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4 février 2019 1 04 /02 /février /2019 05:15
Grand débat national Outre-mer au Château avec les maires d'Outre-mer

Les maires dans la salle des fêtes de l'Elysée

Le président de la République a reçu vendredi 1er février à partir de 15 heures les maires d’Outre-mer à l’Elysée ainsi que les présidents d’exécutif, les préfets et les parlementaires d'Outre-mer, pour échanger avec eux à l’occasion du grand débat national. Emmanuel Macron a choisi de les inviter à Paris pour se livrer à l'exercice qu'il a initié avec les maires de l'Eure, puis du Lot et de la Drome : un long "one president show" suivi d'un échange avec la salle. Pour nos élus ultramarins, les frais de déplacement sont à leur charge, même si quelques uns laissent entendre que certains d'entre eux ont pu recevoir un petit coup de main du Château pour venir. Presque tous ont profité du voyage pour assister, la veille, aux voeux de la ministre des Outre-mer, rue Oudinot. Une cérémonie toujours très courue pour la qualité de son buffet malgré l'absence de rhum vieux cette année au bénéfice du champagne...

Le rendez-vous élyséen a débuté par un déjeuner à l'hôtel de Marigny, l'annexe de l'Elysée avec Annick Girardin, la ministre des Outre-mer et cinq autres ministres dont Buzyn et Blanquer. Car pour accueillir ses 200 invités, Emmanuel Macron a convoqué, outre sa ministre des Outre-mer, les co-animateurs du grand débat national, Sébastien Lecornu, ministre chargé des Collectivités Territoriales (qui ne cache pas son tropisme pour les Outre-mer), et Emmanuelle Wargon, secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire. C'était la première fois que la salle des fêtes tout juste relookée couleur gris taupe accueillait un événement public.

FXG, à Paris

1ère séquence : les maires revendiquent

L'exactitude étant la politesse des rois, Emmanuel Macron a ainsi pu faire mentir ceux qui le jugent par trop monarque en arrivant à 15 h 25 pour une arrivée attendue à 15 heures. Mais d'emblée, le chef de l'Etat ne s'est pas excusé de son retard, seulement de tenir ce nouveau débat après les assises des Outre-mer, mais, a-t-il dit, "la crise est profonde". Très vite, Annick Girardin a distribué la parole aux maires. Maurice Gironcel d'abord, maire de Sainte-Suzanne, qui a demandé d'élargir la conférence territoriale à tous les acteurs, y compris les gilets jaunes. Michel Vergoz, maire de Sainte-Rose (Réunion) enchaîne pour demander au président de transformer l'Etat dans les DOM. Puis, c'est Guy Losbar, maire de Petit-bourg (Guadeloupe), qui demande à ce que les assurances puissent prendre en charge le risque sargasse. Derrière lui Frédéric Duval, maire de Trinité (Martinique), réclame le rétablissement de l'APL accession logement...

Puis, c'est le maire d'Apatou (Guyane) qui insiste sur son enclavement en matière d'eau, d'électricité, de numérique, de service public et l'inactivité subie par la jeunesse... Alors oui ! Lui, il veut la réalisation du projet de la Montagne d'or et la réfection de la route qui mène à sa commune. Bruno Nestor Azérot, maire de Saint-Marie (Martinique), tout comme son collègue Joël Beaugendre de Capesterre-Belle-Eau (Guadeloupe), demande l'indemnisation de toutes les victimes du chlordécone. Jean Gandy, le maire de Rémire-Montjoly (Guyane) demande une simplification des normes et remercie le président pour son intérêt pour les Outre-mer...

L'intervention de l'ancienne ministre, Marie-Luce Penchard, maire de Basse-Terre (Guadeloupe) s'achève par une salve d'applaudissements. Non sans avoir salué le travail des prédécesseurs d'Annick Girardin (Lurel, Bareigts et elle comprise), les états généraux de 2009, la loi égalité réelle et les assises, Mme Penchard invoque le droit à la différenciation : "Osez, M. Le président !"

Puis, c'est la maire de Miquelon, le maire de Rivière-Pilote (Martinique) et celui de Saint-Pierre à la Réunion qui abordent la question du changement climatique... Jean-Paul Virapoullé, maire de Saint-André (Réunion) demande la simplification du millefeuille administratif, mais surtout la baisse du coût de la vie... Le président du conseil départemental de Mayotte intervient pour s'étaler sur les multiples conflits qui minent l'activité du port de Longoni... Saïd Omar Oili, le maire de Dzaoudzi, poursuit en affirmant que son territoire est "au bord de la rupture, qu'une simple étincelle mettrait le feu"... "Parfois, lance-t-il, M. le président, vous dîtes trop la vérité et nous sommes dans un pays où l'on n'aime pas trop cela..." Il fait un long développement sur l'autisme asperger dont souffriraient les hautes sphères de la France. Le président Macron regarde ses notes... "Si des signes forts, conclut le maire de Dzaoudzi, ne sortaient pas ce débat, nous les élus ne pourrons pas faire de miracle."

Didier Laguerre, maire de Fort-de-France, évoque le taux de chômage : "Aucun défi ne pourra être relevé si nous n'avons pas la capacité de porter des investissements productifs." Et il se fait applaudir après avoir demandé des moyens de financement pour les collectivités et un statut fiscal propre. Christian Rapha, maire de Saint-Pierre (Martinique), appuie son collègue foyalais et invite le président à visiter sa ville et à l'aider à financer son musée...

Le président Macron a fini par tomber la veste. Il est déjà 17 h 00 et le tour de table des maires n'est pas fini... François Ringuet, le maire de Kourou (Guyane) lui aussi a des problèmes financiers dans sa commune. L'activité spatiale ne rapporte plus beaucoup à sa commune, sa contribution au budget de la ville passerait de 700 000 à 300 000 euros... Enfin Sophie Charles, maire de Saint-Laurent du Maroni (Guyane) conclut la première séquence pour réclamer un traitement équitable pour les finances des collectivités qu'il s'agisse du fonds de péréquation intercommunale ou de la dotation générale de fonctionnement. Elle conclut sur France Ô  sans laquelle la visibilité des outre-mer passerait de 9 % à 0,3%.

Le président se lève, c'est le temps de ses réponses qui commence. Il est 17 h 25.

Sur la vie chère

"La vie est chère pour tous ceux qui ne touchent pas la surrémunération." Le président a clairement appelé les collectivités : "Ca doit venir de vous, sinon on va rester dans cette situation duale." Le président a assuré que la lutte contre les oligopoles et monopoles, c'est-à-dire l'ordre public, cela relevait de l'Etat. Il a encore souligné la nécessité d'une organisation économique en filières, "mais j'attends de vous pour des solutions sur le sujet de la surrémunération." Il a parlé d'une transition sur dix ans.

Sur les finances des collectivités

"La dotation globale de fonctionnement est la même en outre-mer et dans l'Hexagone", a assuré le président qui a convenu que les dotations de compensations étaient inférieures de 15 à 20 %, tout en soulignant que les territoires d'Outre-mer touchaient 20 fois plus des fonds européens. "On met tout sur la table !" Alors oui, il a convenu que Kourou était une victime collatérale de la concurrence américaine à l'agence spatiale européenne. Et si les villes de moins de 10 000 habitants, comme Saint-Pierre de la Martinique, sont exclues de l'opération Coeur de ville, "on peut, a-t-il affirmer, trouver des solutions". La conférence territoriale serait le bon endroit pour en parler... Ce qu'il souhaite, c'est "une révolution culturelle managériale profonde qui doit être un sujet de sortie du grand débat". Emmanuel Macron mise sur une "plus grande déconcentration des services de l'Etat, des contrôles moins tatillons". Il veut un Etat qui va "plus vite, plus aidant et plus pragmatique".

"Favorable à 100 % au droit à la différenciation"

Conscient que pour une collectivité territoriale, obtenir une habilitation pour avoir des compétences nouvelles, est un chemin trop difficile, comme le droit d'expérimentation qui fait aussitôt craindre le risque d'une généralisation, le président s'est dit favorable à 100 % au droit à la différenciation et a parlé d'une "réforme constitutionnelle de confiance", une "proposition attendue dès la fin de ce grand débat".

Un débat sargasse dans le débat

La première série de réponse du président sur la crise sargasse n'a pas convaincu malgré les 5 millions, puis les 12 millions, à savoir la couverture à 80 % par l'Etat des dépenses d'équipement pour le ramassage et le stockage des sargasses. Raymond Ocolier, le maire du Diamant réagit : "5 millions ? Mais c'est 50 millions qu'il nous fallait et c'est insuffisant !" "Il faut couvrir les besoins", tempère le président. "Et les assurances ?", continue le maire du Diamant. "Il faut les taper à raison, réagit le président... Il faut voir ce qu'on peut leur demander dans l'accompagnement des personnes." Marlène Miraculeux-Bourgeois, maire de Capesterre à Marie-Galante, le relance sur l'absence d'état de catastrophe naturelle et lance : "On me surnomme Mme Sargasse !" "Nous créons un régime sargasse, une solution ad hoc", réplique Emmanuel Macron.

Et une polémique Chlordécone...

"C'est à la demande de celles et ceux qui en vivaient", déclare le président Macron en répondant sur le chlordécone. "Pas ceux qui travaillent", hurle Alfred Marie-Jeanne. "Des lobbys, des élus et certains responsables économiques", reprend le président. "La prolongation des autorisations", précise Joël Beaugendre. "Il est faux dire que le chlordécone est cancérogène. Il y a une prévalence, mais il ne faut pas aller jusqu'à dire que c'est cancérogène. C'est quelque chose qui n'est pas vrai et qui alimente la peur." Le président rappelle alors qu'il s'est engagé sur le "zéro chlordécone" dans l'alimentation. Il refuse le principe d'ouvrir l'indemnisation à tous et assure que les discussions vont assez vite pour que les professionnels puissent déposer un dossier d'indemnisation à partir du mois de juillet.

Victorin Lurel, mais également Joël Beaugendre l'interrogent alors sur le fait que le Pr Blanchet du CHU d'une part, et l'OMS, d'autre part, ont établi un lien entre chlordécone et cancer de la prostate*. "Il n'y a pas de lien de causalité, insiste le président qui demande à Victorin Lurel de se souvenir qu'il a été ministre des Outre-mer. Puis avec le renfort da sa ministre de la Santé, il réaffirme l'absence de cause directe et assure que des travaux sont lancés avec les meilleurs chercheurs. Personne ne semble avoir convaincu personne.

France Ô

"On maintient les chaînes 1ère et on dit qu'on va remettre les Outre-mer au coeur de l'audiovisuel public, assure le président qui revendique le droit d'avoir de l'ambition. France 2 et France 3 sont trop bien pour l'Outre-mer ? L'Outre-mer, c'est un canal à part ? Non ! L'évolution de l'audiovisuel public doit s'accompagner d'un changement dans la présence des Outre-mer avec des obligations pour augmenter la visibilité. J'en prends l'engagement." Le député de Saint-Pierre-et-Miquelon le reprend : "Delphine Ernotte ne nous a pas convaincu pour ce qui est de la visibilité des Outre-mer, mais en plus cela met en danger la production outre-mer puisqu'on les prive du tremplin que représente France Ô."

Emmanuel Macron réplique en assurant que ça n'est pas à l'équipe actuelle de France Télévisions de dire ce qu'il faut faire, mais le travail des parlementaires.

*https://nousvoulonsdescoquelicots.org/2019/02/02/pourquoi-emmanuel-macron-ment-il-sur-le-chlordecone/

Grand débat national Outre-mer au Château avec les maires d'Outre-mer

Les Outre-mer, territoires inclusifs

A 19 heures, le débat est recentré sur l'emploi et l'économie. Nouveau tour de table des maires. Olivier Hoareau, maire du Port, défend le dispositif territoire zéro chômeurs de longue durée.

Marie-Laure Pineira-Horth, maire de Cayenne, évoque l'insécurité et le trafic de stupéfiants par rapport à la grandeur du taux de chômage notamment chez les jeunes. "Quand allez-vous prendre le chômage dans les Outre-mer comme grande cause d'outre-mer ?" Elle est suivie par la maire de Chirongui à Mayotte, puis par Josette Borel-Lincertin, présidente du département de la Guadeloupe. Elle aussi rappelle les difficultés financières de sa collectivité eu égard au besoin de l'action sociale dont elle est en charge. "Vous engagerez-vous à donner à nos départements les moyens de nos missions en nous donnant une fractions des produits des jeux de hasard ou en recentralisant une partie du RSA ?" Cyril Melchior, son homologue de la Réunion est revenu sur le mouvement des gilets jaunes qui a bloqué l'île deux semaines durant avec un préjudice de 700 millions euros de perte selon la CCI locale. Lui aussi se plaint de la non compensation par l'Etat du RSA : 150 millions d'euros pour le département de la Réunion ! Sans parler des 48 % de la population en-dessous du seuil de pauvreté. Cyril Melchior veut un changement de paradigme et voudrait que l'on passe du prêt à porter économique au sur-mesure. "Mettons le en oeuvre ensemble par la contractualisation !"

Ferdy Louisy, maire de Goyave (Guadeloupe) demande la conciliation de l'écologie et du pouvoir d'achat. Joseph Sinimalé, maire de Saint-Paul (Réunion), souligne qu'un tiers des ressources des Réunionnais vont à l'alimentation et au transport... Il en appelle au contrat de transition écologique. Stéphane Fouassin, autre maire réunionnais, exprime lui aussi son ras le bol sur la cherté de la vie, la disparition de l'APL accession et encore le plafonnement de l'abattement d'impôt au bénéfice du seul Bercy !

Les rangs des maires se sont un peu clairsemés et même si tout le monde se retient, on sent que l'exercice commence à lasser... Les journalistes écoutent moins et le président fait beaucoup d'effort pour montrer que son attention est encore intacte... Un peu de brouhaha brouille l'écoute. Stéphane Fouassin, pour ne rien aider, lit un papier. Il est déjà 19 h 45...

C'est le moment pour les quatre présidents de collectivités régionales de prendre la parole. Le Réunionnais Didier Robert d'abord qui remercie la ministre de son implication au pays lors de la crise gilet jaune à la Réunion. "Les Réunionnais souffrent, lance-t-il. Le 15 du mois, il n'y a rien dans leur frigidaire..." Il conclut son intervention en évoquant les lobbys administratifs, privés qui entravent le progrès.  Alfred Marie-Jeanne enchaîne : "Que serait la France aujourd'hui au regard du Brexit, au regard d'une Amérique belliqueuse ? (...) On dénie l'Outre-mer et c'est un déni que je n'accepte pas." Il rappelle "la crise sociétale sans précédent", survenue il y a dix ans en Martinique. Tous, Emmanuel Macron compris, tendent l'oreille pour bien saisir son propos. Annick Girardin finit par intervenir pour lui dire qu'il parle depuis 15 minutes. Il se fâche, se calme : "Nous demandons le respect des engagements pris dans le cadre des assises de l'outre-mer", conclut-il. Rodolphe Alexandre, président de la Guyane, prend le relais pour se féliciter que Total puisse poursuivre son forage au large de la Guyane, féliciter le président pour avoir tenu parole sur les accords de Guyane dont la recentralisation du RSA... "Il faut qu'on désacralise la question des peuples autochtones : la question aurifère n'est pas amérindienne mais guyanaise ! La Guyane se meurt. Après la première locomotive qui est la base spatiale, la seconde doit être la filière aurifère." Il conclut avec le prix des billets d'avion "excessifs" et se dit prêt à trouver avec le président une solution aux mules

En l'absence d'Ary Chalus, Annick Girardin lance un nouveau débat sur le logement et invite la maire du Moule (Guadeloupe) Gabriele Louis-Carabin à intervenir : RHI, logement social, APL accession. Le maire de Mamoudzou (Mayotte) y va de son chapelet, suivi de Patrick Lecante, maire de Montsinery-Tonnegrande en Guyane : "Ca fait presque 5 heures, que nous discutons et il me vient une idée : pourquoi ne pas faire de cette journée une journée annuelle ?" Mais c'est sur la continuité numérique qu'il interpelle le président Macron... Jean-Claude Pioche, maire de la Désirade (Guadeloupe) achève par une intervention dédiée à l'emploi : "Est-il envisageable qu'une cellule interministérielle soit crée et des moyens alloués ?" Justin Pamphile, maire du Lorrain rappelle à son tour les événement d'il y a dix ans, le chômage de masse, les risques sanitaires, la précarité du système de santé, les investissements en berne... "Et pendant ce temps, la Martinique perd des habitants..." Il réclame un plan de développement endogène. Il est 21 heures, son collègue du Vauclin plaide la candidature de la yole au patrimoine de l'UNESCO. Maryse Etzol lui succède pour parler de Marie-Galante qui se dépeuple et s'appauvrit... Jocelyn Sapotille, maire de Lamentin en Guadeloupe, dénonce l'importation de bois des Etats-Unis pour faire un couplage biomasse-bagasse... Alors, M. le président, déclin définitif ou développement désordonné ?

Chômage, immigration, fiscalité... Macron répond encore

"Ce n'est pas une communauté autogérée !" Emmanuel Macron a dû reprendre le micro de force pour essayer de commencer à répondre. "Je prends encore deux questions..." David Zobda maire du Lamentin (Martinique) évoque la situation du CHUM. Gilles Adelson, maire de Macouria (Guyane), récupère le micro : "A quand la modernisation de l'axe routier ?"

Emmanuel Macron peut enfin répondre... Il confirme sa venue à la Réunion et à Mayotte en juin. Il propose de mettre des crédits sur le territoire zéro chômeur : 7 millions pour la Réunion. "Je suis comme vous, j'y crois beaucoup !" La question des mules ? 600 interpellations à Cayenne et des centaines à Orly... "Nous allons renforcer la coopération régionale pour avoir une vraie discussion contre ces fléaux. 1er mars, le préfet de Guyane lance "l'opération étanchéité" !

L'émigration clandestine à Mayotte et en Guyane : "Nous sommes pleinement mobilisés pour la combattre, coopérer avec les Comores pour la bloquer au départ, et systématiser les retours !" En mai, un plan spécifique, type harpie, sera déployé pour dissuader et empêcher Mayotte d'être un point d'entrée. Plus de contraintes également aux prestations sociales, même si certaines dispositions spécifiques à la Guyane ont été censurées par le Conseil constitutionnel.

Sur les recettes des jeux de hasard pour financer les prestations sociales en Guadeloupe, le président préfère transférer une ressource qui a une cohérence avec la politique sociale. "Je suis favorable à une recentralisation des prestations qui doit s'accompagner d'un partenariat opérationnel avec les collectivités qui sont des opérateurs de proximité, pas des financeurs aveugles." Il veut de l'insertion par l'activité économique.

Il retient la proposition d'un chèque fiscal écologique environnemental du maire de Goyave. "L'idée d'avoir des incitations pour les collectivités me paraît utile."

"Le beurre est cher ?, lance le président. A-t-on réfléchi à développer une filière ?" Il ne veut plus du cycle : défiscalisation, compensation du fret et argent public... "Il faut développer les filières locales, donc de l'activité économique, donc du salaire ! " Il propose encore une vraie réforme de la fiscalité locale, TVA et octroi de mer, pour abaisser les prix. Le coût du travail ? Il salue le "zéro charge patronale au SMIC" qui a démarré le 1er janvier. Le "zéro déchet" aussi !

Il a salué le président Marie-Jeanne et la passion avec laquelle il s'exprime : "Sa colère accompagne le gâchis qu'il y a eu depuis le début !"

Soutien à la yole martiniquaise à l'UNESCO

Sur le sujet aurifère, Emmanuel Macron réitère ses exigences. Quant au prix des billets d'avion, il assure que la mobilité Guyane Antilles a été améliorée grâce à la concurrence qui ne serait pas encore suffisante sur le transatlantique. La continuité territoriale reste un sujet préoccupant qui demande des réponses cousues main ! "Je vais demander aux préfet de se mobiliser."

Au maire du Lorrain, il a assuré que si revenir sur l'abattement fiscal de 30 % améliorait les choses, il le ferait : "A qui cela profite-t-il ? Et qui a la vie chère ?" "Vous ajouté de la pauvreté à la pauvreté", lui lance Max Mathiasin, deputé Modem de Guadeloupe. "Non, oppose le président. On a reduit un peu l'avantage fiscal pour les gens les plus aisés et pour retourner ces sommes aux Outre-mer.' Ca bougonne ! "On ne le suuprime pas, on l'écrête ! On peut régler le problème de la vie chère si on se mobilise ! Si vous pensez que le système fonctionne, défendez-le devant vos concitoyens, moi je suis cohérent jusqu'au bout et je propose qu'on l'évalue."

La sénatrice martiniquaise Catherine Conconne proteste... Ca fait bientôt sept heures que la réunion a commencé. Le président répond au reproche qu'on lui a fait sur la suppression des contrats aidés :"Des contrats précaires, peu qualifiant : de la subvention cachée pour les collectivités. On a mis en place le contrat PEC avec une obligation de formation et un accompagnement vers le contrat pérenne !", même si la part de l'Etat dans son financement est moindre.

Enfin, il a évoqué la Yole et l'UNESCO ? "Je peux vous annoncer que je l'accompagnerai !" Il lance encore qu'il croit en la souveraineté alimentaire et énergétique... Un dernier mot sur la surrémunération: " Si on est tous surrémunérés, bon courage ! Il faut progressivement désensibiliser nos territoires et il va falloir régler définitivement ce sujet !" Désertification médicale ? Il annonce 4000 assistants médicaux... Il est 22 h 30, le débat est clos.

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