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7 septembre 2018 5 07 /09 /septembre /2018 06:57
Entretien avec Diarah N'Daw-Spech, co-fondatrice du FIFDA

Entretien avec Diarah N'Daw-Spech, co-fondatrice du FIFDA

La huitième édition du festival international de films de la diaspora africaine (FIFDA) s'ouvre vendredi à Paris avec le documentaire "Jocelyne Mi tche mwen" en tête d'affiche et, pour la première fois en salle à Paris, la série antillaise de France Télévisions, "Le rêve français".

"Nous voulons donner la vision du vécu des noirs au-delà des frontières par le cinéma"

Avant d'arriver à Paris, ce festival a connu d'abord une version américaine, racontez-nous sa préhistoire...

Avec Renaldo Barroso Spech, nous voulions présenter une vision un peu plus large de l'expérience du vécu des personnes d'origine africaine dans le monde car aux États-Unis en particulier, peu de cinéma explorait cette réalité. Quand il s'agissait des noirs il s'agissait principalement des noirs américains.  Moi-même étant franco-africaine et mon époux et partenaire étant Cubain d'origine jamaïcaine et haïtienne, nous avons voulu faire partager au public américain le vécu des noirs au-delà des frontières américaines. Aujourd'hui,  nous voulons élargir cette expérience au public parisien ! Le cinéma est un outil de communication très efficace et nous voyons le cinéma comme espace éducatif où les gens peuvent être confrontés à une réalité, un monde qu'ils ne connaissent pas nécessairement faute d'un véritable accès dans les médias et dans les salles. Renaldo Barroso-Spech est prof de langue et il se sert du cinéma pour enseigner les langues. Nous avons simplement élargi la salle de classe !

Comment décidez-vous de la programmation ?

Pour la première édition, nous avons fait la programmation en puisant dans notre mémoire filmique. C'était en 1993 et d'une certaine manière c'était une rétrospective de notre mémoire. En 2009, on a lancé l'édition parisienne parce qu'on est tous les deux Français et qu'on s'est rendu compte les films qui ne sont pas subventionnés par le gouvernement français demeure absolument inconnus du public français. Avec ce festival, on a voulu ouvrir un pont.

Pour cette huitième édition, il y a une tonalité très antillaise...

C'est la première fois que nous ouvrons ce festival au cinéma antillais et c'est en particulier du à la production du "Rêve français" sur France télévision. Nous avions  déjà invité France Zobda à New-York, lors de la sortie du film "Toussaint Louverture" et quand elle nous a montré "Le rêve français", nous avons saisi cette occasion pour le montrer pour la première fois en salle à Paris. L'intérêt de montrer le film au cinéma c'est la possibilité d'avoir une discussion derrière alors que la télé ne permet pas l'échange avec les producteurs, les créateurs et les acteurs,  ce que nous offrons au festival avec Firmine Richard notamment qui est marraine de ce festival.

Vous projetez aussi en clôture, dimanche, "Jocelyne, Mi tche Mwen", le documentaire de Maharaki sur la chanteuse de Kassav. Pourquoi ?

Parce que Jocelyn Béroard est une femme qui représente la culture antillaise et comme cette année le festival est ancré dans les Antilles,  on a pensé que c'était intéressant de la mettre en avant. En plus c'est une très belle photo et les gens la reconnaissent !

La projection est précédée d'une table ronde autour du livre "Noire n'est pas mon métier", et des épines que nos actrices noires ont laissées sur la tapis rouge du palais des festivals à Cannes cette année. Pourquoi ?

J'étais à Cannes et Je connais la plupart de ces actrices. J'ai voulu leur donner une nouvelle tribune.  Je sais qu'elles ont eu beaucoup d'opportunité de parler et de présenter le film mais Je crois que le plus on en parle, mieux c'est parce que c'est un sujet qui est encore très tabou dans la culture française.  Ça va au-delà du communautarisme ça parle du respect dû à l'être humain et à des professionnelles honnêtes dans leur travail. Leur démarche est légitime et si j'ai la possibilité de leur donner  un espace pour continuer à faire passer leur message, je le fais.

Les Antilles ne sont pas que françaises et vous projetez samedi soir le documentaire lui aussi inédit en Europe, "Barrow freedom Fighter" de Marcia Weekes sur l'indépendance de la Barbade, pourquoi ce choix ?

La Barbade a obtenu son indépendance en 1966 ! J'ai fait des recherches et je suis aperçu qu'il y avait 300 000 habitants à la Barbade et il y en a plus de 400 000 en Guadeloupe...  Donc quand la question se pose : est-ce qu'un petit pays des Antilles peut vivre de façon autonome ? Il suffit de regarder l'exemple de la Barbade et on se rend compte que oui. C'est une question de volonté, de savoir-faire, d'organisation et d'envie ! Mais le nombre de personnes n'est pas vraiment déterminant... Voilà pourquoi présenter ce film dans notre contexte français est intéressant pour cela d'autant que personne ne connaît la Barbade. Il n'y a même pas de consulat ou d'ambassade en France,  il faut aller en Belgique ! La Barbade n'existe pas dans l'imaginaire français et nous aurons le producteur et le réalisateur qui seront à la projection du film, donc c'est vraiment exceptionnel !

Propos recueillis par FXG, à Paris

Le programme des projections www.fifda.org

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