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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 05:52
Alain Mindjouk, Jean-Philippe Chambrier et Christophe Pierre

Alain Mindjouk, Jean-Philippe Chambrier et Christophe Pierre

Les Amérindiens de Guyane témoignent du drame de leur jeunesse au Sénat

Un an après la remise du rapport sur le suicide des Amérindiens au Premier ministre par la sénatrice Archimbaud, elle a invité une importante délégation amérindienne au Sénat hier pour leur donner la parole et tenter de faire vivre les propositions de son rapport.

"Les Amérindiens manquent de soutien dans la société française et auprès des ONG qui s'intéressent davantage au Brésil." Jocelyn Thérèse, président du conseil consultatif des populations amérindiennes et bushinengue (CCPAB) a donné le ton lors du colloque sur le suicide des jeunes Amérindiens de Guyane, hier au Sénat. "Notre monde s'effondre, a repris Christophe Pierre, auteur du clip vidéo "No suicide", diffusé le matin, et on ne peut pas se sentir très bien. On ne protège pas la nature parce qu'elle est jolie, mais parce qu'on s'en nourrit... Tout ce qui fait ce que nous sommes vient de la terre, de la faune et de la forêt." Il a achevé son intervention par ce cri : "Nous ne sommes pas des abandonnés de la République, nous sommes Téko, Wayana, Kalina... Peu de jeunes Amérindiens connaissent leur histoire et ça arrange tout le monde, y compris ce geste de désespoir, le suicide." Ce "mépris", il l'explique par la non reconnaissance de leur existence.

Lucien Panapuy, animateur du point information jeunesse de Camopi témoigne : "Il y a 80 % de jeunes à Camopi et la plupart s'ennuient. C'est pas de formations en tourisme qu'ils ont besoin ; la richesse est là, au pays !" Il voudrait une zone d'orpaillage légal sur la Camopi pour leur offrir de travailler !" José Gaillou, ancien conseiller régional écolo demande combien d'Amérindiens travaillent pour le parc amazonien... Alexandre Sommer-Schaechtele, secrétaire général de l'Organisation des nations autochtones de Guyane (ONAG) lui aussi estime que le passé est "lourd", mais il refuse la victimisation et réclame simplement l'application des textes et conventions internationales les concernant. Pour lui, l'acte de biopiraterie commis par l'IRD en déposant un brevet sur  le quassia illustre bien le problème : "La société amérindienne est ignorée par l'Etat, mais également la société guyanaise."

"On nous désarme"

Jean-Philippe Chambrier, président de la fédération des organisations autochtones de Guyane, abonde dans son sens : "La France veut l'excellence environnementale, qu'elle ouvre les yeux et nous écoute, nous sommes les gardiens de la nature. Et la France nous dit de manger du poulet, de creuser des puits et éventuellement acheter de l'eau en bouteille... Incroyable !" Christophe Pierre reprend : "On nous désarme et nous condamne à ne pas agir contre les orpailleurs..."

Pour autant, tous ont accepté de venir témoigner à Paris car ils croient encore à des solutions. Le rapport des sénatrices Archimbaud et Chapdeleine et ses 37 propositions sont, selon Alexandre Sommer-Schaechtele, le début d'une feuille de route. "il balaie toutes les problématiques des sociétés autochtones." Ainsi, la création d'un fonds d'utilité public, géré par le futur grand conseil coutumier prévu dans la loi égalité réelle outre-mer, à l'instar du sénat coutumier en Nouvelle-Calédonie, permettrait d'améliorer les conditions de vie des jeunes. Ce grand conseil coutumier pourrait aussi gérer les consentements des autochtones dans le partage des savoirs.

Il s'agit encore de réunir tous les "peuples qui souffrent d'isolement en Guyane" et, au-delà, une fédération plus large avec les nations autochtones du Suriname, du Venezuela, du Brésil avec le cacique Raoni, qui leur donnerait plus de visibilité. "Nous avons besoin de retrouver qui nous sommes, la philosophie de l'Amazonie, la mémoire de la première relation hommes nature, ajoute Christophe Pierre. Les jeunes n'ont plus envie de se résoudre à ce que les associations de défense de l'environnement leur proposent. On a envie de chasser et il y a matière à le faire !"

FXG, à Paris

 

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