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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 04:34
Commission d'enquête parlementaire sur les impacts du chlordécone - 3e jour

Un ancien du CIRAD revient sur les dossiers d'autorisation

Henri Vannière est un chercheur du CIRAD à la retraite qui a été l'un des premiers au début des années 2000 à étudier la genèse du chlordécone. Il est revenu sur l'historique des demandes d'autorisations depuis 1968. "L'usage massif du chlordécone, a-t-il exposé, a démarré au Cameroun anglophone au milieu des années 1960. La première demande d'autorisation est déposée en 1968 par la société SEPPIC (filiale des Chargeurs Réunis, qui sera cédée à la filiale française de Du Pont de Neumours, in 1981) qui se fournit aux Etats-Unis et détient la licence du képone. La commission rejette la demande, le dossier se limitant à une simple feuille... L'année suivante, la commission des toxiques rejette encore, mais cette fois  en raison de la toxicité du produit qu'elle inscrit au tableau A. Finalement, l'usage du chlordécone pour éliminer le charançon du bananier est accordé en 1972. Après l'accident aux Etats-Unis où le chlordécone est interdit dès 1976, c'est le Pr Snégaroff qui lance l'alerte en France en 1977. Il n'empêche, dès 1981, SEPPIC dépose un dossier pour un produit dénommé Musalone qui a remplacé le képone, en même temps que la société Laurent de La Garrigues pour un produit dénommé curlone qu'elle va  faire fabriquer au Brésil. Le curlone est autorisé en décembre 1981, sans avoir fait l'objet de tests préalables... Si le ministère de l'Agriculture a indiqué que les dosssiers de la commission toxicité avaient disparu pour les années allant de 1976 à 1989, Henri Vannière indique que Mathieu Finz (un des premiers lanceurs d'alerte) a identifié une série de cotes qui pourraient représenter ces dossiers aux archives de Fontainebleau (dont l'accès est aujourd'hui interdit pour des raisons de sécurité). Par ailleurs, Henri Vannière a indiqué avoir échangé avec Isabelle Plaisant qui siégeait à la commission de toxicité qui a homologué le curlone en 1982. Celle-ci lui aurait déclaré : "On était minoritaire ; il est passé."

Ce n'est qu'à partir de la crise de l'eau en bouteille Capès-Dolé en 1999 en Guadeloupe, puis la découverte du container de patates douces polluées en 2002 sur le port du Havre que les autorités publiques, comme les instances scientifiques ont pu prendre la mesure des dangers, même si c'est vrai que ce n'est que le coup de gueule du controversé Pr Belpomme en 2007 qui a permis une vraie prise de conscience et une réaction des autorités. Et des bananiers qui lancent à partir de 2008 le plan banane durable.

FXG, à Paris

L'INSERM joue la prudence et regrette le manque de financement des cohortes

L'audition, jeudi, du pdg de l'INSERM, Gilles Bloch, et du Pr Barouki, toxicologue, chef de l'unité 1134 de l'INSERM, a révélé la prudence de sioux des scientifiques qui ont rappelé les trois qualificatifs que l'on doit accolé au mot "cancérogène" : avéré, probable ou possible. En termes de cancer de la prostate, Gilles Bloch a indiqué que c'est le mot probable qui convenait, sachant que pour établir un lien avéré, il faudrait une signature moléculaire attestant que le chlordécone a déclenché le cancer.... Il a ainsi expliqué que si l'étude Karuprostate du Pr Multigner faisait un lien entre cancer et chlordécone, "il n'existait pas de sur-risque majeur de cancer de la prostate aux Antilles aujourd'hui en comparant des populations génétiquement comparables". Il a ajouté : "Il n'y a pas de sur-incidence majeure." Ceci étant, il a admis que "l'imprégnation de la population était un problème sanitaire potentiel qui justifie une observation de la population". "Faut-il faire un dépistage systématique, faut-il un suivi sanitaire ?" A ces questions de Justine Bénin, rapporteur de la commission d'enquête, Gilles Bloch et ses collègues de l'INSERM ont insisté pour dire qu'ils n'étaient là que pour produire des faits scientifiques et qu'ils n'étaient pas un autorité sanitaire qui préconise des politiques publiques. "C'est le rôle de la Haute autorité de santé et elle n'a pas recommandé de tels actes." Interrogé par Hélène Vainqueur-Christophe sur le type d'études utiles qui manquerait de financement, Gilles Bloch a répondu : "La cohorte Ti Moun soulève de nombreuses questions et notre devoir est de faire la lumière et j'interpelle l'Etat régulièrement pour assurer la pérennité de ces outils de découverte que sont les cohortes." Il a ainsi regretté qu'il n'y avait pas de financement pérenne pour ces cohortes.

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commentaires

Musa CHLD 07/07/2019 19:08

Pour être précis, il ne s'agit pas de CEPIC mais de SEPPIC, filiale des Chargeurs Réunis, qui sera cédée à la filiale française de Du Pont de Neumours, in 1981.
Pour les pesticides commerciaux français contenant du chlordecone, voir la base ephy de l'ANSES :
https://ephy.anses.fr/substance/chlordecone
htps://ephy.anses.fr/ppp/curlone
https://ephy.anses.fr/ppp/musalone
Rien de sorcier, il faut juste savoir lire.

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