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24 octobre 2018 3 24 /10 /octobre /2018 16:34
Eclats d'îles volume 2

Eclats d'art guadeloupéen à Paris

Du 11 au 23 octobre, la Région Guadeloupe a exposé Marielle Plaisir, Philippe Thomarel, Jean-Marc Hunt, Shuck one et François Piquet à deux pas de Beaubourg à Paris.

"Notre art contemporain s'affiche en warm up de la FIAC 2018 !" L'artiste Shuck One attrape le vice-président de la Région Georges Brédent par l'épaule pour saluer un enfant, comme lui, de Lapwent, face la devanture de la galerie 24 Beaubourg que, seule, la rue éponyme sépare du centre national d'art contemporain Georges-Pompidou à Paris ! Après le premier volet d'Eclats d'îles qui a eu lieu en juin autour de Joël Nankin, la Région et le duo composé d'Olivier Tarsis et Florence Alexis, poursuivent leur travail de valorisation de la création contemporaine guadeloupéenne dans cette grande place de l'art qu'est Paris à quelques jours de l'ouverture de la foire internationale d'art contemporain (FIAC).

Florence Alexis est la commissaire de l'exposition Eclats d'îles, volume n°2, organisée par la Région Guadeloupe.

C'est elle qui, plus que les artistes, a choisi les oeuvres, "de manière à refléter l'éventail de la créativité". Les cinq artistes invités proposent différents supports, différentes techniques, différentes approches artistiques et esthétiques. "Eclats d'îles, explique Mme Alexis, c'est l'idée de la diversité et c'est ce que j'ai essayé de refléter dans les choix artistiques." Ainsi en est-il de la peinture à l'huile de Philippe Thomarel, des installations de François Piquet (telle l'"Utopie de la libération"), ses sculptures d'acier ou de textiles, ou encore ses dessins au fusain qui déclinent l'idée du masque, les vanités, ces déclinaisons du crâne qui symbolisent la mort... Ainsi en est-il des textiles de Marielle Plaisir qui renvoient à la renaissance, au quattrocento et aux tapisseries des 16 et 17e siècles, des toiles de Shuck one qui renvoient au graffiti et au street art. Son travail sur la nuit, "trouble night", place les gens au centre de son geste artisitique. Enfin, les acryliques de Jean-Marc Hunt, lui aussi venu du milieu du graffiti et du rap, révèlent une oeuvre à la facture néo-expressionniste urbaine.

"L'art guadeloupéen s'exporte et s'expose à Paris", se réjouit le vice-président Brédent qui rappelle que "singularité ne veut pas dire enfermement". "Elle vise à atteindre l'universel, un peu comme notre identité qui est plurielle et qui s'enrichit tous les jours d'apports divers sans se diluer, sans se perdre dans le tout et dans l'universel..."

Soirée décrochage le 20 octobre avec une conférence avec Shuck One qui s'exprimera sur le contexte caribéen et le vocabulaire esthétique qui s'y déploie...

FXG, à Paris

Maryse Condé en marraine

Organisateur, mandaté par la Région, Olivier Tarsis a trouvé en Maryse Condé, la veille même qu'elle ne soit auréolée du prix Nobel alternatif de littérature, une grande marraine pour cette exposition qui vise le haut de gamme. C'est le plasticien brésilien, Marcos, peintre à la cour d'Albert de Monaco, qui a réalisé l'effigie de l'écrivaine guadeloupéenne. Quand on lui demande de décrire cette sculpture en deux dimensions, il répète l'explication qu'il donne à Dubaï, un endroit où la religion musulmane interdit la représentation humaine : "C'est une ombre" ! Marcos a bien pris garde de mettre en valeur une partie d'elle-même qui lui est chère, la main. "C'est son visage et sa main qui fait un geste très particulier, c'est son identité !"

François Piquet et le fer de Darboussier

Les grandes mains qu'il expose sont des extraits de l'ancienne usine de Darboussier, là où tout  a commencé pour François Piquet. C'était dans la friche industrielle qu'il a trouvé ces lames de fer qui servaient au cerclage des tonneaux de rhum. "Je suis très honoré de participer à cette exposition d'art guadeloupéen à Paris parce que je pense que c'est ça la magie, en fait les imprévus de la créolisation d'Edouard Glissant ! Je ne suis pas né  Guadeloupéen, mais ma production y est née et est directement inspirée des matières, des thématiques, des secousses qui agitent la Guadeloupe et qui sont mon quotidien."

Philippe Thomarel, une montagne et des ponts

"Ce personnages représente un territoire, un lieu, un  terre-plein, c'est un veilleur  il veille sur le parc national, sur la Guadeloupe !" Thomarel ne peint pas que des portraits. Il a décliné toute une série de paysage, notamment de ponts "lieux d'échange, de transmission, de transversalité et aussi le pont de la Gabare !" Pour cet enfant de Lauricisque, le pont de la Gabare, le premier, était un ouvrage d'art  au pied duquel il allait nager. Et ses envies de pont sont nées quand il a été détruit pour construire l'autre... "Dans la plupart de mes ponts, il n'y a pas d'ouverture... On ne sait où ça mène ni où ça commence... Un peu comme la Basse-Terre représentait dans mon enfance l'étranger... Un pont, c'est aller chez l'autre ! Ca m'a toujours fasciné !" Aujourd'hui établi en région parisienne, cet artiste a fini par passer d'une rive à l'autre pour franchir un cap et rencontrer d'autres mondes même s'il admet qu'il aurait pu être de n'importe où ! "Je passe mon temps à rêver et à me réveiller en pleine nuit ! Je passe mon temps à faire travailler mon imaginaire."

Shuck One, tagger, grafitteur, du métro à la galerie

"Peu importe les différents milieux et mouvements idéologiques que j'ai connus, je suis un mec de Pointe-à-Pitre ! J'en suis parti très tôt parce que j'étais en mutation dans ma tête et dans mon corps. J'ai laissé ma grand-mère Solitude et ses douze enfants - respect ! Ca m'a beaucoup nourri et en arrivant à Paris, j'ai découvert le mouvement hip hop, mais j'avais déjà découvert un autre mouvement graffiti avec les traces laissées sur les murs par les indépendantistes à la fin des années 1970. Ca m'avait créé un éveil pour dire qui je suis, c'est quoi mon histoire ! Si je suis métissé, c'est parce qu'il doit y avoir une histoire... A partir de là, j'ai pu développer un travail personnel. De l'esclavage à l'art contemporain, mon engagement est très ouvert et, puisque ma femme est Italienne, ça m'a permis de bouger, mais peu importe où je bouge puisque je n'oublierai jamais d'où je viens, la Guadeloupe !"

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