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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 10:00
Serge Romana s'est installé devant le Sénat vendredi 13 janvier pour protester contre la suppression de la date nationale du 23 mai

Serge Romana s'est installé devant le Sénat vendredi 13 janvier pour protester contre la suppression de la date nationale du 23 mai

La crise des dates de commémoration de l'esclavage prend fin

Le débat opposant les dates commémoratives des 10 et 23 mai a repris au CNMHE  à l'occasion de l'examen de la loi égalité réelle outre-mer.

Serge Romana, président du CM98, a mis fin à sa grève de la faim mercredi soir quand les sénateurs ont rétabli le 23 mai.

Serge Romana, le président du comité de la marche du 23 mai 1998 (CM98), aura fait six jour de grève de la faim. Il s'était installé devant le Sénat pour dénoncer l'amendement du sénateur PS de la Guadeloupe, Félix Desplan, qui a fait radier du calendrier des commémorations officielles la date du 23 mai, " journée nationale en hommage aux victimes de l’esclavage colonial". Cette date a été instaurée en 2008 par une circulaire de François Fillon, alors Premier ministre ; l'Assemblée nationale l'a officialisée en octobre dernier. Elle vient s'ajouter à la date du 10 mai, instaurée en 2006, "journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition", ainsi que, depuis 1981, aux cinq dates locales qui, dans les départements d'outre-mer, célèbrent l'abolition.

C'est le Comité national pour la mémoire et l'histoire de l'esclave qui a été chargé en 2004 par le président Chirac de déterminer une date pour une journée nationale. En 2005, Maryse Condé, première présidente du CNMHE a refusé de prendre en compte la date du 23 mai au profit de celle du 10 mai, provoquant la démission de l'un de ses membres, Serge Romana. Depuis, les relations entre le CNMHE, rassemblant des historiens et des acteurs de la mémoire, et le CM98, la plus importante association de descendants d'esclaves, sont exécrables. A tel point qu'en 2015, le CM98 et le CNMHE ont prévu, chacun de leur côté, de créer des fondations rivales. Pour mettre fin à cette brouille, en août 2016, au terme du mandat de la présidente Myriam Cottias, qui s'est toujours inscrite dans la continuité du choix de Maryse Condé, lui a succédé l'historien guadeloupéen, Frédéric Régent. A charge pour lui d'apaiser les choses et parvenir à la fusion des deux projets de fondation.

Bataille interne au CNMHE

C'est ainsi qu'un amendement, soutenu par le président Régent, a été ajouté en octobre dernier dans la loi égalité réelle outre-mer pour instaurer officiellement les 10 et 23 mai. Il s'en est suivi une nouvelle chikaya au sein du CNMHE. Marie-France Astegiani-Merrain, présidente de l'association des Descendants d'esclaves noirs et leurs amis (ADEN94) a déclaré que cette disposition "impose la vision d'une République d'identités antagoniques, de mémoires ségréguées pour les blancs le 10 mai, et les noirs le 23 mai."

Au Sénat, la semaine dernière, Félix Desplan (photo) a expliqué que la date du 23 mai "sacralise une vision victimaire et porte à faire croire aux descendants d'esclaves que leurs ancêtres étaient totalement soumis alors qu'ils n'ont cessé de lutter"... Par ailleurs, réagissant à la grève de la faim de Serge Romana, le sénateur a indiqué que ce dernier "assouvissait son vieux rêve" en "transformant la manifestation annuelle du CM98 en une manifestation nationale".

Et tandis que le président Régent doit plus que jamais agir avec tact pour réconcilier son organisme avec le CM98, la directrice du CNMHE, sortant de sa réserve, utilise ces jours-ci son compte facebook pour crier "stop à la manipulation", moquer Serge Romana qui "fait grève le jour et dort à l'hôtel la nuit", avant de relayer les arguments du sénateur Desplan ainsi que ceux de l'ancienne présidente Myriam Cottias. Celle-ci juge "dangereux d'entériner par un décret, l’opposition, entre abolitionnistes et victimes" et redoute que "la République française valide une opposition implicite entre Blancs et Noirs, (...) une vision racialisée de l’histoire de France..."
Finalement, mercredi soir, le sénateurs ont rétabli la date du 23 mai au calendrier officiel des commémorations.

FXG, à Paris

Rétablissement de la date commémorative du 23 mai

C'est à la fin de la séance de mercredi après-midi que l'article 20A sur les dates mémorielles des 10 et 23 mai, est revenu en discussion. Comme le sénateur PS de la Guadeloupe, Félix Desplan, avait obtenu la suppression de cet article en commission, plusieurs amendements ont été proposé pour le rétablir, l'un du sénateur martiniquais Serge Larcher pour les socialistes, un autre par le sénateur de Saint-Martin, Guillaume Arnell pour les radicaux et centristes et un troisième par la sénatrice Aline Archimbaud pour les écologistes. Guillaume Arnell a voulu apaiser la crise en indiquant au sujet de la grève de la faim entamé vendredi dernier par Serge Romana, le président du CM98, que ce moyen ne pouvait être qu'un "ultime recours" et que l'on n'en était pas là puisque le travail parlementaire est encore loin d'être achevé avec la commission mixte paritaire à venir et un éventuel retour du texte devant les députés. Il s'est toutefois montré sévère avec l'action de Serge Romana : "Le Parlement ne peut travailler sous pression, alors que nous comprenons le sens de la démarche."

La commission des lois et la ministre des Outre-mer s'en sont remis au choix des sénateurs. Félix Desplan a pris la parole : "Deux, trois, quatre commémorations, cela ne fait pas sérieux... Je confirme ici ma position. Finalement, ce sont finalement les amendements de Guillaume Arnell et de Serge Larcher qui ont été adoptés, rétablissant ainsi l'article de loi qui fixe officiellement la date du 10 mai, comme "journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition", et celle du 23 mai comme "journée nationale en hommage aux victimes de l’esclavage colonial".

 

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