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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 06:45
Hector Poullet, grand épistolaire du samedi, et son éditeur Florent Charbonnier

Hector Poullet, grand épistolaire du samedi, et son éditeur Florent Charbonnier

Dans "Abobo !" chez Caraïbéditions, l'auteur de Capesterre-Belle-Eau prend Glisasnt à rebours : "Des démiurges proposent de s'accepter avec une identité rhizome, avec juste quelques rhizomes pour nourrir leur personnalité à partir de leur environnement quel qu'il soit car, disent ces théoriciens d'une créolisation mondialisante, ce serait dans cet univers d'individus sans racine que se trouverait l'avenir du Tout Monde. Une identité au court flottant en quelque sorte où chaque individu, telle une algue, voguerait au gré des flots de la globalisation. Telle serait la solution à leur quête d'identité..."

"Un peuple ne peut se construire sans légende"

Depuis quand écrivez-vous Hector ?

Depuis le cours préparatoire !

Et vos premières histoires ?

On m'a presque forcé ! J'avais écrit des poèmes et ils ont été publiés sous le nom de quelqu'un d'autre parce qu'on voulait absolument que je les publie !

Sous le nom de qui ?

Celui de Sony Rupaire... C'est une autre personne qui a fait ça en pensant rendre service à Sony. Il pensait que ça ne pouvait être que Sony Rupaire !

Et comment êtes-vous venus à la fiction ?

C'est nouveau ! J'ai proposé à mon éditeur des légendes parce que si nous avons des contes aux Antilles, nous n'avons pas de légendes et un peuple ne peut se construire sans légende. Or, nous en avons, mais les enfants ne les connaissent pas. On leur apprend les légendes grecques, latines, chinoises ou nordiques, mais on ne leur parle pas de ce qui s'est passé dans leur pays. Il y a eu des hommes et des femmes héroïques, des marins, des religieux, des esclaves révoltés... Il y a des tas de choses à leur raconter pour les aider à construire leur identité.

Et là, vous arrivez avec quatre légendes inédites...

La première commence 100 ans avant l'arrivée de Christophe Colomb, avant la guerre entre les Arawaks et les Caraïbes. Elle me vient de deux amis de la Dominique qui l'ont appris d'un cacique Caraïbe. S'ils n'avaient pas été en guerre, ils auraient coulé les caravelles de Christophe Colomb, il ne serait jamais revenu et on en n'aurait jamais entendu parlé ! Pourquoi cette guerre ? C'est toujours pareil, une histoire de femme... Une femme qui a enfanté du Dieu serpent. Et ce serpent a été coupé en mille morceaux devenus mille soldats Caraïbes qui se sont vengés des Arawaks.

La deuxième légende se passe à l'habitation Bois-Debout, à Capesterre-Belle-Eau...

C'est l'histoire de Gaegaba, un esclave venu libérer les autres esclaves. Un homme qui s'était porté esclave volontaire et qui a maudit cette habitation... Et depuis, tous les ans, il y a un drame. Un des propriétaires s'est jeté dans la cuve bouillante de sirop... Récemment encore, un gars est descendu de son tracteur. Le frein, mal mis, a lâché et le tracteur lui est passé dessus...

Vous faites aussi du vyé neg une légende...

C'est l'histoire d'un Congo venu sous contrat après l'abolition. Il s'appelait Télesfort, ce qui voulait dire "t'es le fort". Au lieu d'être libéré au bout de trois ans, le propriétaire lui présente sa facture et lui demande de renouveler son contrat. Il s'enfuit vivre dans les bois, sur les hauteurs de Capesterre, trainant une mauvaise réputation de vyé neg. A sa mort, il arrive au ciel, il est mal vu. il arrive en enfer, il est mal vu... Belzebuth le renvoie sur la terre. Il explose sur la soufrière en tombant et est entré dans toute personne vivant en Guadeloupe. C'est pourquoi, blanc ou noir, on a tous un vyé neg en nous...

La dernière histoire est-elle réellement une légende ?

Elle commence dans les années 30 et raconte l'histoire d'une petite négresse de Marie-Galante qui apprend à lire difficilement et qui finira par enseigner le français aux petits Parisiens... Un parcours légendaire !

Vous préparez autre chose ?

La suite de mes recueils "Tomblokoto" et "Blogodo" sur les onomatopées.

Pooo ! Et ça vient d'où "pooo" ?

Ca vient sûrement ou des Caraïbes ou des Africains puisque ce n'est pas français.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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