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24 mars 2018 6 24 /03 /mars /2018 06:16
Mylène de Fabrique Saint-Tours des éditions SCITEP et Jean-Louis Malherbe des éditions Ibis rouge

Mylène de Fabrique Saint-Tours des éditions SCITEP et Jean-Louis Malherbe des éditions Ibis rouge

Nouveau paysage éditorial au salon du livre Paris

Le stand des Outre-mer au salon du livre Paris qui a refermé ses portes lundi 19 mars, présentait un tout autre visage que celui qu'on lui connaît depuis le début des années 2000. Finie, la grande librairie de l'Outre-mer trônant en son centre avec les petits éditeurs en périphérie, cette fois, l'exclusivité était réservée aux éditeurs ultramarins. "Le ministère des Outre-mer soutient les éditeurs", affichait la plaquette du ministère.

Pour le coup Régine Jasor, un peu contrariée d'être privée de sa librairie ne représentait plus que sa propre maison d'édition et regrettait de n'avoir pu accepter de représenter des confrères éditeurs empêchés comma Caraïbédition. Mais dans l'ensemble, la plupart des éditeurs présents semblaient satisfaits du choix du ministère. Si comme d'habitude, l'éditeur antillo-guyanais, Ibis rouge, avait pris son propre stand, l'espace du ministère accueillait Orphie, SCITEP, le Manguier, les éditions Rymanay et Plume verte de la Guyane, les éditions K'A et UDIR de la Réunion; les éditons Kilito, Nestor et Jasor de la Guadeloupe et, pour la Martinique, Idem. Tony Deslsham qui devait être présent a fait défection à la dernière minute !

Il a bien failli y avoir un couac quand le directeur adjoint de l'administration des Outre-mer a évoqué lors de l'inauguration un "barnum". la haut fonctionnaire a du s'expliquer en précisant que le "barnum, ce n'était pas le stand des Outre-mer mais l'élaboration de ce travail titanesque." Ouf ! On a eu chaud....

L'organisation et la conception de cet espace ont été délégués par la direction générale des Outre-mer au ministère de l'Intérieur qui en a l'habitude puisque c'est la place Beauvau qui s'occupe des stands pour le ministère de la Défense et désormais des Outre-mer. Et l'espace ainsi créé était clair, aéré et bien placé. Au centre, une agora a accueilli tout au long du week-end des présentations (prix Fetkann, compagnie des mornes bleus), un hommage à Guy Tirolien, une carte blanche à Claude Ribbe et son "autre histoire" avec entre autres Hector Poulet, des rencontres avec Jacques Exily (Sina et le secret de la Caraïbe), Marie-Ange Rousseau (Péyi an nou), Dominique Deblaine, Vikor Lazlo, Gael Octavia, des débats (numérique et diffusion), des lectures (Suzanne Dracius, Sylviane Vayaboury, France Nay)... Un éditeur martiniquais, fort habitué du salon, expliquait en connaisseur pourquoi certains vendaient des livres et d'autres non : "Les dédicaces, confiait-il, ça ne suffit pas, il faut monter des tables rondes !"

FXG, à Paris

La Réunion se fait remarquer par sa science fiction

Les éditions "La plume et le parchemin", spécialisées dans tout ce qui est littérature de l'imaginaire, que ce soit la fantaisie, la science fiction où le fantastique, a fait venir de nombreux auteurs au salon du livre Paris, qui a refermé ses portes lundi.  Et ça a vraiment très bien marché si l'on en croit Leatitia Bourgois de la librairie Autrement de Saint-Denis qui anime avec sa collègue Marie-Josée Gravier de Saint-Pierre, l'espace Réunion placé sous la haute main de Claudine Serre. « Il y a des auteurs qui ont leurs fans, explique Laetitia, mais il savent aussi faire de nouvelles recrues, car il y a énormément de stands sur ce salon qui font une place à cette littérature et en conséquence il y a beaucoup de passionnés. » Et ces passionnés n'ont pas hésité à s'arrêter devant la table de La plume et le parchemin, attirés par les couvertures très typées SF, fantastique... Et cette maison d'édition réunionnaise, seule de son genre sur L'île ne semblait rien devoir envier à ses consœurs de l'Hexagone au point que de l'avis des organisatrices, elle était le clou réunionnais de ce salon 2018.

Pour autant les autres éditeurs, ceux qui proposent des livres sur l'histoire de la Réunion,  de la fiction ou des livres jeunesse sont pas  demeurées en restes...  Ainsi,  Isabelle Kichenin,  toute nouvelle auteur est venu présenter son premier roman, "Gourmande". A ses côtés, se trouvait Teddy Iafaré Gangama, auteur jeunesse qui fréquente je le salon du livre Paris depuis cinq ans. Lui, il n'en démord pas : "Il faut venir et se montrer !"

Jean-Jacques Seymour plonge dans la médecine cubaine

La voix de Tropiques FM aime aussi être à l'occasion un plume. Depuis trente ans, Jean-Jacques Seymour sort régulièrement un essai. Le sujet varie, mais le thème est toujours la Caraïbe ! Cette fois, chez Owen publishing, il sort une somme documentaire sur Cuba sous un aspect rarement abordé, la médecine. Avec "Cuba, l'odysée médicale", Seymour qui a été marqué par cet échange inoui, pétrole vénézuélien contre médecins cubains, revient sur le miracle médical qu'a réussi la révolution castriste : l'ophtalmologie, les traitements de maladies de la peau comme le vitiligo, la cancérologie... En quinze ans, Cuba a formé plus de 10 000 médecins et nombre d'entre eux travaillent désormais dans plus de 80 pays, au Libéria, au Sierra Léone, en Guinée, en Amérique latine... Mais plus surprenant, aujourd'hui, des patients viennent du Canada et même des Etats-unis pour se faire soigner à la Havane et des experts internationaux s'intéressent toujours plus aux médicaments cubains... Dans cette étude poussée, l'auteur raconte le traitement miracle qui sauve de l'amputation les diabétiques, mais également son absence d'autorisation sur le marché fançais... La liste est longue des produits développés à cuba contre les cancers de la gorge, les gliomes malins et même le vaccin contre le cancer du poumon... Les Etats-Unis acceptent désormais de collaborer avec le centre d'immunologie moléculaire de la Havane ! Et comme le journaliste Seymour est un homme pratique, il n'hésite pas à publier dans ses pages les forfaits médico-touristiques pour aller se faire soigner d'un vitiligo sur la grande île !

On pourra reprocher à cet essai une forme par trop universitaire, mais le sujet, après tout, s'y prête et, à chaque page, on est un peu plus surpris !

Le clin d'oeil de Ladeca

Patrice Polycar, président de LADECA, était heureux d'avoir pu participer pour la troisième fois au salon du Livre Paris grâce au soutien financier de la Région. L'association d'expression culturelle et artistique qu'il préside est venue défendre quelques uns des artistes qu'il a emmenés dans son sillage à Paris. Ainsi, Claude Danican, Patrick Selbonne, Jean Galleron, Alice Cham Stanislas, Erick Mezence, Valerie Siracus, Winnie Kaona, Castro Desroches et Géraldine Naigre ont tous pu faire valoir ainsi leur travail et leur art. "J'ai été très étonnée, témoigne Géraldine Naigre, auteur d'une méthode de solfège, parce que je me disais que je n'allais peut-être pas avoir de succès puisque je suis dans l'Hexagone, qu'ils ont des conservatoires, eh bien je me suis rendue compte très vite que les problèmes que je rencontrais en Guadeloupe sont les mêmes ici et ma méthode réponds aux mêmes problèmes sur la musique qui ne le sont pas que sur la Guadeloupe !" Pour autant, Géraldine avoue ne pas avoir vendu un millier de livres : "Je n'en ai pas imprimé 1000, confie-t-elle en souriant, mais je reste très satisfaite et dans la vente et surtout au niveau des échanges parce que j'ai eu pas mal de portes ouvertes. C'est aussi cz qu'on était venus chercher une certaine visibilité."

Interview : Claude Tsao, éditions du Manguier

"J'ai trouvé les textes de Gerty Danbury"

Pourquoi avez-vous créé votre maison d'édition ?

Je suis passionné par la guerre de 14-18 et je voulais monter une maison d'édition parce que je trouvais que les livres d'histoire disponibles sur cette période ne me convenaient pas. Je voulais publier des textes allant de 1870 à 1940. J'ai eu du mal à trouver des textes et puis j'ai trouvé ceux de Gerty Danbury... C'est comme ça que j'ai commencé à éditer...

Pourtant, Gerty Danbury n'a pas écrit sur la guerre de 14...

Non pas du tout ! Mais bon voilà... J'ai publié sa pièce intitulé "Trame" que j'ai aussi fait traduire en deux langues, l'espagnol et l'anglais.  Ça a été mon premier travail d'éditeur et ça correspondait à mes goûts...

Et c'est ce qui vous a mis un pied dans l'étrier de la littérature d'outre-mer ?

Oui puisqu'aujourd'hui je publie trois auteurs ultramarins, Gerty Danbury de la Guadeloupe, Philippe Triay de la Martinique et Monique Dorcy de la Guyane. Avec Monique Torcy nous avons monté la collection Orénoque qui a pour objet de faire connaître à la jeunesse des personnages comme Léon Gontran Damas ou Alfred Parépou. En ce qui concerne Philippe Triay, j'ai publié un de ses recueils de poésie illustré par Romain Ganer, "Barbarie" et là, je publie "La fin de l'insouciance",  un récit, une observation du monde des médias et des politiques...

Après "La sérénade à Poinsettia", le roman de Gerty  Danbury, quelles sont les nouveautés ?

Nous sortons une réédition d'"Atipa" d'Alfred Parépou et dans un mois, je sors la pièce de Gerty Danbury, celle qu'elle a déjà fait jouer en Guadeloupe et en Martinique,  « La radio des bonnes nouvelles ».

Propos recueillis par FXG, à Paris

Cayenne-Moscou, le prochain roman de Joël Roy, chez Idem

Joël Roy s'apprête à publier chez Idem un roman de politique fiction intitulé Cayenne Moscou Plus que l'intrigue, l'important dans ce roman, c'est la Guyane et ses populations dont celle des Russes. La présence de ce derniers bien évidemment est liée à l'installation  à partir de 1999 de la base Soyouz. Avec cet ouvrage l'auteur met en relation les gens de la ville créole, Cayenne et cette nouvelle communauté russe désormais passer à Sinnamary. Le roman se déroule dans les années 2030 avec des russes qui ont déjà pu tomber dans la contagion de l'écologie, qui ont été rappelés et même emprisonnés... Joël Roy vit en Guyane depuis maintenant une quinzaine d'années. Il s'est prit une profonde passion pour ce pays qu'il n'envisage plus de pouvoir quitter. «effectivement j'ai assisté au début de cette nouvelle communauté de population. Il y a une trentaine de langues parlées en Guyane, ça en fait une de plus avec le Russe. » Joël Roy ne parle pas la langue de Tchekhov, même s'il a bien appris quelques poèmes révolutionnaires en 1968 ! Quand on lui demande de nous donner envie, il raconte la réélection de Vladimir Poutine le week-end dernier pour nous dire qu'en 2030, ce sera la fin  sans doute de son dernier mandat... C'est dans ce contexte qu'il démarre son Cayenne Moscou. « Avec cet ouvrage, conclut-il, j'ai eu envie de dire tout le mal que je pensais de tous les despotes de la terre. »

Djant M'Bitako écrit et publie en créole

"Je suis écrivain et traducteur professionnel en langue créole ; je ne suis salarié de personne !" C'est la réponse que fait Djant M"Bitako quand on lui demande si ça marche les publications en créole, parce que c'est sa fierté, et peut-être aussi parce que ce n'est pas évident de tenir ce discours au salon du livre de Paris... Alors, il explique que s'il est là, c'est qu'il s'est payé son avion, son hôtel et les vêtements qu'il porte grâce à son travail. Woulo ! lonè é respé ! Djant M'Bitako, enfant du Moule, se raconte sans trop vouloir en dire sur lui-même. On soupçonne son âge quand on voit posé sur la table son mémoire de maîtrise de lettres sur Guy Tirolien qu'il a obtenue en 1989, et qu'il a publié en créole...

Ecrire en créole guadeloupéen, c'est un désir que Djant M'Bitako fait remonter à sa classe de 5e, c'est dire antan lontan ! Aujourd'hui, il a publié 12 ouvrages adan lang Gwadloup ! D'abord deux recueils de poèmes, "Neg Mawon" et "Siwo Fiyel", deux albums de contes avec des coloriages, "Ti jan é paren a-y" et "Rézipel é espwi a krab-la", un conte de Noël, "Dinozo, kochon a nwel a ti bouboul", dont une version théâtrale telle qu'il l'a fait jouer en 2009 par les enfants de la maternelle de Château-Gaillard. Il a encore édité trois CD de contes, "Kont a lokans an nou", une pièce de théâtre "lenj sal" où face à trois Guadeloupéens, un quatrième personnage ne s'exprime qu'en créole martiniquais ! Il a encore traduit le discours de Philadelphie de Barak Obama (qu'il a joué pendant un an avec Dominique Bernard) ou la pièce de Dereck Walcott, "Ti jan and his brothers". Enfin, après un recueil d'istwakout, "Jan la vi ka bat kat a-y", il a publié un woman "Timoun an mwen". Toute cette oeuvre porte le label de sa société "Anlé kal a bato la". Vendredi, à l'ouverture du salon du livre de Paris, c'est lui qui a ouvert le bal des rencontres et tables rondes en prononçant, en créole, un hommage à Guy Tirolien inspiré de son mémoire de maîtrise. Ca lui rappelle soudain que le conseil départemental a non seulement financé l'édition de ce travail, mais également son voyage à Paris. Vi atist la red !

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