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7 décembre 2019 6 07 /12 /décembre /2019 06:49
Mathieu Barre et son conseil, Alex Ursulet, à la sortie de l'IPGN le 3 décembre dernier

Mathieu Barre et son conseil, Alex Ursulet, à la sortie de l'IPGN le 3 décembre dernier

L'IGPN auditionne le jeune Martiniquais tabassé par la police en juillet dernier

Mathieu Barre portant sur son visage les stigmates de son contrôle policier du 13 juillet

"C'est parce que je suis Noir qu'ils m'ont frappé et la question que je me pose : ces violences resteront-elles impunies ?" Victime d'un tabassage en règle par la police, le 13 juillet dernier, alors qu'il sortait d'une boîte de nuit, le Martiniquais Mathieu Barre (23 ans) a été entendu le 3 décembre dernier par l'IGPN qui a ainsi donné suite à sa plainte pour violences policières. Accompagné de son conseil Me Ursulet, le jeune homme a pu, pendant une heure et demi,  raconter les conditions de sa violente interpellation qui lui a valu une fracture maxilo-faciale et une interruption temporaire de travail de 15 jours et, conséquemment, la perte de son emploi d'intérimaire.

Arrivé au "Trust", une discothèque du 8e arrondissement, vers minuit trente, le 13 juillet, avec son beau-frère et des amis, il en est ressorti à 5 heures. Le trottoir était encombré et Mathieu marchait devant les autres, sur la chaussée pour rejoindre leur voiture quand il a entendu quelqu'un crier : "Dégage de là, bouge de là." Il se retourne et voit une voiture roulant au pas, feux allumés. Le passager avant avait sa vitre ouverte, Mathieu lui demande pour quoi il lui parle comme ça, ajoute qu'il y a assez de place pour passer... Le véhicule se porte à sa hauteur. Il y a eu des échanges... "Le passager avant m'a attrapé par les vêtements et m'a attiré vers le véhicule, témoigne-t-il. J'ai tenté de lui faire lâcher prise en repoussant ses mains. Je ne sais plus comment, mais j'ai reçu un coup sur la joue gauche. J'ai été sonné." Quand il reprend connaissance, Mathieu est couché au sol et menotté dans le dos. Il voit alors une voiture de police et des fonctionnaires ; il voit aussi du sang sur ses vêtements. "Pourquoi suis-je menotté, demande Mathieu aux policiers, alors que je viens de me faire agresser ?" Pour toute réponse, Mathieu est conduit au commissariat... Ce n'est qu'en sortant de cellule, le soir à 22 heures que son beau-frère lui explique que ce sont des policiers qui l'ont frappé à la tempe avec une matraque télescopique. Le 25 juillet, Mathieu a été convoqué par la police : "Je me suis expliqué sur les faits. J'ai eu la confirmation que les personnes qui m'avaient frappé étaient des policiers. On ne m'a pas proposé de confrontation. A l'issue, j'ai fait l'objet d'un rappel à la loi."

"Face à l'augmentation des agressions contre des Noirs, a indiqué le conseil de Mathieu Barre, et les nombreuses plaintes qui prospèrent, le parquet, semble-t-il, a modifié sa doctrine et poursuit désormais les policiers, c'est rassurant pour l'Etat de droit même si nous savons que la suite ne sera pas facile. C'est le pot de terre contre le pot de fer." Les policiers en cause devraient être entendus à leur tour avant une confrontation avec Mathieu. "Mon client a été gardé en cellule toute une journée sans être placé sous le régime de la garde à vue et sa convocation devant un tribunal correctionnel  s'est curieusement transformée en rappel à la loi, une simple admonestation sans conséquence judiciaire, une simple alternative aux poursuites...  C'est une marche arrière ! C'est un dysfonctionnement qui va peser lourd dans la balance pour montrer qu'une telle violence n'est pas pas dans l'orthodoxie des choses."

Après l'audition par l'IGPN, la semaine dernière, de Kathleen Gervinet, une Schoelcheroise de 25 ans, hôtesse à Roissy et victime, le 28 avril 2018, d'un contrôle de police abusif alors qu'elle se rendait à son travail, Me Ursulet attend encore que la même IGPN entende une autre de ses clientes, Mireille Duval, une infirmière martiniquaise vivant en région parisienne, elle aussi victime d'un contrôle de police abusif alors qu'elle sortait du boulot et ramenait chez elle une collègue...

FXG, à Paris

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