Le reporter

FX-IN-SKY-light-left-bis.jpgFrançois-Xavier Guillerm, dit fxg, est le correspondant permanent à Paris des éditions antillaises du groupe Hersant Media (France-Antilles Guadeloupe et Martinique, France-Guyane). Les articles et photos qui sont publiés sur ce blog permettent aux antillo-guyanais de Paris de prendre connaissance de ce qui s'écrit autour d'eux dans les quotidiens régionaux des DFA. Depuis le 18 novembre 2008, France-Antilles  a son propre site... franceantilles.fr. En attendant qu'on puisse faire basculer ce blog avec son concept 5e DOM sur le site franceantilles.fr, ce blog reste actif et s'adresse à tout ceux qui s'intéressent à l'actualité du 5e DOM.

Le photographe

REGIS-BW-stand-light.JPGRégis Durand de Girard, copyright RDG,  est photographe indépendant. Il vient du théâtre auquel il a consacré vingt ans. Photo-reporter à Paris pour le quotidien régional France-Antilles, il fait des photos pour le théâtre (Fabrice Luchini), la danse (Cie Bisextile, Ménagerie de verre), la télévision (LCP, Canal +) et des créations axées sur le formalisme des lignes et l'impact de la lumière. Ses influences viennent à la fois de Martin Parr pour la sociologie et les lumières, de Weegee pour le fait-divers au flash ou encore de Bruce Weber pour le fashion. L'histoire de la peinture tisse ces liens improbables. Il a publié dans Le Monde, l'Express, Le Point, Le Nouvel Obs, Le Parisien, Le Figaro, Matin Plus, Pariscope, l'Yonne Républicaine, Les Nouvelles Calédoniennes, les Nouvelles de Tahiti...
Pour le joindre ou acquérir les droits des images :
regisdurand@vospiresamis.net

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Lundi 7 mai 2007 1 07 /05 /2007 10:55

Soirée électorale présidentielle

Elu avec plus de 53 % des voix face à Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy est le 6e président de la Ve République. Du ministère de l’Intérieur à la place de la Concorde, reportage en image sur l’élection de Nicolas Sarkozy.

 

18 heures, place Beauvau

Rémi Marcin, secrétaire général de l’Union nationale de l’Outre-mer (UNOM), accompagné de son fidèle bras droit, Paul Mélyon, d’Andrée Corosine-Simonnot et de Ghislaine Anglionin sont venus fêter leur champion, Nicolas Sarkozy, mais aussi le président d’honneur de leur association, Léon Bertrand qui a su ramener plus de 53 % des suffrages en Guyane.

 



19 heures, place Beauvau


Léon Bertrand et son épouse, heureux d’avoir plié la gauche en Guyane, sont arrivés vers 19 heures au siège du ministère de l’Intérieur où quelques 400 invités sont venus écouter en direct le résultat de l’élection du 6e président de la Ve République. Pour Léon, le chiraquien pur sucre, c'est une transition réussie. On pense même qu'il a encore un grand avenir politique !

 

20 h 30, place de la Concorde


Tandis que Patrick Poivre d’Arvor assure le direct depuis les studios de TF1, Harry Roselmack, juché sur un praticable situé à une trentaine de mètres face à la scène, assure les interventions depuis la Concorde. (Photos Régis Durand de Girard)

 





21 h 00, place de la Concorde

En attendant le début de la grande soirée électoralo-festive, Kisito Roblin, originaire de Trinité en Martinique, Franck Souffron, originaire de Petit-Canal en Guadeloupe et leur collègue d’origine maghrébine, Abdel Belhadj, tous employés de France-télécom, sont mobilisés. Depuis 8 heures du matin, ils sont mobilisés pour assurer les liaisons téléphoniques et Internet pour permettre à la presse de faire suivre en direct le show de la place de la Concorde.

 

22 h 30, place de la Concorde


Miss Dominique, avant Enrico Macias, après Jean-Marie Bigard, est venue chauffer l’immense foule rassemblée sur la place de la Concorde. Un peu plus tard, elle partagera la vedette avec Jane Manson en interprétant un sublime Happy days en l’honneur de Nicolas Sarkozy lorsqu’il les rejoindra sur la scène vers 23 heures.

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Samedi 5 mai 2007 6 05 /05 /2007 15:16

Salon du bien-être

Quand le noni sort du ghetto

Le corossol à chien a si bien réussi sa conversion que la société guadeloupéenne de Joseph et Gladys Jarvis, Vitalys Caraïbes qui exploite les bienfaits naturels du noni, s'est payée le luxe de ne pas être avec les autres ultramarins dans l’espace Terres de tropique ! On les trouvait au hall 5, celui qui accueille l’espace santé, bien-être ! « On aurait vendu peut-être plus à Terres de tropique, mais ici, nous touchons tous les publics », explique Gladys. Car si le noni provoque la curiosité du badaud, il inquiète aussi : « Nous ne sommes que des Antillais sur ce stand, alors il nous faut rassurer les gens et, peu à peu, par notre chaleur et notre façon d’aborder les choses (le conseil !) on y arrive. Et quand on dit aux gens que nous sommes d’outre-mer, ça passse bien ! »

Venir à la foire de Paris représente un énorme investissement pour cette PME employant 8 personnes et affichant en 2006 un chiffre d’affaires de 479 000 euros. « Quand on a fait l’arrivée de la Route du rhum à la darse, tout le monde nous parlait de la foire de Paris », poursuit Gladys. Et ils ne se sont pas trompés. Entre les clients voyageurs qui connaissent le noni et sont heureux de le retrouver et les grosses enseignes de diététique ou de parapharmacie qui sont venus les trouver pour commercialiser leur produit en métropole, ils ont trouvé leur place au salon du bien-être. « On est tellement à notre place, explique Gladys, qu’une gosse enseigne du Bénélux a accepté de distribuer notre marque ! » Pour une marque créée en Guadeloupe, ils font fort !

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Samedi 5 mai 2007 6 05 /05 /2007 15:00
Gwadattitude à la foire de Paris
Après la Martinique et la Guyane, reportage pour la Guadeloupe
Le grand rendez-vous annuel des ultramarins à Paris est la Foire de Paris. Le hall 2 du parc 
des expositions de la porte de Versailles accueille cette année encore l’espace Terres de
tropique où sont rassemblés la plupart des départements et territoires d’outre-mer avec, cette
année, pour la première fois, Wallis et Futuna. Pour rien au monde la Guadeloupe
ce rendez-vous. La chambre de commerce et d’industrie de Pointe-à-Pitre, la chambre de
métiers et le comité du tourisme des îles de Guadeloupe ont permis à une trentaine d’
exposants d’être présents. « C’est le salon le plus important pour les exposants qui y font
pour certains 20 à 30 % de leur chiffre d’affaires annuel », selon une chargée de mission de la CCI.
Mais pour parvenir à cela, la Région a mis la main à la poche : 60 000 euros sur un budget
total de 170 000. Le reste est à la charge des organismes consulaires et des entreprises. Ces
dernières, choisies pour représenter la Guadeloupe à Paris, représentent la plupart des
secteurs : rhums, construction, fleurs, art et culture avec JP Show de Jean-Pierre Sturm ou la
librairie générale.
Les perles de la Guadeloupe


Edith Hamot, vice-présidente de la CCI pointoise et déléguée à l'antenne des îles de Marie-
Galante et Désirade a mis en avant les « îles proches », Désirade, Marie-Galante et les
Saintes qui ont été baptisées les « perles de la Guadeloupe ».
Le beau temps et les élections ont toutefois un peu nui à la fréquentation. « Les deux premiers jours ont été moyens, selon Thierry Gargar du CTIG, mais le 1er mai a été excellent », et depuis ça va mieux. «  La foire de Paris, c’est surtout les derniers jours et le 8 mai », poursuit le spécialiste. «  L’intérêt, c’est de donner l’information touristique à la clientèle du 5e DOM. Ils sont de plus en plus présents et ils veulent de l’information sur les possibilités d’hébergement en gîte et sur les activités à faire durant les grandes vacances. » C’est un gros marché qui avait été négligé, mais depuis trois ans, les Guadeloupéens de Paris semblent vouloir plus d’autonomie et ne souhaitent plus venir passer leurs vacances dans la famille. « Nous devons les considérer et les capitaliser comme des touristes qui laissent des devises. D’ailleurs, l’INSEE va essayer de les différencier pour que nous puissions chiffrer la part de marché que représente le 5e DOM. » Thierry Gargar l’estime pour l’heure à 10 %.

Photos de Régis Durand de Girard

Une nouvelle campagne de promotion

L’espace Guadeloupe est réhaussé par l’exposition des photos de la nouvelle campagne de promotion de la destination. Quatre visuels très forts qui illustrent bien sûr le balnéaire, mais aussi le tourisme vert, le patrimoine et la culture. Les clichés superbes d’Eric Guyenon qui ont été sélectionnés par l’agence DDB Travel tourism, sont exposés depuis la fin mars (et jusqu’au 12 mai) dans tous les aéroports de France. Le budget de cette campagne est de 1,7 millions d’euros.

(Jocelyne Berdier, de la CCI, pose devant deux des quatre visuels de la campagne)

3 questions à Safia Randal, Miss Guadeloupe

Quel est votre rôle sur cette foire ?

Je renseigne les touristes sur la destination Guadeloupe. Iul s’agit de convaincre les métropolitains de venir sur notre petite île et puis j’aide les exposants. Cette fois, je porte une tenue de Doudou Diez, les bijoux et les rubans de son accessoiriste et j’ai été coiffée au stand de Valérie.

Comment réagissent les gens quand ils vous voient ?

Certains me prennent pour miss France ! Puis ils voient miss Guadeloupe et ça leur plaît. Ils saluent ma beauté et ça me permet de les brancher et de les inviter à visiter notre destination.

Quel est votre rêve ?

En tant qu’ambassadrice, je veux que mon île soit bien mieux connue. Nous faisons partie de la France, tout de même ! Ce qui me tient à cœur, c’est de mieux faire connaître la Guadeloupe.

GROS PLAN

Adepromotion, le pont transatlantique

Judes Louisy, un Guadeloupéen de Paris, a créé une association de promotion de la gastronomie et de la culture guadeloupéenne, Adepromotion. Pour la première fois, il a passé un accord de partenariat avec la CCI pour donner le koudmen. Il a été chargé de tenir le stand des perles de la Guadeloupe. «  J’ai eu la fiche technique de tous les produits, je les présente, les fait goûter et on discute. » Judes Louisy a créé son association depuis une année, mais il sait que le business qu’il veut mettre en branle relève d’avantage de l’entreprise : « Il faut bien démarrer ! » Et il a de la suite dans les idées car il est déjà en train de préparer l’édition 2008 de la foire et des associations antillaises de Paris ou la Ville de Montrouge l’ont sollicité pour organiser des journées thématiques autour du patrimoine culinaire des Antilles.

 

Doudou Diez, Angenel Gonfier et Gitane Lentilus font le show

3e vice-présidente de la chambre de métier, Doudou Diez a emmené ses confrères Angenel Gonfier et Gitane Lentilus à venir montrer leur savoir faire et la haute-couture de chez nous. Entre les tenues antillaises à l’occidentale de Doudou, les jeans de Gonfier (quand il n’est pas retenu pour faire des costumes au cinéma) et le style caribéen de Gitane, le public nombreux a apprécié.

IMAGES

Les officiels à la foire

Bertrand Delanoë, lors de l’inauguration de la foire de Paris, accompagné de George Pau-Langevin, est venu passer un petit moment sur l’espace Terres de tropique. Il est ici en présence d’Edith Hamot de la CCI de Guadeloupe devant le stand des perles de la Guadeloupe (photos : Fofo Forey-Fumey).

 Hervé Mariton, successeur de François Baroin au ministère de l’Outre-mer, a fait lui aussi le tour de l’espace Terres de tropique. Il est lui aussi en compagnie d’Edith Hamot. (Ces photos sont de Fofo Forey-Fumey)



 

 

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Vendredi 4 mai 2007 5 04 /05 /2007 22:10

La Guyane reçoit le prix du stand d’or à la foire de Paris

On n’avait pas vu la Guyane l’an passé à la foire de Paris, que cette fois elle si bien mis le paquet que, jeudi soir, l’organisateur lui a décerné le prix du stand d’or ! « Il était important d’y retourner après une année d’absence », souligne Jean-Paul Lepelletier, le président de la CCIG. Il y avait d’abord les exposants à satisfaire en leur permettant de réussir leur foire, il y avait l’image de la Guyane à défendre, surtout après le magazine controversé diffusé récemment par M6 et puis, il y a aussi ce que représente la foire : l’opportunité pour les entreprises de rencontrer leurs fournisseurs et leurs clients. Pour toutes ces raisons, le comité du tourisme de Guyane et la chambre de commerce et d’industrie ont uni leurs forces pour présenter une très belle vitrine. A leur côté, comme toujours, le Centre spatial partenaire traditionnel de la CCI du CTG. « Avec nos fusées, nous attirons les métros en Guyane, explique Pierre Zamit du CNES. Le spatial est un atout qui nous permet de valoriser davantage la destination Guyane. » Et c’est vrai que les maquettes d’Ariane attirent l’œil du chaland… Après, c’est une autre paire de manche, car si la Guyane fascine, elle inquiète un peu.

Souvenir de deux randonneurs

Armelle Carotine de l’Habitation Maripa témoigne de ce que lui demande les visiteurs : «  Ils demandent si c’est loin et si c’est risqué. Je leur dis de venir voir par eux-même ! » Elle voit principalement des nostalgiques de la Guyane qui ne pensent qu’à y retourner et d’autres qui aimeraient bien. « Mais ils trouvent ça cher… », complète Armelle. Elise Jean-Elie, du parc naturel régional regrette un peu la publicité fait autour des deux randonneurs : « Leur aventure alimente les inquiétudes ! »
Vendredi, c’était la journée guyanaise. Autour du président Le Pelletier, ses vice-résidents, Françoise Gimel, maître d’œuvre de cette délégation guyanaise sur la foire, et Daniel Sinahi. Fiers de leur prix, et sous la musique des mécènes et de Victor Clet, alias Quequette, ils ont fait le tour du hall Terre de tropiques qui accueille, avec la Guyane, les Antilles, le Pacifique et la Réunion. Il y a le stand du parc naturel régional qui présente l’artisanat des communes, les marchands d’or comme Jan d’or. Son patron, Jean-Noël Coupra vient à la foire de Paris pour la 4e fois. « Nous nous devons d’y être. Nos bijoux et notre or sont très prisés. » Il a emmené une pépite de 80 grammes (compter plus de 3 000 euros) et une araignée en or de 12 grammes qu’il a lui-même ouvragée. C’est son hommage à l’aventure des deux randonneurs perdus !

Stylisme et musique

Patrick Lafrontière a assuré, aux côtés des musiciens (les Mécènes, Quequette, Clara Nugent, Mika ou encore Sylviane Cédia) une bonne part de l’animation avec un défilé de mode où il a pu montrer son stylisme 100% Guyane avec ses tenues en feuille de palmier. L’un comme les autres ont si bien fait les choses que tous les visiteurs ont été marqués par la qualité de l’accueil au stand de la Guyane. Et, foi de métro, Quequette a montrer qu’en Guyane, on en avait !

 

Un visiteur vu à la télé


José Blézès, présentateur du JT de Télé Guyane






« Je suis agréablement surpris et même émerveillé par le stand de la Guyane. Il est bien présenté et très bien animé ! C’est une très belle carte postale pour le pays. Tous les produits sont là, la musique, l’espace et même la gastronomie avec notre compatriote de Paris, Jocelyn Golipin. »

 

Le livre a sa place à la foire

Pour Jean-Claude Malherbe, des éditions Ibis rouge, le livre marche bien mieux à la foire qu’au Salon du livre. «  Les ultramarins boudent un peu le Salon du livre qui ressemble trop à une immense librairie, une immense bibliothèque ! Ici, les gens viennent se ressourcer, retrouver les gens et les produits de chez eux et, finalement, ils parlent aussi aux livres. La foire est un e bonne occasion. Pour nous, elle est très porteuse. » Ibis Rouge a emmené une tonne de livres et même si les frais sont à peine compensés par les rentrées, il avoue un chiffre d’affaires sur la foire de 10 000 euros.

 

Ils ont dit

Eric Léandre, aide-soignant en région parisienne

« Je suis un Guyanais de Paris et je viens chaque année que la Guyane est présente. On se met en communion avec l’identité nationale, on retrouve notre culture et des amis. La foire est un lieu de ressourcement ! »


Alex Barthélemy, agent de maintenance en région parisienne

« Je viens ici pour retrouver mes compatriotes et je cherche aussi à rencontrer les autres venus de la Caraïbe. Je retrouve des amis de la communauté mais aussi des copains de Guyane. C’est pour ça que j’ai du mal à partir après ! »

Merylle Madeleine, étudiante

« Je viens retrouver une ambiance. Ici, c’est un mix Caraïbe et l’occasion de voir autre chose. Pour les sons carnavalesques, on a une très bonne programmation et on est très chaleuresement accueilli ! »


 

Une pépite de 80 grammes... Un peu moins de 4 000 euros ! chez Jan d'or, à Cayenne ou à la foire de Paris ! (Photos Regis Durand de Girard)

 

 

 

 

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Jeudi 3 mai 2007 4 03 /05 /2007 09:53

Le CRAN dénonce les discriminations à l’assemblée générale de Renault

Le Conseil représentatif des associations noires qui milite pour la légalisation des statistiques ethniques, a mené, mercredi à Paris, une opération coup de poing pour dénoncer l’utilisation de critères ethniques par la direction des ressources humaines de Renault.

Des militants du CRAN ont fait une descente, mercredi, au palais des congrès de la porte Maillot alors que s’y tenait l’assemblée générale des actionnaires de Renault. Ils voulaient interpeller Louis Schweitzer, président du conseil de surveillance de Renault et, par ailleurs, président de la HALDE (haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité). Ils voulaient dénoncer des discriminations dans cette entreprise et réclamaient dans le même temps la légalisation des statistiques de la diversité en France. « Il s’agit de pouvoir lutter sérieusement contre les discriminations », selon le président du CRAN, Patrick Lozès.
Une centaine de plaintes ont été déposées le jour même par des salariés de Renault s’estimant victimes de discriminations raciales.

Un travail pédagogique sur les discriminations le 10 mai
Très surpris par cette manifestation devant ses actionnaires, Louis Schweitzer a accepté de rencontrer une délégation du CRAN. A l’issue de cette entrevue, Louis-Georges Tin, porte-parole du CRAN, a déclaré que M. Schweitzer a invoqué le fait qu’il n’appartenait plus a l’entreprise et qu’il ne pouvait donc répondre pour elle, « alors que les faits de discriminations reprochés s’étalent sur une trentaine d’années, la durée d’une carrière professionnelle », selon M. Tin. Au-delà du cas Renault, le CRAN demande que les chiffres de la diversité soient disponibles pour toutes les grandes entreprises de France. Ils ont demandé au président de la HALDE de faire réaliser des statistiques locales. Louis Schweitzer a répondu que certaines statistiques ciblées étaient d’ores et déjà programmées. Trop peu, selon les responsables du CRAN, qui ont assuré qu’il s’agissait de moins d’une dizaine. Ils ont enfin saisi M. Schweitzer pour qu’il interpelle le ministre de l’Education nationale afin qu’un travail pédagogique sur les discriminations soit fait à la date du 10 mai.

(Photos : Régis Durand de Girard)

La belle promotion d’un Martiniquais

Les dépôts de  déposés hier (une centaine selon le CRAN) ont été coordonnés par Laurent  Gabaroum, un employé d’origine africaine qui avait lui-même engagé des poursuites, avec cinq autres employés, pour discrimination contre Renault. Parmi eux, un Martiniquais, Stanislas Breleur, engagé comme électricien spécialisé. La seule promotion de sa carrière a été de passer au service commercial, mais sans contact avec les clients : Stanislas Breleur déclare avoir terminé sa carrière à transporter des cartons de carte grises ! Une promotion qui a eu, pour lui, un parfum de placard…
A ce jours les jugements pour ces affaires sont en cassation ou suivent leur cours, mais aucune condamnation n’a été  requise contre Renault.

La phrase

"Le CRAN demande à Ségolène Royal de dire enfin oui aux statistiques de la diversité et à Nicolas Sarkozy de préciser sa pensée sur la discrimination positive a la française qu’il appelle des ses vœux"

 

Le document discriminant

Laurent Gabaroum qui a été cadre chez Renault a montré à la presse un document (qu’on pourrait considérer comme un outil de statistique sur la diversité ethnique) qui servait a la direction des ressources humaines et dans lequel les origines ethniques sont codifiée par des chiffres :

Afro-britanniques : 370

Britanniques : 130

Français naturalisés : 99

Français : 98

Français d’origine algérienne : 95

Ce document date de 1986 mais cette pratique était interdite par la loi depuis 1978. La communication de Renault a indiqué que ces listes et ces classements n’existaient plus actuellement mais n’a pas pu dire quand ces outils avaient été supprimés. Leur existence permettait, selon Renault, de prendre mieux en compte les problèmes de temps de vacances  et de trajet pour ces salariés issus de pays lointains. Un autre document, un "rapport de connaissance" établi en 1986 par le CNRS établit une hiérarchie  sur "la qualité d'adaptation dans l'industrie automobile". Il place en tête les Espagnols, puis les Yougoslaves avant de préciser : "les travailleurs les moins bons sont incontestablement les Africains noirs, les Algériens et les originaires des DOM".


Le ministère de la Défense prend les devant

Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense et Louis Schweitzer, président de la haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (halde), ont signé à l’Hôtel de Brienne, hier à midi, une convention de partenariat. Ce texte pose le principe d’une collaboration qui permettra au ministère de la Défense la mise en oeuvre conjointe d’actions d’information et de formation en matière de lutte contre toutes les discriminations.
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Mercredi 2 mai 2007 3 02 /05 /2007 15:36

Le CRAN dénonce l’agression d’une jeune métisse à Marseille

Une jeune fille de 22 ans, de père antillais et de mère juive, a été agressée jeudi 26 avril à Marseille. La victime a été frappée avec un casque. Son tee-shirt a été déchiré avec un couteau. Ses agresseurs lui ont coupé une mèche de cheveux avant de tracer une croix gammée sur sa poitrine. Le Parquet de Marseille a confirmé le caractère raciste de cette agression. Il a ouvert une information judicaire pour vol et violences ayant entraîné une incapacité de plus de huit jours commis en réunion, avec arme et acte de racisme. Cette agression raciste et antisémite, a été médiatisée, hier, par le Comité représentatif des associations noires de France (CRAN) qui dénonce le silence du ministre de l’Intérieur. Il exige de François Baroin une condamnation ferme et immédiate. Le CRAN rappelle qu’il n’est engagé en faveur d’aucun candidat à l’élection présidentielle de 2007. Mais il met en garde le candidat de l’UMP à l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy.  Le lui reproche d’avoir « stigmatisé systématiquement les individus plutôt que les problèmes ». En témoignent ses propos sur le « kärcher » (Juin 2005) ; la « racaille » (Octobre 2005) ; sur ceux qui doivent « quitter la France » s’ils ne l’aiment pas (Avril 2006) ; sur la « dette imaginaire » (Juin 2006) ; sur la création d’un « ministère de l’immigration et de l’identité nationale » (Mars 2007) ; sur « ceux qui sont polygames, pratiquent l'excision sur leurs filles, égorgent le mouton dans leur appartement » (Février 2007). Selon le CRAN, un tel discours ne peut que favoriser une montée des tensions en France.  Le CRAN souligne par ailleurs que Ségolène Royal n’a jamais répondu concrètement à ses nombreuses demandes de proposer un véritable plan pour lutter contre les discriminations.

 

 

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Mercredi 2 mai 2007 3 02 /05 /2007 11:59

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Firmine Richard et Diziz la peste avec Ségo

Mardi, au stade Charletty, pour le grand concert-meeting de Ségolène Royal, beaucoup d’artistes sont venus apporter leur soutien, parmi eux, la comédienne Firmine Richard ou le rappeur Diziz la Peste. Au final, un meeting plus coloré que celui de Nicolas Sarkozy, l’avant veille à Bercy, qui, malgré son travail de fond auprès des ultramarins, semble moins bien parvenir à incarner « la France du vivre ensemble métissé » chère à Mme Royal.

(Photo : Régis Durand de Girard)
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Mardi 1 mai 2007 2 01 /05 /2007 13:44

INTERVIEW. Nicolas Sarkozy, candidat de l’UMP à l’élection présidentielles

"J'ai brisé les tabous de l'insécurité et de l'immigration"

1) Etes-vous satisfait de votre résultat dans les DFA ?

Je ne suis pas « satisfait », je suis simplement heureux. Pour au moins deux raisons : le taux de participation a été très élevé et j’arrive en tête dans 6 collectivités d’outre-mer sur 9. En Guadeloupe et en Guyane les scores que je réalise - supérieurs à 40% - me vont droit au cœur.

C’est un formidable encouragement de la part des Guadeloupéens, des Guyanais et des Martiniquais. Ceux qui ont essayé de caricaturer le débat et de déformer mon image ont échoué. Les Français ne sont pas dupes de ces manipulations. Ils attendent, avant tout, des solutions pour vivre en paix, éduquer leurs enfants, leur construire un avenir. Cela suppose de se montrer précis et déterminé sur les questions de sécurité, comme sur celles de développement.

2) Qu’est-ce qui vous différencie de votre adversaire, vos programmes ayant beaucoup de thématiques communes ?

Mme Royal n’est pas une adversaire, mais une concurrente. Je tiens à ce que la vie politique ne soit pas un champ de bataille mais un lieu de débat où les candidats se respectent les uns les autres et cherchent non pas à terrasser l’autre mais à faire progresser le pays. En matière de sécurité, je propose le renforcement des sanctions contre les multirécidivistes et les mineurs délinquants, Mme Royal s’y oppose. En matière d’immigration, je propose le renforcement des contrôles et Mme Royal la régularisation massive des clandestins. En matière de développement économique, je propose de créer des « zones franches globales », Mme Royal dit que c’est un « gadget », alors que ses propres conseillers lui avaient suggéré de suivre ma proposition. Sur ces sujets essentiels, les « thématiques communes » sont rares ! Et s’agissant de la revalorisation du travail, les mots se ressemblent mais les pratiques s’opposent. Je respecte Mme Royal mais je pense, sincèrement, qu’elle n’a ni une vision globale des enjeux, ni un programme cohérent pour l’Outre-mer.

3) Jusqu’où êtes-vous prêt à aller dans les évolutions statutaires des DOM ?

Je l’ai déjà dit franchement : je ne pense pas que les questions d’évolution statutaire soient une priorité dans des territoires qui connaissent un taux de chômage supérieur à 22%.

J’observe, par ailleurs, qu’en Martinique et en Guadeloupe, la question de l’évolution statutaire a fait l’objet d’une consultation en 2003 et que dans les DOM, les lois de la République peuvent déjà être adaptées aux « caractéristiques et contraintes particulières de ces collectivités ».

Je ne suis pas hostile, par principe, aux évolutions statutaires lorsqu’elles sont nécessaires au bien être des populations. Je crois, cependant, qu’il faut que l’on arrête de présenter le changement de statut comme un « préalable au développement économique », pour éviter d’avoir à rendre des comptes à la population.

4) Le chômage, le logement, l’exclusion touchent les Domiens. N’est-ce pas tout simplement… du sous-développement ?

Oui, d’une certaine manière, c’est une forme de sous-développement économique contre laquelle je me battrai sans relâche. C’est même l’axe principal de mon projet pour l’outre-mer.

A ce sujet, j’ai souvent entendu mes propos caricaturés, notamment en Martinique, sur la discrimination positive et sur ma conception de la solidarité.

La discrimination positive, cela veut dire « faire plus » pour les territoires et les populations qui en ont plus besoin, en matière de logement, de santé ou de continuité territoriale. Cela revient, ni plus ni moins, qu’à rétablir l’égalité des chances pour les Français d’outre-mer.

S’agissant de ma conception de la solidarité, elle est différente de celle de Mme Royal. Il n’a évidemment jamais été question pour moi de supprimer le RMI ! Je dis simplement qu’être au RMI n’est un idéal pour personne et que cela ne doit pas être une situation durable. Je veux trouver un emploi ou une activité à tous ceux qui sont en capacité de travailler. La vraie solidarité, celle qui respecte la dignité de la personne, c’est celle qui permettra à chacun de faire vivre sa famille du fruit de son travail.

 5) Vous allez être le Président d’un pays qui, selon un sondage récent, s’est déclaré raciste à 30%. Comment espérez-vous faire évoluer ces comportements ?

Je ne crois pas qu’un tel sondage reflète la réalité. Dans leur immense majorité, nos concitoyens ne sont pas racistes. Simplement, certains d’entre eux - et notamment ceux qui ont été tentés par le Front national – ont exprimé une exaspération, sur certains sujets devenus tabous parce qu’une partie de la classe politique et médiatique diabolisait tous ceux qui voulait en parler.

J’ai brisé ces tabous, notamment sur la sécurité et l’immigration. Je l’ai fait en restant toujours  fondamentalement fidèle à nos valeurs républicaines. Et le résultat est là : Jean-Marie Le Pen est en quatrième position au premier tour de l’élection présidentielle et il a perdu un million de voix. Je suis profondément heureux de cela car ce sont autant de Français qui ont rejoint le camp républicain, celui de la tolérance.

Toute ma vie, j’ai lutté contre le racisme et, d’une manière générale, contre les exclusions. Si je suis élu Président de la République, je ferai du combat contre le racisme une priorité. C’est en partie pour cela que j’ai proposé de créer une « Délégation interministérielle pour la cohésion sociale et l’égalité des chances des Français d’outre-mer et d’origine ultramarine ». En la matière, l’Etat doit donner l’exemple.

6) Qu’est-ce qui empêche que nous ayons la même prise en compte de la continuité territoriale que les Corses ?

Les dispositifs de subvention directe ne sont pas, à mes yeux, la meilleure formule pour favoriser la mobilité des populations et le développement du tourisme dans les DOM, qui sont très éloignés géographiquement de la métropole.

En revanche, je suis favorable au renforcement des dotations de continuité aérienne existantes pour les DOM si des besoins, précis et justifiés, apparaissent. Je pense, notamment, que l’on peut faire plus pour la mobilité professionnelle et celle des étudiants. Mais ce que je préconise surtout, c’est d’augmenter la concurrence sur les lignes aériennes qui desservent l’Outre-mer pour faire baisser les prix des billets. C’est dans ce combat que je me suis engagé, avec déjà quelques succès, depuis plusieurs mois.

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Mardi 1 mai 2007 2 01 /05 /2007 13:36

INTERVIEW. Ségolène Royal, candidate du Parti socialiste à l’élection présidentielle

"Chaque département d'outre-mer doit pouvoir choisir les institutions"

1- Etes-vous satisfait de votre résultat dans les départements français d’Amérique ?

Les électeurs des DFA m’ont placée très largement en tête avec près de 15.000 voix d’avance sur les trois départements. Je les remercie de leur confiance.

2- Qu’est-ce qui vous différencie de votre adversaire, vos programmes ayant beaucoup de thématiques communes ?

A part « libérer les énergies » et combattre l’insécurité et l’immigration irrégulière qu’il n’a pas fait reculer comme ministre de l'intérieur, il souhaite surtout diminuer le nombre de fonctionnaires et réduire les services publics. Son projet est celui d’une France divisée.

Comment tiendra-t-il ses promesses sur l’éducation, la santé, la sécurité en diminuant les effectifs des fonctionnaires ? Avec quels crédits puisqu’il veut réduire à la fois la dette et les impôts des plus riches ?

3- Jusqu’où êtes-vous prêts à aller dans les évolutions statutaires des DOM ?

Je veux refonder la décentralisation, que la droite a dévoyée en rendant opaque le partage des compétences et en asphyxiant financièrement les collectivités. Les départements d'outre-mer ne resteront pas à l’écart de cette refondation.

Chaque département d'outre-mer doit pouvoir choisir les institutions les mieux adaptées à son identité et aux caractéristiques de son développement. Je propose que les élus lancent, dans chaque DOM, des discussions  pour faire le bilan de la décentralisation et examiner les conditions d’une amélioration de son fonctionnement. 

Je serai très attentive aux propositions issues de ces débats. Je n’exclus aucun changement s’il facilite la résolution des problèmes des DOM et s’il est approuvé par la population.

4- Le chômage, le logement, l’exclusion touchent les Domiens. N’est-ce pas tout simplement … du sous-développement ?

Le chômage, l’exclusion, les retards en matière d’enseignement, de santé ou de logement ne sont pas une fatalité.

J’ai fait des propositions précises dans mon Pacte présidentiel : pour dynamiser l’économie, investir massivement dans l’innovation et la recherche, soutenir les PME en leur réservant une part des marchés publics, favoriser la création d’entreprises, notamment par un cautionnement mutuel des garanties d’emprunt ; pour l’éducation, tenir des Etats généraux des enseignants, créer un service public de la petite enfance et scolariser les enfants à partir de trois ans, organiser un soutien scolaire gratuit pour les élèves en difficulté, renforcer la présence des adultes dans les établissements ; pour la santé, créer une carte-santé jeunes donnant droit à une consultation médicale gratuite par trimestre et renforcer les moyens des hôpitaux et des médecines scolaire et du travail ; pour le logement social, augmenter les crédits de la LBU et, en complément, ouvrir le logement social à la défiscalisation ; contre l’exclusion, créer un revenu de solidarité active, augmenter le SMIC et les petites retraites, garantir l’accès aux soins.

On ne combattra pas les exclusions par une politique du chacun pour soi, qui paraît inspirée de l’idée que les exclus méritent leur sort.

5- Vous allez être présidente d’un pays qui, selon un sondage récent, s’est déclaré raciste à 30%. Comment espérez-vous faire évoluer ces comportements ?

Je combattrai résolument le racisme et toutes les formes de discriminations. Aucune compromission n’est tolérable avec les idées qui véhiculent le racisme. Aucun écart de langage n’est admissible.

Nous pouvons agir sur les comportements. C’est d’abord affaire d’éducation : j’ai proposé dans mon Pacte présidentiel que les programmes scolaires intègrent l’histoire de l’outre-mer, en n’omettant pas l’esclavage. Les autorités publiques doivent être exemplaires dans cette action.

6- Qu’est-ce qui empêche que nous ayons la même prise en compte de la continuité territoriale que les Corses ?

La distance. Personne ne peut soutenir sérieusement que le même mécanisme peut-être appliqué pour les DFA à 7000 kms de la métropole et pour la Corse à 200 kms du continent. D’ailleurs, il n’y a pas de congés bonifiés pour la Corse.

Consciente de l’importance pour les DOM d’une vraie continuité territoriale, je m’engage à rouvrir ce dossier pour les obligations de service public des compagnies aériennes comme pour le montant de la dotation de continuité territoriale versée par l'Etat aux régions d'outre-mer  pour contribuer au financement des billets d'avions ou encore la prise en charge de certains des surcoûts d'acheminement du fret nécessaire aux productions locales.
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Lundi 30 avril 2007 1 30 /04 /2007 17:27

Un juge, un avocat, un journaliste… Devant un juge

Les relations presse justice ne sont pas toujours aisées eu égard, notamment, au souci pour le juge d’instruire les affaires dans le secret, et pour les journalistes, celui de pouvoir informer. En juin 2005, France-Antilles révélait la mise en examen d’un avocat, Me Roth, pour recours au travail dissimulé par le doyen des juges d’instruction de Pointe-à-Pitre, Mme Olini. Me Roth, a porté plainte contre X pour violation du secret de l’instruction. A la suite de cette plainte, le doyen des juges d’instruction de Fort-de-France, M. Cantinol, a mis en examen, à sa demande, le juge Olini, et a organisé, le 26 avril dernier, une confrontation au palais de justice de Pointe-à-Pitre. Le journaliste étant témoin lors de cette confrontation, et à ce titre n’étant pas tenu au secret de l’instruction , voici son témoignage.

 
Le juge au témoin, François-Xavier Guillerm : « Vous avez indiqué dans un article du 17 juin 2005 la mise en examen d’Alain Roth pour travail dissimulé, selon des sources proches du palais. Comment avez-vous obtenu cette information ? » « Je laisse traîner mes yeux et mes oreilles… » Le juge Olini intervient : « Je répète que je n’ai pas vu M. Guillerm au moment où on dit l’avoir vu sortir de mon cabinet. » Me Roth proteste : “Je n’ai pas dit qu’il se trouvait dans le cabinet, il se trouvait dans le couloir à 3 ou 4 mètres de ce bureau. » « Sur une coursive, donc », précise le juge. « C’est exact », répond Me Roth. Le juge poursuit son interrogatoire du journaliste : « Dans un second article vous précisez que le cabinet d’instruction confirme bien la mise en examen de Me Roth. Votre source, cette fois, provient bien du cabinet du juge d’instruction ? » « Suite à la publication du premier article, Me Roth a démenti sa mise en examen auprès du journal. J’ai alors appelé Mme Olini pour lui demander une confirmation. Ce qu’elle a fait. » Maître Roth assure alors qu’il voulait rétablir sa qualité de témoin assisté et que c’est pour cette raison qu’il a faxé au journal sa convocation devant le juge Olini en tant que témoin assisté. Le juge Olini s’insurge : « C’est lui qui a demandé à être mis en examen en février 2005 ! » « Je n’ai jamais reçu d’ordonnance de mise en examen. Le journaliste a téléphoné au juge qui lui a donné une information. A partir de là, le secret a été violé et le dossier est terminé. » Le juge Cantinol propose à la défense du juge Olini d’interroger les parties. Me Sarah Aristide demande au journaliste s’il peut au moins écarter une catégorie de personnel. Le journaliste ne résiste pas à la pression et, à l’encontre de la Charte des journalistes, il s’allonge : « J’ai été informé par un membre du barreau. » Alors, quitte à s’être parjuré, il balance les pratiques de Me Roth : « J’ai eu affaire à Me Roth à de multiples reprises, car il adore médiatiser ses affaires, notamment pour ses affaires de bateau où il est même venu au journal. Il m’a laissé aussi voir le dossier d’instruction du drame de Roujol, comme celui du crash de Saint-Barth. Il a même appelé devant moi le journal Détective pour voir si on pouvait vendre un article. J’ai mis un terme à nos relations car j’avais le sentiment d’être harcelé, manipulé. »


Haine et connotation sexuelle

Me Aristide relance Me Roth : « Est-il exact que c’est vous qui aviez demandé à être mis en examen ? » «  C’est un faux débat. Nous parlons d’une violation du secret de l’instruction. » Excédé, il propose de revenir sur la personnalité du journaliste, « un personnage singulier », selon lui : « Je suis très réservé et je n’aime pas médiatiser mes affaires, mais il est vrai que M. Guillerm me harcèle avec ses articles depuis plusieurs années. Il a publié un article concernant un avertissement que j’ai reçu du conseil de l’ordre. Une affaire qui n’était pas publique ! Le dossier est d’ailleurs en cassation. C’est très grave, M. Guillerm a essayé de me briser à ce moment-là. » Me Roth ne s’arrête pas là et sort sa botte secrète : « Concernant la divulgation des faits, j’ai été informé par Jean-Marc Costa, directeur adjoint des RG de Guadeloupe que M. Guillerm lui avait dit, lors d’une soirée arrosée, qu’il était content de s’être tapé Me Roth. » Le journaliste intervient : « J’aimerai bien savoir ce que ça veut dire, j’ai l’impression qu’il y a une connotation sexuelle. » « Je veux démontrer la haine qu’entretient M. Guillerm à mon égard depuis des années. » Comme le journaliste intervient devant le juge pour lui exprimer son embarras d’être à la fois témoin et journaliste, Me Roth demande au juge d’en prendre acte. Le journaliste rappelle alors au juge que ce que Me Roth reproche au témoin est la même chose que ce qu’il a fait au sujet du juge Olini, puisque c’est Me Roth lui-même qui a prévenu le rédacteur en chef adjoint de France-Antilles de la mise en examen du magistrat… Dernière question du juge à Me Roth : « Avez-vous déjà déposé plainte contre des magistrats ? » « Je n’ai pas déposé plainte pénale contre des magistrats, j’en ai récusé deux en 15 ans de carrière. Ceci est hors sujet, j’exerce pleinement et en toute indépendance ma profession d’avocat. » « Avec les RG ? », interroge Me Aristide. Sans réponse. Les parties signent le procès verbal et se dispersent.

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