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2 octobre 2018 2 02 /10 /octobre /2018 04:43
Macron aux Antilles

Macron s'explique sur l'abattement fiscal et les contrats aidés

A l'occasion de son déplacement aux Antilles, le chef de l'Etat a précisé dans une interview exclusive au journal France-Antilles, sa politique pour l'Outre-mer.

Emmanuel Macron estime que ce n'est pas malicieux de faire financer le rattrapage du développement en Outre-mer par les Ultramarins eux-mêmes. "Faut pas rigoler", s'exclame le président de la République qui récuse totalement cette idée et développe : "Les projets Coeur de ville représentent des milliers d'euros d'investissement de l'État. Et on va investir sur les contrats de convergence 2, 2 milliards d'euros. Nous sommes donc très loin de demander aux Ultramarins de financer la convergence. Par contre, j'assume la volonté de réorienter les dispositifs actuels. Avec nos Outre-mer, nous avons, depuis des décennies, été au summum de la maladie française : on entretient les causes des problèmes et on traite les conséquences avec de l'argent public. En baissant le plafond, on touche 4% des contribuables ultramarins et on réinvestit l'intégralité de la somme dans des projets. C'est cohérent, et ça profite à tout le monde : ça permettra de créer des emplois et de baisser le coût de la vie. Nous le faisons en toute transparence. Aucune économie ne sera faite sur le dos de l'Outremer."

Interrogé sur le sort des contrats aidés, le chef de l'Etat a admis que leur nombre était en diminution et que cette diminution se poursuivrait en 2019. Mais il tempère : "Les Outre-mer sont protégés par rapport à l'Hexagone avec une baisse moins importante, surtout dans l'éducation. Ce sont les seuls endroits où on les a maintenus pour accompagner les collectivités dont les difficultés sont réelles." Il en profite toutefois pour pointer du doigt des lacunes: "Les collectivités ultramarines doivent mieux gérer les choses, on a trop souvent utilisé l'emploi public comme un amortisseur social ou parfois un instrument de clientélisme. Il faut sortir de cette époque. Je ne peux pas dire à la jeunesse de Martinique et de Guadeloupe, votre avenir c'est de devenir fonctionnaire territorial. Pas plus que fonctionnaire hospitalier ou d'État. Il y en aura toujours pour faire fonctionner nos services mais regardez le nombre de collectivités qui sont en surendettement simplement parce qu'on a grévé les structures. On vient nous dire que le problème, c'est les contrats aidés. Pas du tout. Le problème, c'est une structure économique d'ensemble."

Emmanuel Macron rappelle aussi que "les nouveaux contrats de transition valent pour tout le territoire mais (qu') ils sont peu utilisés par nos collectivités parce qu'elles sont en difficulté financière"

Formation, capital risque et glyphosate

Son programme d'investissement de 700 millions dans les compétences est, assure-t-il, une "vraie réponse" : "Ça veut dire faciliter des formations qualifiantes dans des secteurs qui sont en développement et où il y a des besoins. On accompagne cela d'un développement de l'offre d'apprentissage et de formation. C'est la loi que je viens de promulguer et qui est très importante pour l'Outre-mer." La deuxième réponse qu'il entend apporter, "c'est le développement de filières économiques nouvelles, qui répondent en profondeur au problème de la vie chère. La filière touristique, numérique, agro-alimentaire (...) comme le café, le maraîchage, celles qui permettent aussi d'avoir une production et une vente locales". Le président a rappelé la volonté de son gouvernement d'accompagner les projets issus des Assises des Outre-mer : "On (les) accompagne en investissant auprès d'eux et puis on déploie de nouveaux instruments. Car un des véritables problèmes, c'est l'accès au financement. Les banques ne suivent pas et je le regrette. J'ai demandé au ministre de l'Économie et des Finances de mettre beaucoup plus la pression sur les banques (...) Sur ce point, nous avons décidé de déployer la Banque Publique d'Investissement, avec un véhicule d'investissement spécifique pour l'Outre-mer, ce qui fait partie du projet des Assises. La BPI accompagnera ces projets, pour partie en garantie, pour partie en subventions, pour une autre partie en dette." Il résume ainsi sa recette : "Formation et accès au capital pour créer des emplois, pour notre jeunesse."

Enfin, en marge du dossier chlordécone, le chef de l'Etat a dit ce qu'il pensait de la prolongation d'autorisation du glyphosate : " Il n'est pas établi de manière scientifique et certaine qu'il ait conduit à des pathologies et qu'il est dangereux. Par contre, je ne veux pas qu'on fasse, avec le glyphosate, ce qu'on a fait jadis avec la chlordécone. (...) A partir du moment où des doutes ont été établis, on a profondément changé les choses. Mais on ne peut pas en sortir du jour au lendemain. (...) J'ai engagé l'ensemble des filières agricoles à faire cette transformation. Certaines le feront en 3 ans. On ne laissera aucun agriculteur sans solution. Tous seront accompagnés. La gestion du glyphosate, ça a été fait avec de la transparence absolue, de la rigueur scientifique et l'esprit de responsabilité."

Après deux jours en Martinique et Guadeloupe, le chef de l'Etat a achevé son déplacement ce week-end à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy avant de rentrer dimanche soir pour Paris.

FXG, à Paris

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