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7 août 2018 2 07 /08 /août /2018 02:39
Légine australe

La nécessaire éco-labélisation des pêcheries de légine

Le syndicat des armements réunionnais des palangriers congélateurs (SARPC) est le premier et le seul groupement labélisé MSC (Marine Stewardship Council) à la Réunion.

Deux pêcheries de légine australe ont été certifiées en 2013 (Kerguelen) et 2016 (Crozet). Pour cela, le SARPC a d'abord organisé des campagnes d’évaluation du stock afin de mieux comprendre la biologie de cette espèce à croissance lente et grande longévité. "Il y a, sur tous ses bateaux, explique Margaux Favret, responsable pêcheries pour le MSC France, des observateurs embarqués qui récoltent des données sur le poids, la taille et l’âge des captures afin d’alimenter un modèle d’évaluation. Ces informations ont permis d’adapter les pratiques de pêche et d’imposer une taille minimale de capture de 63 cm, pour laisser les individus non matures se reproduire." Les quotas ont également été fixés de façon à laisser un stock important de géniteurs et assurer le renouvellement de l’espèce. La légine étant un poisson très convoité, la pêche illicite a pu être éradiquée grâce aux importantes mesures de la commission pour la conservation de la vie marine en Antarctique (CCAMLR) et des armateurs : en plus d’une surveillance satellitaire, un navire de la marine nationale œuvre 250 jours par an et un bateau de surveillance, financé en partie par les armateurs, tourne 150 jours par an.

Un marché concurrentiel

"Les sept armements qui composent le SARPC sont concurrents, explique Delphine Ciolek, secrétaire générale du SARPC, mais nous avons souhaité faire une demande d'éco-labélisation dans une démarche commune. Nous avons regardé ce qu'il y avait à bord des sept navires, comparé les pratiques, ce qui n'avait jamais été fait avant. Et tout ça a été positif pour faire évoluer les pratiques des pêcheurs dans un sens plus durable."

Le SARPC exporte la légine aux États-Unis  et vers les pays d'Asie. "Certains clients, poursuit Delphine Ciolek, ne veulent acheter que du produit labellisé MSC. Si on veut continuer à vendre il faut avoir le label !"

La demande est telle pour les produits de la mer durable que sans ce label, il leur serait difficile de maintenir les marchés existants et d'en ouvrir de nouveaux. "En Allemagne et en Scandinavie, confirme Margaux Favret, il y a une très grosse demande pour les produits éco-labélisés et le label MSC est aujourd'hui une clé d'entrée chez de nombreux distributeurs. En Europe du Sud comme en France par exemple, la demande est extrêmement croissante depuis quatre ans et on observe la même tendance en Amérique du Nord..."

Le renfort des scientifiques

Les scientifiques du muséum évaluent la ressource. "C'est le coeur de la certification pour avoir une pêcherie durable, explique Christophe Guinet, directeur du centre d’études biologiques de Chizé à l'université de la Rochelle-CNRS qui, de son côté, a aidé les pêcheurs réunionnais à lutter contre la déprédation. "Les orques sont attirés par le bateau de pêche qui a des légines au bout de ses lignes ; ils viennent manger directement sur les hameçons et cela peut avoir un impact sur la gestion de la ressource." Ils ont quantifié la part de surconsommation par les cétacés et, surtout, ils ont mis en place des solutions avec les armements pour limiter ces déprédations. Pour réduire la mortalité des pétrels, ils ont recours à des lignes lestées et blanches...

Aujourd'hui 100 % des pêcheries françaises certifiées ont choisi, à l'instar du SARPC, de rentrer en réévaluation au bout de cinq ans. "Ça veut dire qu'ils y trouvent tous un bénéfice, souligne Margaux Favret. Ça peut être directement monétaire, mais aussi en termes d'image et d'amélioration environnementale. Et sur le long terme, ça assure la pérennité de leur activité."

Le SARPC devrait voir son éco-labélisation renouvelée pour les deux zones au premier trimestre 2019.

FXG, à Paris

Investissements

Depuis la création de la filière dans les années 2000, 75 M€ ont été investis notamment pour disposer de navires adaptés aux conditions de mer extrêmes pour l’activité, la sécurité et le confort des équipages.

150 M€ d'investissements futurs sont programmés sur l’activité légine (auxquels il faut ajouter les investissements sur les autres activités de pêche développées de manière connexe par les armements - tant dans l’océan Indien, qu’en France métropolitaine et à Saint Pierre et Miquelon), en terme de : remplacement de navires, réparation navale, développement du marché local.

Emplois (source Rinzen, méthode INSEE)

En 2017, la pêche à la légine a permis d’assurer l’existence de 2 144 emplois français, dont 785 emplois directs. En 10 ans, les emplois consacrés à la pêche de légine ont progressé de 70% (soit une croissance annuelle de 5% - contre 1,1% pour l’économie réunionnaise) ;

Au vu du contexte international, si les armements disposent pour la campagne à venir (2018-2019) de quotas équivalents à cette saison, les activités permettront de maintenir 2 144 emplois français (2 783 emplois au total). Soit pour l’Ile de la Réunion, 720 emplois directs, indirects et induits français.

Sur le long terme, la stratégie de développement des armements permettra de créer près de 1 000 emplois à l’horizon 2025 sur le territoire local et national.

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