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10 novembre 2018 6 10 /11 /novembre /2018 07:07
La fin de France Ô, c'est pour mi-2020

Le patron de France Ô veut croire que France télévisions c'est aussi chez nous

France Ô s'arrêtera mi 2020 a annoncé Delphine Ernotte, mardi 7 novembre aux personnels de Malakoff

Pour Wallès Kotra, son directeur, l'enjeu de cette disparition, c'est la visibilité de l'Outre-mer dans les informations, le numériques et les chaînes nationales.

En voulant l'émission "l'Outre-mer fait son Olympia", le directeur du pôle Outre-mer de France Télévisions, Wallès Kotra, disait "venons faire du bruit", quand la plupart de ses collaborateurs de France Ô et nombre d'Ultramarins s'inquiètent de l'avenir de la visibilité de l'Outre-mer sur le service public... "Même sans la chaîne France Ô, dit-il, on reste là et on va être présents !" Le patron de la future disparue estime que plus que le canal, l'important, c'est le contenu. Mais ces mêmes contenus que Wallès Kotra a développés depuis sa nomination en 2016, où seront-ils visibles après juin 2019 ? "C'est compliqué la visibilité de l'Outre-mer, réagit-il. La disparition de France Ô est quelque chose de violent pour nous, il faut tourner la page et écrire l'histoire pour le 20 ou 30 prochaines années." Trois pistes de réflexion s'offrent aujourd'hui : la première, c'est l'information qui doit être plus présente sur les chaînes nationales et le numérique.  Nous sommes ambitieux, explique Wallès Kotra. Nous préparons le référendum du 4 novembre en Nouvelle-Calédonie : que vont faire France 2 et France 3 ? Quelles sont les opérations communes que nous allons faire ? C'est une sorte de préfiguration de ce qu'on fera après y compris sur le quotidien, la rentrée scolaire, les vacances..." La réflexion actuelle serait d'intégrer à la rédaction commune de France télé des "gens spécialement chargés de l'outre-mer". La rédaction de Malakoff a vocation à continuer son travail avec les stations, le numérique mais également avec les autres chaînes.

La deuxième piste, c'est le chantier numérique : "Nous avons un an devant nous pour définir quelle offre numérique on va proposer pour l'outre-mer. Faut-il une plateforme, de quel type et comment être présent sur les plateformes du groupe, France.tv et les 1ère ?"

La visibilité par les autres

Le troisième axe de réflexion, c'est la présence des Outre-mer sur les chaînes nationales qui restent, France 2, France 3 et France 5 ? "Nous créerons une unité de contenu à côté des autres, mais il ne faut pas vendre la peau de l'ours, prévient le patron de France Ô ! On va s'organiser pour prendre notre place. On va rentrer dans les fictions, dans les documentaires parce que France 2, France 3 et France 5, c'est aussi notre groupe, chez nous !" Quand Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions est venue chercher le directeur de Nouvelle-Calédonie la 1ère, il n'est pas, de son propre aveu, venu pour ce travail là... "Mais, puisque je suis là, concède-t-il, travaillons à cette refonte !" Sa conception de l'outre-mer, ce sont des identités mais également un besoin de reconnaissance, "c'est-à-dire la visibilité par les autres. Et si on perd ça, on n'est plus tout à fait des citoyens, mais des citoyens de seconde zone." Comment faire partager ce que sont les outre-mer sans avoir l'impression de s'imposer ? Voilà l'enjeu. Wallès Kotra rappelle que l'Outre-mer a déjà vécu de telles choses, quand '"l'Outre-mer existait, mais n'était un meuble, c'est l'esclavage ; quand il existait mais ne votait pas, c'est l'indigénat". Et aujourd'hui, cela peut encore exister quand un département d'outre-mer est bloqué pendant deux mois et que les chaînes nationales n'en parlent pas... "L'enjeu, poursuit Walles Kotra, ce n'est pas seulement le remplacement de France Ô, c'est cette question de visibilité qu'il faut traiter sur le numérique, dans l'information et sur les programmes."

Qui accompagnera les personnels de France Ô pour faire cette révolution ? Wallès Kotra assure qu'il n'est pas sur le départ même si pour lui ce n'est pas lié à des enjeux de personne. "Nous, conclut-il, on est parti pour coloniser la métropole ! Nous voulons partager ce que nous sommes."

FXG, à Paris

Une motion de défiance

"Qui aujourd'hui dirige la direction de Malakoff ? Quelle est la marge de manoeuvre réelle des cadres de cette rédaction ? Quelle place est réservée aux journalistes et techniciens dans le dispositif du directeur des contenus du pôle outre-mer ?" Ces questions ont été validées le 1er octobre par 71 journalistes de la rédaction de France Ô dans une motion de défiance contre la direction des contenus, fonction occupée par Daniel Grillon. La réaction est bien plus violente que celle postérieure à l'annonce de la fin de France Ô sur la TNT. Que s'est-il donc passé à Malakoff, siège de France Ô et de sa rédaction ? Le 27 septembre, le directeur des contenus a annulé la diffusion du journal télévisé Infosoir vingt minutes avant l'heure pour le remplacer par l'édition de Martinique La 1ère en invoquant la visite du président de la République en Martinique. "Ce qui est en cause, écrivent les signataires, c'est l'absence de concertation et de travail en commun. D'abord avec la hiérarchie de l'information : le directeur de la rédaction de France Ô, le directeur adjoint des rédaction ont été mis devant le fait accompli. Ensuite avec les personnels de la rédaction qui n'ont jamais été informés du bouleversement de l'antenne." Dans le contexte de la fermeture annoncée de France Ô, ceci a été vécu comme "une marque d'irrespect" et de "mépris" qui "accentue un climat déjà très anxiogène".

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