place de Fred Ayangma à la tête de RFO Martinique qui lui-même va prendre la place de Liliane Francil en Guyane. Tout cela sera
opérationnel le 17 août prochain. Un joyeux chassé-croisé qui ressemble à des chaises musicales sauf que pour l’heure, tout le monde retrouve une place !
Edouard Glissant était invité du TOMA (Théâtres d’outre-mer en Avignon) cette année dans le cadre de la semaine du
Tout-monde.
La salle de la Chapelle du verbe incarné était remplie, le 13 juillet dernier, pour écouter le vieux sage
martiniquais (Edouard Glissant aura 81 ans en septembre). Le thème de sa conférence, « Crises coloniales, crise mondiale », lui a donné l’occasion de revenir sur un concept dont il a
tiré un ouvrage en 1990, la Poétique de la relation, et un plus récent, Philosophie de la relation (Gallimard 2009). « C’est l’intuition, la divination de notre rapport à nous, l’autre et le
monde ». La poétique se distingue de la politique qui apporte une dimension sociale car elle renvoie à la solitude fondamentale de l’individu. « La connaissance du monde est un vertige,
elle n’est plus une projection mais une divagation totale du monde. » La question qui se pose est donc de savoir comment nous pouvons agir et assumer dans l’imprévu, l’incertitude du
monde ? « Il faut palpiter du tremblement même du monde, concevoir une totalité des lieux… » Edouard Glissant soutient qu’il faut construire une poétique de la relation
« entre partout et partout » car chaque lieu est « un différent dans le tissu du vivant, la toile des cultures »… Et cette relation est le métissage, « d’une rive à
l’autre, d’une rue à l’autre, d’un pays à l’autre, d’une race à l’autre… » Tout ce qui est différent, quelle que soit la valeur de l’écart entre les différences, renvoie au métissage. La
créolisation est « la rencontre, le choc, l’harmonie de tous les différents qui s’attirent, se repoussent » et le résultat est « l’inattendu du monde » que le racisme
n’accepte pas, c’est-à-dire le mélange et, par extension, la mondialisation. « Les richesses extorquées au monde ont été transformées en produit de consommation, et c’est ce produit qui a,
en premier lieu, unifié les habitants de la terre. » C’est ce qu’ont fait les colonialismes et le capitalisme. « Nous sommes encore tributaire de la consommation
passive ! Nulle part n’existe une poétique du rapport des humanités aux richesses du monde. »
L’élection comme une poétique
Pour le philosophe, il y a deux solutions pour l’homme : soit un retour aux idéologies, aux idées a priori, avec les
dégâts que l’on sait, pour l’homme, soit se poser dans une poétique du monde qui, seule, permet d’échapper aux raideurs des idées. « Nous sommes des habitants possibles de la terre car nous
n’avons pas encore assumé dans notre imaginaire notre rapport au monde… » Pour mieux défendre sa démonstration, Glissant se sert de l’élection de Barack Obama : « La seule alternative
au fascisme, avant guerre, aux Etats-Unis était la créolisation et Obama est le symbole de cette créolisation raciale et culturelle. Cette élection n’est pas politique mais poétique car la
communauté américaine cesse de vivre sur un non-dit fondamental et effrayant qui excluait le nègre de la constitution des Etats-Unis. » Le monde ne se fait plus avec des tyrans qui
envahissent, exploitent le monde, comme le colonialisme ou le capitalisme, c’est pour ça que Glissant croit à l’avenir des petits pays. « Les capitalistes bâtissent tellement de revenus à
parti des richesses du monde que ces revenus donnent lieu à des spéculations. Les gros pays sont producteurs de catastrophes, les petits pourraient être producteurs de profits accordés à la
vie… » Il concède toutefois un rôle aux gros pays, celui, de réparateur écologique ou de coexistence pacifique, voilà comment se dessine chez Glissant la poétique de la
mondialité.
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