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12 décembre 2018 3 12 /12 /décembre /2018 18:04
Le patron de La Poste aux Antilles

Philippe Wahl, pdg de La Poste, se rend le 13 décembre à Saint-Martin et le 14 en Martinique à la rencontre des postiers à l'heure où cette entreprise publique connaît une forte évolution de ses métiers.

"Nous ne voulons pas réduire le nombre de passage des facteurs"

Quel est le sens de votre déplacement aux Antilles ?

C'est mon troisième tour de France et mon troisième déplacement aux Antilles avant l'île de la Réunion en février prochain. Le "plan stratégique 2020 - conquérir l'avenir" que nous avons mis en place est en train de se dérouler et la transformation est engagée. Le fond de notre stratégie est de donner la priorité au développement de La Poste et de faire plus que compenser la baisse du courrier. Pour cela, nous misons sur les services de proximité, sur le facteur humain.

La baisse du courrier que vous évoquez représente 50 %, soit 9 milliards de lettres contre 18 milliards ?

Exactement ! Il faut que l'on compense cela et on le fait en donnant la priorité au développement. La lettre qui pesait 70 % de notre chiffre d'affaires en 1990 devra représenter moins de 20 % en 2020 et nous allons finir l'année à 28 %. Ca veut dire qu'on est sur le chemin. Nous devons donc nous diversifier pour dévulnérabiliser l'entreprise et nous sommes partout en France sur ce chemin de la diversification de La Poste.

Comment compensez-vous ?

Nous compensons d'abord par de la hausse de prix — le prix du courrier peut augmenter parce que le régulateur nous y autorise ­—, par la croissance de l'activité colis, par la banque et par des activités nouvelles que nous avons totalement inventées : Veiller sur mes parents (service de visites aux personnes âgées), le transport de repas, la chaîne du froid pour "chronofood" qui travaillera aussi aux Antilles, le code de la route — on accueille des jeunes dans des locaux postaux pour qu'ils puissent présenter l'examen du code de la route et au lieu d'attendre six ou neuf semaines, ça se passe en trois jours ! Ce sont des métiers complètement neufs, y compris aux Antilles !  

La Poste a aussi fait des acquisitions...

Effectivement, nous avons fait des acquisitions que ce soit à l'international avec "geopost", dans les plateformes numériques avec "kiss kiss bank bank" ou dans la silver économie où nous allons faire plus de 180 millions d'euros de chiffre d'affaires . Nous avons racheté une entreprise dont le métier est d'installer des équipements médicaux au domicile des gens. Cette entreprise ne travaille pas encore aux Antilles, mais elle y viendra également !

Comment cette mutation se traduit-elle en termes de personnels ?

Nous n'avons pas de plan de réduction, nous continuons à recruter mais nous ne remplaçons pas tous les départs à la retraite parce que les volumes à distribuer diminuent. Le choix que nous faisons est de ne pas réduire le nombre de passage des facteurs, mais que les facteurs distribuent autre chose que de la lettre en passant tous les jours. Les Belges demandent à leurs facteurs de ne plus passer qu'un jour sur deux, nous, nous voulons passer tous les jours mais pour pouvoir le faire, il faut de nouvelles choses à distribuer : le colis et les services !

Quelle est l'évolution de l'activité colis et pourquoi n'est-ce pas systématiquement les facteurs qui les livrent ?

En matière de colis, le groupe La Poste est le numéro 1 sur la totalité du territoire comme aux Antilles. Mais les volumes ne représentent que 500 millions de colis à côté des 9 milliards de lettres. Les facteurs ne livrent pas la totalité des colis parce que quand un colis est "express", il ne peut être livré dans une tournée ordinaire. C'est donc pour des raisons industrielles. Mais nous essayons de faire livrer le maximum de colis par nos facteurs et les chronopost les moins urgents sont livrés par les facteurs.

Comment va évoluer le réseau postal territorial ?

Nous allons garder le même nombre de points de contact. Quand la fréquentation baisse, on s'appuie sur les mairies ou sur les commerçants. Nous avons commencé à le faire et nous avons aussi créé des maisons de service au public. En 2016, nous avons ouvert la première au Morne-Vert en Martinique. Ce sont des endroits où tout le monde peut venir pour utiliser les services d'autres opérateurs que La Poste comme le Trésor public, la MSA... En Guadeloupe, nous en avons ouvert trois. 

En 2010, la Banque postale du groupe La Poste était le sponsor principal (4 millions d'euros) de la Route du Rhum. Regrettez-vous d'avoir mis un terme à ce partenariat ?

J'ai mis un terme à ce partenariat parce que la priorité absolue pour La Poste était l'éducation et la Route du rhum n'avait plus besoin de nous. Nous avons mis tout l'argent sur l'éducation et c'est devenu le dispositif de « l'Envol »  de la Banque postale qui a parrainé 21 jeunes sur la zone Antilles-Guyane pour un accompagnement de la seconde jusqu'à 5 années après le bac. Ils sont 18 en voie générale, 3 en voie professionnelle, 11 Guadeloupéens, 6 Guyanais et 4 Martiniquais.

Propos recueillis par FXG, à Paris

Repères

Le chiffre d'affaires du groupe La Poste est en croissance. Elle a gagné plus de 800 millions d'euros net de profits l'année dernière et tout ce profit, selon son pdg, va dans l'investissement.

Le groupe emploie 253 000 personne en 2017 dont 1290 en Martinique, 1300 en Guadeloupe et 569 en Guyane.

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