Austérité pour l'Education nationale
Fermeture de classes massives à venir aux Antilles et en Guyane
Un rapport rendu public ce mois-ci par le ministère de l'Éducation nationale prévoit que les Antilles et la Guyane seront « très fortement sur-représentées parmi les classes susceptibles d’être fermées » en raison de l'évolution démographique.
Les prévisions de dotations pour l'Outre-mer sont chaque jour plus pessimistes, à la veille de l'ouverture des discussions sur le Budget 2025 à l'Assemblée nationale. Dans un rapport intitulé « Revue de dépenses, dispositifs en faveur de la jeunesse », l'Inspection générale des finances et l'Inspection générale de l'Éducation préconisent plusieurs « scénarios » afin de « formaliser les perspectives démographiques et leurs tendances à la baisse à court et moyen termes qui invitent à s’interroger sur les moyens d’enseignement nécessaires. » En clair, il s'agit de supprimer des postes d'enseignants et fermer des classes partout où la baisse des effectifs le rend possible.
À ce compte, les Antilles et la Guyane sont en première ligne, c'est peu de le dire. « En proportion, les académies les plus représentées en termes de fermeture de classes sont celles de Guyane, Guadeloupe, Martinique, Paris, Reims, Normandie, Besançon et Bordeaux », peut-on lire dans ce rapport, commandé par les services du Premier ministre, daté d'avril mais rendu public au début de ce mois de septembre. « Les académies de Guyane, de Guadeloupe et de Martinique sont très fortement sur-représentées parmi les classes susceptibles d’être fermées. En effet, la Guyane représente une part de classes fermées plus de 6 fois supérieure à la proportion des classes situées en Guyane, et ce, pour l’ensemble des scénarios retenus », est-il précisé. « Cette sur-représentation est d’un facteur variant de 2,2 à 4,2. »
Alors qu'au moins 4% de baisse sont déjà prévus dans le Budget du ministère des Outre-mer proprement dit – l'enveloppe de la rue Oudinot est en majorité constituée d'aides aux entreprises – les dotations du ministère de l'Éducation nationale en direction des territoires ultramarins devraient également être fortement réduites. Ce poste représente pourtant une large part de l'effort global de l'État en direction des territoires ultramarins.
FA Paris