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3 juillet 2019 3 03 /07 /juillet /2019 08:35
Commission d'enquête sur l'impact du chlordécone et du paraquat

La commission d'enquête parlementaire chlordécone au travail

La commission d'enquête sur l’impact économique, sanitaire et environnemental de l’utilisation du chlordécone et du paraquat a débuté ses auditions, lundi 1er juillet à Paris. Présidée par le Martiniquais Serge Létchimy et avec la Guadeloupéenne Justine Bénin comme rapporteur, la commission a fixé une série de rendez-vous qui vont durer toute la semaine.

Jacques Rosine, responsable de la délégation Santé publique France aux Antilles, et de Mme Mounia El Yamani, préfiguratrice adjointe au directeur – Direction santé environnement et travail, de Santé publique France, ont été les premiers à passer à la question. Ils ont confirmé la prolongation ou la relance d'études cliniques, comme le plan canari pour la période 2019-2020 avec le 4e plan chlordécone. Ainsi, l'échantillon touchera plus de personnes que pour la première étude qui avait connu de nombreux refus de prélèvement (400 personnes en Martinique, 350 en Guadeloupe contre un objectif de 900 par territoire). Elle ciblera les populations à risque  : agriculteurs, pêcheurs, femmes enceintes ou en âge de procréer et les populations concernés par le plan JAFA relatif aux jardins créoles. De fait les responsables de Santé publique France espèrent aussi en tirer aussi la connaissance des pratiques des gens les moins imprégnés.

Prise en charge sanitaire spécifique

Les interrogations du président, de la rapporteure, mais également d'Hélène Vainqueur-Christophe ont souligné le fait que si les organismes d'Etat (ANSES, INSERM, SPF...) font chacun bien leur travail depuis 2002, mais surtout 2008, l'ensemble manque de transversalité pour, selon le président, "une perspective et une prospective de prise en charge sanitaire spécifique".

Car l'ensemble des échanges a été dominé par les liens que l'ont fait ou pas entre la prévalence des cancers de la prostate ou la récidive des cancers de la prostate trois fois plus forte dans les zones chlordéconées selon que l'on est à l'INSERM ou à Santé publique France...

L'objectif de Serge Létchimy vise à "comprendre les contradictions qui font que l'Etat ne prend pas conscience de la situation". Il a ainsi demandé à ses interlocuteurs s'ils étaient favorable à la prise en charge spécifique des populations de Guadeloupe et Martinique, comme par exemple la prise en charge du coût du test d'imprégnation au chlordécone. Santé publique France assure qu'il existe déjà des prises en charge spécifiques dont elle est elle-même en partie chargée, mais qu'une telle décision relève de la Haute Autorité de Santé.

FXG, à Paris

L'intervention du Pr Multigner

 

"L'approche épidémiologique rend difficile de prouver ou démontrer des liens de manière formelle et absolue. Ces deux qualificatifs sont vérifiés pour le tabac, l'alcool et l'amiante... L'amiante après 90 ans de travaux répétés." Ceci étant dit, le professeur a rappelé ce qu'avait montré l'étude Karuprostate de 2010 : "L'exposition au chlordécone est associée à un risque augmenté de survenue de la maladie. Je ne peux faire plus simple." Il estime sur 500 nouveaux cas annuels de cancers de la prostate, 25 à 40 seraient imputables au chlordécone. Ses dernières publications mettent en avant que le risque de récidive du cancer de la prostate est trois fois plus fort en Martinique et en Guadeloupe.

Il a ensuite rappelé la commande qu'on lui avait passée pour lancer le même étude en Martinique. Mais faute de moyen, le Pr Multigner n'a pu réaliser Madiprostate. Le Pr Multigner a aussi indiqué que l'exposition de la femme enceinte exposait son enfant à la prématurité eu  égard au fait que la molécule est un perturbateur endocrinien. Il a encore observé "un beau score dans le neuro-développement de l'enfant entre 0 et 18 mois" : "C'est un clignotant orange." Ces enfants qui auront 7 ans l'an prochain seront alors examinés." Pour l'heure, l'étude guadeloupéenne de 2010 sur la première cohorte Ti moun n'a pas révélé chez l'enfant de 7 ans de troubles du neuro-comportement.

Côté bonnes nouvelles, le Pr Multigner a indiqué que désormais étaient écartés les risques de malformation congénitale ou de diabète chez l  a femme enceinte.

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