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26 novembre 2017 7 26 /11 /novembre /2017 07:21
Le ministre de l'Agriculture aux Antilles

Stéphane Travert, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation

"Nous voulons des exploitations qui répondent  aux attentes locales"

Les états généraux de l'alimentation ont-ils un prolongement dans les assises des Outre-mer ?

Ce déplacement est une occasion pour moi de réaffirmer d'une part l'attachement du gouvernement à la situation des Antilles, d'autre part celui du ministre de l'Agriculture que je suis, à mes concitoyens qui sont notamment dans l’agriculture, la pêche, l'aquaculture... Les assises vont prolonger les travaux des Etats Généraux de l'alimentation qui se déroulent actuellement. Les problématiques sont prises en compte localement par les préfets au regard de la situation spécifique des territoires. L'état des lieux montre qu'on a d'abord une disponibilité alimentaire locale insuffisante. On doit donc travailler le sujet tant en produits de la terre que de la mer car les magasins compensent avec les importations de façon importante.  Et puis, on a des pratiques de consommation qui sont liées à un pouvoir d'achat plus fragile qu'en métropole.

L'indépendance alimentaire est-elle l'objectif ?

Comment faire en sorte que nos agriculteurs, nos pêcheurs, nos aquaculteurs puissent vivre dignement de leur travail ? Il faut que la réflexion soit conduite avec l'ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire, celle de distribution et l'ensemble des filières. Comment pouvons-nous, à travers cet engagement pris dans les Etats Généraux, mieux créer et répartir la valeur ? Comment stimuler la montée en gamme d'un certain nombre de produits ? Comment faire en sorte que demain, l’alimentation soit encore plus saine, plus durable et accessible à tous ? C'est la question du pouvoir d'achat que j'évoquais. Aujourd'hui, la question de la transition nutritionnelle se pose au regard de la santé des populations. Ce que nous voulons faire avec ces Etats Généraux de l'alimentation et les assises des Outre-mer, c'est emmener les populations avec nous, amener les  professionnels à moderniser leurs exploitations et transformer leurs pratiques agronomiques. Il s’agit de créer plus de valeur et ainsi d’avoir des exploitations plus compétitives, qui répondent  aux attentes des consommateurs et fournissent les marchés locaux.

Vous arrivez au lendemain du passage des cyclones ; les bananes sont par terre. Comment gérez-vous cette catastrophe naturelle ?

Les procédures d’indemnisation via le fonds de secours sont engagées. Le ministère des Outre-mer a autorisé l’intervention du fonds de secours permettant le lancement de la phase de dépôts et d'instruction de l'ensemble des dossiers d'indemnisation pour le secteur agricole. Nous veillerons à ce que ces indemnisations puissent être versées dans les meilleurs délais, en respectant le cadre réglementaire pour garantir un traitement équitable des demandes. Nous sommes mobilisés pour déterminer les conditions d’activation des circonstances exceptionnelles prévues par la règlementation sur les aides européennes et porter la demande auprès de la Commission. La gestion des risques et la résilience des exploitations est un enjeu majeur en Outre-Mer. Au regard de ces enjeux : la modernisation des exploitations et le changement  d'un certain nombre de pratiques.

Le président a annoncé 15 milliards pour la formation. Quelle sera la part pour l'agriculture en outre-mer ?

Pour la formation, il y a un volet outre-mer et il y a un volet agricole ! L’enseignement agricole relève de mon ministère et c’est une de mes priorités.  Dans ces territoires, la formation est essentielle. Nous en avons besoin pour modifier les pratiques agronomiques, travailler à la diversification et monter en gamme. Les territoires ont besoin de gens bien formés pour répondre à la diversité des métiers de l’agriculture et pour améliorer les performances des pratiques agricoles. Des gens bien formés cela permet aussi de diversifier les produits agricoles, mieux les marqueter, et avoir une offre qui corresponde à l'attente des consommateurs et qui soit suffisante pour limiter les importations.

Le partage du contingent de rhum supplémentaire est difficile entre Martiniquais et Guadeloupéens. Que comptez-vous leur dire ?

Je vais tenir un langage de franchise, de vérité et de sincérité. Les démarches engagées par la France, en lien avec la filière rhum, pour obtenir une augmentation du contingent fiscal à destination du rhum traditionnel des DOM ont reçu un avis favorable du Parlement européen et de la Commission. Aujourd'hui, nous sommes dans l'attente de la décision du Conseil d'ici la fin de l'année. Il appartient aux professionnels de préparer la répartition. J'ai abordé le sujet avec ma collègue Annick Girardin et nous sommes dans l'attente des informations nous permettant d'établir cette répartition.

Il y a une demande d'équité et de transparence...

Equité et transparence entre les deux territoires, c'est bien normal. A ce stade, nous continuons à travailler.

L'Europe a-t-elle définitivement fini de freiner la pêche dans nos départements ?

Il y a eu des plans de sortie de flottes massifs qui ont concerné l'ensemble des territoires français et l'interdiction pour l'Etat et les collectivités de financer un effort supplémentaire de pêche. Aujourd'hui, nous considérons que la flottille de pêche dans les Outre-Mer est vieillissante. Nous avons besoin d'assurer la sécurité des marins pêcheurs, qu'ils puissent mieux pêcher, de façon plus durable, en laissant une empreinte environnementale beaucoup plus propre. Nous avons besoin de nouvelles techniques de pêche qui leur permettent d'être plus compétitifs. Le Président de la République, à la réunion des RUP à Cayenne, a obtenu que l'Europe rouvre la discussion autour du renouvellement de la flotte, dans le cadre d’une gestion durable des ressources, parce que c'est un enjeu stratégique qui revêt dans les DOM un caractère particulier. On a besoin d'assouplir le cadre. On a sollicité la Commission en ce sens et j’ai moi-même évoqué le sujet avec le Commissaire européen Vela. Ce message a été entendu. Nous devons maintenant travailler aux outils d'accompagnement dans la mesure où les pêcheurs sont confrontés à une concurrence qui ne dépend pas du droit communautaire ; je pense notamment à la taille ou au maillage des filets, aux questions de motorisation ou à celle des quotas.

Vous vous intéressez à l'innovation d'un point de vue de veille sanitaire, qu'est-ce à dire ?

Il nous a paru important d'aborder les filières sous l'angle de l'innovation car nous savons que les professionnels sont mobilisés, que de nombreux travaux sont en cours en lien avec l'INRA et le CIRAD. Il y a un fort besoin de développer de nouvelles connaissances et de nouvelles techniques dans le contexte particulier de cette agriculture tropicale. Je tiens à découvrir ce qui se fait en matière d’innovation aussi bien dans le secteur de la banane que dans les autres secteurs de productions végétales ou animales.

Vous allez visiter la banque alimentaire, pourquoi ?

C'est la semaine de la banque alimentaire et nous souhaitons porter cet engagement au titre de la solidarité. Nous avons besoin de dons alimentaires, que nos concitoyens, lorsqu'ils le peuvent, puissent faire des dons alimentaires. Nous avons besoin de lait, de lait infantile, premier et deuxième âge. Nous avons besoin de venir en aide aux plus précaires et je sais que cette aide de la banque alimentaire en Martinique comme en Guadeloupe est fortement attendue. La banque alimentaire joue son rôle lorsqu'un cyclone s'abat. Après Maria et IRMA, 400 tonnes de denrées ont été expédiées aux Antilles.

Propos recueillis par FXG, à Paris

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