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6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 07:44
Chassol

Christophe Chassol en spectacle à l'Atrium

Le compositeur martiniquais Christophe Chassol vient présenter son spectacle Big Sun à l'Atrium le 6 avril.

C'est après son premier album, un double CD de 33 titres composés de 1996 à 2011, accompagné d'un film, son premier, "NOLA chérie" (New Orleans Louisiana), que Christophe Chassol s'est posé la question de tourner avec un spectacle. Il se rapproche alors de son compatriote, le batteur Lawrence Clais, et ainsi naît son concept très personnel d'"ultrascore". "Je fais une musique de film ultime parce qu'elle se sert des sons directs de la vidéo... En musique de film, tu fais le hors-champ, ce qui n'est pas à l'image, ou bien la psychologisation du personnage, ou encore du figuratif. Moi, je me sers de ce que j'ai filmé pour fabriquer la musique !"

Le pianiste et le batteur se positionnent face à face perpendiculairement à l'écran situé derrière eux. Ils se fondent ainsi dans l'image projetée. Le public assiste alors à un dialogue à trois, une synchronisation des trois comme si l'écran devenait l'orchestre face à ses deux solistes.

Jazz, pop et expérimental

C'est cette mise en image de sa musique qui va faire la marque de fabrique de Chassol. Il est celui qui va chercher ses sons dans le monde réel. Ni "musique concrète", ni "field recording", Chassol revendique une tradition pas forcément moins savante (il a commencé le conservatoire de musique à 4 ans), mais "pas austère en tout cas"... Chassol est un fan d'images, de cinéma et de pop. "Il n'y a pas d'image muette", lance celui qui fait des musiques de films (beaucoup de films d'horreur !) depuis ses 20 ans. Ses mentors sont Ennio Morricone, Jerry Goldsmith... Côté images, il parle volontiers des documentaires de Jean Van der Cucken, de Louis Malle ou Chris Marker... "2001, l'Odissey de l'espace, ajoute-t-il, des films où tu as le droit de faire autrement, hors format." C'est l'essence du jazz qui l'anime : pouvoir improviser, déborder. Mais il revendique aussi la musique pop et l'expérimental !

"J'utilise les images pour réaliser, voir de la synchro. Je veux pouvoir m'amuser avec les images comme un démiurge comme quand tu joues aux play-mobils, et observer ce que font la synchronisation du son et de l'image." Ainsi peu à peu est né son concept propre des harmonisations du réel avec la vidéo.

Harmonisation de discours

Quand on lui demande s'il y a eu un déclic dans sa carrière de compositeur, Christophe Chassol hésite, puis finit par parler de ses deux parents qui étaient parmi les 156 passagers et membres d'équipage du vol 708 de la West Caribean, crashé le 16 août 2005. Le jeune homme avait alors 29 ans. "Ca a joué sur ma façon d'envisager les choses... Mais pas seulement !" Il évoque en se jetant sur son piano les pièces pour enfants de Prokofiev, et joue quelques notes d'"Evenning". Certaines dissonances le frappent et il comprend qu'il peut écrire différemment. Il comprend le jazz !

Il a commencé par faire de l'harmonisation de discours, c'est-à-dire jouer la musique que produit un orateur en public. Ce travail, on le retrouve notamment dans "Big Sun" avec un discours harmonisé de Joby Barnabé sur la formation du créole ou encore avec une dame de 85 ans, Ediane Lise, qui raconte qu'elle est veuve et qu'elle va aller danser pour le carnaval !

Les images et les sons de Chassol ne s'expliquent ni ne se racontent, ils sécoutent et se regardent !

FXG, à Paris

Photos : Régis Durand de Girard

Introduction à Big Sun

"Chaque seconde, depuis 4 milliards d'années, l'équivalent de 10 milliards de bombes atomiques explosent dans le noyau d'une boule de feu gigantesque située à 650 millions de kilomètres de nous ; sa lumière met 100 000 ans, un mois et huit minutes à nous parvenir et c'est d'elle dont dépend le chant des oiseaux..."

L'enfance de l'art

Le père de Christophe Chassol, fonctionnaire et saxophoniste dans Latitude 14 ou Challenger, l'a mis au conservatoire à l'âge de 4 ans. C'est l'éveil, les percussions, puis le solfège et le piano... Plus tard, bien plus tard à Toulouse, Christophe, faisant une infidélité à son batteur habituel, Lawrence Clais, jouera avec Cédric Laban, un batteur qui n'était autre que le batteur qui jouait avec son père dans Challenger !

Très tôt, Chassol commence à composer. "C'est juste de l'arrangement les compositions, tempère le jeune homme, c'est juste décider de mettre telle ou telle chose dans tel ou tel l'ordre ! Ce n'est pas l'acte créateur qu'on croit que c'est..." Chassol emmagasine des idées, entend de choses et les réarrange dans sa tête pour former autre chose. "C'est pas si dingue qu'un enfant compose ! Quand un enfant dessine, il ne reproduit pas exactement un truc existant..."

Adolescent, Christophe joue dans des groupes. Ils reprennent Herbie Hancock, Gainsbourg, Hendricks, les Doors, mais jouent aussi leurs compos.

Plutot que le zouk, Chassol va préférer la pop de la Perfecta, d'Eugène Mona, de Malavoy... Il y a d'ailleurs du Mona dans Big Sun...

 

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