fxgpariscaraibe

Mercredi 4 avril 2007 3 04 /04 /Avr /2007 18:33

Jean-Claude Beaujour, avocat et candidat UMP aux législatives à Paris

S’il avait déjà tâté des municipales sur la liste de Jacques Toubon, à Paris, en 2001, c’est la première fois que Jean-Claude Beaujour, avocat de 43 ans, va au feu des législatives. Son parcours au RPR, dès 1997, l’a conduit du militantisme à cette investiture, mais il sait aussi ce qu’il doit aux pressions du Collectifdom auquel il appartient. La circonscription qu’il veut prendre à la gauche va de République à Belleville, à cheval sur les 11e et 20e arrondissements parisiens. Une circonscription « sinistrée socialement », selon Jean-Claude Beaujour et qui a voté UMP à 35 % en 2002. Me Beaujour, le spécialiste des discriminations au Collectifdom, n’est pas pour autant le candidat de la diversité, il appartient à la diversité, mais sa candidature n’a pas été choisie pour fédérer un vote antillais dans un arrondissement où la communauté antillaise n’est pas plus importante qu’une autre, voire moins.

Enseignant à l'ENA

Parti avec ses parents fonctionnaires de la Guadeloupe à l’âge de 3 ans, il s’est formé à l’international et est diplômé des Langues-O (il maîtrise le chinois et le japonais !). Il a été coopérant en Côte d’Ivoire, à la Cour suprême, puis juriste d’entreprise chez Pressinvest. Depuis 1993, il travaille pour un cabinet d’avocats parisiens et, depuis 2002, il est maître de conférence à l’ENA où il enseigne le contentieux international. « J’ai un profil grandes capitales ! », se plaît-il à dire. Et pour cette campagne, il a choisi un slogan : « Ensemble, faisons gagner la France. » Sa candidature est un message pour « ceux qui ont le sentiment qu’ils ne sont pas reconnus, pas acceptés, même pas regardés ». Ses bonnes fées en politique se nomment Léon Bertrand, Dominique Perben, Xavier Darcos ou Christine Lagarde, tous ministres de ce dernier gouvernement de Jacques Chirac. Dans la circonscription mitoyenne, une autre Antillaise  fait campagne, la socialiste George Pau-Langevin. « Je suis heureux que les socialistes aient attendu que l’UMP annonce ma candidature pour se décider à investir cette consoeur qui travaille depuis des années pour un parti qui n’est pas vif dans l’action. »

Le candidat a un site : www.jcbeaujour.fr
Par fxg - Publié dans : fxgpariscaraibe
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mercredi 4 avril 2007 3 04 /04 /Avr /2007 16:20

Du lewoz à la Comédie française

Sur la scène du Français, les 4 de K'Koustiik ont invité le flutiste des mornes, Max Cilla, à venir improviser avec eux (Photos : Régis Durand de Girard)

K’Koustic sur la scène du  Français, mais aussi des montages de textes de Frankito ou Bernard Lagier ! José Pliya, de l’Artchipel en Guadeloupe, et Danielle Vendé, des Ecritures théâtrales contemporaines en Martinique, ont offert, la dernière semaine de mars, une des plus belles vitrines qui soit à la création contemporaine caribéenne. Pour cette deuxième édition d’une semaine caribéenne à la Comédie française, nos créateurs ont eu à leur disposition la salle Jean-Pierre Miquel du studio théâtre (sous la pyramide du Louvre) et des comédiens du Français. « Il y a deux ans, nous avions mis en avant Derek Walcott, raconte Danielle Vendé. Cette édition est plus audacieuse dans ses choix. Les auteurs sont moins connus… » Mais la méthode marche. Avant Paris, il y a eu Toulouse. Didier Carette, le patron de la scène nationale, a montré un intérêt pour Bodlanmou pa lwen de Frankito. Moi, chien créole, la pièce de Bernard Lagier a trouvé à Montréal un metteur en scène, Sylvain Bellanger, qui souhaite la monter. Et Bokit nature, de Patrick Cheval, a su intéresser Daniel mesguich !
Au Français, pour la dernière journée de la semaine caribéenne à Paris, la directrice du festival de Limoges, Marie-Agnès Sevestre, a signé K’Koustik (et Christian Laviso). Une tournée de quinze jours fin septembre, début octobre ! Et comme un bienfait ne vient jamais seul, le directeur du théâtre de Ris-Orangis, Guy Magen, leur propose de poursuivre cette séquence en métropole par un passage chez lui, pour le festival Fetkan.
Par fxg - Publié dans : fxgpariscaraibe
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 4 avril 2007 3 04 /04 /Avr /2007 02:12

DSK fait sa tournée des DFA

Dominique Strauss-Kahn vient faire campagne pour Ségolène Royal aux Antilles-Guyane, du 14 au 17 avril. Son périple commence à la Martinique où il tiendra un meeting à Fort-de-France, le 14 au soir. Le lendemain, il s’envole pour la Guadeloupe où il devrait animer un meeting à Morne-à-l’Eau. Le 16, il part pour la Guyane. Un meeting est prévu à Cayenne. Le 17, il rentre à Paris. Le détail de son programme est en cours d’élaboration, tout comme sa délégation.

Par fxg - Publié dans : fxgpariscaraibe
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 1 avril 2007 7 01 /04 /Avr /2007 18:11

Monseigneur Ernest Cabo prend sa retraite en 2007

L’assemblée plénière des évêques de France s’est tenue cette semaine à Lourdes, réunissant 105 prélats français. A cette occasion, Monseigneur Cabo, év^que de Guadeloupe, atteint par la limite d’âge (75 ans) a été informé qu’il devrait mettre fin à ses fonctions cette année.
Par fxg - Publié dans : fxgpariscaraibe
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 1 avril 2007 7 01 /04 /Avr /2007 16:35

Meeting

Sarkozy au 5e DOM : "Fiers de  former une communauté en mouvement"

    Nicolas Sarkozy a tenu un meeting, samedi à Paris, devant des milliers d'Antillais de la région     parisienne.

4 000 personnes annoncées (mais une jauge de 2 700 places), samedi soir au Méridien Montparnasse, à Paris, où la coordination nationale des comités de soutiens des originaires de l’outre-mer à Nicolas Sarkozy tenait meeting. A l’entrée des stands des territoires d’outre-mer et même un pour notre banane. La banane avec Sarko et « rien ne pourra le battre » ! Sur la tribune, d’un côté les élus, Alfred Almont, Gabriel-Louis Carabin, Béatrice Vernaudon, Lucette Michaux-Chevry, Yann Monplaisir,, Pierre Pluton, Michel Diefenbacher, Léon Bertrand, Gaston Flosse… De l’autre côté, les membres de la coordination : Arole Lamasse, Franck Anretar, Freddy Loyson, René Silo… Ils sont 21 représentants de la société civile.

Face à eux, Pierre Lellouche, François Baroin qui commentent les évolutions d’une photographe provocante… Après les discours de chauffe, Nicolas Sarkozy a pris la parole ¾ d’heure. Premier temps fort, après avoir rappelé son attachement à l’enseignement du créole, un engagement en faveur « des dates importantes pour les Domiens de métropole du 23 mai. Je saurai, le moment venu, faire inscrire dans l’histoire ces dates importantes ». Une annonce qui fait se lever comme un seul homme les militants du comité marche pour le 23 mai emmenés par Serge Romana et tous vêtus de tee shirts noirs marqués CM98.

Une Maison nationale de l’outre-mer

Nicolas Sarkozy s’est ensuite engagée pour la création d’une « maison de l’outre-mer, lieu de conservation et valorisation des richesses de l’outre-mer, lieu de rencontres et de sociabilité et centre d’affaires ». Entre autres nouveautés, le candidat de l’UMP a proposé la création d’une délégation interministérielle pour la cohésion sociale et l’égalité des chances des Français d’outre-mer et d’origine ultra-marine ». A sa charge, lutter contre les discriminations dans tous les secteurs. Nicolas Sarkozy s’est prononcé pour former les policiers et les gendarmes à la lutte contre ces discriminations. Le candidat a donné son accord à la création du maison des étudiants de l’Outre-mer dans l’actuelle cité universitaire internationale de Paris. Pour les fonctionnaires, Nicolas Sarkozy a plaidé pour que « les passerelles administratives soient facilitées pour permettre le regroupement familial qui ne doit pas être réservé aux étrangers ».

Aussitôt le discours achevé, Nicolas Sarkozy a entamé une Marseillaise reprise en chœur à la tribune et dans la salle. En même temps que le candidat prenait un bain de foule, serrant des mains et remerciant le public, le nouveau ministre de l’Intérieur, quittait promptement la salle.

ILS ONT DIT

Alfred Almont, député UMP

« C’est une grande première, une attention particulière d’un candidat pour le 5e DOM ! Tous ces ultra-marins se sentent juste pris en considération. C’est une question de dignité qu’il faut souligner. Ce candidat fait en sorte que la France soit représentée dans sa diversité. Il y a 63 millions de passeports français, ils sont tous différents mais appartiennent tous à une communauté de destin. »

Serge Romana, président du Comité marche du 23 mai 1998

« Au jour d’aujourd’hui, c’est le seul candidat qui s’est prononcé en faveur du 23 mai. Il s’agit de faire en sorte que la République respecte la mémoire de nos parents. C’est révolutionnaire. »



Marie-Dominique Aeschlimann, secrétaire nationale UMP

« Nous sommes plus de 4 500 personnes. Nicolas Sarkozy a eu un acceuil plus que chaleureux. Il défend des valeurs concrètes, contre la discrimination et il a saisi notre volonté d’être considéré comme des Français. »



Ronald Rubinel, auteur de la chanson Sarko à l’Elysée

Quand on élit un président de la République, on élit d’abord un président pour l’outre-mer. A programme égal, c’est le meilleur. S’il ne réalise que la moitié de ses promesses, on fera déjà une grande avancée. »



ECHOS

Les peoples

Quelques peoples ont fait le déplacement : Laura Beaudy, Jacques De Kerra, Jean-Michel Martial (aussitôt entré, aussitôt sorti), Chrys Obydol, assise au premier rang tout comme Claudy et Laurent Charles (de l’Académie du rhum), et non loin d’eux, Dominique de la Guigneraye des rhums Clément. José Vatin (conseiller économique et social fraîchement nommé par Jacques Chirac), en délicatesse avec la coordination est resté en retrait. Rémi Marcin, de l’UNOM, a donné la main à l’organisation. Louis-Georges Tin, du CRAN, était installé au milieu de la salle. Ary Chalus, le maire de Baie-Mahault, était très discrètement présent…

« Sympathique mais pas facile »

Dans son discours, Nicolas Sarkozy a rendu un hommage appuyé à Patrick Karam « dont le franc-parler a su, à plusieurs reprises, me convaincre ». Ajoutant à son discours écrit, il a dit, s’adressant au porte-parole de ses comités de soutien : « Tu es très sympathique, mais ce n’est pas toujours facile… »

Un poste taillé sur mesure

Le poste de délégué interministériel à la cohésion sociale et à l’égalité des chances semble taillé pour la carrure de Patrick Karam. Nicolas Sarkozy et François Baroin avaient déjà donné leur accord en décembre dernier pour nommer le patron du Collectifdom, chargé de mission à l’égalité des chances pour les ultra-marins. Karam avait refusé.

L’exception et la règle

Trois jeunes étudiants originaires de Guadeloupe sont assis au fond de la salle. Parmi eux, Alexandre : « On est là par curiosité, mais on ne votera pas pour lui ! »

Le Comité marche du 23 mai bloqué à l'entrée

Venus pour entendre de la bouche du candidat lui-même sa décision de soutenir la date du 23 mai pour commémorer les victimes de l’esclavage et de la traite, les membres du comité marche du 23 mai (CM98) et leur président, Serge Romana, ont failli rester à l’extérieur. Avisée par les Renseignements généraux que des manifestants emmenés par deux agitateurs allaient faire une contre-manifestation pendant le meeting, la sécurité n’a pas laissé entrer la délégation du CM 98. Il a fallu l’intervention de Karam pour qu’on les laisse entrer. La note des RG donnait le nom des meneurs : Patrick Karam et Serge Romana…

 

 

Par fxg - Publié dans : fxgpariscaraibe
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Dimanche 1 avril 2007 7 01 /04 /Avr /2007 16:29

« Marcher en Amazonie, c’est mythique ! »

Marie-Annick et Leslie du Comité du tourisme guyanais : « Il y a ceux qui s’intéressent et ceux qui hésitent et ont des a priori… » (Photo : FXG)

« C’est le salon qui nous va le mieux ! », Sonia Cip, responsable du bureau du CTG à Paris semble satisfaite du dernier salon de la randonnée qui s’est tenu ce week-end à la porte de Versailles, à Paris. « C’est un salon très porteur, car même avec une idée vague, marcher en Amazonie, c’est mythique ! » Les amateurs veulent savoir comment ça se passe, le niveau de difficulté, la qualité du terrain, la chaleur, les équipements et la présence de guides. Les randonneurs représentent une bonne part du tourisme guyanais. Ainsi, un tour opérateur comme Guyane Authentique a environ 200 clients à l’année dont un tiers se consacre à la randonnée. Les visiteurs du salon sont des gens qui, pour l’essentiel, vont partir dans les semaines qui viennent. Ils viennent prendre d’ultimes renseignements pour diversifier au mieux leur voyage. « Avant, nous n’avions que Nouvelles-Frontières à Saul, maintenant avec 7 Tour opérateurs nous avons une vraie offre à proposer ! ».

Deux GR en Martinique

Deux espaces, des professionnels et des élus ! La Martinique ne néglige pas sa communication au salon de la randonnée qui s’est tenu ce week-end à la porte de Versailles. Gaspard Ledru, conseiller général du Carbet, Marie-Line Ledesma, vice présidente de la Région, Yolaine Goma, du comité de la randonnée pédestre étaient là pour vanter nos traces et randonnées : huit parcours sécurisés qui seront agrémentés en 2008 de deux chemins de grande randonnée, les fameux GR ! « Avant 1998, ça commençait à porter, selon un professionnel, Patrick Duchel. Le tourisme rural, bien organisé peut-être rentable et ce salon nous permet de placer l’image nature de notre destination ! »

Lovely Darlis assure au salon de la randonnée

Lovely Darlis, étudiante en tourisme, originaire de Grande-Rivière à Vieux-Habitants, a tenu le stand de la Guadeloupe au salon de la randonnée à la porte de Versailles, ce week-end. Le CTIG est venu proposer l’offre en matière de tourisme vert et de randonnée. Regrettons toutefois l’absence de documents telles qu’une carte des chemins de grande randonnées ou des traces et de toute documentation relative au Volcano trail…

Par fxg - Publié dans : fxgpariscaraibe
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 30 mars 2007 5 30 /03 /Mars /2007 19:54

Meeting pro Sarko dans le 5e DOM

Ils attendent 2 700 personnes au Méridien-Montparnasse, à Paris. La coordination des comités de soutiens des originaires de l’outre-mer à Nicolas Sarkozy est prête pour le meeting de ce samedi soir. Ils ont convoqué 150 artistes de tous les outres-mers (dont les fameux danseurs de Aka de Wallis). Trois représentants des comités de soutien parleront 3 minutes, puis Daniel Valminos (le patron de Médiatropical), 5 minutes. Patrick Karam prononcera un discours de dix minutes où il sera question de l’outre-mer et de son candidat, un homme qui a « parfois été un Français entièrement à part, du fait de ses origines finno-ougriennes, parce qu’il a connu la morsure de la différence à une époque où ce mot était honteux ». Après les représentants de la société civile, les politiques viendront chauffer la salle : Marie-Dominique Aeschlimann et Léon Bertrand, juste avant le clou du meeting : Sarko lui-même ! Nicolas Sarkozy devrait rappeler son programme outre-mer et dire lesquelles des 18 propositions de la coordination il aura retenu. « C’est un plein succès, assure Patrick Karam, grand ordonnateur de toute cette opération, j’ai négocié jusqu’au bout toutes les propositions ! »

Après le discours de Nicolas Sarkozy (prévoir ¾ d’heure, une heure), il est prévu un petit bain de foule dans la salle avant de s’éclipser dans sa loge. Là, Patrick Karam lui emmènera une délégation de quinze représentants des comités de soutien. Leur récompense.
Par fxg - Publié dans : fxgpariscaraibe
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 30 mars 2007 5 30 /03 /Mars /2007 19:48

Divers-cités féminines

La danse, comme un amusement

Les Compagnies Difé Kako et Le Miroir des Songes présentent, à l’Encre, le 21 avril, leur métissage féminin. Les Guyanais savent depuis la précédente venue de  Chantal Loïal avec « Aski Paré », en Novembre 2004, que la danse contemporaine peut rimer avec ouverture, dialogue et mélange des genres. Elle vient, cette fois, accompagner de deux grands talents, Sabine Novel (Montalvo-Hervieu) et Mélanie Lomoff (ballets C de la B, en Belgique, Alain Platel).


Dans sa  « Divers-cités féminines » qu’elle réalise avec Sabine Novel, une fois encore, elle nous emmène dans une aventure. Ici, celle des femmes avec leurs corps divers, leurs gestes divers, et leurs visages, divers encore. Ainsi en écoutant la voix du griot et percussionniste congolais, Mav Mavoula, nous voyons dialoguer devant nous les lignes épurées de la danse classique et celles déliées de la danse afro-antillaise de Chantal.

Pour être sûr de déjouer la scène, Edouard Lepec qui joue du balafon, vient poser une question triviale : « Chantal pourquoi tu fais la tête ? » A Sabine, de dos, il pose plusieurs fois la même question sans obtenir de réponse, mais une étrange tension s’installe. Tension, action, réaction pour libérer les énergies et les mouvements. Claire Joubert, contorsionniste, nous fait voir la scène à l’envers, la tête en bas et nous rappelle ainsi que nous ne sommes pas installés devant un rêve. La lenteur des mouvements de Sabine Novel met le temps en suspension et nous hypnotise. Son costume évoque les femmes des siècles passés mais la calebasse qu’elle porte sur la tête est intemporelle et symbolique de l’activité des femmes.

Des choeurs étranges vont s’élever (une musique vocale de George Aperghis matinée de créolisme) qui vont réunir toutes ces femmes dans une chorégraphie tourbillonnante et pleine de propositions. Un spectacle à recommander, comme un jeu !

R. D.G.
Par fxg - Publié dans : fxgpariscaraibe
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 30 mars 2007 5 30 /03 /Mars /2007 14:54

CINEMA.

Une vraie toile pour le Bumidom

Jeudi soir, au cinéma Reflet Médicis, dans le 5e arrondissement de Paris, Michel Reinette, scénariste, et Antoine Léonard-Maestrati, réalisateur, ont présenté leur long-métrage, la Vie est ailleurs. On a vu France Zobda, Joby Valente, Willy Salzedo, Patrice Ferus, Harry Roselmack, Christiane Taubira… 1 h 25 d’un film qui raconte l’histoire des émigrés du Bumidom. Avec la musique de Soft, les témoignages à la fois émouvants et drôles de gens qui sont partis, de ceux qui sont restés et des enfants nés en banlieue parisienne. Sarcelles, Garges, Villiers-Le-Bel, Créteil… Henri Bangou, Aimé Césaire, Pierre Aliker apportent leur éclairage sur ces années Bumidom. Mais plus qu’un documentaire, c’est un vrai film de cinéma, un film qui raconte une histoire. « On a fait ce film parce que le problème de la migration pour les Antillais est un sujet tabou. Les parents n’ont jamais raconté à leurs enfants comment ils étaient partis », note le réalisateur. Michel Reinette a vécu toute cette histoire, « pas avec le Bumidom puisque je voyageais en première classe, mais je les ai vus en 3e classe… » Selon le scénariste, la migration a été organisée sciemment par le Premier ministre Michel Debré en 1962, sur une idée du général Némo, chef d’état-major des armées aux Antilles. « Il a fait un beau coup : il a résolu une crise sociale aux Antilles et une crise économique en métropole après les lois cadres pour l’Afrique et la perte de l’Algérie ».

Et c’est ainsi que durant vingt ans, les Antilles sont venues alimenter le 5e DOM avec une main d’œuvre qui a occupé les emplois non qualifiés de la fonction publique (Poste, hôpitaux, collectivités, RATP…). Cette histoire est racontée « en creux » dans le film, ce qui ressort, ce sont les histoires vécues. Quelques scènes de fiction s’intègrent à merveille comme des scènes de mémoire (où la musique de Fred Deshayes apporte sa part de rêve ou d’angoisse)… « Cette période est un marqueur important de l’histoire des Antilles, poursuit Michel Reinette. Une société vidée pendant une génération ne sort pas indemne de ce genre de situation. On a parfois diaboliser les prises de position sur l’esclavage, mais il faut parler, pas par esprit de revanche, mais pour être soi-même. » « Je n’ai pas voulu faire du cinéma, reprend le réalisateur. C’est un film direct, brut. »

Le film sort dans une salle à Paris (reflet-Médicis), dans le réseau Utopia en Province, en Martinique, le 18 avril, en Guadeloupe, le 20 avril.

Ils ont dit :




Harry Roselmack : « Ce film a un grand mérite et un intérêt pluriel. Il y a la tendresse que l’on ressent pour les anciens et c’est le mérite historique. J’ai écouté aussi les jeunes. Cela explique bien l’état d’esprit de notre jeunesse. Mais ce que j’ai découvert dans ce film, ce que je ne savais pas (ma mère ne me l’a pas dit), c’est le traumatisme des gens qui venaient par ce biais là. »

 






Jean-Pierre Passe-Coutrin : « Notre communauté fait un chemin autour de son identité. Ce chemin passe par l’histoire de l’esclavage, comme celle du Bumidom. Les exemples de Michel Reinette, Harry Roselmack ou Serge Romana existent. Mettons-nous au travail et sachons qui nous sommes. »

Par fxg - Publié dans : fxgpariscaraibe
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 30 mars 2007 5 30 /03 /Mars /2007 01:09
Le jour de son arrivée en Guyane, avant la Guadeloupe et la Martinique, le candidat à la présidentielle de l'UDF, crédité par les sondages de 18 à 20 % des intentions de vote, répond à nos questions sur les problématiques ultra-marines.
INTERVIEW. François Bayrou, candidat de l’UDF à la présidentielle

« Je serai un président de la République qui aimera l’outre-mer »

Les sondages sont très bons pour vous en métropole. Pensez-vous pouvoir entraîner les Antillais dans cette tendance ?

Les Antillais ont toutes les raisons de ressentir, avec plus de force encore qu’en métropole, la nécessité d’un rassemblement pour agir, d’une politique nouvelle dans son esprit et ses méthodes. Ils ont tout particulièrement souffert des affrontements de clans et des dérives d’un Etat partial et impuissant.

Quels rapports entretenez-vous avec les Antilles ?

J’ai toujours aimé les Antilles. D’abord comme un rêve d’enfance : les plus grands poètes de mon adolescence étaient Saint-John Perse qui naquit et vécut son enfance en Guadeloupe et Francis Jammes qui rêve aux Antilles fleuries de tabac rose, où sa famille a des racines. Plus tard, j’ai admiré la langue de Césaire, celle d’Edouard Glissant et de Chamoiseau. J’ai aimé le créole, comme une source vive. J’ai vu respirer cette langue qui s’invente tous les jours.
Plus tard, en découvrant les Antilles lors de multiples voyages, j’ai salué une réussite unique dans l’histoire. La France a fait naître là des sociétés avancées. Et les Antilles ont donné à la France des horizons et une ouverture d’esprit que, confinée en son Hexagone, elle n’aurait jamais trouvés.
Je serai un président de la République qui aimera l’outre-mer, en y voyant une source de vitalité, de vigueur, d’appétit de vie dont notre grand ensemble national a besoin.

Votre programme électoral a-t-il un volet spécifique à l’outre-mer ? Quelles ambitions avez-vous pour les départements français d’Amérique ?

La situation de l’outre-mer requiert un immense effort de solidarité avec pour objectif de garantir l’égalité dans le respect de l’identité et de la culture de chacun.
L’impartialité et la neutralité de l’Etat doivent être restaurées, pour rassembler, donner confiance et rendre à nouveau possible l’adhésion des citoyens.
Je veux rétablir une relation de confiance entre l’outre-mer et la métropole, appliquer pleinement le principe de continuité territoriale, garantir la cohésion sociale et l’égalité des chances, relancer une politique ambitieuse de logement social, favoriser le développement économique local, maîtriser les flux migratoires. Cela passe notamment par la stabilisation des institutions, des programmes de soutien scolaire et éducatif adaptés à chaque région, des aides pour que les jeunes d’outre-mer puissent poursuivre leurs études en métropole et dans le monde entier, un plan permettant de combler le retard en matière d’offre de soins et d’accès aux soins, un soutien aux économies agricoles d’outre-mer dans leurs efforts de modernisation…
Les Antilles et la Guyane français d’Amérique peuvent devenir des départements pilotes pour la mise en œuvre et l’exportation des énergies renouvelables, grâce à leurs richesses naturelles. Il y a une chance à saisir pour le développement des biocarburants, les biotechnologies, la protection de l’environnement ou l’aquaculture, qui sont autant d’activités créatrices d’emplois. Un effort particulier doit être réalisé en faveur du tourisme, allant dans le sens d’une offre de plus haute qualité, d’une plus grande cohérence et d’une meilleure organisation.
La France a devant elle un grand enjeu : valoriser les atouts essentiels de l’outre-mer, qu’il s’agisse de la maîtrise d’importantes zones maritimes, des possibilités d’accès aux matières premières, des avantages géostratégiques pour le rôle international de notre pays.
Les Antilles et la Guyane ont un rôle essentiel de pôles de rayonnement linguistique et culturel de la France et de la Francophonie. Bien loin d’être des reliquats du passé, les départements d’outre-mer préfigurent par leur diversité culturelle le monde de demain.

Dans votre projet économique, vous évoquez une remise en question des niches fiscales, qu’en sera-t-il de la loi de programme pour l’outre-mer et de la défiscalisation ?

Je maintiendrai les mesures de défiscalisation, qui constituent un moteur pour le développement local, en simplifiant les procédures et en corrigeant les imperfections. Je propose en particulier que l’accent soit mis sur les incitations à l’investissement dans les logements sociaux.
Après des évaluations précises, elles entreront dans le champ du dispositif de plafonnement de l’avantage fiscal né du cumul des dépenses fiscales au je propose. La défiscalisation de fonds communs de placement réalisés outre-mer sera étudiée.
S’agissant des exonérations de cotisations patronales de sécurité sociale applicable à certains secteurs, je propose que l’on évalue l’efficacité de chaque mesure avec les partenaires sociaux. Les dispositions de la loi de 2003 qui auront fait la preuve de leur efficacité seront maintenues, celles qui sont coûteuses et inefficaces supprimées.

La continuité territoriale, aérienne et numérique, est au cœur des préoccupations des domiens. Avez-vous des propositions en la matière ?

La prétendue continuité territoriale, c’est en fait une rupture territoriale ! Il y a beaucoup à faire pour rapprocher la métropole et l’outre-mer.
En premier lieu, il faut que la continuité territoriale s’applique aussi bien aux habitants d’outre-mer qu’aux ultramarins vivant en métropole. On reconnaît ce droit aux Corses et, malgré nos demandes réitérées, les gouvernements successifs l’ont refusé aux ultramarins ! Est-ce que un Antillais, un Guyanais ont moins besoin de leur vie de famille qu’un Corse ? C’est là où les trajets sont les plus chers que l’aide est refusée.
La continuité territoriale doit aussi valoir pour les coûts de communication et d’accès à internet, qui rendent très difficile la vie de famille et les relations économiques entre la métropole et les régions ultramarines. L’accès aux TIC doit se faire à des conditions de coût et de qualité comparables à ce qui se fait en métropole.

Beaucoup présentent les zones franches globales comme un atout pour l’outre-mer, partagez-vous ce sentiment ?

J’y suis très favorable. Je propose de soutenir le développement de nouveaux secteurs d’activité et d’expérimenter des formules originales de développement. Ainsi, des zones franches, urbaines et régionales, en permettant le rééquilibrage de la concurrence, la simplicité et la stabilité dans le temps, favoriseront le développement économique local, dans les Antilles et en Guyane. Ces zones franches concerneront les secteurs les plus porteurs et les plus exposés à la concurrence.
J’ai d’ores et déjà proposé une zone franche globale pour les Antilles. Le développement des Antilles est conditionné à une politique globale de long terme qui assure aux acteurs économiques une stabilisation du paysage fiscal, juridique et social.

Etes-vous favorable à la discrimination positive et aux statistiques de la diversité réclamées par certaines associations afro-antillaises ?

 Je ne crois pas à la discrimination positive. J'ai au cœur un modèle différent : celui de l'égalité réelle. Ainsi, je propose que les places dans les filières sélectives de l’enseignement supérieur soient réparties également entre tous les lycées. Ce n'est pas une discrimination, c'est une égalité.
Ensuite, à diplôme égal, des études montrent que ce qui freine le plus l'accès à l'emploi, c'est le CV. Une fois admis pour un entretien, l'égalité des chances est plus grande. A l’initiative de parlementaires de ma famille politique, le Parlement a voté l'instauration du CV anonyme pour les entreprises de plus de 50 salariés. C’est une piste, que je demande à expérimenter avant de la généraliser si elle fait ses preuves, tant auprès des personnes concernées que des entreprises.
En France on connaît très mal la réalité chiffrée de l’immigration, et tout aussi mal la réalité chiffrée de la composition de la population résidente. Et même quand l’information existe, très peu de chercheurs ou de journalistes l’utilisent, donc, au bout du compte, très peu de décideurs. Sur ce point, je suis très intéressé par le travail mené l'Observatoire des discriminations. Je trouve également intéressante l’enquête réalisée l'an passé sur les Français de métropole originaires d'outre-mer, et d'autres encore. On ne gagne rien à se cacher la diversité de notre peuple, au contraire, on y perd beaucoup !

Malgré la célébration nationale du 10 mai, commémorant l’abolition de l’esclavage et de la traite négrière, les ultra-marins demandent une journée nationale dédiée à la mémoire des victimes de l’esclavage le 23 mai. Les soutiendrez-vous dans leur démarche ?

Je suis profondément sensible au drame que beaucoup de nos compatriotes vivent, drame souvent inconscient, qui est celui de la difficulté à remonter le temps pour retrouver la réalité de l’esclavage. Il ne s’agit pas seulement de commémoration mais plus encore de connaissance pour ceux qui sont les descendants des victimes d’un crime contre l’humanité. Car c’était un crime contre l’humanité, un crime conduit par toute l’humanité, de tous les pays, de toutes les sociétés, avant la société du libéralisme et de l’émancipation que nous avons réussi à construire.
Personnellement, j’aurais choisi le 27 avril, anniversaire de 27 avril 1848, abolition de l’esclavage par Victor Schœlcher. Une autre date a été choisie par le président de la République. Je ne pense pas qu’il soit utile d’y revenir.

Y aura-t-il un ministre originaire de l’Outre-mer dans votre premier gouvernement ?

Les hommes et les femmes qui forment l’outre-mer français méritent toute leur place dans notre République, à tous les niveaux de responsabilité. Mais le temps n’est pas encore venu de constituer un gouvernement !

Par fxg - Publié dans : fxgpariscaraibe
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Recommander

Recherche

Commentaires

Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés