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20 octobre 2019 7 20 /10 /octobre /2019 05:21
"Les apparences dépouillées", un essai de Laurent Laviolette

Etre Noir en France

Le Martiniquais Laurent Laviolette vient de publier chez HC éditions « Les Apparences dépouillées ». C'est un essai que l'auteur a voulu réaliser sous forme de dialogue avec dix personnalités originaires des Antilles et d’Afrique, pour comprendre comment lui comme ses témoins se sont défaits des entraves liées à la couleur de leur peau, libérés des assignations dictées en raison de leur seule apparence.

La première question posée à ses interlocuteurs est « quand avez-vous découvert que vous étiez noir ? » Daniel Maximin, Kareen Guiock, Olivier Laouchez, Audrey Pulvar, Jean-Marc Mormeck, Lionel Zinsou, Cécile Djunga, Lucien Jean-Baptiste, Jocelyne Béroard et Thierry Pécou se sont prêtés au jeu de l'ancien chef de cabinet de Marie-Luce Penchard, alors ministre des Outre-mer, ancien conseiller Outre-mer d'Alain Juppé pendant les primaires de la droite (2015-2016). Durant son cursus professionnel et particulièrement en politique, il a été surpris d’être perçu comme noir avant d’être un professionnel. Son livre fait écho à l'essai collectif initié par l'actrice française Aïssa Maïga et publié aux Éditions du Seuil en mai 2018, "Noire n'est pas mon métier", dans lequel seize comédiennes françaises noires ou métisses, Nadège Beausson-Diagne, Mata Gabin, Maïmouna Gueye, Eye Haïdara, Rachel Khan, Aïssa Maïga, Sara Martins, Marie-Philomène Nga, Sabine Pakora, Firmine Richard, Sonia Rolland, Magaajyia Silberfeld, Shirley Souagnon, Assa Sylla, Karidja Touré et France Zobda dénoncent les discriminations et les stéréotypes dont elles sont victimes dans le milieu du cinéma français, mais aussi à la télévision, au théâtre et dans le monde culturel en général.

Un lien évident avec l'histoire coloniale

Dans "Les apparences dépouillées", il apparaît à l'instar de ce qu'a dit Lilian Thuram, la découverte de sa couleur se fait dans les yeux de l'autre... Mais c'est Alain Juppé, le préfacier de Laurent Laviolette, qui résume bien l'état d'esprit français hexagonal : "À l’époque, ma conscience des assignations en raison de la couleur de peau n’était pas aussi éveillée qu’après la lecture de son livre. Avancer à contre-courant des complaintes et des résignations est inhabituel et courageux. Cela dénote chez son auteur comme pour les portraits qu’il dresse une commune aversion pour la soumission aux apparences. »

Voilà pourquoi, Laurent Laviolette a eu à coeur de les dépouiller pour mieux les insoumettre, ces apparences.

A l'issue de l'ouvrage, Laurent Laviolette dialogue avec Fatma Bouvet de la Maisonneuve, médecin psychiatre d'origine tunisienne : "Nous avons été éduqués par nos parents, écrit-il, dans une forme d’omerta, de docilité, de société dans laquelle il ne faut surtout pas débattre ni contester, ça explique également notre difficulté à nous

affirmer." "Cela a un lien évident avec l’histoire coloniale qu’il ne faut pas occulter, répond la psychiatre. Elle a façonné la société d’aujourd’hui, et les Français gagneraient à mieux se connaître. Il faut un dialogue, il faut se parler. Or, aujourd’hui, on ne se parle pas, et quand on ne se parle pas on entretient la paranoïa..."

FXG, à Paris

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