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9 février 2021 2 09 /02 /février /2021 05:37
Josely Bonnet Dorothée, secrétaire du CM98, mercredi 3 février à l'Elysée

Josely Bonnet Dorothée, secrétaire du CM98, mercredi 3 février à l'Elysée

Mémorial des Tuileries - Le ministère de la Culture ne veut plus des noms d’esclaves

Le Louvre et le ministère de la Culture sont en train de torpiller le futur mémorial aux victimes de l'esclavage au jardin des Tuileries à Paris.

L’Elysée a fait bloquer le concours et sa présélection d’artistes contemporains et conceptuels.

Depuis le temps que le Comité Marche du 23 mai 1998 se bat, jamais un monument national dédié aux victimes de l’esclavage n’a jamais été aussi près d’être érigé ! Le 10 mai 2019, Emmanuel Macron confirmait son engagement pris le 27 avril 2018 à l'occasion du 170e anniversaire de la signature du décret d'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises, de voir ériger à Paris un mémorial des victimes de l'esclavage. Ce monument, annonçait-il, sera situé sur un site « profondément lié à l’histoire des deux abolitions », dans le jardin des Tuileries. En principe le 23 mai 2021, à l’occasion de la journée nationale en hommage aux victimes de l'esclavage, une cérémonie sera conduite par le chef de l’Etat au jardin des Tuileries en présence de l’artiste sélectionné. On nous promet même la pose de la première pierre et la présentation d’une maquette. L’œuvre aurait ensuite vocation à être inaugurée à l’automne 2021. Pourtant rien ne se passe comme prévu… Un comité d’orientation sous l’autorité scientifique de l’ancien président du CNMHE Frédéric Régent, a été mis en place. A l’issue de trois réunions, le projet de monument avec les noms attribués aux esclaves libérés en 1848 a été voté. De même, quatre membres du comité d’orientation ont été élus pour le représenter au comité de pilotage où siègent entre autres les techniciens des ministères et du Louvre. Il s’agissait de Serge Romana (président de la fondation Esclavage et Réconciliation), l’historienne réunionnaise Sonia Chane-Kune, l’artiste et journaliste martiniquaise Marijosée Alie et l’écrivaine camerounaise Leonora Miano. Il revenait à ce comité de pilotage d’organiser le concours et son exécution. En juin 2020, les ministères des Outre-mer et de la Culture ont lancé un appel d’offre. 80 artistes ont présenté leur candidature. Une présélection de trois à cinq noms devaient être rendue publique fin octobre. Mais il n’en a rien été. Quand les représentants du comité d’orientation ont découvert la liste des artistes présélectionnés et les choix, à l’opposé du leur, du comité de pilotage, ils sont tombés des nues ! Plus question d’inscrire le nom des esclaves affranchis sur le mémorial, d’ailleurs aucun des artistes recommandés par le comité d’orientation ou le CM98 à l’origine du projet n’était retenu. Au lieu de ça, des artistes conceptuels plus proches de l’installation que du monumental (l’Américaine Adrian Margaret Smith Piper, les Français Gaëlle Choisne, Julien Creuzet et Jean-François Boclet) ont été retenus et même, à l’encontre du règlement du concours quoi exclut les personnes morales, Farès, une galerie d’art ! Sans doute la proximité assignée avec le musée du Jeu de Paume, lieu exclusivement dédié à  l'art contemporain a-t-elle influencée le jury.

« Cher Emmanuel, reviens au Grand Louvre »

Il n’en fallait pas plus pour énerver les militants du CM98 dont ce combat est l’essence même. Le ministère de la Culture aurait même envisagé de libérer une nouvelle enveloppe de 3 à 400 000 euros pour que le CM98 fasse son mémorial des noms loin des Tuileries (alors même que le concours est doté de 1 million d’euros !). De quoi mettre en colère les associations antillaises à moins de deux ans de la présidentielle. C’est sans doute pour éviter cette grogne que l’Elysée semble avoir suspendu le concours et bloqué la présélection.

Mercredi dernier, des représentants du CM98 ont été reçus à la présidence de la République. « Si la volonté du président de la République, a été clairement réaffirmée, selon Josely Bonnet Dorothée, secrétaire du CM98, en revanche aucun calendrier n’a été clairement précisé sur la sélection des candidats et surtout de l’œuvre. Suite à cet entretien nous n’avons pas d’après nous l’assurance formelle de voir gravés les noms de nos aïeux sur ce monument. » Au CM98, il n’y a qu’un seul mot d’ordre : « Le Mémorial des Tuileries, c’est les noms ou rien ! » Dès lors il appelle à la vigilance et à la mobilisation. Il y a six semaines, l’académicien Erik Orsena écrivait dans le JDD : « Cher Emmanuel, reviens au Grand Louvre. » Avec un monument digne de ce nom, le président a le choix de laisser ou pas sa trace dans Paris à l’instar de Mitterrand avec la pyramide du Louvre et la grande Arche de la Défense.

FXG                                                                                         

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