Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

  • : le blog fxgpariscaraibe
  •   le blog fxgpariscaraibe
  • : Caraibes, Antilles, Réunion, Outre-mer, Paris... Le blog des infos du 6e DOM, des gens originaires d'outre-mer à Paris politique economie culture justice société
  • Contact

Recherche

12 octobre 2017 4 12 /10 /octobre /2017 05:03

Débat tendu autour des contingents de rhum à l'export

L'augmentation du contingent de rhum des DOM de 24 000 Hap (hectolitres d'alcool pur) obtenu à Bruxelles a été saluée unanimement par l'ensemble de la filière. Si le contingent de la Guyane doit passer de 500 à 1000 Hap, tandis que celui de la Réunion doit prendre 20 %, la nouvelle répartition à définir entre la Martinique et la Guadeloupe pose problème.

"Dans cette répartition, explique le président du CODERUM, le Martiniquais Charles Larcher, nous serons fauchés en plein vol." Il indique que la Martinique a fait le choix territorial d'avoir une petite production de canne et d'excellence tandis que la Guadeloupe aurait fait un choix, celui du sucre. "Aujourd'hui, poursuit le Martiniquais, il y a une réorientation de la politique de nos amis guadeloupéens mais qui ne doit pas se faire au détriment de notre territoire." Charles Larcher reconnaît que la répartition du contingent favorise la Martinique, mais il n'admet pas que cette répartition soit" remise en cause pour des raisons qui n'ont rien à voir avec la qualité du produit". Ainsi ce serait la démarche "appellation d'origine contrôlée" (AOC) qui donnant un statut de meilleur rhum offrirait aux Martiniquais une légitimité aux aides et au contingent. Mais qu'en est-il dans les faits et, surtout, que sont ces parts supplémentaires du contingent au bénéfice des Martiniquais ? Il s'agit du contingent du Galion, soit 20 % du contingent martiniquais. Or, ce contingent est produit en partie depuis des années, grâce à une dérogation d’importation de mélasse ou de travail à façon en Guadeloupe. Les rhumiers guadeloupéens, dans les discussions en cours, disent que leur demande ne vise que la rétrocession des 20% du Galion. "Le rhum agricole Martinique bénéficiera bien de sa part de 20% d’augmentation", fait observer Hervé Damoiseau. La Martinique manque structurellement de canne ce qui l’oblige à importer du rhum de Guadeloupe pour répondre à ses autres marchés."

Les rhumiers martiniquais ont fait des efforts de replantation, mais ce qu'il leur manque, ce sont plus de 15 000 tonnes de cannes supplémentaires au minimum. Les terres à bananes que la Martinique veut planter en cannes ont elle été agréées par l’AOC ?

Dans le soutien qu'il a porté à la filière martiniquaise, le président Alfred Marie-Jeanne a souligné lui aussi l'importance de l’AOC qui permet de mieux valoriser les rhums martiniquais. "Les Martiniquais ne devraient même pas avoir besoin de contingent puisque l’AOC leur assure des débouchés et une notoriété dont ne dispose pas la Guadeloupe, ironise Hervé Damoiseau, d'autant qu’en prix de vente consommateur, ils sont moins chers que les rhums de Guadeloupe."

L’AOC est un cahier des charges expliquant la méthode et le procédé de production tout comme l’indication géographique (IG) que la Guadeloupe a sollicité, refusant l’AOC.

FXG, à Paris

La réalité du contingent actuel

Le contingent agricole devrait être au minimum à 50% du contingent global, or actuellement, il est réparti à 55% pour le rhum de sucrerie et à 45% pour le rhum agricole.

Le rapport de production de rhum agricole entre la Guadeloupe et la Martinique est de 1 à 2, le contingent de 1 à 3,8 et les stocks en métropole de 1 à 6 (certains operateur de Guadeloupe sont obligés de travailler à flux tendu quand ce n’est pas mettre le marché en rupture).

A production égale, les distilleries ne disposent pas du même contingent au nom d’une situation historique qui n’évolue pas en fonction du marché ni du souhait des consommateurs :

Damoiseau a un contingent de 3 214 Hap alors qu’il produit à peu près comme La Mauny – Trois-Rivières (une seule distillerie pour les deux marques) qui a un contingent de 9 524 Hap, ou encore comme Dillon-Depaz qui a un contingent de 11560 Hap.

Bologne produit en moyenne la moitié de La Mauny - Trois-Rivières a un contingent de 1 874 hap

Les disparités existent à l’intérieur même de la Martinique :

La distillerie du Simon, HSE, dont la production se rapproche de celle de RMSJ Saint-James, a un contingent de 7 105 Hap contre 12 141 Hap pour le second (même si ces deux producteurs ne valorisent pas leurs marques en vendant du Rhum "marque de distributeur" ou à pas cher.)

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Articles Récents