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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 07:06
 Les cinq membres de la commission : Gilles Gauvin, docteur en histoire, Marie-Prosper Eve, historien, Michel Vernerey, inspecteur général des affaires sociales honoraires, Wilfrid Bertile, agrégé de géographie, et Philippe Vitale, sociologue et président de la commission

Les cinq membres de la commission : Gilles Gauvin, docteur en histoire, Marie-Prosper Eve, historien, Michel Vernerey, inspecteur général des affaires sociales honoraires, Wilfrid Bertile, agrégé de géographie, et Philippe Vitale, sociologue et président de la commission

La commission d'information et de recherche historique des enfants de la Creuse au travail

Avant même d'être officiellement installés par la ministre des Outre-mer les cinq membres de la commission temporaire d'information et de recherche historique des enfants de la Creuse s'est mise au travail. Nommés par un décret au Journal officiel du 17 février, le président Philippe Vitale, sociologue, et les quatre autres membres Wilfrid Bertile, agrégé de géographie, Marie-Prosper Eve, historien, Gilles Gauvin, docteur en histoire, et Michel Vernerey, inspecteur général des affaires sociales honoraires, ont passé quatre heures hier à définir les grandes lignes de leurs travaux à venir. Tout d'abord, ils devront faire un bilan démographique des ex-mineurs transférés. "Combien étaient-ils au départ et à l'arrivée ? C'est compliqué de dénombrer tous les individus concernés car tous n'appartiennent pas aux associations", a explicité Philippe Vitale (photo ci-dessous). La deuxième tâche est de proposer une relation entre la situation des ex-mineurs au départ et à l'arrivée. "Pourquoi certains ont-ils été déclarés pupilles ?", continue M. Vitale. En troisième lieu, la commission devra identifier les obstacles à la transmission des dossiers individuels. "Les associations s'en plaignent. Il faudra pouvoir se rendre sur place, donc les y aider..." Enfin, il s'agira de proposer des actions et des mesures mémorielles individuelles ou collectives, comme du soutien psychologique et des lieux de mémoire (sur ce point, les associations n'ont pas encore trouvé de consensus).

"Nous ferons tout pour rencontrer le plus de monde possible, y compris en dehors des associations, a encore affirmé le président Vitale. Pour faciliter le rapprochement des ex-mineurs déracinés avec la commission, une adresse mail sera bientôt mise en place. Les membres de la commission procèderont encore à des consultations de spécialistes des affaires juridiques, des traumatisés historiques, des associations... "La commission est ouverte, assène son président. Nous avons toute latitude et indépendance scientifique totale !"

Ni procureur, ni avocat

Pour autant, la commission n'a pas pour objectif de trouver des coupables. "Ni procureur, ni avocat, nous allons décrire des faits, préconiser des solutions..."

Aujourd'hui, 1615 ex-mineurs ont été identifiés entre 1963 et 1982. La plupart réclament des réparations que ce soit des aides au retour, des billets d'avion pour les intéressés ou leurs descendants, du soutien psychologique. Là encore la commission ne s'interdit rien. "Nous ferons des préconisations et, in fine, ce sera au ministère des Outre-mer de les suivre." Sur ce point, George Pau-Langevin a insisté sur le fait qu'un bilan était d'abord nécessaire, que les gens aient accès à la vérité de leurs dossiers, ensuite il faudra voir les motivations de l'administration, puis la commission nous dira ce qu'il faut penser des demandes de réparation. Alors nous verrons ce qui est possible, envisageable et juridiquement fondé."

Les associations et les ex-mineurs étaient très nombreux au ministère lors de l'installation de la commission. Si ses membres ont deux ans pour boucler leur travail, la ministre des Outre-mer a promis qu'il y aurait des rapports d'étape au fur et à mesure de l'avancée de ses travaux.

L'un des fers de lance de ce combat, Jean-Philippe Jean-Marie, a eu ce mot si simple et pourtant si fort : "Nous ne sommes pas des enfants de la Creuse, nous sommes des Réunionnais !"

FXG, à Paris

Trois questions à Jean-Philippe Jean-Marie, président de l'association Racine en l'air

"Nous serons très très vigilants"

Etes-vous satisfait de la mise en place de cette commission ?

Il a encore fallu deux ans pour que cette commission soit mise en place depuis le vote par l'Assemblée de la résolution reconnaissant la responsabilité de l'Etat... Et nous avons dû nous-même faire monter la pression. J'aurais voulu que ça vienne de plus haut ! Zenfants pleurent pas pas tétée... On a pleuré un peu plus fort et cette commission a été mise en place.

Qu'attendez-vous de la commission ?

J'attends beaucoup de choses pour mes camarades, pour l'ensemble des déracinés des années 1960. Il faut pouvoir vite mettre en place des billets d'avion, un suivi pour chacun, la recherche de l'identité, le rapatriement des corps pour ceux qui mourraient ici si la famille le demande... Mais aussi la recherche de parents et ça, c'est juridique, c'est l'accès aux dossiers auxquels on n'a pu accéder !

Comment jugez-vous les cinq personnalités membres de la commission ?

Je suis très content ! M. Bertile est président de la fédération, Philippe Vitale a toujours été à nos côtés et les uns et les autres, s'ils sont là, c'est qu'ils ont à voir avec notre cause. Il faut voir quel genre de travail ils vont faire. Nous serons très très vigilants.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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