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30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 06:51

Explosion de la demande d'asile en Guyane

Profitant de l'actualité de l'arraisonnement d'une embarcation transportant une trentaine de clandestins brésiliens, dimanche dernier, le sénateur Karam (app. PS) a voulu rappeler à Harlem Désir, secrétaire d'Etat chargé des affaires européennes, que la France et l'Union européenne devaient aussi sécuriser leur frontière sur le continent sud-américain. Sans vouloir établir de comparaisons avec le drame qui se déroule en Méditerranée, il a rapelé les chiffres des demandes d'asile : 2700 dossiers déposés à la préfecture en 2015, en hausse de 159 % par rapport à 2014. 80 % des demandeurs sont des ressortissants haïtiens, 10 % viennent de la République dominicaine et quelque 2 % sont originaires de Syrie ou d'Irak. Près de 95 % de ces demandes sont rejetées.

Le sénateur dénonce l'absence d'un centre d'accueil des demandeurs d'asile (CADA) et constate qu'avec la majeure partie des cent places d'hébergement d'urgence disponibles réservées aux familles, "certains demandeurs deviennent alors des squatteurs, lorsque les autres se débrouillent comme ils peuvent".

Pour traiter ces nombreux dossiers de demandes d'asile, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) n'est pas présente en Guyane Les dossiers sont enregistrés par la préfecture, à Cayenne, puis transmis à l'antenne de l'OFPRA en Guadeloupe, qui patit elle-même d'un manque de personnel. La demande varie de l'ordre de 45 % en Guyane, 41 % en Guadeloupe et 14 % en Martinique. Il y a douze à vingt-quatre mois pour obtenir une réponse quand la norme nationale est fixée à neuf mois.

Harlem Désir a expliqué la hausse du nombre de dossiers par l'augmentation de la demande d'asile haïtienne - de l'ordre de 70 % par rapport à l'année précédente, avec un pic en août 2015. Il a ajouté qu'un officier de protection supplémentaire avait été affecté à l'OFPRA et que la mission foraine menée en novembre dernier avait permis de résorber le nombre de dossiers en attente et de réduire les délais d'instruction." Un appel à projets a été lancé en 2010 pour pallier l'absence de centre d'accuei et le centre de la Croix Rouge a été renforcé en personnel et en crédits. Parole de ministre, ça ira !

FXG, à Paris

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Le pédagogue 07/03/2016 21:59

Le pédagogue :


« La ruée migratoire », surtout depuis 2015, a poussé l’Union Européenne à décider d’un mécanisme dit de relocalisation pour les demandeurs d’asile.
Dans le cadre de ce programme, l’État en France s’est engagé à accueillir 30700 réfugiés.
135 personnes ont d’ores et déjà été accueillies.
150, en provenance de Grèce, ne vont pas tarder à l’être.
Ce qui va presque doubler le nombre des personnes accueillies en France où il est prévu d’accueillir 30700.
Mais comme dirait le défunt Driss Chraïbi, « petit à petit, le nid fait son oiseau ».
(Ce qui en France signifie petit à petit, l’oiseau fait son nid).
En attendant, il y a lieu de rappeler, encore rappeler, toujours rappeler, « ce qu tout le monde sait ».
Depuis longtemps, bravant tous les dangers, des milliers de personnes, hommes, femmes et enfants, chassés par les horreurs répandues dans les pays d’origine, tentent d’arriver en Europe et d’y rester, en dépit de l’hostilité dont elles sont l’objet, et qui ne date pas d’aujourd’hui.
Ce « processus migratoire » ne cesse de mettre en relief certaines conséquences des méfaits du système dominant qui a semé et qui sème encore, l’oppression partout.
En arabe, les personnes qui prennent la mer pour atteindre l’Europe sont appelés « lhrraaga » (les brûleurs).
Ce sont généralement des personnes qui tentent, à bord d’embarcations de fortune (affrétées par des assassins qui gèrent un trafic qui rapporte des sommes colossales), de quitter l’Afrique et d’autres pays situés ailleurs (comme l’Irak et la Syrie depuis peu), pour atteindre l’Europe, « la forteresse », où ils sont considérés, lorsqu’ils y arrivent, ce qui n’est pas toujours le cas, comme « clandestins ».
« Lhrraaga » parce que avant de se lancer dans cette tentative d’atteindre des côtes européennes, beaucoup brûlent (du verbe brûler, haraqa, hrq, hrg) tous les documents qui peuvent permettre de les identifier et donc de les expulser vers les pays de départ.
Des pays où sévissent des régimes fondés sur l’imposture, le crime, la trahison, la tromperie, la corruption, l’injustice, la perversion, la débauche, le mensonge, le pillage, l’oppression, l’exploitation, le viol, la torture, l’enfermement, la négation de l’être humain.
Avec ces régimes, pour les populations qui y subissent les horreurs, l’Afrique et d’autres pays situés ailleurs, sont des contrées où la merde gicle et dégouline de partout.
Nauséabonde.
L’esclavage a fait des ravages.
Le colonialisme n’a rien épargné.
Le système dominant continue d’alimenter, d’entretenir et de répandre les ordures et la pourriture.
Les régimes mis en place par ce système, sont tenus de tout mettre en œuvre afin de servir les intérêts de leurs employeurs.
Le système dominant a imposé à des populations entières de par le monde de chercher des moyens de subsistance dans des conditions, le plus souvent, atroces.
Les pays d’Afrique et d’autres pays situés ailleurs, restent pour les employeurs des réserves de matières premières et de main d’œuvre, des marchés pour tout écouler, des points stratégiques pour les militaires, des terrains d’expérimentations des armements, des lieux de pédophilie et autres « loisirs pour touristes », des dépotoirs multiples et variées et des décharges d’immondices.
Depuis un certain temps, l’Europe ne veut plus que ces « hrraaga » émigrent pour atteindre « la forteresse ».
Elle fait tout afin d’empêcher leur venue, mais ces « hrraaga » sont décidés à tout faire pour fuir les horreurs des es pays d’origine.
Ils n’ont rien à perdre.
Ils continuent de mourir pour fuir ce qu’ils ne peuvent plus supporter.
Afin de les contenir, l’Europe verse des sommes énormes (sommes que les corrompus mis à la « tête des États » à qui elles sont destinées, ajoutent à tout ce qu’ils ne cessent de piller pour s’enrichir, encore s’enrichir, toujours s’enrichir à ses employés pour qu’ils usent de tous les moyens de rétention.
Par ailleurs, en plus des possibilités illimitées de chaque État d’Europe, l’Union Européenne a mis en place une force dite « Frontex » avec des avions, des hélicoptères, des navires et autres, destinés à protéger « la forteresse » des assauts des « miséreux », des « hors-la-loi », des « envahisseurs », des « terroristes », comme des médias ne cessent de le répéter sur tous les tons et à tous les temps.
« Ils avaient le pas pesant, les bras ballants et la face effarée. Ceux qui s’arrêtaient pour les voir passer fermaient brusquement les yeux, en une minute de doute intense et subit, où l’origine et la fin conventionnelles de l’homme étaient vélocement révisées, les classifications des règnes et les métaphysiques mises à bas et échafaudées de nouveau comme un château de cartes sur leurs mêmes fondements et suivant la même systématique […] ils ouvraient les yeux : la faillite de la civilisation, sinon de l’humanité, qu’ils avaient vu défiler vêtue de fripes, ou, à tout le moins, des fripes emplies de néant » (Driss Chraïbi, Les Boucs, Paris, éditions Denoël, 1955, P. 26).

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