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6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 05:02

Du 19 au 29 mai, doit se tenir à cheval sur la Guadeloupe et la Martinique le premier salon du livre d'histoire. Une démarche initiée par l'éditeur martiniquais Jean-Benoît Desnel (Idem) qui s'en explique.

"Il faut lever un véritable tabou colonial"

Un salon du livre d'histoire et de l'essai, pourquoi une telle spécialisation ?

Les rendez-vous de notre histoire est un salon du livre régional autour du livre d'histoire et des essais, qui a pour principale visée de pallier les problèmes de mémoire hélas très prégnants aux Antilles. Il est important que des chercheurs isolés de divers horizons puissent se retrouver pour échanger. Ce sera le premier salon du genre aux Antilles, où se retrouveront à la fois romanciers, historiens, philosophes, journalistes, universitaires, cinéastes, metteurs en scène, plasticiens, poètes, comédiens d’horizons différents lors de tables rondes, avec l'absolue nécessité de rendre tout cela abordable pour le grand public, un peu à l'image d'un salon du même genre qui, à Blois, depuis de nombreuses années, tente d'apporter des réponses au public sur l'histoire, les vicissitudes et les grands bouleversements du monde. La thématique de cette première édition sera le tabou colonial dans la société française...

Vaste programme !

Tout cela s'articule autour d'espaces pédagogiques et d’actions scolaires, en plus des grands débats prévus avec les auteurs invités et des rencontres en librairie... C'est une façon d’apporter des réponses pour résister à l'engrenage des racismes et extrémismes et pour la survie de la démocratie.

Rien de moins que cela ?

Nos îles dans la Caraïbe comme les pays d’Europe subissent diverses crises sociétales profondes aussi fortes qu'inattendues. Aujourd'hui plus que jamais, il nous faut le recul nécessaire et une grande vigilance pour protéger l'humanité du chaos, en explorant des sujets comme la mémoire nationale, la laïcité, la francité, les guerres coloniales en Afrique du Nord et ailleurs, les oubliés des commémorations nationales, les luttes ouvrières et politiques aux Antilles, la résurgence des problématiques de cohésion sociale et du fameux vivre ensemble, des injustices et des discriminations, les méconnaissances accumulées sur la situation coloniale négligée ou occultée, l'affirmation des principes républicains de la France malgré l’empreinte des pratiques autoritaires de la colonisation depuis de nombreuses décennies.

Est-ce encore un sujet subversif ?

La France d'Outre-mer est faite des vestiges de l'ancien empire colonial, et elle constitue des zones de l’espace français où l’évolution très contrastée de l’histoire de France exige de lever un véritable tabou colonial persistant, pour plusieurs raisons, malgré le travail de recherche mené par les historiens et militants anticolonialistes, d’où la nécessité de s'appuyer sur l'éducation, la lecture, pour prémunir notre société contre les pulsions de haine et de violence. L'éducation passe par l'apprentissage de l'esprit critique, contre les langages manipulateurs, les peurs infondées, les crispations identitaires, tout un ensemble de rhétoriques démagogiques véhiculées par certains médias. Savoir c’est pouvoir ! La finalité ? Appliquer dans l’espace public les grands principes du siècle des Lumières et des droits humains et universels qui s'effilochent à notre époque.

Quels sont les intervenants prévus ?

Nous avons approché pour les conférences Angela Davis, Benjamin Stora, Suzanne Dracius, Maryse Condé, Patrick Chamoiseau, Charles-Henri Fargues, Raphaël Confiant, Gilbert Pago, Armand Nicolas, Roger Toumson etc... Nous ferons la lumière sur les mutations historiographiques de l’impérialisme français. Aux Antilles nous sommes un village planétaire qui possède les clefs de l’avenir, construit en résilience au sortir de notre passé. À nous de le faire savoir au monde.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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