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4 novembre 2017 6 04 /11 /novembre /2017 06:36
Lycinaïs Jean à l'Elysée Montmartre

Lycinaïs Jean sera à l'Elysée Montmartre ce 4 novembre où elle présentera son premier album solo sorti la veille. La toute jeune artiste est martiniquaise du Lamentin par son père et Guadeloupéenne de Trois-Rivières par sa mère. Son nom d'artiste, elle l'a composée elle-même en prenant deux lettres de chacun de ses prénoms avec son nom de famille et c'est ce nom recomposé qu'elle a donné à son premier album. Interview

"Tout le monde a son petit jardin secret"

Premier album, première scène parisienne... Ca vous émeut, ça vous donne le vertige ?

Un peu de tout, mais ça va se finir en positif ! La pression qu'on se met, c'est la même à chaque fois qu'on va monter sur scène, mais c'est une bonne pression ! On s'attend à certaines choses, du coup on stresse beaucoup, mais il ne faut pas se focaliser. Il suffit de bien préparer son spectacle ! Une fois les premières notes massées, ça se passe toujours bien !

Quel mot choisiriez-vous pour décrire votre univers ?

Pop caribéenne ! On m'a connue beaucoup sur du zouk, parfois dancehall, parfois trap... Je suis assez éclectique ! J'écoute de tout, donc je m'inspire de tout ! Mais sur mon album, on va découvrir de la pop, presque de la pop rock, de la pop caribéenne, de la pop à ma sauce !

C'est ce qui explique votre look ?

J'aime beaucoup le style un peu vintage !

Quelle langue habitez-vous ?

Difficile de répondre parce que j'ai vécu entre la Guadeloupe, la France, la Martinique... Alors, je dirai la langue universelle, celle du coeur !

Comment exprimez-vous votre caribéanéité ?

Elle s'exprime dans le flow ! Quand on entend ma voix, on sait que je suis Caribéenne, que je suis black, noire ! Et dans mon écriture aussi quand j'écris des textes en créole... La poésie créole et la poésie française sont des choses différentes, ça me sert !

Vous dîtes que vous avez mis du temps à admettre que vous étiez une artiste. Que voulez-vous dire ?

J'ai toujours su que j'étais artiste dans le sens où j'étais passionnée de musique. Mais ce n'était qu'une passion dont j'avais besoin pour respirer, pour vivre... Quand j'ai commencé à le partager sur Internet, qu'une petite communauté s'est constituée autour de moi, qu'elle s'agrandissait... Au moment où j'ai commencé à me professionnaliser, comprendre qu'il y avait un intérêt dans ce que je faisais et quand j'ai sorti mon premier single, c'est là que je suis devenue artiste de métier ! Ca a commencé à ce moment, quand c'est devenu plus qu'une passion !

Auriez-vous pu imaginer faire autre chose ?

J'ai fait des études dans le commerce et dans la cuisine, mais honnêtement, je ne l'ai pas fait avec grande conviction. J'avais pris une année sabbatique où je n'ai fait que de la musique puisque je n'avais que ça à faire et c'est comme ça que c'est venu. C'est au cours de cette année sabbatique que j'ai publié des vidéos, que j'ai commencé à me faire connaître.

Comment vos parents ont pris la chose ?

Au début, ils ont eu peur. Ils ont toujours admiré le talent, toujours apprécié m'entendre, quand ils l'ont découvert, parce qu'au début, ils ne savaient pas du tout. Ma mère n'était pas au courant que je chantais ; mon père, qui est musicien, non plus, mais il savait que je faisais de la guitare, que j'aimais la batterie... Ils ont eu peur au début parce qu'ils s'attendaient quand même à ce que je choisisse d'abord un métier, une voie professionnelle et que je prenne la musique à côté. Sauf que quand on est artiste dans l'âme, c'est difficile de se dire qu'on va travailler et trouver du temps pour faire de la musique. L'inspiration, c'est quelque chose de très délicat. Il faut avoir du temps, se libérer l'esprit et le seul moyen, c'est de se lancer à fond ! Ne faire que ça ! Aujourd'hui, ils sont plutôt rassurés et contents pour moi.

Qui est votre public ?

Il n'y pas seulement les gens de chez moi, c'est-à-dire aux Antilles qui m'écoutent, plus ça va, il y a des gens en France, en Afrique, même en Allemagne ! Je peux aller plus loin que chez moi, exporter ma musique un peu plus loin ! Aujourd'hui, ma motivation, c'est ça !

L'album porte votre nom, pourquoi ?

On a fait simple, parce que c'est un descriptif émotionnel de moi. Ce sont mes émotions que j'ai mises à plat, sur lesquelles j'ai mis des notes et que j'ai chantées. Le fil conducteur, c'est l'amour, celui qu'on se porte les uns les autres en société, celui qu'on se porte quand on est en couple... On peut aussi parfois identifier l'amour pour son pays dans un titre qui ne parle absolument pas de ça... J'ai des phrases parfois que j'écris dans certains contextes et que j'ai collé dans un autre contexte !

Vous aimez bien brouiller les pistes ?

Je fais ça souvent ! J'ai quand même mon côté pudique et je trouve que je me livre déjà beaucoup dans ma musique, faut laisser une petite part de mystère ! Les gens, ils écoutent les textes et ils se disent tout de suite que c'est ta vie ! Ils ne sont pas dupes ! Donc, il faut se protéger. Tout le monde a son petit jardin secret, moi aussi !

Propos recueillis par FXG, à Paris

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