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12 septembre 2017 2 12 /09 /septembre /2017 06:52
Le nouveau polar de Loïc Léry

"La roche empoisonnée", le polar sur le crack de Loïc Léry

L'auteur du "Gang des Antillais", Loïc Léry vient de publier dans la collection Polar de Caraïbéditions, "La roche empoisonnée", un roman vif, rapide et violent. L'aventure qu'il fait vivre à ses deux héros, Angéla la capresse et Madjumbé le rasta, est une sorte de parabole d'un Martinique aux mains d'un capitalisme sauvage où l'humain n'a plus de place, si ce n'est pendant les quelques jours du règne de Vaval... Une Martinique où l'esclavage des ancêtres a laissé place à l'esclavage de la jeunesse avec  la drogue, le crack, cette roche empoisonnée...

"Des hommes super puissants qui veulent récupérer cette magnifique île, m’ont donné comme mission de répandre le crack dans tout le pays pour anéantir la jeunesse, la rendre ababa, droguée (...) Avec une jeunesse sans idéal, sans meneur et avec une gueule de drogué (...) qui ne pense pas, mes hommes ont la main mise beaucoup plus facilement sur le pays." C'est la profession de foi du méchant qui fricote avec la bonne société qui se délecte dans des partouzes au Cap Est... La vision que Léry offre de la société martiniquaise ce sont "ses dirigeants qui traficotent à droite, qui traficotent à gauche, au centre, qui pataugent dans un manger-cochon sans réelle conviction, incapables d’accrocher le peuple à une base bien déterminée." La violence du texte de Loïc Léry n'a d'égale que celle de cette société, celle de "ces juges traficoteurs, ces flics achetés, ces maires qui mettent la main dans la caisse du peuple, ces ministres qui ne pensent qu’à leur gueule, ces présidents qui caressent la bombe atomique, qui vendent des armes à qui les veut, à des amis du jour mais terroristes ennemis demain, qui vendent la mort à tout bout de champ pour demain nous dire que la jeunesse est violente".

Un bon polar ne vaut pas tant par la qualité de son intrigue que par le portrait social qu'il dresse. Entre le penchant d'un Raphaël Confiant pour la populace et la prose d'un Chester Himes qui dénonçait la propension de la communauté noire à se réfugier dans la croyance religieuse aveugle ou dans la voie de l'illégalité, Loïc Léry signe de fait un roman politique en plaçant l'amour au coeur de sa réflexion.

FXG, à Paris

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