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29 septembre 2015 2 29 /09 /septembre /2015 06:01
Bernard de Gouttes, George Pau-Langevin et Cecile Pozzo di Borgo, rue Oudinot, vendredi 25 septembre

Bernard de Gouttes, George Pau-Langevin et Cecile Pozzo di Borgo, rue Oudinot, vendredi 25 septembre

La collectivité territoriale des TAAF a 60 ans

Ils étaient sept anciens administrateurs supérieurs des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) rassemblés vendredi rue Oudinot à Paris pour les 60 ans de cette Collectivité d'outre-mer. Parmi eux une ancienne ministre, Brigitte Girardin, en poste de 1998 à 2000, un ancien directeur de cabinet de Marie-Luce Penchard, Pascal Bollot (2012-2014) ou encore celui qui a procédé à la décentralisation du siège des TAAF à la Réunion, le Martiniquais Pierre Lise (1996-1998). Le plus ancien des présents, Bernard de Gouttes, a été invité à évoquer les années 1990-1991 : la création de l'institut polaire avec Paul-Emile Victor et... la grève des dockers à Marseille. "J'avais demandé au maire de Marseille de m'aider à faire partir nuitamment et discrètement le Marion-Dufresne pour la Réunion..." Et, bien sûr, se trouvait aux côtés de la ministre Pau-Langevin, hôte des lieux, l'actuelle occupante du poste, Cécile Pozzo di Borgo.

Tous ces administrateurs sont surnommés dans l'argot de la préfectorale des "préfets pingouins". On devrait d'ailleurs dire des "préfets manchots" puisque leurs fonctions s'exercent exclusivement dans l'hémisphère sud où l'on ne rencontre pas de pingouins, ni dans les archipels de Crozet, des Kerguelen, des îles Saint-Paul et Amsterdam, la terre Adélie au sein du continent antarctique, encore moins aux îles Eparses (Europa, Glorieuses, Juan de Nova, Bassas de India et Tromelin) qui ont rejoint les TAAF en 2007. C'est une ZEE d'un intérêt majeur avec ses de 2,3 millions de km2, Elle accueille 225 chercheurs chaque année autour de 60 projets scientifiques.

A l'occasion de ce soixantenaire, une enveloppe premier jour avec un nouveau timbre dédié a été émise vendredi, un privilège des TAAF depuis 1955.

FXG, à Paris

Interview

Irène Frain, auteur du roman historique "Les naufragés de l'île Tromelin" (Michel Lafon, 2009)

"Tromelin est profondément inhumaine"

Que signifie votre présence à cet anniversaire des TAAF ?

Les livres que j'ai écrits sont pour moi une question de fidélité à une aventure. J'ai pu grâce à l'administration des TAAF me rendre sur l'île de Tromelin afin d'essayer de comprendre ce qui s'était passé là-bas à partir d'août 1761, jour du naufrage de leur flûte par une nuit sans lune. Pour un écrivain qui enquête, la confrontation des lieux permet de connaître les humains. Les humains dans leurs émotions sont toujours le fruit des lieux. En l'occurrence ceux qui m'ont intéressé n'avaient pas choisi ce lieu. Cette île a révélé en eux ceux qu'ils avaient de profondément humain, notamment chez les blancs, puisqu'ils ont compris au bout de 57 jours qu'ils allaient devoir laisser les esclaves derrière eux, esclaves qui avaient contribué à la construction de l'esquif qui leur a permis de se sauver.... ils ont découvert à travers ces événements que tous les hommes sont égaux quelle que soit leur couleur de peau.

Voir cette île vous a permis de comprendre tout cela ?

Elle l'a permis parce qu'elle est profondément inhumaine sous ses airs de carte postale de club Med. Elle leur a révélé ce qu'il y avait de pire, mais aussi ce qu'il y avait de meilleurs, c'est-à-dire pulvériser le sentiment d'inégalité qui, à l'époque, était universellement partagé.

Les fouilles archéologiques qui ont été conduites là-bas vous ont-elles apporté beaucoup ?

L'essentiel des fouilles avaient déjà eu lieu et ce qui a été découvert ensuite est resté peu signifiant. J'ai pu étudier ces vestiges et nourrir le texte de recherches historiques. Si le naufrage a été vraiment bien investigué, encore fallait-il bien déterminer les différents intervenants dans le sauvetage, les comprendre pour reconstituer les 57 jours sur l'île. D'emblée, j'avais décidé de ne pas reconstituer la suite faute d'éléments qui permettent de dire ce qu'ont été ces quinze années pour ceux qui sont restés et qui ont suvécu... Nous n'avons que des éléments sommaires et chiffrés et toutes les interprétations sur les habitats des esclaves demeurent en grande partie hasardeuse.

Qu'avez-vous pensé de l'accord que la France a passé avec Maurice en 2010 pour cogérer ce patrimoine de Tromelin ?

Etrange... Je n'ai pas compris. Personne n'y a compris grand chose parce que les seuls qui pourraient revendiquer quelque chose, ce sont les Malgaches ! Pourquoi ont-ils été exclus ? Je n'ai pas compris...

Propos recueillis par FXG, à Paris

L'histoire de Tromelin

Cerné par les déferlantes, harcelé par l'ouragan, le navire français l'Utile, fait naufrage à Tromelin, un îlot désert des îles Eparses de l'océan Indien, L'Utile transporte une cargaison clandestine d'esclaves. Les Blancs de l'équipage et les Noirs de la cale vont devoir cohabiter, trouver de l'eau, de la nourriture, de quoi faire un feu, survivre. Ensemble, ils construisent un bateau pour s'enfuir. Faute de place, on n'embarque pas les esclaves, mais on jure solennellement de revenir...

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