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25 janvier 2018 4 25 /01 /janvier /2018 07:00
Chalus chez Macron

Ary Chalus a été reçu hier à l'Elysée par le chef de l'Etat pendant une petite heure. Le président annonce la venue d'une mission d'expertise sur l'eau et la transformation du MACTe en établissement public de coopération culturelle. Interview.

"L'Etat est prêt à nous donner 400 millions"

Pourquoi cette visite à l'Elysée ?

Je vois le président de la République quand j'en ai envie si j'ai besoin de le voir ! Suite au mouvement qu'il y a eu en Guadeloupe concernant les problèmes d'eau, il fallait qu'après la réunion de jeudi dernier avec les présidents d'EPCI où la Région a annoncé qu'elle accompagnerait les travaux d'urgence à hauteur de 30 millions, il est clair qu'il fallait trouver un créneau pour nous recevoir, pour que je lui fasse part des difficultés que nous rencontrons et que nous risquons de rencontrer si on ne résout pas très vite ce problème d'eau. Je rappelle qu'au mois de décembre, il y a eu une pénurie d'eau dans les hôtels du Gosier et de Saint-François et surtout à la clinique et l'hôpital ! J'ai voulu sensibiliser le président sur l'importance que l'Etat puisse agir rapidement à nos côtés, Région, département, EPCI... Il nous faudrait au moins 400 millions pour régler définitivement ce problème.

Quelle a été sa réaction ?

Je ne vous cache pas qu'il a été très étonné que la Guadeloupe subisse ces difficultés. Il m'a même dit qu'il essaierait de faire de son mieux pour régler très vite ce problème et qu'il sera aux côtés des Guadeloupéens, des EPCI, de la Région et du département pour que nous puissions rapidement entamer les travaux. Il m'a aussi annoncé qu'il dépêchera dans le mois qui vient une mission d'expertise et qu'il appellera Bercy pour aller vite. Il souhaite pouvoir régler cette question de l'eau dans le quinquennat. Je lui ai rappelé le projet mis en place avec l'ancien gouvernement, 500 millions sur huit à dix ans ; il m'a demandé si ce serait possible d'aller plus vite, en moins de huit ans...

De quelles ressources financières a-t-il parlé ?

Il a cité l'Agence française de développement, la Caisse des dépôts et consignation... Nous lui avons fait un point global sur la situation parce que réparer dans l'urgence pour éviter les coupures et les tours d'eau en communes n'est pas satisfaisant. Il faut réparer définitivement. Le budget général eau et assainissement, c'est 900 millions, mais pour l'instant, nous ne parlons que d'eau, soit 5 à 600 millions maximum. Le président semble prêt à nous donner 400 millions et Si l'Etat nous donne 400 millions, nous ferons l'effort pour mettre le reste avec la Région, le département et les EPCI. Nous devons d'abord réparer les réseaux et par la suite nous parlerons de gouvernance... le président est pour qu'une structure unique gère tout cela.

Qu'avez-vous décidé pour le MACTe ?

Le Mémorial Acte est actuellement un gouffre financier pour la Région et nous lui avons demandé de pouvoir le passer en établissement public de coopération culturelle. Il m'a dit que ça serait fait normalement cette année avec le ministère de la Culture. Nous devons encore travailler avec les élus d'outre-mer pour conforter la place du MACTe dans la Caraïbe et dans la France. L'idée est d'avoir de nouveaux partenaires financiers pour diminuer la part de la Région...

Le président a-t-il confirmé qu'il viendrait à l'inauguration du cyclotron ?

Le cyclotron sera inauguré au mois d'avril et nous avons souhaité sa présence parce que c'est un enjeu important pour la Caraïbe qui envoie ses patients soit en Amérique, soit en Angleterre. On ne peut pas inviter des chefs d'Etat de la Caraïbe si le président ou au moins un ministre n'est pas là ! Le président Macron m'avait promis de venir en septembre... Ca nous fait un peu loin. Nous verrons si on peut attendre ou si l'on inaugure le cyclotron avec la ministre de la Santé et des chefs d'Etat de la Caraïbe.

Vous avez fait part de vos besoins financiers pour les routes...

Nous avons de gros chantiers de désenclavement à venir avec les déviations de La Boucan, Sainte-Marie, Sainte-Anne et Moudong. Nous avons besoin de 174 millions et nous travaillons avec les services de l'Etat de manière à trouver des moyens. Il m'a indiqué que s'il pouvait aller plus loin sur le montant qu'il est prêt à apporter pour l'eau, ca rendrait des marges de manoeuvre à la Région pour les routes. Nous ne pourrons pas accompagner l'eau et en même temps faire le désenclavement...

Concernant le chantier du CHU, y a-t-il une place pour les entreprises locales ?

Ce que nous voulons, la Région et l'Etat, c'est que nos entreprises ne soient pas des sous-traitants, mais des co-traitants. Là-dessus, le chef de l'Etat et moi, nous sommes sur la même longueur d'onde. Il m'a dit: "Il faut que les entreprises guadeloupéennes puissent travailler et donner du travail aux jeunes..." Cinq ans et 500 millions, il faut que suivions ça de près.

Propos receuillis par FXG, à Paris

L'expérimentation d'un droit de dérogation reconnu au préfet

Ary Chalus a demandé au président d'étendre à la Guadeloupe le décret du 29 décembre 2017. Il permet l'expérimentation d'un droit dérogatoire reconnu au préfet, susceptible d'accélerer les procédures notamment en matière d'aménagement du territoire, d'emploi et d'activité économique au nom de l'intérêt général. Cette expérimentation est déjà en oeuvre à Saint-Martin et Saint-Barth.

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