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6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 04:25

Le patrimoine téko en livres

Ti'Wan Couchili a publié chez L'Harmattan "Les Contes des quatre vent " — le dernier est "Le jaguar et le Tamanoir". Quatre ouvrages bilingues, en wayapi et en téko. Ti'Wan est une Téko, de Camopi. "Ces histoires sont celle que j'ai toujours entendues dans mon enfance. C'est notre télévision de la forêt... Il fallait les mettre sur le papier sinon un jour ou l'autre ça allait se perdre !" Elle s'est rendue au dernier salon du livre de Paris pour présenter sa culture de française amérindienne. "Je suis conteuse et à travers les contes, j'ai beaucoup appris et je suis devenue plasticienne et je crée des objets à travers les contes..."

Ti'Wan a également participé à un ouvrage ethnographique sur la communauté Téko"Guerriers de la paix", d'Eric Navet qui est venu travailler à Camopi. Ce chercheur a flashé sur les ciels de case que dessine Ti'Wan. Le ciel de case se fait à l'origine dans la communauté Wayana. "En Guyane, on est tous mélangés avec une autre communauté, raconte l'artiste, ce qui fait que je me permets de faire aussi des ciels de case. Au début j'en faisais avec les motifs téko (des oiseaux et des poissons) et, par la suite, j'en crée de nouveaux..." Chez les Wayanas, on met un ciel de case pour éloigner le mauvais sort. Chez les Tékos, ils illustrent par exemple les chants sacrés que les filles entonnent lors de leurs premières règles."Chez nous, explique encore Ti'Wan, les femmes peuvent devenir chamane, alors qu'à l'origine, comme chez les Wayanas, c'est réservé aux hommes d'un certain âge." Là encore, il s'agit de préserver un patrimoine et le transmettre, "le rénover à chaque fois et ne pas le perdre" !

FXG, à Paris

Guerriers de la paix

Depuis le XIXème siècle et les premiers témoignages sur les Teko, alors appelés Émerillon(s), on prédit leur disparition prochaine. Il est vrai que sous les pressions coloniales multiples : entreprise missionnaire, contacts avec les orpailleurs, les trafiquants de tout poil, les chocs sanitaires et culturels enclenchés par ces contacts, l’ethnie teko a bien failli disparaître physiquement, réduite à une soixantaine de représentants au début des années 1950. Pourtant, les Teko sont aujourd’hui environ 500 et des initiatives comme la création, en 2012 de la Compagnie Teko Makan qui, à Strasbourg, s’est produite pour la première fois devant un public non guyanais sont la preuve que les peuples traditionnels ont la volonté de défendre des valeurs et un mode de vie, une identité propres. La preuve, donc, qu’ il n’y peut-être pas de fatalité de l’histoire et que celle-ci peut être multiple.

La présentation de la culture teko, Guerriers de la Paix : les Teko de Guyane, à partir d’une exposition de ses productions matérielles, collection d’Éric Navet, présentée à la Maison interuniversitaire des sciences humaines, Alsace, MISHA, du 13 septembre au 4 octobre 2013, a eu pour ambition de montrer la vitalité de ces « petits peuples » dont parle Jean Malaurie et qui furent longtemps qualifiés de « sauvages ». Face à une civilisation technologique et mercantile qui met en danger la survie sur cette planète, les peuples traditionnels, dont les Teko sont un exemple, ont peut-être une leçon de survie à nous donner.

Les auteurs
Professeur d’ethnologie à l’université de Strasbourg de 1985 à 2013, Éric Navet a su transmettre à des générations d’ étudiants, avec patience et passion, une ethnologie humaine et engagée. Cette publication fait suite à l’exposition et aux évènements culturels et scientifiques Guerriers de la paix, les Teko de Guyane – Éric Navet, 40 ans d’ethnologie : une table ronde, des projections-débats et une « conférence-dansée », qui se sont déroulés à l’automne 2013 à l’université de Strasbourg et à Muttersholtz, petit village du Ried alsacien. Ces manifestations ont été organisées par Colette Riehl Olivier dans le cadre de l’Association des Étudiants des Amis de Institut d’Ethnologie pour honorer le départ à la retraite d’Éric Navet et son parcours d’ethnologue. Colette Riehl Olivier est doctorante en ethnologie du laboratoire SAGE — Sociétés, Acteurs, Gouvernement en Europe — de l’université de Strasbourg. Ses axes de recherche sont le corps, les Amérindiens, les rituels, la résistance, la résilience, le chamanisme. Elle est également formatrice en techniques psycho-corporelles spécialisée en relaxation et tai ji quan.

Ecoutez l’émission radio sur les Teko à l’occasion de la sortie du livre
Radio Libertaire, le 12/03/2016 avec E. Naver, C. Riehl, E.Maj

 

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