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25 décembre 2017 1 25 /12 /décembre /2017 05:44
Lucien Jean-Baptiste au chanté Nwel organisé après l'avant première parisienne de son film le 12 décembre à l'Etoile Saint-Germain

Lucien Jean-Baptiste au chanté Nwel organisé après l'avant première parisienne de son film le 12 décembre à l'Etoile Saint-Germain

Lucien Jean-Baptiste sort "La deuxième étoile" qui s'annonce comme la grande comédie de Noël dans les cinémas de France et d'Outre-mer. Interview.

"Un film, c'est un acte d'amour"

Neuf ans après la première étoile, qu'est-ce qui vous a donné envie de repartir ?

C'est surtout l'envie de raconter une nouvelle histoire et pas tant de faire une suite copié-collé puisque j'ai mis neuf ans. En ce qui me concerne, je n'ai pas voulu rentrer dans une logique marketing et faire un film pour de mauvaises raisons. Faire un film, c'est un acte d'amour, c'est pour raconter une belle histoire ! C'est ça le secret. J'ai voulu parler de la difficulté qu'on a en 2017 à se réunir, à se parler en famille et quand je dis en famille, ça peut être très large, avec un voisin, un ami... J'avais envie de parler de ça, donc avec qui parler de ça ? L'idéal pour moi, c'était de le faire avec ma petite famille d'Antillais, la famille Elizabeth. Et puis quelle période ? Eh bien Noël. C'est bien de mettre en confrontation une période où l'on vous dit que vous devez être ensemble et un grand mouvement où chacun est derrière son petit écran pour vivre sa vie dans un cocktail comme La deuxième étoile...

Vous continuez de tordre le cou à tous les clichés. C'est une constante chez vous ?

Ah ! Toujours ! Je raconte mes histoires, j'aime bien cette expression autobiographique qu'il y a dans mes films. J'y mets beaucoup de moi, de mes observations et puis après le but, c'est de tordre le cou à tout ça ! J'essaie de parler de ce racisme ordinaire qui nous ronge, qui est la base d'un racisme beaucoup plus fort. Il faut, chacun à son niveau, lutter tranquillement. Moi, je le fais avec la comédie, des films pour les enfants et la famille.

Vous avez donné à Firmine Richard dans lequel elle s'épanouit merveilleusement bien. Comment s'est passé le tournage avec elle ?

Firmine était tellement contente de retrouver ce personnage et moi, sachant qu'elle était prête à tout, je lui ai fait un beau costume. Ca doit faire le troisième ou quatrième film qu'on fait ensemble, je sais comment obtenir le meilleur d'elle, même s'il y a peu d'effort à faire pour ça ! C'est une vraie battante.

Et les enfants ? Ca a été facile de les diriger ?

Nos jeunes Antillais n'ont pas tous les jours des propositions, donc ils sont très heureux de participer au tournage. Après, ce qui se passe, c'et que ce sont des adolescents, donc comme tous les ados, ils ont la smartphonite aigüe. C'est-à-dire qu'aujourd'hui un jeune quand tu lui parles, il faut savoir que tu ne lui parles pas qu'à lui, tu parles à tous ses copains qui sont en contact permanent avec lui sur les réseaux... Tu leur parles et ils ont toujours leur portable à la main, donc ça c'est un peu embêtant, mais c'est comme ça !

Faut-il  voir aussi un clin d'oeil à la génération rap avec le personnage de Didier Merville et ses amis ?

Ce n'est pas tant un clin d'oeil à la génération rap, mais un clin d'oeil à tous ces jeunes qu'on peut prendre aussi pour des méchants et qui, finalement, sont des petits lutins ! C'est pour ça que je voulais que Bonne-Maman (Firmine Richard, ndlr), à la fin, leur dise : "Mais tu sais, j'ai connu ta mère et on est arrivées dans le même avion ! Alors, qu'est-ce qu'elle dirait ta mère si elle te voyait en train de faire des bêtises ?" Mais j'y vais en douceur, c'est pour les enfants et la famille ! C'est vrai que je suis fan de NTM depuis toujours alors ça me faisait marrer de jouer avec ces garçons qui se font appeler Joey Starr... Alors, moi j'appelle mon personnage Obama, mais son nom, c'est Didier Merville !

Il y a aussi l'Antillais un peu mytho joué par Médi Sadoun...

Quand Médi Sadoun m'a proposé de faire l'accent antillais, je me suis méfié. Faut faire attention parce que les accents quand on les fait mal, ça le fait pas... En fait, c'est un garçon qui a baigné dans la culture antillaise, donc on s'est mis d'accord sur un genre de personnage qu'on a chez nous, ceux que j'appelle de grands rêveurs. Ces gens qui vivent toujours sur l'île et qui au lieu de s'en satisfaire, montent toujours des plans sur la comète... Il l'a joué divinement bien.

 

A l'avant-première parisienne mardi soir, vous avez parlé à l'oreille de Jacob Desvarieux. Que lui avez-vous dit ?

Je lui ai dit : "Jacob, j'ai encore fait honneur à la Perfecta, maos j'ai hâte de trouver le film pour faire honneur à Kassav !" Kassav, c'est moins ma petite madeleine que la Perfecta, la Divinité, les fêtes dans les HLM quand j'étais petit, mais maintenant pour une autre génération, c'est Kassav ! Il faudrait que je trouve le film pour mettre la musique et pas l'inverse !

En tout cas, vous avez réussi à faire chanter noël à la France entière !

On a fait 80 dates à travers la France, dans toutes les villes ! Et dans chacune des villes, on a fait chanter Noël, un  petit chant, un petit Michaux ! C'est important de garder cette culture présente !

Vous êtes un as de la comédie, vous sentiriez-vous de réaliser un drame ?

Un jour après la projection de mon film, "Il a déjà tes yeux", les gens étaient contents, avaient pleuré, avaient ri et le seul boug qui se lève et prend le micro, c'est un Antillais qui me demande quand est-ce que je ferai des films sérieux... Je n'ai même pas pris la peine de répondre au monsieur... Le gars, il croit que faire des films, c'est la fête ? C'est des années de travail et moi, je marie toujours le drame à la comédie. Après, je ne sais pas ce que je vais faire demain. J'ai tellement d'idée et de bazar dans ma tête... C'est pas simple, mais on va trouver !

Et la troisième étoile,  vous y songez ?

Je ne sais pas... J'aimerai bien. Mais aujourd'hui encore quand vous dîtes à un producteur,  je  veux faire un film aux Antilles, comme la TSA (taxe sur le prix des entrées aux séances organisées par les exploitants d'établissements de spectacles cinématographiques, ndlr) aux Antilles ne leur rapportent rien, ils n'y voient pas trop leur intétêt, malheureusement !

Cette histoire là n'est pas réglée ?

Non, on est obligés de pleurer pour demander à ce que la loi soit appliquée.. Là, on va voir. Ce qui a de malheureux, c'est que sur mon dernier film, ça a été respecté en partie, pour moi, mais les autres films sont toujours négociés au forfait et je trouve ça lamentable. Imaginez le film "Bienvenue chez les Ch'tis" sans les entrées chez les Ch'tis de la Région Hauts-de-France ! Et là, même si je sais que les Antillais vont aller voir La deuxième étoile, je ne saurai jamais combien !

Propos recueillis par FXG, à Paris

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