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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 06:46
Sylvie Guellé, metteuse en scène de la pièce "Dis à ma fille que je pars en voyage", devant le théâtre du Centre, le 19 juillet, soir de la première

Sylvie Guellé, metteuse en scène de la pièce "Dis à ma fille que je pars en voyage", devant le théâtre du Centre, le 19 juillet, soir de la première

Sylvie Guellé de la Compagnie "Sur les rives" est la metteure en scène de la pièce "Dis à ma fille que je pars en voyage", de Denise Chalem, dont la première avignonnaise a eu lieu mardi 19 juillet. Rencontre avec une créatrice qui a le privilège de présenter cette année le seul spectacle guyanais à l'affiche du Off d'Avignon.

"Nous sommes prêtes à repartir !"

Quelle est la genèse de ce spectacle ?

J'habite à Remire-Montjoly et quand tous les jours je passe devant le centre pénitentiaire, ça me serre le ventre. Je me suis souvenu du texte de Denise Chalem et j'ai décidé de l'adapter à notre univers guyanais. J'ai eu l'occasion de rentrer dans le centre pénitentiaire et dans sa section femmes et j'ai été touchée par ces destins de femmes en prison. Certaines y sont parce qu'elles ont tué le conjoint violent pour protéger les enfants, d'autres pour des histoires de drogue....

Vous avez confié les deux rôles à Graziella Florimont et Anne-Laure Allègre. Comment les avez-vous recrutées ?

J'ai connu Graziella Florimont (qui joue le rôle de Dominique) quand elle était toute jeune. Elle a commencé le théâtre avec moi il y a une quinzaine d'années. Elle était très douée. On s'est perdue de vue parce que je suis partie travailler ailleurs et quand je suis revenue il y a quatre ans en Guyane, elle était là. Tout de suite, elle eu envie de reprendre. Elle aurait aimé faire une carrière plus poussée, mais de Guyane, c'est extrêmement difficile. Anne-Laure Allègre (qui joue Caroline) s'est installée en Guyane depuis cinq ans. Toutes les deux sont des professionnelles... quand il y a du travail !

Comment avez-vous préparé ce spectacle ?

Nous nous entendons très bien. Graziella est très forte en proposition et Anne-Laure a une grande sensibilité. Leurs rôles leur vont très bien, leur collent à la peau... La démarche artistique de la compagnie est d'explorer les relations sociales qui font que le vivre ensemble est possible ou insupportable, merveilleux ou conflictuel. Le contexte guyanais influence notre démarche car la multiplicité des communautés et des cultures interroge sur la capacité de chacun à aller vers l'autre...

Cela a-t-il été facile de trouver une scène à Avignon prête à accueillir une compagnie guyanaise ?

Nous avons contacté pas mal de salles, pas de très grandes jauges pour notre première participation... On a eu quelques réponses positives mais qui exigeaient qu'on fasse toute la durée du festival. Or, nous ne pouvions jouer que du 19 au 30 juillet... Heureusement, le théâtre du Centre avait un spectacle de danse qui s'arrêtait le 17 juillet. On a sauté sur ce créneau !

Comment s'est passée la première ?

On a eu beaucoup d'anxiété avant, mais aussi une certaine assurance parce que nous avons déjà joué ce spectacle moultes fois en Guyane et à l'Atrium en Martinique. Mais bien sûr que nous avons eu le trac en arrivant ici. La configuration est différente à Avignon. Il a fallu installer le décor en un quart d'heure et c'était stressant... Mais au final, la première a eu lieu et s'est bien passée. A la sortie, il y a encore de l'anxiété parce qu'on attend de savoir quels retours on va avoir...

Et quels sont-ils ces premiers retours ?

J'en ai eu deux de bons, un autre un peu moins, mais avec des remarques très intéressantes, positives dans le sens où je vais m'en servir pour avancer dans ce travail. Il y avait un petit manque de rythme que je pense lié au stress de la première mais je sais aussi que je vais profiter de ces deux semaines de représentation quotidienne pour améliorer des choses dans la mise en scène.

Et l'autre partie du travail, n'est-ce pas de trouver de nouvelles dates ?

On vient à Avignon non pas pour nous amuser, même si l'on s'amuse aussi, mais pour parvenir à passer à autre chose ! Nous devons rencontrer des programmateurs et nous espérons des propositions pour donner une suite à ce spectacle, ici dans l'Hexagone... J'attends, mais nous sommes prêtes à repartir !

Propos recueillis par FXG, à Avignon

Le pitch de la pièce

Caroline, une métro, arrive en prison et se retrouve dans la même cellule que Dominique, une créole qui a déjà passée sept ans de détention (sur douze). Caroline a de l'instruction, de l'éducation... Dominique a les manières rudes d'une mère de famille dont l'existence a toujours été pénible. Une amitié va naître entre les deux détenues, mais sous haute tension. L'humour, l'émotion, l'absurdité et la violence du milieu carcéral s'étalent devant le spectateur contraint d'admettre que la vie en prison, c'est toujours la vie...

Tous les soirs à 22h15 au théâtre du Centre, jusqu'au 30 juillet

 

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