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1 février 2020 6 01 /02 /février /2020 21:01
Le timbre de l'abolition de la Fondation pour la mémoire de l'esclavage et de La Poste

Le coup de gueule de Schuck One contre le timbre de l'abolition

La Fondation pour la mémoire de l’esclavage officialise la semaine du 4 février son partenariat avec La Poste pour "inscrire dans l’histoire de la philatélie le mouvement des peuples pour leur libération dans le sillage de la Révolution française". Ce sera mardi 4 février au musée du Louvre, le lancement du premier timbre de La Poste à l'effigie d'une esclave, "Madeleine".
"Notre mission, c'est de faire un travail éducatif, faire partager la connaissance de l'histoire de la France avec la traite, l'esclavage, la colonisation", a expliqué l'ex-Premier ministre et président de la Fondation Jean-Marc Ayrault, le 23 janvier dernier, lors d'une réunion avec les Parlementaires. Pourtant, une voix vient de s'élever pour protester contre ce choix, cette voix, c'est celle de l'artiste plasticien d'origine guadeloupéenne, Schuck One :  "De qui se moque-t-on, écrit-il dans un message adressé à l'UNESCO. La Fondation doit prendre ses responsabilités ! Que dit le choix de cette icône pour parler de notre histoire ?" Car Shuck One qui a démarré comme street artiste dans les années 1980-90, n'est autre aussi que l'auteur, en 2011, alors qu'il était invité du CNMHE lors de la journée du 10 mai au Luxembourg, d'une étude justement intitulée, « L’esclave au Louvre, Intervention de Shuck One à propos du tableau de Marie-Guillemine Benoist, Portrait d’une femme  noire, 1800"

Son message est bien énervé : "Bientôt sur nos courriers le symbole d’une histoire apaisée au sujet de la question de l’esclavage et de la colonisation, de la France dominatrice qui, à coup d’introspection contrite, accepte de laisser un peu place à l’histoire de ceux qu’elle a exploité et continue de discriminer. Bientôt dans nos boîtes aux lettres, un exemple de cette histoire faux cul que Macron essaye d’offrir en partage au peuple de France." Il poursuit : "Le timbre reproduit le Portrait d'une femme noire ou Portrait de Madeleine de Marie Guillemine Benoist. Le modèle de ce tableau est noire. L’historienne de l’art Anne Lafont a eu le mérite de restituer il y a peu son identité à cette figure exotique. Une figure exotique qui, et c’est le paradoxe, symbolise l’abolition de l’esclavage. Mais quelle abolition ? A-t-elle brisé les chaînes qui sont absentes de ses poignets ? Elle se trouve juste à la place du maître, dans la position de la maîtresse. On lui a dit de s’asseoir. On lui a offert une place au centre de l’histoire. Mais de quelle manière ? Et dans quel but ? Ce tableau, son nom d’origine est Portrait d’une négresse. Dans les années 2000, il a été édulcoré et blanchi à deux fois pour les besoins du politiquement correct, passant de Portrait d'une femme noire à Portrait de Madeleine."...

Alors voir cette « négresse » devenir en 2020 le symbole d’une libération condescendante, ça l'enrage Schck One. D'autant que deux ans après que ce tableau soit peint, Napoléon rétablit l’esclavage. "Et c’est la révolte de Toussaint Louverture qui montre au monde de quel bois sont les Noirs. Imputrescible !"

Schuck One se désespère de voir que la Fondation "choisit de célébrer les servantes de l’histoire... plutôt que la dignité pour que notre Histoire soit réellement inscrite dans les livres, malgré les approximations et les euphémismes sur les réalités de l’esclavage et de la lutte du peuple noir pour sa propre libération".

 

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