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24 mars 2017 5 24 /03 /mars /2017 12:47
Une Martiniquaise en Suède

De la danse afro-antillaise à la Suède

Expatriée en Suède depuis 2013, cette danseuse martinico-iranienne, y promeut les danses antillaises tout en finançant la scolarisation de jeunes nigériennes.

Nathalie Dispagne est Martiniquaise par son père natif de Rivière-Pilote, et Iranienne par sa mère. Elle, elle vit en Suède (à Lund près de Malmö) et quand elle fait un colombo, c'est avec du riz persan ! Le papa, photographe, a rencontré la maman à Paris dans les années 1970 et c'est en banlieue parisienne que la petite Nathalie va découvrir la danse, précisément le bèlè, la mazurka et la biguine avec les associations de danses Antillaises d'île de France. "J'ai par la suite intégré le groupe du Diversity Dance workshop, raconte Nathalie, où j'ai pu apporter ces danses. Cette association promouvait l'unité dans la diversité." C'est ainsi qu'elle découvre les premières tournées en province, mais également en Roumanie et en Guadeloupe où elle découvre le ka. Après sa scolarité, elle apprend les arts plastiques à l'université Paris VIII tout en continuant à danser. Et c'est à l'occasion d'un voyage au Niger que lui vient son projet humanitaire. "J'ai été touchée de voir des enfants dans la rue, sans éducation..." Elle ne sait pas encore ce qu'elle peut faire et elle ne sait pas encore que la danse va devenir son métier. Pourtant, à Niamey, les Nigériens l'avaient baptisée "Gonorawa", ce qui, en haoussa, veut dire "expert en danse"... De retour en France, elle met un terme à ses études et décide de partir à New York. Elle est engagée au Broadway dance center où elle devient danseuse professionnelle. Elle va y rester cinq ans au contact de grands chorégraphes tels Brian Green, Spex Boogie ou Marjory Smarth.

Mamachee

Elle crée l'association "Mamachee", ce qui en langue jerma (du Niger) signifie "venez écouter". Elle veut financer la scolarisation d'enfants au Niger. Pour y parvenir, elle peint des tee-shirts qu'elle vend à ses camarades dans les classes de danse. La jeune fille attire ainsi l'attention de ses professeurs qui décident de l'aider à récolter des fonds à l'occasion de leurs spectacles. Dans le même temps avec un autre danseur martiniquais installé à New-York, Franck Muhel, elle enclenche une collaboration avec le comité martiniquais du tourisme pour mettre en valeur le bèlè, la biguine et la mazurka. Ainsi, crée-t-elle ses propres chorégraphies pour les spectacles du Off-Broadway. L'expérience dure de 2007 à 2011. En 2013, elle a réuni assez d'argent pour envoyer une petite nigérienne de 6 ans à l'école.

Des Suédoises en madras

Cette même année, Nathalie décide de rejoindre des camarades de danse suédois à Lund où ils ont ouvert une école. "Ils m'ont demandé de donner des cours de danse traditionnelles, antillaises, africaines et orientales. Personne ne connaissait la Martinique !", raconte-t-elle. Pourtant ses cours, ses spectacles, ses "workshops" ont un succès fou dans les théâtres et les festivals. "C'est magnifique de voir des Suédoises en madras danser la mazurka, s'exclame-t-elle. Je leur apprends aussi les aspects historiques et anthropologiques de ces danses... Je leur explique que certains mouvement sont ceux des coupeurs de cannes..."

Nathalie a été chargée de chorégraphier "Le roi lion" dans sa version scandinave et elle n'a pas manqué s'y introduire ces pas de danses qui lui sont chers... "Bien sûr, il y a des codes dans le bèlè, mais je le fais pour promouvoir l'unité dans la diversité." Nathalie veut participer à "construire la communauté mondiale" et, précise-t-elle, "ça commence dans son quartier". L'an dernier, grâce à ses spectacles qui promeuvent les danses antillaises, Nathalie a pu envoyer Safiatou et Aïssata, deux adolescentes, au collège Hampaté Bâ, un établissement de Niamey qui promeut l'égalité des filles et des garçons.

FXG, à Paris

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