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14 septembre 2018 5 14 /09 /septembre /2018 06:46
Les "Mambas" de Jean-Baptiste Ferré

Jean-Baptiste Ferré, pianiste et compositeur, utilise la musique pour remonter aux sources de sa créolité. Le 17 septembre, au studio de l'Ermitage à Paris, il présente son premier album, Mambas, qui sort le 14. Interview.

"Mambas

Le jazz "exotique bancal" d'un fils de la Guadeloupe

Quelle est la part du créole en vous ?

Mon père était de Pointe-à-Pitre, mais Ferré, c'est le nom de ma mère. Je n'ai pas baigné dans la culture antillaise ou créole pour la bonne et simple raison que j'ai très peu connu mon père. J'ai du le voir deux fois dans ma vie jusqu'à mes dix ans... Je ne vais pas m'étendre là-dessus, mais pour moi, toute cette partie de ma culture, puisque c'est de mon père il s'agit,  c'est un sujet qui n'est peut-être pas douloureux, mais c'est un truc un peu particulier du fait que je l'ai très peu connu...  En revanche, c'est quelque chose que je ressens au plus profond de moi-même et c'est pour ça que j'ai voulu qu'il soit précisé que j'étais Guadeloupéen dans ma biographie.  Je l'exprime aussi dans ma musique même si ce n'est pas de la biguine,  ni quoi ce soit comme rythme tropical, mais j'ai eu une influence dans le piano jazz caraïbe... Je suis un grand fan d'Alain Jean-Marie et j'ai eu l'occasion de rencontrer Mario Canonge en studio alors que nous jouions tous les deux pour le Congolais Rido Bayonne. Ce sont de grands musiciens !

Vous n'êtes peut-être pas créole, mais vous avez de la créolité en vous...

J'ai un parcours musical beaucoup plus large... J'ai joué avec Alpha Blondy, avec l'orchestre national de Barbès, avec pas mal d'artistes maghrébins et c'est pour ça que dans cet album, j'ai voulu faire un mix de tout ça. De toutes façons, vu que je suis déjà métis, je me dis que c'est une bonne chose ! J'ai toujours conçu la musique comme un patchwork multiculturel.

Comment êtes-vous entré dans la musique ?

J'ai fait un peu de conservatoire, puis j'ai commencé la musique dans des clubs parisiens. Le premier artiste avec lequel j'ai fait de grosses scènes,  c'est Alpha Blondy. J'ai rencontré par hasard des musiciens à lui - c'était en 1994 avec son album Dieu - on a sympathisé et j'ai commencé ma première tournée avec lui en Côte d'Ivoire. Je jouais du clavier et j'étais loin de piano jazz qui m'anime aujourd'hui. J'ai beaucoup bossé ensuite avec l'orchestre national de Barbès avec qui j'ai participé aux deux premiers albums chez Virgin. Après le groupe s'est un peu disloqué et nous sommes plusieurs à être partis.

Quand décidez-vous de vous lancer dans cet album qui, à plus de 50 ans, est votre premier album sous votre nom ?

Ça m'a pris du temps parce que je ne savais pas trop comment restituer cette variété de musiques et de personnes que j'avais rencontrées dans ma vie...  J'aime bien le hip-hop, j'aime bien le rap...  Il y a plein de choses musicales que j'aime bien et c'était difficile de mettre tout ça dans un album.  En France, c'est un peu difficile de faire un album éclectique... La formation de base, c'est deux percus, un piano ou un piano rhodes et une contrebasse et, après, il y a des invités qui sont des voix ou des instruments divers comme le houd. Je tiens beaucoup au piano rhodes, c'est le piano électrique que ma grand-mère m'a offert quand j'avais 17 ans et je continue à tourner avec !

Pourquoi avoir appelé cet album "Mambas" ?

Le terme "mamba", c'est ma femme qui l'a trouvé parce quand je travaillais mes compositions à la maison, à chaque fois, elle me disait : "Alors ça, c'est mamba..." Elle répétait toujours ce mot-là et j'ai fini par me dire que ce mot fait penser au mambo et à la samba, donc à la danse. En plus mamba, c'est un des serpents les plus vemineux d'Afrique ! Voilà, c'est ce côté un peu exotique qui m'a séduit parce qu'il résume assez bien l'esprit des morceaux. C'est exotique bancal !

Cet album a-t-il été une opportunité de vous réconcilier avec ce qui est douloureux en vous ?

Je ne demande pas mieux que d'aller jouer cet album aux Antilles !

Propos recueillis par FXG, à Paris

"Mambas" de Jean-Baptiste Ferré, chez Super Sound / In Ouïe Distribution

Pochette © David Ferré, Sophie Torcol

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