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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 04:48
ITW Emmanuel Macron - Outre-mer

Emmanuel Macron, candidat d'En marche !

" Je ne suis pas favorable à ce qu'on ouvre des débats constitutionnels"

Comment allez-vous convaincre les électeurs qui ont choisi Mélenchon et Le Pen au premier tour ?

Le projet de Marine Le Pen n'aidera pas les outre-mer. Mon projet est au contraire volontariste et concret, d'une part en confirmant le paquet d'urgences qui a été négocié par le gouvernement actuel sur la Guyane, d'autre part en réunissant dès le début du quinquennat des états généraux des Outre-mer avec une feuille de route sur douze mois adaptée à chaque territoire. Je veux qu'on sorte d'une double logique, celle de condescendance avec les outre-mer, et celle qui consiste à penser que les défis sont les mêmes partout.

La Guadeloupe et la Martinique affrontent notamment un défi central : l'absence de souveraineté alimentaire et énergétique. La Réunion a quant à elle un problème de vie chère qui n'a rien à voir avec la souveraineté alimentaire puisqu'elle produit 80 % de ce qu'elle consomme. C'est un problème d'inscription dans un espace géographique qui la pénalise et dont elle ne bénéficie pas. Elle subit en outre une crise sur la canne à sucre... Nous apporterons donc des réponses spécifiques, secteur par secteur, et territoire par territoire, avec une volonté de développer des filières agroalimentaire, énergétique, industrielle et touristique, et de valoriser à la fois la biodiversité et la ressource marine.

Y aura-t-il un ministre des Outre-mer ?

Je veux un ministère en charge du sujet ultramarin, pour lequel sera nommé un ministre qui sera compétent ! Nous aurons surtout une politique territoire par territoire. Elle sera définie par les états généraux dont je vous ai parlé, sous la responsabilité du Premier ministre, avec si besoin des personnalités qualifiées qui accompagneront les sujets les plus sensibles. Je nommerai par ailleurs dans chaque ministère un référent outre-mer. Car l'outre-mer n'est pas qu'un portefeuille ministériel ! Il faut qu'au ministère de l'Energie on ait quelqu'un en charge du projet ultramarin parce que la biomasse, le biogaz, la géothermie sont spécifiques et qu'ils nécessitent chacun des adaptations réglementaires spécifiques...

La politique économique doit-elle se résumer à l'exonération des charges sociales et à la défiscalisation des investissements ?

Nous garderons les instruments actuels pour éviter toute déstabilisation. Nous développerons la structuration des filières, grâce à de l'investissement public et de l’investissement privé, ainsi que des appels à projets. Par ailleurs, la dépendance énergétique alimente la vie chère alors qu'il y a tout pour arriver à une souveraineté énergétique. Nous devrons également encourager les filières d'importance sur le plan agro-alimentaire, comme la banane ou la canne à sucre, mais aussi l'agriculture vivrière dont on a besoin pour la souveraineté alimentaire. Le plan d'investissement agricole de 5 milliards d'euros qui sera lancé sur l’ensemble du territoire servira notamment à financer une politique de modernisation des exploitations.

Comment règlerez-vous le problème du foncier agricole ?

Il y a un vrai sujet foncier, très variable selon les territoires, mais je ne veux pas alimenter la spéculation ni les effets de rente. Je souhaite que le foncier soit libéré pour que les gens puissent se loger à moindre coût et qu'on puisse développer l'activité économique et, entre autres, agroalimentaire.

Comment comptez-vous renforcer la capacité des territoires à s'inscrire dans leur espace régional ?

Cela suppose une politique européenne beaucoup plus active au titre des Régions ultrapériphériques. En matière de continuité territoriale, j'ai pris des engagements pour permettre aux acteurs économiques d'avoir accès aux territoires voisins. Afin de mieux s’intégrer dans son environnement il faut aussi adapter la réglementation. C'est valable aussi pour la réglementation qu'on impose aux pêcheurs et qui les empêche de développer leur activité avec des quotas inadaptés à la réalité des réserves et du quotidien.

Faut-il donner plus d'autonomie aux territoires, ou faut-il davantage les insérer dans le droit commun de la République ?

Je ne suis pas favorable à ce qu'on ouvre des débats constitutionnels spécifiques à l’outre mer. Nous en aurons un sur le cas réunionnais suite à l'amendement Virapoullé, parce qu'il ne permet pas les adaptations réglementaires, mais pour ce qui est des autres territoires, je pense qu'il faut déjà qu'on exploite l'article 73 de notre Constitution. Mon souhait est d'être pragmatique. On peut aller plus loin en termes d'adaptation dans la politique énergétique, de transport ou d'exploitation des ressources naturelles.

L'Etat a lâché 2,5 milliards en Guyane. Les autres territoires voient cela avec intérêt. Comment ferez-vous pour que la Guyane ne fasse pas tâche d'huile ?

Les états généraux dès le début ! L'erreur qui a été faite en Guyane est d'avoir tardé sur le pacte d'avenir. Il était d'un milliard d’euros, et j'ai tout fait lorsque j'étais ministre pour qu'on le signe. Le retard pris fait qu'au bout d'un moment, ça coûte beaucoup plus cher. C'est pourquoi chaque territoire aura sa feuille de route après les états généraux, dès le début du quinquennat. Il ne s'agit pas de dresser une liste de courses ; on ne va pas ouvrir les vannes budgétaires. Il faut du pragmatisme, de la simplification réglementaire, donner un statut particulier aux entrepreneurs... Et durcir les contrôles pour empêcher les abus.

Les activités économiques informelles demeurent importantes...

Il y a de l'activité informelle parce que le cadre français hexagonal n'est pas adapté à des territoires plongés dans une réalité régionale toute autre.

Les ultramarins dans l'Hexagone sont souvent stigmatisés à cause de leurs différences physiques. Qu'avez-vous à leur dire ?

Nous devons avoir une beaucoup plus grande ouverture et inclure totalement dans notre francophonie la créolitude et tout ce qu'elle emporte de langues diverses, de ses cultures. Ensuite, nous développerons une vraie politique de mobilité, d'émancipation et de représentativité de la société française par l'école, par la réussite économique et sociale dans l'entreprise, l'université, les médias et la vie politique. J'aurai des candidats issus de la diversité et des territoires d'outre-mer, pas seulement dans les DOM et les COM, mais également dans la France hexagonale parce qu'il y a beaucoup de départements où ils sont très nombreux et où ils doivent participer au renouveau démocratique que nous portons. Il s'agit de casser des barricades psychologiques qui aujourd'hui bloquent une capacité à faire.

France Ô suffit-elle en soi ? N'est-elle pas l'antenne de dégagement pour les autres chaînes de France TV ?

Mais tant qu'on aura pas donné plus de place aux outre-mer, ce serait une erreur de supprimer France Ô. Il faut d'abord garantir que les outre-mer aient une meilleure représentation dans le champ audiovisuel.

Quelle place accorderez-vous aux politiques publiques mémorielles. Jusqu'à présent, elles ont surtout abouti à des bananes et des quenelles...

Ce n'est pas que mémoriel, c'est identitaire. Ce n'est pas une mémoire passée, c'est une mémoire vivante. Une partie considère qu'on n'aime pas la France si l'on en parle, une autre partie considère qu'elle est assignée à résidence par cette mémoire et qu’une dette lui est dûe à perpétuité. Je ne suis ni dans la revendication, ni dans la repentance, ni dans le déni. Il faut dépassionner comme le font Frédéric Régent et d'autres, rentrer dans le coeur d'une mémoire vive, d'une histoire, d'une historiographie, des programmes scolaires pour expliquer le rôle des uns et des autres. Il faut dépassionner nos quartiers populaires, nos banlieues pour avoir une mentalité non pas de revendication ni de soumission, mais de diversité dans la République. Notre politique ne doit pas être que mémorielle mais une politique de reconnaissance.

Certains font le lien entre les violences policières et les violences coloniales...

Non ! Il y a une défiance qui s'est installée, je ne l'alimente pas. Je refuse le climat de guerre civile dans lequel le Front national a une responsabilité inouïe. On m'a reproché d'être "en même temps", mais la France, c'est tout en même temps ! Il y a des policiers formidablement courageux, il y a des bévues, il y a aussi des jeunes qui sont complètement à la dérive et qui créent de l'insécurité... Il ne faut donc pas renvoyer à des clivages qui enferment, mais avoir une politique de tolérance zéro à l'égard de la délinquance et d'extrême exigence à l'égard des forces de l'ordre qui doivent aussi se soumettre à des règles claires. Il faut recréer de la confiance, mieux former les policiers, avoir une politique de contrôle moins systématique d'identité. C'est la raison d’être de la police de sécurité quotidienne que je propose de créer.

Propos recueillis par FXG, à Paris

 

 

 

 

 

 

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