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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 06:16
Paulinius Torrent, le dernier maron de la Guadeloupe

Roman

"Barré barré, barré Popo Torrent..." Certains, du côté du Baillif et de Vieux-Habitants en Guadeloupe connaissent encore cette chanson sans savoir toujours qu'elle fait référence au "dernier nègre maron de la Guadeloupe", pour reprendre le titre de la somme que Claude Philogène a consacré à Paulinius Torrent dit Popo (1882-1918). Pour donner corps et vie à cette légende de la Côte-sous-le-vent, la Guadeloupéenne Françoise Lancréot a choisi la forme romanesque avec "Paulinius l'insoumis", publié aux éditions Sépia.

Ethnomusicologue de formation, l'auteure a parcouru les campagnes de la Guadeloupe à la recherche de son patrimoine musical alors qu'elle faisait un mémoire sur le gwoka. C'est ainsi qu'elle a "rencontré" Popo la première fois, en 1979. Près de quarante ans plus tard, elle a assez de documentation pour se lancer dans le récit de la vie de ce personnage de légende. Paulinius est un homme simple dont le sort bascule à l'issue d'une soirée électorale précédant les élections de 1910. Refusant l'intimidation et les menaces qui pèsent sur un candidat qui s'oppose à l'assimilation, Popo corrige le dénommé Hector Ravallon, sbire du candidat adverse. Las, ce dernier dépose plainte contre lui et voilà Paulinius recherché par les mamblos. S'ensuivront huit années de maronnage... Par delà le fait divers, l'auteur s'attache à l'inscrire dans son contexte social et politique. Le 17 février 1910, le ministre des colonies a écrit au gouverneur de la Guadeloupe pour lui "donner son appui inconditionnel pour prendre toutes les mesures nécessaires afin d'éviter des soulèvements de la population". Il ajoute : "Parce que les colons constituent les principaux pourvoyeurs d'emplois (...) les mouvements de grève à venir sont à réprimer avec la plus grande sévérité..." C'est dans ce contexte que Paulinius sera pendant près de dix ans l'ennemi public numéro 1 du procureur, du gouverneur et des gendarmes. Attrapé, torturé, les ongles arrachés, Paulinius parvient à s'échapper à plusieurs reprises grâce à la solidarité des populations locales. Il finira toutefois avec quatre balles dans la peau. Cette mention sera même supprimée de son acte de décès par ordre du gouverneur... Aujourd'hui, de Paulinius Torrent, il reste une chanson et une rue, à Vieux-Habitants, l'ancienne route de la gendarmerie, dénommée après sa mort, chemin Raché zong...

Le mérite de ce livre est de sortir de l'oubli une belle et véritable histoire guadeloupéenne du début du XXe siècle dont on aimerait voir un Jean-Claude Barny ou un Lucien Jean-Baptiste s'en emparer pour la porter à l'écran !

FXG, à Paris

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