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26 mars 2019 2 26 /03 /mars /2019 05:12
Le Premier ministre et la Guyane
Edouard Philippe, le Premier ministre, a répondu en exclusivité à FA Guyane après le report de son déplacement en Guyane en raison des troubles survenus le week-end du 16 mars sur les Champs-Elysées. Le Premier ministre venait notamment faire des annonces sur le secteur aurifère, la lutte contre l'orpaillage clandestin et le trafic de drogue. Il répond également sur les promesses signées en 2017 par l'État, le Livre bleu, le revenu de solidarité active...
« Un responsable chargé de la filière aurifère va être désigné »
Deux ans après le mouvement social de 2017, où en est l’État dans les promesses signées par le gouvernement et celles renouvelées et précisées par le président de la République, en octobre 2017 ?
Je veux rappeler que, dès la constitution du gouvernement, nous avons confirmé aux élus et à nos compatriotes de Guyane que nous étions engagés pleinement dans la mise en œuvre du plan d’urgence pour la Guyane, décidée sous l’ancienne mandature.
Je veux rappeler aussi que le gouvernement s’est doté d’une feuille de route pour les Outre-mer avec le Livre bleu Outre-mer qui prévoit un ensemble d’actions ambitieuses. Dans le cadre de la réforme des aides économiques, les parlementaires de Guyane de la majorité ont, par exemple, demandé que les entreprises de Guyane puissent disposer d’un régime spécifique. C’est ce que nous avons mis en œuvre à l’occasion des débats budgétaires.
Je voudrais enfin rappeler quelques décisions prises par le président de la République pour la Guyane. Nous avons depuis maintenant un an sensiblement accru la pression contre l’orpaillage illégal avec le plan Harpie II. Les forces armées de Guyane et la gendarmerie ont renforcé leurs moyens. Tous les services de l’État et de ses opérateurs, notamment les personnels du Parc amazonien de Guyane, participent à ce combat. J’ai décidé que les sommes issues des saisies d’or seront désormais consacrées intégralement à des projets et des actions portés par les forces qui luttent contre l’orpaillage illégal.
Je veux aussi citer la lutte contre le trafic de drogue entre la Guyane et l’Hexagone. Nous avons établi un plan de bataille global, avec des actions à Cayenne et dans les plateformes aéroportuaires de l’Hexagone… Nous obtenons déjà des résultats. Ces actions vont se poursuivre et s’amplifier au fur et à mesure de la mise en œuvre du plan dans les prochaines semaines.
Le débat autour du projet d’exploitation aurifère Montagne d’or est vif aujourd’hui. À défaut de votre présence, en raison des troubles survenus à Paris le week-end dernier, enverrez-vous votre ministre de la Transition écologique, François de Rugy, pour qu’il se positionne officiellement sur la question aurifère ? La décision est-elle déjà prise ?
Oui, le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, se rendra prochainement en Guyane pour rencontrer les parties prenantes sur le sujet.
Je veux insister sur un point essentiel : l’avenir de la filière aurifère en Guyane ne peut pas, ne doit pas dépendre du sort d’un seul projet. Le gouvernement est profondément convaincu qu’il est possible de valoriser les ressources du sol guyanais dans des conditions exemplaires au plan environnemental, avec l’accord des Guyanais. C’est dans cet esprit que nous allons prochainement désigner un responsable chargé de la filière en Guyane. C’est aussi en ce sens que nous souhaitons engager la réforme du code minier et pouvoir présenter au parlement un texte en fin d’année.
Les exigences et les attentes concernant le projet Montagne d’Or ont été clairement fixées par le chef de l’État et par le gouvernement : la concertation et l’acceptabilité par les personnes concernées, l’insertion sociale et économique du projet qui doit pleinement bénéficier au territoire, tant en termes d’emploi pour les Guyanais que de valeur ajoutée conservée localement, la maîtrise des risques environnementaux et des enjeux énergétiques… Le débat public, qui s’est tenu l’année dernière, a soulevé des questions fondamentales.
Nous sommes dans un État de droit : les opérateurs doivent déposer des demandes qui seront ensuite examinées. C’est dans ce cadre qu’il reviendra au porteur de projet le moment venu de présenter un dossier qui devra répondre à ces attentes d’exemplarité.
D’un côté, la Guyane souffre de l’immigration clandestine, de l’insécurité, de l’habitat insalubre et illégal, d’un autre, elle a des atouts comme la pêche, la filière bois, le spatial… Comment trouver la voix d’un développement harmonieux ?
La condition à tout développement harmonieux, c’est d’assurer le socle des services attendus par la population. La sécurité, l’éducation, la santé, le logement constituent les priorités de mon gouvernement en Guyane. Nous souhaitons en faire aussi des priorités européennes.
Et nous sommes prêts à envisager toutes les adaptations utiles pour atteindre nos objectifs : c’est ce que nous avons fait avec la collectivité territoriale de Guyane en faisant en sorte que l’État reprenne, de manière exceptionnelle, le financement du revenu de solidarité active, afin que la collectivité puisse disposer de marges de manœuvre pour faire face à ses autres missions et obligations.
Le développement passe aussi par la valorisation des ressources de la Guyane – nous venons d’évoquer la filière aurifère. Il en va de même d’autres filières comme l’agroalimentaire ou l’énergie, que nous soutenons de manière résolue. C’est toute l’ambition portée par notre gouvernement à travers le Livre bleu des Outre-mer et de la Trajectoire des Outre-mer 5.0, avec cinq objectifs clairs : 0 exclusion, 0 vulnérabilité, 0 carbone, 0 déchet, 0 intrant chimique.
Propos recueillis par FXG, à Paris
 

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