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Vendredi 18 mai 2012 5 18 /05 /Mai /2012 06:56

Le très sarkozyste Patrick Karam salue le ministre PS Victorin Lurel

KaramL’ancien délégué interministériel à l’égalité des chances des Français d’Outre-mer et toujours conseiller régional (apparenté UMP) d’Ile de France a dû faire un exercice de grand écart pour saluer la nomination de son ami et compatriote guadeloupéen Victorin Lurel comme ministre des Outre-mer tout en fustigeant « un gouvernement pléthorique qui s’apparente à une véritable armée mexicaine (…) et déplorant le choix de ministres alibis, la récompense aux petits camarades PS pour bons et loyaux services électoraux, et le retour des vieux éléphants défraîchis ». Il est vrai que Patrick Karam n’a pas été récompensé de son travail électoral pour Sarkozy en 2007 puisqu’il n’a jamais été ministre de l’Outre-mer comme il avait pu en caresser l’espoir et n’a obtenu qu’une nomination de délégué, une médaille du Mérite de la part de Michèle Alliot-Marie, une légion d’Honneur de la part de Claude Guéant, une place de second sur la liste de Chantal Jouano aux régionales à Paris en 2010, imposée par l’Elysée, et, en novembre 2011, une affectation dans la haute fonction publique ! Mais qu’importe, Karam qui a voué une haine farouche à Marie-Luce Penchard, la ministre sortante de l’Outre-mer, est heureux pour Victorin Lurel, « le plus compétent et populaire des ultramarins, qui fut de tous les combats en faveur des outre-mer, l’homme qui a tenu bon face au LKP pendant la crise de 2009 et dont le comportement irréprochable et courageux avait été salué par le Président de la République Nicolas Sarkozy ». Au point qu’il refuse d’ailleurs par deux fois d’entrer dans le gouvernement Fillon. Patrick Karam qui avait même salué en Victorin Lurel, « le meilleur député de France », en 2006, omet d'évoquer la nomination de George Pau-Langevin, celle de Christiane Taubira et même celle d'Alain Zabulon au cabinet du président de la République alors qu'il s'est battu au sein du Collectifdom qu'il a présidé de 2003 à 2007 et à la délégation interministérielle, de 2007 à 2011, pour une meilleure représentativité des ultramarins à des postes à haute responsabilite. Mais, conclut le jeune inspecteur général de la jeunesse et des sports, « Victorin Lurel devra poursuivre et approfondir l’œuvre réformatrice engagée par Nicolas Sarkozy ». Pas sûr que le nouveau titulaire du marroquin de la rue Oudinot l’entende de cette oreille. Ce n’a pas été, semble-t-il, le vœu des électeurs d’outre-mer qui ont voté Hollande à 64 %.

FXG (agence de presse GHM)

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Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 06:55

Les cimetières, nouveaux champs de recherche mémorielParis---les-congretistes--Archeologie-de-l-esclavage-colo.jpg

Vendredi dernier, au musée du Quai Branly,  a eu lieu le colloque d’archéologie de l’esclavage colonial. Une vingtaine de chercheur venus du monde entier et des outremers ont échangé  leur point de vue sur les résultats de leurs fouilles dans les cimetières d’esclaves. Le colloque était organisé par l’institut national de recherches archéologique (INRAP), le comité pour l’histoire et la mémoire de l’esclavage, le ministère de la Culture et de la Communication, et a duré du mercredi 9 au vendredi 11. Le dernier jour a été consacré aux recherches archéologiques dans les cimetières d’esclaves des deux départements, Guadeloupe et  Guyane.

Le développement de l’archéologie funéraire de l’esclave colonial dans  les régions d’outre mer reste très marginale. Pourtant les premiers résultats  apportent des éléments très intéressants sur les conditions de vie des ces hommes et femmes. L’étude des cimetières en Guadeloupe et en Guyane donne des informations importantes sur les conditions d’inhumation des esclaves et sur leurs pathologies. « Ces  cimetières restent un champ d’investigation privilégié pour les chercheurs ainsi que les jardins de grandes maisons de maître », indique Thomas Romon, chercheur en Guadeloupe.

Patrice Courtaud, du CNRS, présentait  ses travaux sur les conditions de vie et conditions de mort dans le cimetière de l’anse Sainte-Marguerite au Moule en Guadeloupe. Un vaste ensemble funéraire regroupe, en bord de mer, plusieurs centaines de tombes de l’époque de l’esclavage,  assez bien conservées. «  Notre objectif est de mettre en évidence les traitements funéraires, biologiques et sanitaires des défunts. » Cette étude donne des visages aux sans nom.

Du coté de la Guyane, Catherine Rigeade a étudié le site du cimetière de Torcy  et de sa chapelle engloutie sur la rive droite du fleuve Mahury. L’érosion a mis à jour les fondations et les menace. « Les conditions de travail sont difficiles voire impossibles sur ce site, fait savoir la chercheuse. Les fouilles dans la vase sont possibles seulement une fois par mois pendant  deux à trois heures,  en fonction de la marée dans le canal du Torcy. » L’avenir du site est en danger, et déjà  en partie enfoui. En cause, le dragage des bateaux  qui  creuse un sillon au centre du fleuve Mahury. Une évaluation globale de la chapelle et du cimetière a été réalisée en 2011 par l’association Arkaeos. « Un site unique qui diffère très nettement des sites d’inhumation d’esclaves découverts sur d’autres lieux », selon Catherine Rigeade.

Ibrahim-Thioub-Paris--Archeologie-de-l-esclavage-colonial-.jpgL’enjeu de l’archéologie de l’esclavage colonial  est de tenir compte de la question de l’invisibilité des descendants des Africains dans l’histoire de ces pays et leurs épouvantables conditions de vie. Il n’y a pas, aujourd’hui, de recherches approfondies pour les Antilles. Le travail qui doit apporter une connaissance scientifique de la vie au temps de l’esclavage et de la colonie se fait à petits pas. Les corps restés sous terre pendant plusieurs siècles délivrent leurs secrets. Le temps n’est plus aux seuls documents laissés par les esclavagistes.

Le professeur Ibrahim Thioup a conclu : « J’ai eu l’impression qu’on organisait un mariage à trois entre archéologie, esclavage et colonisation et cela nous a causé d’énormes difficultés. » Pour Françoise Vergès, présidente du comité pour l’histoire et la mémoire de l’esclavage, « un chantier est ouvert, il faut continuer pour ouvrir les savoirs ». Les travaux de ce colloque feront  l’objet d’une publication dans les mois à venir.

Alfred Jocksan (agence de presse GHM)

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Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 06:06

Zabulon entre à l’Elysée et sur wikipedia

Alain-Zabulon.jpg Depuis le 15 mai à 18 h 53, heure de Pais, Alain Zabulon a sa fiche sur Wikipedia. Peu de auparavant, il venait d’être nommé directeur adjoint du cabinet de François Hollande à l’Elysée. Ce Martiniquais est né en 1955 dans le 16e arrondissement de Paris. Il grandit au Vézinet (78) et décroche une maîtrise d’administration économique et sociale à Nanterre. D’abord attaché d’administration à l’inspection académique des Hauts-de-Seine, il entre à l’ENA en 1986. A l’occasion des entretiens de l’excellence de l’année 2011, il a témoigné de son entrée dans le corps préfectoral : « En 1992, je rejoins le corps préfectoral et suis affecté en Martinique qui est le département dont mes parents sont originaires… »  A 31 ans, il devient sous-préfet de la Haute-Garonne où il reste trois ans. Il est ensuite nommé, en 1997, sous-préfet du Lot-et-Garonne. En 2006, il appartient à cette promotion de sous-préfets issus de la diversité que le ministre de l’Intérieur d’alors, Nicolas Sarkozy, promeut. Il est nommé préfet à l’égalité des chances en Essonne. « Je m’investis fortement sur les questions de banlieue et d’égalité des chances et acquiers une certaine expertise sur le sujet. » En 2008, il est nommé préfet de la Corrèze dont le président du conseil général n’est autre que François Hollande, et depuis le 12 septembre 2011, il est préfet des Landes où il ne sera resté que 8 mois. « La haute fonction publique, témoignait-il encore aux entretiens de l’excellente, offre l’opportunité de parcours professionnels variés, passionnants et très enrichissants. Elle est ouverte à tous les jeunes quelle que soit leur origine dès lors qu’ils ont la capacité et l’envie de réussir. » Et cette réussite, il vient d’en faire la démonstration.

FXG (agence de presse GHM)

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Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 08:23

Diffamation et écoutes téléphoniques en procès à Paris

Le procès en diffamation intentée par le juge d’instruction Céline Charloux vient aujourd’hui (15 mai) devant la 17e chambre correctionnelle de Paris. Doivent comparaître les avocats du barreau de Guadeloupe, Sarah Aristide et Patrice Tacita, le journaliste de la radio Guadeloupe 1ère, Jacky Massicot, et celui qui était alors le directeur de la publication de RFO, Patrick de Carolis L’affaire remonte à octobre 2008, en marge d’un dossier d’instruction concernant le comédien Philippe Calodat, poursuivi pour homicide involontaire à l’occasion d’un accident automobile survenu en juillet 2005. Après une conférence de presse, RFO télé et Radio Guadeloupe avaient relayé les accusations des avocats de Philippe Calodat contre le juge d’instruction à qui il reprochait d’avoir utilisé des écoutes de conversations téléphoniques entre eux et leur client. L’affaire a été dépaysée à Paris. Aujourd’hui, rien ne devrait être plaidé puisqu’il ne s’agit que d’une audience de fixation. C’est-à-dire que le tribunal et les parties vont convenir d’une date pour juger l’affaire, pas avant six mois au moins. Les avocats et le journaliste sont défendus par Mes Démocrite, Ezelin et Ursulet.

FXG (agence de presse GHM)

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Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 07:51

Karam reçu par Sarkozy une dernière fois à l’Elysée

L’ancien délégué à l’égalité des chances des Français d’outre-mer, le Guadeloupéen Patrick Karam, a été reçu, vendredi dernier, par le président de la République sortant. Ce jour-là, Nicolas Sarkozy recevait ses amis et proches conseillers à tout de rôle et un quart d’heure chacun. Reçu en retard, mais pendant 20 minutes, juste après Edouard Balladur, Patrick Karam a d’ores et déjà prévu de revoir l’ancien président en juin « pour parler politique ». Selon Karam, Sarkozy n’a compris l’outre-mer qu’à partir de 2005 et prétend l’avoir « dans les tripes ». Il aurait avoué ne pas avoir compris la claque magistrale des électeurs ultramarins à son encontre d’autant qu’il aurait le sentiment d’avoir « fait le maximum pour préserver l’outre-mer malgré la crise ». Quoiqu’il en soit, il retournera aux Antilles, a-t-il assuré à Patrick Karam.

FXG (agence de presse GHM)

 

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Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 07:42

Sainte Geneviève des Bois : Le retour des colonnes de la libertéles-colonnes-de-la-liberte---Alfred-Jocksan--28-.jpg

Samedi 12 mai, jour de fête, avenue de la Liberté, avec le retour des colonnes de la liberté dans la ville de Sainte Geneviève des Bois, sous un soleil radieux et des nombreux invités. Une grande fête mémorielle, émouvante et prenante.

Quatre colonnes de la liberté en marbre et granit et au milieu un bouleau. Ces colonnes sont composées de  64 modules. Quelques unes portent des plaques de bronze au nom d’illustres combattants de la liberté et de grands humanistes. Des espaces sontvides. C’est un  mémorial qui ne doit pas rester figé.

les-colonnes-de-la-liberte---Alfred-Jocksan--2-.jpgLes personnalités de la ville et du département de l’Essonne sont là. Le maire, Olivier Léonhardt, et les membres du conseil municipal, le président du conseil général, Jérome Guedj, et son vice-président, Frédéric Petitta, le sénateur et ancien président du conseil général du département, Michel Berson, des élus du conseil régional d’Ile de France, François de Lapierre et Viviane Romana, le fondateur de SOS Racisme, Malek Boutih, le Comité Mémoire Citoyenneté et Outre Mer, fondé par six associations (FDOM 91,les amis des DOM, L’arbre des artistes, le CollectifDom, Ka-Manioc et NMC) présidé par Robert Dinot, ainsi que le président du CM 98, Serge Romana, l’architecte de l’oeuvre, Pierre Aïoutz, et la poétesse, Marie-Claude Cléon en larme, lisant « La mémoire de l’esclave ».

Le présentateur, Hugues Louison, fait lecture d’un poème de Victor Hugo  en ouverture de la cérémonie  après le  son de la conque de lambi de l’artiste Pierre Ménager, qui donne le ton : « Nou pa moun, nou soti loin. »  Les gens qui sont présents sont nés de l’éloignement générationnel qui a pris racine en terre d’accueil et, aujourd’hui, ils font entendre leur colère avant cette journée de fête.  Une inauguration en trois temps, d’abord les discours sont prononcés, le ruban tricolore est coupé et la plaque est dévoilée.

les-colonnes-de-la-liberte---Alfred-Jocksan--5-.jpgLes colonnes de la liberté sont un symbole d’intégration et de combat.  Au nombre de quatre aujourd’hui. Elles n’étaient que deux quand le monument a été inaugurés en 1998, sous la mandature de Pierre Champion. Elles ont  disparu pour laisser place à un ensemble immobilier, par un simple coup de pelleteuse en 2011. Un geste de profanation qui coute cher à la ville et à la société d’HLM  Osica, propriétaire du terrain. Après sa démolition, il a fallu plus de dix réunions pour finalement trouver un projet de remplacement qui a couté la somme de 75 000 euros à la ville et à la société d’HlM et la somme de 2 800 € pour le bouleau.

Olivier-Leonhardt-les-colonnes-de-la-liberte---Alfred-Joc.jpgChaque année, depuis 14 ans, la ville fêtait la cérémonie de l’esclavage en déposant une gerbe au pied de l’arbre de la liberté. Alors quand, avant sa reconstruction, on s’est aperçu que le monument était inexistant sur le plan cadastral, la population concernée s’est interrogée avec amertume : « Notre histoire est donc sans valeur ? Doit-on tourner le dos au passé ? »les-colonnes-de-la-liberte---Alfred-Jocksan--3-.jpg

Un nouveau contrat a été signé entre la ville, la société d’HLM Osica et le comité mémoire citoyenneté et outre mer pour 20 ans avec tacite reconduction. Pour Max Laventure président du FDOM 91 : «  Il faut éviter ce genre de mésaventure dans l’avenir. »

les-colonnes-de-la-liberte---Alfred-Jocksan--6-.jpgL’histoire finit bien car le maire a reconnu son erreur dans son discours prononcé lors de l’inauguration. « Les colonnes de la liberté ne sont pas un simple monument. Elles marquent de manière solennelle et durable la rapport que nous devons entretenir avec notre histoire. »  En saluant le travail des associations antillaises, il a ajouté : « Nous avons du, je le sais, surmonter des difficultés, des drames avec la démolition du précédent monument. » Avant de finir par une citation d’Aimée Césaire : « L’universel riche de tous les particuliers. »

Avec quarante danseuses tout de blanc vêtues et le groupe de gwo ka de Ka-Manioc sonnant le ka, la chanteuse Marie-Louise Sambin et les Baobabs ont fait le spectacle.

Alfred Jocksan (agence de presse GHM)les-colonnes-de-la-liberte---Alfred-Jocksan--1-.jpg

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Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 07:13

Laura Flessel-Colovic en tête de la délégation à Londres

LAURA-FLESSEL-PORTE-DRAPEAU-LONDRES-2012---Alfred-Jocksan--.jpgLa Guadeloupéenne Laura Flessel, escrimeuse, 41 ans, 5e olympiade, trois médailles olympiques, 15 ans de carrière en haut niveau, est la troisième femme à être désignée comme port-drapeau aux jeux olympiques, après Christine Caron à Mexico en 1968 et Marie-José Pérec à Atlanta en 1996. Un dernier tour pour Laura.

L’épéiste s’apprête à vivre ses cinquièmes jeux olympiques en tant que porte-drapeau de l’équipe de France. Un honneur qui la rend fière et qui la remplit de bonheur. « Quand j’ai commencé l’escrime, j’étais un garçon manqué. Aujourd’hui je suis fière d’être une femme », lance la championne avec le sourire. La Guadeloupe aussi est fière de sa deuxième fille porte-drapeau de la délégation tricolore sur une piste olympique. Après la gazelle en 1996, c’est au tour de la guêpe d’avoir cette responsabilité. C’est une émulation pour la native de Petit-Bourg, sa commune natale. Elle a franchi l’obstacle victorieusement car elle n’était pas la favorite, bien loin derrière  la star de la NBA, Tony Parker, le chouchou du monde sportif parisien. Mais, voila, après sa défaite, il y a quatre ans, sa légitimité sportive et olympique a parlé. Un beau cadeau pour sa dernière participation olympique, qu’elle est allée chercher avec ses trippes en se qualifiant le  21 avril dernier. L’obstacle était levé, le voyage était assuré. La voilà porte-drapeau, c’est du bonheur.

LAURA-FLESSEL-PORTE-DRAPEAU-LONDRES-2012---Alfred--copie-1.jpgElle est désignée par le comité olympique français, à la suite d’un vote à bulletin secret et le résultat n’a pas été divulgué. C’est un huissier qui à remis l’enveloppe au président du CNOSF, Denis Masseglia. « Nous sommes très fiers d’avoir eu l’embarras du choix (5 candidats) et quelques que soit l’identité du porte-drapeau, je savais qu’on aurait un très beau porte-drapeau. Je veux dire à Laura, avec elle, on sait qu’on a une très belle représentante qui conduira la délégation française sur la piste du stade olympique le 27 juillet 2012. »

En 1996 l’or avait souri à Marie-José Pérec à deux reprises à Atlanta (400 et 200 mètres).  Souhaitons, ce grand bonheur à Laura Flessel à l’épée pour sa dernière participation aux jeux et son premier défilé avec le drapeau tricolore au vent. « Je suis juste contente, fière et émue…» Après elle mettra son masque et ce sera une autre affaire.

Alfred Jocksan (agence de presse GHM)


INTERVIEW

LAURA-FLESSEL-PORTE-DRAPEAU-LONDRES-2012---Alfred--copie-2.jpgSes premiers mots…

Je suis très contente et très fière et honorée de porter une délégation dans un stade olympique. Je l’ai toujours fait en deuxième ou en troisième ligne, maintenant, je vais pouvoir le faire en première ligne. Mais avant toutes choses, j’ai envoyé un petit message à Tony (Parker). Je pense très fort à lui et nos téléphones portables ne vont pas s’arrêter.

Comment avez-vous appris la décision ?

J’étais sur ma terrasse au soleil en buvant du thé. Je ne peux dire qu’il n’y avait pas de stress... Quelque part c’est une belle reconnaissance. Il est vrai que j’avais un goût de revenir. Il y avait un petit rayon de soleil qui me disait, il faut y aller, laisse toi rêver. C’est une grosse fierté et une immense responsabilité. Amener autant de personnes sur les jeux, c’est quelque part essayer de briller. Après quatre années de travail, j’ai gagné ma sélection très tardivement. Pour moi, l’enjeu est très intéressant. C’est  aussi dire merci à ma famille qui m’a supporté, merci à mes amis, à mon club, à mes partenaires. Là, c’est une réelle et belle opportunité pour dire merci. Avant de me voir le 27 juillet sur la piste de Londres.

LAURA-FLESSEL-PORTE-DRAPEAU-LONDRES-2012---Alfred--copie-3.jpgVous êtes la troisième femme désignée comme porte-drapeau. Que pensez-vous ?

Je suis la sportive qui va amener et encourager une grosse équipe de France. Nous sommes plus de trois cent quarante sportifs. Je répondrais qu’aujourd’hui, c’est la parité, c’est la mixité. Mais, c’est une équipe de France issue de divers horizon. C’est l’esprit bleu pour aller gagner des victoires.

Quel message voulez vous adresser à vos supporters en Guadeloupe ?

On pil mési… J’ai débuté en Guadeloupe à l’âge de six ans. Si aujourd’hui je suis parmi vous, c’est parce que les dix-huit premières années de ma carrière ont été faits au pays. Un grand merci à mon club de Petit-Bourg, à ma mère et mon père qui n’est plus. C’est un beau message de joie. Aujourd’hui, il n’y pas de larmes, il y a que du bonheur. Sachant que la mission est très importante... La mission est d’aller chercher ces fameuses médailles sur toutes les compétitions avec une équipe de France très costaud.

Votre prédécesseur, Tony Stanguet, il y a quatre ans  a raté son jeu. Est-ce une inquiétude pour vous ?

Je n’ai peur de rien. Je suis dans le défi, dans le challenge. C’est ma personnalité. Je m’inspire de ce qu’il a pu nous remonter comme information. Mais, c’est une immense responsabilité. On se doit de bien cadrer, de bien gérer. Je ne suis pas seule, tout le mouvement sportif français est avec moi. En plus de cette responsabilité, je vais redoubler d’intensité pour travailler. Je suis une bosseuse et sur ce plan là, je n’ai aucune peur. Il n'y a que de l’envie. L’objectif, ce n’est pas de participer, mais de réussir. C’est toute une équipe de France qui sera à Londres, je ne suis pas seule.

Avez-vous eu l’occasion de parler avec les anciens porte-drapeaux ?

L’équipe de France est une grande famille et toutes les informations ont été intégrées. J’ai eu la chance de pouvoir parler avec plusieurs sportifs qui ont porté, comme, Jackson Richardson, Marie-José Pérec et bien d’autres, le drapeau tricolore. Il y a cette excitation de porter le drapeau, de la responsabilité, la peur de mal faire. Moi, je suis dans le plaisir. Cette année a été particulièrement dure. Mon rayon de soleil est venu paradoxalement à Saint-Maur (94) sur une défaite. A partir de là, il y a eu cette envie de se transcender qui s’est décuplée. Aujourd’hui, la peur n’existe pas dans mon vocabulaire. C’est vraiment du plaisir, de la combativité et maintenant, la responsabilité de drainer et de motiver toute une équipe de France. En amenant, l’humilité, l’abnégation, le sourire et le travail. Je dirai, il faut qu’on reste solidaires, groupés et confiants.

Propos recueilli par Alfred Jocksan

 

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Lundi 14 mai 2012 1 14 /05 /Mai /2012 23:16

Edouard Boulogne à propos de la lettre à ses compatriotes de l'Hexagone de Lurel

301297_265809640117564_100000655892203_902448_545846800_n-.jpegLe philosophe chrétien guadeloupéen Edouard Boulogne nous adresse sa critique du livre de Victorin Lurel, Lettre ouverte à mes compatriotes de l'Hexagone (Armand Colin). La contribution complète est à lire sur le lien suivant : http://www.lescrutateur.com/article-politique-quelques-remarques-a-propos-de-la-lettre-ouverte-de-victorin-lurel-aux-fran-ais-de-l-hex-105125689.html

Il y a longtemps que je l'ai écrit, dans mon livre France, Garde-nous : " Nous autres, Antillais, nous connaissons mieux l'histoire de France, que les Français d'Europe ne connaissent l'histoire des anciennes colonies devenues départements et régions d'outre-mer, par une lente imprégnation des valeurs de la civilisation française (combinées à des sources multiples africaines, indiennes, moyen-orientales, qui lui donnent le cachet créole), puis par la force de la loi, en 1946."

Notons qu'il en est de même, d'ailleurs, des membres de la nation française, à l'égard des vieilles provinces de l'hexagone, dont le lycéen, même de bon niveau, ne sait pas trop quelles étaient les spécificités ethniques, linguistiques, religieuses, les parlers régionaux, des vieilles provinces de la France d'ancien régime, si profondément diverses, et qui constituaient la France d'ancien régime, décentralisée, riche de sa variété extrême.

img050.jpegAinsi l'a voulu la République, tellement centralisatrice, niveleuse, éradicatrice des spécificités comme nous aimons à dire aujourd'hui, à l'envi, et jusqu'à l'écoeurement pour ceux qui aiment la belle, et si précise, langue française, lassés d'entendre radoter, à l'infini, les commissaires politiques affectés à l'institution de la novlangue, émasculateurs de toute variété, de toutes les richesses qui ont longtemps fait de notre peuple, un agent de l'esprit, et de la vraie liberté.

Oui, le nivellement, l'uniformisation ont été l'oeuvre de républicains, dès 1793, au demeurant souvent purs dans leurs intentions, et notamment celle par la langue, par l'interdiction des langues régionales. Tel le célèbre abbé Grégoire, farouche républicain, l'ami des noirs, et qui ne contribua pas peu à la première abolition de l'esclavage aux colonies, en 1794, mais en même temps à l'interdiction des langues régionales, dont les créoles.

Il serait donc bon, que certaines réformes s'appliquent à faire de l'enseignement de l'histoire, une redécouverte de la diversité française, de l'existence d'une France qui, au moment de la Révolution de 1789, avait déjà plus de 15 siècles d'histoire, et dont la Guadeloupe fait partie intégrante depuis 1635.

J'ai donc été heureux que Victorien Lurel, président de la région Guadeloupe, et député de la Guadeloupe, ait partagé ma préoccupation et se soit adressé à nos compatriotes de " là-bas", pour leur faire mieux connaître notre existence, celle d'un "morceau de France, palpitant sous d'autres cieux" comme disait quelqu'un de célèbre, et dont il ne récusera pas le témoignage puisqu'il s'agit d'un socialiste, comme lui : Jean Jaurès.

J'ai lu l'ouvrage de M. Lurel, qu'il a eu la gentillesse de me faire parvenir, avec une dédicace, où je n'ai pas discerné d'autre provocation que celle d'en dire ce que j'en pense, loyalement, et donc sans flagornerie, et sans complaisance évidemment, Victorin Lurel n'ignorant pas les usages de la maison "scrutatrice"!

Dedicace-Lurel.jpegUn sympathique autoportrait

Nombre de pages de cette épître mérite, il me semble, à la fois l'approbation et la sympathie.

Ce sont celles d'abord où l'auteur nous parle de son enfance et de sa jeunesse, celle d'un enfant d'assez modeste origine sociale, dans la commune rurale des Vieux-Habitants, sur la côte sous le vent. Le père, Gervais Lurel, toutefois possédait "quelques hectares de terre", dont le nombre n'est pas précisé par son . fils. (Le marquis de Carabas en possédait aussi, plusieurs! ). Mais les revenus étaient semble-t-il modestes. Gervais Lurel était un homme affamé de culture. Il lisait beaucoup, et de tout, et la célèbre collection "Que sais-je" des P-U-F, était en bonne place dans sa bibliothèque, où le fils (notre cher Victorin) fréquentait assidûment.

Il parlait, semble-t-il déjà beaucoup, et régurgitait d'abondance son savoir à ceux qui voulaient l'entendre, et notamment au paternel, qui, amusé (peut-être) lui attribua le sobriquet de "petit professeur". Cela a-t-il tellement changé maintenant qu'il est devenu grand? !

Sa mère, Simone Beaugendre, était, comme souvent chez nous aux Antilles, le pilier central de la maison, le "potomitan" comme on dit en créole. "Monsieur le président" lui doit beaucoup semble-t-il, notamment de ce qu'il appellerait son "réalisme".

Ne chipotons pas, il arrive à Victorin d'être réaliste, et de le montrer sans barguigner.

J'aime assez, qu'évoquant le temps de ses études supérieures, il évoque ceux des étudiants antillais qui avaient choisi d'évoluer politiquement dans les associations estudiantines d'extrême gauche, ou dans le GONG (Groupe d'organisation nationale de la Guadeloupe). "Ils mesuraient sans doute mal, écrit le "petit professeur", que nous avions choisi une autre voie, originale, de décolonisation avec la départementalisation de 1946" (P. 14).

Ou ceci : "Personnellement, je considère – et j'y reviendrai – que cette question de l'identité des ultramarins est certes complexe, mais que nous pouvons fort bien assumer notre triple identité guadeloupéenne, française et européenne. Nous sommes forcément profondément Guadeloupéens, Guyanais, Martiniquais ou Réunionnais, mais nier que nous sommes aussi très Français ne serait pas réaliste...et nous devenons européens". (P. 21).

C'est ce que je crie à tue-tête, depuis trente ans dans Guadeloupe 2000, d'abord, et présentement dans Le Scrutateur.

Ou encore : « Aux Antilles, le partage de notre identité-relation, riche de mélanges et de fraternités, n'exonère malheureusement pas certains d'entre nous d'accès de cécité, comme dans l'Hexagone ! Les équilibres restent fragiles, la braise du racisme peut aussi couver sous la cendre d'une certaine abondance. La crise économique a favorisé, début 2009, la désignation de boucs émissaires, de responsables des difficultés matérielles que rencontraient les Antillais. Je n'ai pas reconnu mon île dans ces heures troublées ! Une poignée d'exaltés a voulu confisquer la véritable essence de l'identité guadeloupéenne et a cherché à diviser et à dresser les Guadeloupéens les uns contre les autres. La question de l'identité guadeloupéenne était lamentablement instrumentalisée à des fins politiciennes par une partie du mouvement indépendantiste et nationaliste, déguisé en mouvement syndical. Beaucoup d'élus, à gauche et à droite, n'ont pas réagi, voire ont tacitement adhéré. Avec le soutien de quelques rares amis politiques, je suis intervenu pour rappeler à la raison la population qui a mis quelques jours à se ressaisir. C'est avec ces amis, de gauche principalement, mais aussi de droite pour certains, avec ces amis dotés d'une ossature morale que j'ai, l'année suivante, constitué une liste aux élections régionales. Cette liste a été la seule de France élue au premier tour avec près de 57 % des suffrages. Cette victoire massive des valeurs humanistes sur le populisme et l'instrumentalisation raciste des difficultés des Guadeloupéens m'a d'abord rassuré sur la santé de notre société et a consolidé en moi la conviction de la valeur du combat politique ». (pp. 31-32)

On se rappelle qu'à cette occasion, un prêtre catholique, imposteur connu, encadré par deux ou trois moines rouges exaltés, dont un vieux loup pelé ont participé au carnaval indépendantiste, et M. Lurel fait une allusion à cette tourbe, en quelques lignes, avec la moue désabusée que l'on devine ( ou que l'on espère ) entre les lignes, mais en pas plus de six lignes, consacrées au baptême des « Samaritains du LKP » Six lignes, pas plus. Politique oblige.

Le politicien socialiste

« Halas, Halas, hélas! dit Grandgousier, (…) Ho, ho, ho, ho, ho, mon Dieu, mon Sauveur, aide-moi, inspire-moi, et me conseiller ce que je ferai! » Rabelais, in Gargantua, Chapitre XXVIII).

 Hélas, hélas, hélas! M. Lurel, dont je ne dissimule pas la sympathie qu'il m'inspire, en tant qu'individu, avec les qualités qui sont les nôtres aux Antilles quand nos esprits ne sont pas « captivés » au sens strict, par quelque mauvais loas (ou Lwas. Entités surnaturelles du vaudou haïtien qui renvoient à des forces naturelles comme la foudre, la mer, la maladie, qu'ils déchainent à volonté) dont je me voudrais, autant qu'il est possible, moins le bokôhoungan « l'interprète » que l'exorciste, M. Lurel, donc, est aussi un politicien, c'est-à-dire quelqu'un qui aspire au pouvoir, et qui, en conséquence, pense aux moyens de s'asservir le maximum d'électeurs, mal armés contre les coups de la subversion du politiquement correct.

Force est reconnaître, qu'y croyant, ou pas, il puise largement dans le carquois bien fourni en traits empoisonnés de la gauche « démocratique et républicaine » (sic) dont il est un membre actif et apparemment sincère.

Le racisme

Ainsi « nosthromme » parle abondamment du racisme dont il est un contempteur, et moi aussi, mais dans un sens différent du sien (voir dans les archives du Scrutateur les articles nombreux que nous avons consacrés à cette question sensible).

Nosthromme va jusqu'à suggérer aux dirigeants nationaux du PS, et à François Hollande, de modifier l'Article premier de la Constitution de le V ème République qui affirme pourtant avec les meilleures intentions du monde l'égalité de tous sans distinction de race.

Mais il s'agit là, pour Victorin Lurel d'une erreur sémantique qui repose sur une conception scientifique dépassée du problème.

Et d'évoquer le généticien Jacques Ruffié, qui, en 1972, avait déclaré que « chez les hommes, les races n'existent pas ». (voir les pages 36 et suivantes)

A quoi l'on peut objecter que pour être un bon généticien on n'en n'est pas moins homme, avec des passions politiques, et notamment des idéologies d'extrême gauche.

Ainsi, en fut-il pour Alfred Kastler, ce physicien Français, qui obtint en 1966 le prix Nobel de physique, avec le prestige et l'aura qui accompagne généralement cette récompense.

Grand physicien M. Kastler n'en répondit pas moins avec empressement à l'invitation qui lui fut faite de se rendre à la Mutualité, à Paris, pour y prononcer un discours pour la paix au Viet-Nam, c'est-à-dire, en réalité, pour les communistes du Nord Viet-Nam qui s'apprêtaient à soumettre le sud du pays à la dictature sanguinaire du communisme.

Quand le malheur fut réalisé, et évident, même pour un Jean-Paul Sartre, Kastler se frappa la poitrine : « je n'avais pas voulu cela. »

Mais le mal, irrémédiable était fait. Car l'on peut-être un savant éminent, et un puceau en matière politique. 

Si monsieur Ruffié avait été moins idéologue, et meilleur connaisseur de la logique classique, il eut sans doute reconnu qu'il y a un Genre, le genre animal, dont l'homme, le chien, la souris, etc sont des espèces ( et certes, il n'y a pas de procréation possible entre ces espèces animales ).

Ensuite qu'il y a des « différences spécifiques »: l'homme est raisonnable, le chien est un être sensible. Et puis il y a « le propre », une notion qui s'attribue au sujet au titre de qualité essentielle : « Rire est le propre de l'homme », disait Rabelais. Et jusqu'à nouvel ordre, le ricanement apparent de certains singes n'a rien de commun avec le rire humain et la distance à soi et au monde, qu'il dénote, engendrant l'ironie et l'humour ces qualités si précieuses. Enfin il y a « l'accident » cette notion universelle qui s'attribue à un sujet mais de façon contingente, et qui fait de tel ou tel, un musicien, un laboureur, un voleur, ou/et un politicien.

Mais M. Ruffié et monsieur Lurel font comme tout homme de gauche « qui se respecte » (expression consacrée) : ils substituent les mots aux choses, et croient les problèmes réglés, après avoir manipulé les mots. Mais quand on aurait supprimé le mot race de la Constitution, Pierre, Rachid et Mamadou, continueront à voir des noirs, des blancs et des jaunes.

Quand un criminel sera recherché avec de très fortes présomptions de culpabilité, il faudra bien, dans sa fiche de signalement préciser son teint, la texture de ses cheveux, etc, sous peine d'inefficacité totale. « Humaniste » peut-être, mais inefficace et stupide.

Les exemples analogues surabondent et montrent à l'évidence comment l'idéologie peut encalminer les meilleures intelligences.

Une telle mesure, pourtant aurait au moins un aspect plaisant : rendre logiquement inutile, faute d'objet, le maintien d'associations telles que SOS-racisme, la Licra, ou le Mrap, et la suppression des grasses subventions qui leur permettent d'exister, aux frais du contribuable, aux dépens d'une dette publique qui s'agrandit, et, dit-on, sans que l'on puisse dire avec certitude que les fonds attribués servent vraiment à ce pour quoi on les avait accordé.

Le problème du multiculturalisme

Pour être dans le ton de ses amis du boboïsme parisien M. Lurel donne évidemment dans la mode (irresponsable et creuse) de l'éloge de la « diversité », et du multiculturalisme. Les appels à la prudence, et à la responsabilité des politiques, lui paraissent très exagérés.

A mon sens, c'est Victorin Lurel qui exagère dans la cécité voulue, et exigée par la progression positive de sa carrière politique.

Dois-je lui rappeler ce que disait l'un de ses amis politiques, (puisqu'il a appelé à voter pour François Hollande). Je veux parler du sociologue Emmanuel Todd. Celui-ci dans la première édition, qui est celle que j'ai lue (en 1988), de son livre L'invention de la France, il s'insurge contre l'image que l'on voudrait donner d'une France moisie, peureuse, et donc xénophobe.

Il notait qu'une inquiétude sourde commençait à poindre dans un pays, où dans le même temps un historien aussi probe et compétent qu'Alain Besançon, s'inquiétait du fait que l'immigration était en train « de devenir de véritables transports de peuples ». 25 ans plus tard, le phénomène a pris une ampleur véritablement inquiétante.

Or, cher Victorin Lurel, dans ce domaine de la politique d'immigration « et de la diversité » comme disent les amoureux de litotes, il faut être réaliste (et informé surtout !), et non bêtement sentimental et « humaniste » comme disent les ignorants qui ne savent pas le sens des mots. Installer en France des millions d'immigrés qui viennent de civilisations et de cultures radicalement différentes de la nôtre c'est plus qu'une imprudence, une faute politique grave.

Ce n'est pas en faisant guili-guili à ces gens là, comme le souhaiteraient les Jack Lang et compagnie, qu'on les aidera, et encore moins qu'on fera perdurer la nation française (et l'Europe).

Une culture est un ensemble cohérent, qui s'est structuré parfois durant des siècles, où la langue, notamment, et la religion, ont joué des rôles majeurs.

Il ne suffit pas, avec de bons sentiments et de bons petits instituteurs, abrutis jusqu'à il y a peu par les IUFM, de dire « aimons nous, considérons et acceptons l'AUTRE dans son altérité » (mais voici que je me met à jargonner) pour transformer la diversité en symphonie classique.

Voici un exemple de l'importance des langues dans la formation des cultures, et des individus dans celles-ci, il est donné par le psychologue canadien Otto Klineberg : « Un des exemples les plus frappants de la manière dont le vocabulaire peut refléter les intérêts d'un peuple nous est donné par les multiples façons de désigner le « chameau » dans la langue arabe. On dit qu'il y a environ dix mille mots se rapportant plus ou moins au «chameau », y compris les mots dérivés de chameau et attributs qui lui sont associés— II existe non moins de cinquante mots pour désigner une chamelle en état de grossesse, les étapes de sa grossesse, le moment où le mouvement du foetus est ressenti pour la première fois, les mères qui allaitent leurs petits et celles qui ne le peuvent point, celles qui sont près de la délivrance, etc.... De même, la grande variété des mots utilisés par les Esquimaux pour désigner « la neige » résulte clairement du besoin d'établir une différenciation entre les aspects multiples de ce qui pour nous constitue un phénomène unique ».

Et il en va de même pour tous les mots de la langue, et les comportements qu'ils engendrent l'amour, la haine, la jalousie, le travail, la … femme, etc. Rien n'est simple, et les démagogues, mais aussi les innocents, très nombreux qui considèrent la politique comme le monde des bons sentiments, qui prennent des airs dégagés pour parler de l'immigration, tout en se rengorgeant de la BONTE qu'ils s'attribuent et de la « beaufitude » qu'il accordent, généreusement, à « la droite », à la malhonnêteté foncière du militant de droite, et même des philosophes de droite, (si j'ose risquer une telle contradiction dans les termes !) sont pour les gens qui réfléchissent, un très grand sujet d'inquiétude.

Il en est de même pour l'Islam, dont Victorin Lurel minimise l'actuelle et dangereuse pulvérulence, pour des raisons d'opportunisme, ce qui est indigne de l'homme que je crois qu'il est, sous son masque de politicien.

Je ne veux pas trop m'attarder sur ce point, pour ne pas donner à cette modeste recension les allures du fleuve Amazone.

La haine anti Sarkozy

Monsieur le président, cher Victorin Lurel,

Permettez moi, par le lien suivant de résumer en deux minutes les aspects anthropologico-religieux du phénomène migratoire maghrébin, par quelqu'un qui était spécialement bien placé pour en parler :

Je n'insisterai pas non plus, pour ne vous être pas désagréable, sur un autre aspect fatigant de votre ouvrage. Certes vous êtes socialiste. Face à monsieur Sarkozy, vous étiez dans le camp adverse. La polémique était normale. Nous sommes sur la terre des hommes, non au Paradis des anges.

Mais les limites de l'acceptable ont été dépassées, et ont atteint parfois le seuil de l'abjection.

Je ne vous le cache pas, cher compatriote - dont j'ai eu plaisir à souligner plus haut certaines des vraies qualités -, parfois j'ai eu honte de vous voir mêlé à la meute des vieux loups pelés du mitterrandisme ou des jeunes chiens impudents du socialisme new-look, aussi féroces qu'avides de prébendes et d'honneurs (au pluriel, j'ai bien vérifié l'orthographe).

Monsieur, la considération que j'ai encore pour vous m'incite, à vous inviter à cultiver cette vertu d'honneur, mais au singulier.

Vous êtes un de nos représentants en France hexagonale, comme vous dites, et même peut-être bientôt, sur une scène plus vaste encore. C'est une responsabilité importante.

Oui! La culture de l'honneur, c'est plus important qu'un maroquin.

Puissiez-vous ne jamais l'oublier !

Edouard Boulogne.

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Samedi 12 mai 2012 6 12 /05 /Mai /2012 07:13

Clichy-la-Garenne honore les filles et fils d’esclavesstele-aux-victimes-de-l-esclavage--Alfred-Jocksana-.jpg

Le 10 mai, la ville de Clichy a commémoré la journée de la traite négrière, de l’esclavage et de ses abolitions en élevant une stèle dans le parc Mozart, sur l’esplanade Louis-Delgrès, en  mémoire  des millions d’enfants, de femmes et d’hommes arrachés à la terre d’Afrique. Pour cet hommage, les descendants d’esclaves étaient rassemblés en présence du préfet des Hauts-de-Seine, Pierre-André Peyvel, de la commissaire de Police, Catherine Jourdan, du maire de la ville, Gilles Catoire, son conseil municipal, et de nombreux présidents d’association antillaise, tels Serge Romana, Jacques Ambrosio, Daniel Dalin, Jean-Pierre Passe-Coutrin et les habitants de cette cité multiculturelle.

Gilles-Catoire-maire-de-Clichy-la-Garenne-Manuel-Allamellou.jpg« 164 ans après l’abolition de l’esclavage dans les colonies, cette journée de commémoration doit être comprise comme un aboutissement contre l’oubli et le silence », énonce le préfet Pierre-André Peyvel.  Après avoir coupé le ruban d’inauguration de la stèle en mémoire aux victimes de la traite négrière et de l’esclavage, à l’ombre des sapins, le comédien Luc Saint-Eloy a lu la lettre de Louis Delgrès, « le dernier cri de l’innocence et du désespoir », écrite il y a 210 ans et placardée dans les rues de Basse-Terre en Guadeloupe avant de se donner la mort avec ses hommes à Matouba, le 10 mai 1802. Une lettre que le représentant de l’Etat, Pierre-André Peyvel, et le maire de Clichy aimeraient voir étudiée dans les écoles de la République. La-Stele--en-hommage-a-l-esclavage--dans-la-parc-Mozart--d.jpgLouis Delgrès ainsi que la mulâtresse Solitude restent des figures emblématiques de la lutte contre le rétablissement de l’esclavage en Guadeloupe selon la volonté de Napoléon Bonaparte. Puis Manuel Allamellou, l’adjoint au maire chargé du devoir de mémoire et des anciens combattants est venu à la tribune : « Voir cette stèle et l’esplanade qui porte le nom de Louis Delgrès, c’est pour moi, un jour important… » L’esclavage reste de nos jours le crime contre l’humanité le plus long de notre histoire. «  Les esclaves ont brisés leurs chaines, reprend Gilles Catoire, mais il n’y a pas que les chaines physiques, les chaines mentales sont à briser dans les esprits. » Sa ville a noué un partenariat avec la ville de Sainte-Luce en Martinique et de Pointe-Noire en Guadeloupe. Il attend la livraison de la statue de Louis Delgrès,  offerte par la région Guadeloupe.PERSONNALITES-ET-PUBLIC-AU-PARC-MOZART-DE-CLICHY-LA-GARENNE.jpg

Par cette journée de commémoration la parole de fin est laissée au représentant de la république. Et c’est le préfet des Hauts  de Seine, Pierre André Pyevel qui termine la cérémonie  avant qu’entonne la marseillaise. Il explique « Dans cette période  nous devons le reconnaitre et assumer notre passé et d’engager une  réflexion sur les conditions de ce passé difficile ». L’esclavage à marquer les hommes et les esprits.

L’esclavage a duré de façon active durant plus de trois siècles. Son abolition est devenue définitive par le décret du 27 avril 1848.

Alfred Jocksan (agence de presse GHM)

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Samedi 12 mai 2012 6 12 /05 /Mai /2012 05:55

Reconstruction des colonnes de la liberté à Sainte-Geneviève-des-bois

colonnes-de-la-liberte.jpg La ville de Sainte-Geneviève-des-bois dans l’Essonne a retrouvé son monument, les colonnes de la liberté, sur la place Toussaint-Louverture, à l’oaccsion de ce 10 mai. La stèle dédiée à la mémoire des esclaves et de l’abolition de l’esclavage et de la traite négrière sera officiellement inauguré samedi 12 mai à 15 heures. C’est pourtant, dans cette commune, que dès 1998, un monument consacré à l’esclavage et à sa mémoire avait été érigé. En juillet dernier, les habitants de la ville ont appris que le monument devait être déplacé car il se trouvait sur l’emplacement d’un programme immobilier de logements sociaux. Il a donc été démoli, mais au moment de sa reconstruction, on s’est rendu compte qu’il ne figurait absolument sur le plan cadastral de la ville… Le maire (PS), Olivier Leonardt, a reconnu « une connerie » et a permis qu’un nouvel édifice mémoriel soit reconstruit sur la même place Toussaint-Louverture. Plus de peur que de mal donc ! C’est ainsi que les associations F-DOM 91, les Amis des DOM, l’arbre des artistes, le CollectifDom, Ka-Manioc, NMC, le CM98 et le Comité mémoire citoyenneté et outre-mer seront rassemblés avec le conseil municipal samedi à 15 heures.

FXG (agence de presse GHM)

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