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12 octobre 2020 1 12 /10 /octobre /2020 21:28
Salon Paris pour l'emploi

L’outre-mer recrute des profils pays

Pour la 3ème année consécutive, le Groupe Créo organisait, en partenariat avec les cabinets Alpha Conseil et Randstad Search, le pavillon Outre-mer du salon Paris pour l'emploi qui s’est tenu jeudi et vendredi derniers à la grande halle de la Villette.

Six entreprises dont les groupes Bernard Hayot, Blandin et encore Physadis-Batir, représentaient les Outre-mer. Une centaine de postes étaient à pourvoir et 250 personnes sont passées les voir ! GBH, par exemple, a récupéré 120 curriculum vitae en direct tandis que 184 autres étaient laissés par des visiteurs virtuels ! L’emploi dans les territoires d’Outre-mer a donné lieu à un webinaire au titre éloquent : « L’Outre-mer : un vrai choix de carrière. Cela a permis de faire le point sur le marché de l’emploi dans nos régions et sur les possibilités de carrière ». « Les entreprises recrutent et affichent clairement leur volonté d’attirer des profils locaux, observe Maël Disa, le délégué interministériel à l’égalité des chances des Français d’Outre-mer en visite sur le salon jeudi matin, des gens qui sont connaisseurs des territoires et qui s’installent de façon pérenne. » Selon Laïza Marie de l’association Jeunesse Outre-mer, le projet de retour au pays après ses études doit être conçu comme un vrai « choix de vie ». Elle a observé, notamment depuis le confinement que certains préparent leur retour parfois jusqu’à deux ans à l’avance. « Il y a des postes offerts en Guadeloupe et en Martinique dans les métiers de la finance, comme comptable ou contrôleur de gestion, dans les ressources humaines et il y a peu de candidats », signale-t-elle. D’où la nécessité de faire un travail de connexion, comme Jeunesse Outre-mer le fait déjà avec Allé Viré en Martinique. « Nous travaillons, poursuit le délégué Disa, à mettre en adéquation l’offre et la demande, en accompagnant les étudiants dans leurs choix d’orientation, mais en parlant aussi avec les formateurs dans la durée. » « Nous ne sommes qu’au début de l’explosion des retours au pays », assure Laïza Marie. Cédric Cepisul, directeur d’Alpha Conseil, cabinet de recrutement spécialisé dans l'emploi outre-mer, est l’exemple type de ce retour réussi au pays. Cédric est revenu en Martinique après avoir travaillé vingt ans à Paris où sont nés et ont grandi ses enfants. « 80 % des cadres affirment qu’ils sont prêts à quitter la région parisienne et 30 % le font, explique-t-il. C’est valable pour les provinciaux mais aussi pour les Ultramarins. » Lui aussi insiste pour dire que « c’est un choix de vie, un choix de famille ».

Le retour un challenge à relever

Laïza prévient les candidats au retour : « Il va falloir s’intégrer. Vous serez challengé. Vous allez prendre peut-être la place de quelqu’un qui attendait ce poste… » La perception que les candidats se font de l’Outre-mer n’est pas toujours bonne. Beaucoup pensent qu’ils n’auront pas les mêmes évolutions de carrière que dans l’Hexagone. « Il existe un marché caché, confie Laïza, alors il faut faire valoir la moindre de ses compétences ! » Kétura Telon a quitté la Guyane pour faire ses études et est restée 12 ans dans l’Hexagone. Elle a décidé de revenir il y a dix-huit mois. Le groupe Créo l’a recrutée au service des ressources humaines pour Leader Price et Megastore. Elle est rapidement devenue responsable. « La Guyane est prête pour les jeunes qui veulent rentrer ! » Selon elle, le BTP, le futur réseau de bus à haut niveau de service, les enseignes qui s’installent sont des signes positifs. Magali d’Abadie de Lurbe, DRH du groupe Creo estime que la crise de la COVID a boosté cette envie de retour. « Il y a toujours la peur de ne pas retrouver les mêmes opportunités de carrière ou d’évolution de carrière par rapport à des structures plus importantes dans l’Hexagone, mais les opportunités sont réelles dans notre tissu de PME et de TPE car cela demande beaucoup de polyvalence ! » Enfin, les conditions de rémunération sont souvent du même niveau que dans l’Hexagone et parfois plus généreuses. « On ne demande pas aux jeunes de sacrifier leur confort pour rentrer au pays, se félicité le délégué Maël Disa. C’est juste un challenge à relever ! »

FXG

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