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6 mars 2020 5 06 /03 /mars /2020 06:18
Marie-Annick Lebeau à la sortie de la salle d'audience mercredi matin

Marie-Annick Lebeau à la sortie de la salle d'audience mercredi matin

La mère et le fils à la barre

Au troisième jour du procès de Marie-Annick et Franck Lebeau, poursuivis pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste, la cour d'assises spéciale de Paris a passé la journée d'hier à interroger les accusés.

"En lui donnant tout, je voulais combler le manque de son papa." Comment Marie-Annick Lebeau, sachant son fils radicalisé, l'ayant entendu dire qu'il projetait de commettre un attentat contre des militaires ou des policiers dans l'Hexagone ou encore qu'il comptait partir en Syrie, l'ayant vu brûlé après avoir tenté de fabriqué de l'explosif avec des balles de ping pong, a-t-elle pu lui acheter un pistolet automatique Walter avec un silencieux, un fusil à pompe, des munitions ? Comment a-t-elle pu l'accompagner deux fois détruire des statuettes religieuses et dire à la barre de la cour d'assises spéciale qui luje avec son fils depuis lundi qu'elle "n'a pas vu au-delà de ce qu'il (lui) disait" ?

L'expert psychiatre entendu mardi soir a insisté sur la caractère "caméléon" de Mme Lebeau, non pour manipuler, mais pour affabuler... De fait tout au long de son interrogatoire sur les faits, mercredi matin, la mère de Jérôme Lebeau n'a cessé de donner des réponses contradictoires, ayant pour seul souci de plaire à son questionneur, qu'il soit juge ou partie. "Quand doit-on vous croire, madame", a demandé l'avocate générale... Alors qu'elle jurait n'avoir vu qu'une seule vidéo de la propagande de l'Etat islamique, Marie-Annick Lebeau a dû ainsi convenir qu'elle en avait vu bien d'autres, si terrifiantes soient-elles. Elle explique alors qu'il lui était impossible de signaler la radicalisation de son enfant, de s'opposer à lui par peur qu'il cesse de l'aimer... "Je suis désolé a-t-elle conclu à l'adresse des deux policiers blessés lors de l'arrestation de son fils et présents dans la salle, de ne pas avoir vu la gravité de ce qu'il allait faire..." Avec Marie-Annick Lebeau, une femme sous influence émotionnellement faible, et son fils Jérôme, directif et radicalisé, la cour a fort à faire pour se faire une religion...

"Je me voyais comme un guerrier du khalifat"

L'audition de Jérôme a montré que le jeune homme, contrairement à sa mère, a bien compris et le dossier et la stratégie de défense de son conseil. "Reconnaissez-vous les faits qui vous sont reprochés, à savoir association de malfaiteurs terroristes criminels et double tentative de meurtre du agents de police en relation avec une entreprise terroriste ? "Il faut le détailler, répond-il, car vu comme ça, ça fait peur." Il réfute dans le premier chef le critère aggravant de l'association de malfaiteurs : "J'étais seul." Quant à la tentative d'homicide, il ne reconnaît que des violences volontaires sur des personnes dépositaires de l'autorité publique. Son avocate a présenté ses résultats scolaires depuis qu'il est en prison et il joue le repenti : "Oui, j'ai été radicalisé. La vision que j'avais de la religion pouvait admettre dans son application la violence." Il minimise certains faits, notamment une photo de sa mère portant chèche et hijab : "C'était pour rigoler." S'il reconnaît avoir été un partisan de l'EI, il nie lui avoir fait allégeance. "Je voyais les combattants de Daesh comme des héros à ce moment-là." Il insiste bien pour parler au passé et dire qu'il ne serait jamais passé à l'acte. "Je me voyais comme un guerrier du khalifat car j'étais faible. Ca me donnait confiance." Il dit encore qu'il a eu "la tête prise tous les jours dans leur propagande" qui lui rappelait les jeux vidéos de guerre auxquels il s'adonnait. Il indique encore que malgré l'horreur des vidéos qu'il regardait, "ils se présentaient comme les gentils ; j'ai tout avalé. J'ai dit que je voulais mourir en martyr parce que ça fait partie de la théologie djihadiste mais je voulais vivre..." Quant à sa mère qui disait amen à tout ce qu'il disait quand il défendait Daesh, il tente de la dédouaner : "Des fois, elle s'opposait, elle écoutait mais elle n'entendait pas. Je ne suis pas sûr qu'elle était d'accord..."

Ce jeudi, après les réquisitions du ministère public et les plaidoiries de la défense, le verdict devrait tomber dans la soirée.

FXG, à Paris

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