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3 novembre 2018 6 03 /11 /novembre /2018 05:00
Sur les bancs de l'opposition de gauche du gouvernement, les députés ultramarins ont été virulents

Sur les bancs de l'opposition de gauche du gouvernement, les députés ultramarins ont été virulents

Débat autour du budget de l'Outre-mer

L'examen du budget de la mission Outre-mer a débuté mardi soir à l'Assemblée nationale. La ministre des Outre-mer a aussitôt confirmé le retour des secteurs de la presse, l'audiovisuel et les transports dans le mécanisme des exonérations de charges. Pour le reste, Annick Girardin a réaffirmé la hausse de ses crédits de quelques 20 % dont 100 millions pour les aides économiques directes aux entreprises. Cette hausse de 20 %, soit 466 millions d'euros provient des économies faites avec la suppression de la TVA NPR, l'abaissement de l'abattement fiscal de 40 ou 50 % selon les territoires et la réforme du CICE. Or, tous ces sujets ont été abordés lors de l'examen du projet de loi de finances 2019 et de la sécurité sociale. Pour le coup, même les parlementaires pro-Macron, comme les deux rapporteurs Olivier Serva (LREM) ou Max Mathiasin (Modem) ont parlé de réforme "brutale, manquant de concertation"... Tous les députés ont déploré de ne pas disposer du document de politique transversale qui affiche l'ensemble des dépenses de l'Etat pour les Outre-mer, à savoir 18,5 milliards, voire 24 si l'on ajoute les dépenses fiscales. A côté, le budget de la mission Outre-mer ne se monte qu'à 2,054 milliards. Premier appelé à s'exprimer au nom du groupe GDR, le Martiniquais Jean-Philippe Nilor a regretté qu'il n'y ait rien contre la vie chère, rien pour la convergence vers l'égalité réelle. "Au lieu de ça, a-t-il dénoncé, le gouvernement met en place une solidarité inter pauvres, remet en cause le vote des députés pour la défiscalisation au logement social..."

Sylvain Brial, porte-parole du huitième et nouveau groupe politique, Libertés et Territoires, a annoncé qu'il voterait ce budget. Même choix de la part de Ramlati Ali pour le groupe LREM qui a reconnu que Mayotte était bien servie dans ce budget.

David Lorion, porte-parole des Républicains, s'est montré acerbe lui aussi sur la hausse de 20 % du budget : "Cet élan de générosité n'est que le transfert de l'argent des Domiens vers les autres territoires." Et s'il salue le fait que 81 % de ce budget soit fléché en direction des entreprises, il s'est moqué d'un budget "bricolé" et de l'écart avec la parole présidentielle vantant "la Réunion, Singapour de l'océan Indien" et la réalité des chiffres... C'est donc sans surprise qu'il a annoncé que son groupe ne voterait pas ce budget.

Justine Bénin, pour le groupe Modem, a porté un soutien tiède, mais un soutien tout de même. Elle regrette elle aussi un manque de concertation sur les réformes de la TVA NPR et de l'abattement fiscal.

Porte-parole du groupe PS, Ericka Bareigts a rappelé que l'essentiel des débats avaient déjà eu lieu lors du PLF et du PLFSS. "Vous faîtes, a-t-elle déclaré à Annick Girardin, reculer la solidarité nationale ! Vous ne donnez que 23 millions aux plans de convergence et mettez 110 millions dans le fonds exceptionnel d'investissement qui est peu distributif et centralisé... Le groupe socialiste ne votera pas ce budget car il  véhicule l'idée que les Outre-mer coûtent cher à la France. Les Outre-mer ne coûtent pas cher à la France, ils sont la France !"

Après Nicole Sanquer qui a annoncé le vote favorable du groupe UDI, Jean-Hugues Rattenon pour le groupe LFI a bouclé le tour de parole des groupes politiques : "La confiance n'est plus là... Vous donnez aux riches et abandonnez le peuple !" Il rappelle que lors du PLF et du PLFSS, Annick Girardin qui avait l'unanimité des députés d'outre-mer contre elle, a sonné le rappel des députés LREM de l'Hexagone pour "nous écraser". Et pour conclure face à celle à qui il reproche de ne pas écouter, il a conclu en créole son intervention pour annoncer le vote négatif du groupe insoumis.

Ce n'est qu'après ce tour de parole et avant le débat sur les amendements que le député PCF Sébastien Jumel a pris la parole pour demander une suspension de séance afin que le document de politique transversale soit tout de même communiqué aux parlementaires présents...

FXG, à Paris

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