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Samedi 12 mai 2012 6 12 /05 /Mai /2012 05:34

Laury Kniles enterre les vies de célibataire

laurie-Kniles-largeur.jpgPierrotine par sa mère, Saint-martinoise par son père (Robert-Patrick Kniles, une figure en Guadeloupe), Laury Kniles a quitté la Caraïbe pour Paris dans sa tendre enfance. Depuis la fin de ses études, elle s’est engagée professionnellement dans l’immobilier jusqu’à devenir la directrice commerciale d’une agence en ligne. Un boulot prenant et pas vraiment festif. C’est alors qu’une de ses amies lui demande d’organiser un enterrement de vie de jeune fille. « Avec mon boulot, je n’avais pas le temps et pourtant, je l’ai fait ! » Organiser, planifier, rassembler 12 personnes. « L’idée est née comme ça… » Car, à 28 ans, Laury a décidé de changer de vie et de professionnaliser l’organisation des enterrements de vie de célibataire. Adieu, les F1, T3, duplex, Villa à vendre ou à louer… Elle se lance à son compte, monte une auto-entreprise. Elle crée un blog dédié (www.mesdemoisellessenmelent.fr) où elle donne ses bons plans, propose des formules et où l’on peut découvrir des photos et les récits de ces folles journées entre potes ou entre filles, juste avant le mariage. laurie-Kniles.jpgEn à peine deux mois, elle a déjà pu organiser une dizaine d’événements. « Les gens choisissent des formules clés en main ou alors on fait du sur-mesure, surtout dès qu’il s’agit de faire quelque chose en province ou à l’étranger. » Ainsi Honfleur, en Normandie, Marrakech, au Maroc, ont été le théâtre de prestations qu’elle a su organiser. « Même Saint-Barth, c’est possible, dit-elle en souriant. Tout dépend du budget… » Pour retrouver le niveau de vie qu’elle avait dans l’immobilier, Laury doit organiser dix événements par mois. A la vitesse où les demandes affluent et avec sa curiosité insatiable, capable de lui faire dénicher des musts à Paris, elle est confiante. Dimanche prochain, elle organise pour 12 personnes une course au trésor dans Paris autour de la vie de la future mariée, puis deux heures de « dirty dancing » dans une fabrique de tartes qu’elle privatise pour l’occasion, et enfin, une séance d’enregistrement dans un studio de Montmartre pour réaliser un clip vidéo personnalisé. Le tout dure de 13 à 21 heures et il en coûte 180 € par tête de pipe ! « Je m’adapte par rapport à la demande », tient-elle à préciser.

FXG (agence de presse GHM)

Renseignements : laury.kniles@mesdemoisellessenmelent.fr

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Vendredi 11 mai 2012 5 11 /05 /Mai /2012 13:05

Desnel publie Youma chez Idem

YOUMA-1-ER-DE-COUV.jpg Lafcadio Hearn, né en Grèce le 27 juin 1850, est un écrivain irlandais qui prit ensuite la nationalité japonaise sous le nom de Yakumo Koizumi. En 1887, le journal Harper's Monthly où travaille Hearn l'envoie comme correspondant aux Antilles. Il restera deux ans en Martinique. L'île lui inspire son roman Youma, dont l'action débute au temps de l'esclavage et trouve son épilogue au coeur des insurrections anti-esclavagistes qui ont accéléré la proclamation du décret d'Abolition à Saint-Pierre le 23 mai 1848. « Cette histoire, écrivit Lafcadio Hearn à un de ses amis,  est vraie en substance. La jeune fille refusa, dans les circonstances héroïques que j’ai décrites, l’aide de ses frères noirs et l’échelle. Bien entendu, il se peut que je l’aie idéalisée, mais non son acte. »

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Vendredi 11 mai 2012 5 11 /05 /Mai /2012 08:12

Y aura-t-il des ministres originaires d’outre-mer ?luxembourg_3679.jpg

Quoi que l’on chuchote qu’il n’y aura pas un ultramarin au ministère de l’Outre-mer, les spéculations vont bon train parmi les élus d’outre-mer ou originaires d’outre-mer pour savoir si l’un d’entre eux allait entrer au gouvernement. Hormis Harlem Désir que d’aucuns s’accordent à voir dans un ministère, nous avons demandé à George Pau-Langevin, Victorin Lurel et Christiane Taubira s’ils étaient dans la course pour faire partie du premier gouvernement socialiste de ce quinquennat. « Ah ! Ah !, rit grassement la députée de Paris. Le gimmick… C’est le genre de question qu’on me pose régulièrement, histoire de dire : « Elle a encore raté ! » En fait personne ne sait rien. Il y a à peu près 200 personnes qui sont susceptibles de rentrer au gouvernement et il n’y aura que 30 places. Mais il y a d’autres endroits pour agir, notamment à l’Assemblée nationale. »

Le président de la région Guadeloupe se montre lui aussi prudent : « Je serai à la place où l’on voudra bien me placer, notamment le poste de député. Je suis candidat en Guadeloupe et je tiens à ce poste. Je ne ferai pas l’erreur de Nicolas Sarkozy qui a sous-estimé François Hollande. Il ne faut jamais sous-estimer un candidat ou une candidate et on n’a jamais gagné une élection d’avance. On n’a pas non plus perdu, mais je fais comme si j’allais perdre. Je dépenserai toute l’énergie pour gagner cette élection, et de belle manière. » On est loin des ministères ! Quant à la députée de Guyane dont le nom a été évoqué par toute la presse nationale, elle sourit en lâchant laconiquement : « Y paraît… Y paraît… » Réponse mardi ou mercredi prochain.

FXG (agence de presse GHM)

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Vendredi 11 mai 2012 5 11 /05 /Mai /2012 07:22

Hollande s’invite à la journée nationale de commémoration de l’abolition de l’esclavagearrivee hollande et protocole3959

On se souvient de cette image forte des deux présidents, Chirac et Sarkozy encadrant la mère du réalisateur martiniquais Lucien Jean-Baptiste. C’était le 10 mai 2007 au jardin du Luxembourg… Cette fois, le président sortant s’est dispensé de l’exercice. « Il n’en a plus rien à faire de l’esclavage Sarkozy, ironise un quidam dans la foule, surtout que les Antilles se sont montrées bien ingrates avec lui… » Alors que l’on pensait commémorer l’abolition de l’esclavage avec la simple présence de ministres et du président du Sénat, François Hollande a fait savoir, la veille au soir qu’il serait présent. La cérémonie n’est accessible que sur invitation et nombreux sont les descendants d’esclaves qui restent bloqués à l’extérieur des grilles du jardin. negrophobie 4458Mais au moins, cette année, les militants des « brigades anti-négrophobie, violemment refoulés l’an passé, ont été admis. Dans le public, on reconnaît tous les pipols habituels de la communauté afro-antillaise de Paris (artistes, sportifs, associatifs, politiques, médiatiques…), mais aussi d’anciens ministres comme Renaud Donnedieu de Vabre, les sénateurs d’opposition (Christian Poncelet, Jean-Pierre Raffarin), le préfet d’Ile de France, le préfet de police de Paris, Lilian Thuram, quelques députés (Christiane Taubira qui n’a jamais manqué un seul 10 mai, ou Victorin Lurel). Au premier rang, Claudy Siar est entre George Pau-Langevin et Angèle Louviers.

Hollande à l'écoute

scene-entiere_4101-copie-1.jpgPeu après 11 heures, le président du Sénat, Jean-Pierre Bel, la présidente du comité pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage, Françoise Vergès, et le président Hollande rejoignent le kiosque situé non loin de la sculpture installée en 2006 pour la première commémoration nationale, Le cri, l’écrit. Derrière eux, le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand et la ministre de l’Outre-mer. C’est leur dernière sortie publique ; le gouvernement a présenté collectivement sa démission le matin même. hollande 4390François Hollande prend le temps de serrer les mains de toutes les personnes devant qui il passe. Au kiosque, attendent les comédiens Greg Germain et Nicole Dogué. Autour d’eux prennent place les officiels. Le sénateur Serge Larcher est à côté de Marie-Luce Penchard et des représentants des sept pays européens ayant eu une histoire esclavagiste. Au centre, Bel et Hollande encadrent les comédiens. Et de l’autre côté, Frédéric Mitterrand côtoie le maire de Paris. Un temps de recueillement et les acteurs lisent des extraits tirés des œuvres de Césaire, Glissant et Chamoiseau. dennedieu de vabre 3732« Trois voix, trois poètes pour une conversation au bout du petit matin », entame Greg Germain… Le nouveau président de la République, les mains croisées, paumes orientées vers le sol, impassible, écoute la voix des chantres de la révolte de l’homme noir. « De la colonisation à la civilisation, la distance est infinie… », clame Nicole Doguet. Les poètes se font amers et s’en prennent au « bourgeois du XXe siècle », « Hitler l’habite »… MJA 4257Greg Germain évoque les villes-monde que sont Sarajevo et Beyrouth, puis « les intégristes de tout bord, les racistes de tout pays »… François Hollande n’a pas bougé ; il écoute tout son soul. « Nous commémorons les mémoires partagées qui forment, toutes ensembles, notre mémoire nationale. » Jean-Pierre Bel a pris la parole. Hollande est toujours attentif, silencieux et concentré. La foule aussi. « L’histoire de l’esclavage et des résistances à l’esclavage a trop longtemps été oubliée. (…) Combler ce vide, c’est regarder la France dans sa diversité, (…) c’est aider à notre unité nationale et au rassemblement du peuple de France. » scene-entiere_4163.jpgChacun attend une parole du chef de l’Etat. Elle ne vient pas, mais contrairement à son prédécesseur ou à Marie-Luce Penchard qui s’en va aussitôt la cérémonie terminée, François Hollande reste, se montre disponible auprès des journalistes comme des badauds. Poignées de mains, photos, échanges, François Hollande savoure. Il est d’ailleurs resté déjeuner avec Jean-Pierre Bel au Sénat, mais pour un tout autre menu, la composition de son futur gouvernement.

FXG (agence de presse GHM)

 


hollande_3985-copie-1.jpgTrois questions à François Hollande, président de la République

" Le devoir de mémoire"

Quel sens donnez-vous à votre présence à cette journée nationale de commémoration des abolitions des traites négrières et de l’esclavage ?

Elle renseigne sur ce que sera mon attitude comme président à l’occasion de ce 10 mai. Le 10 mai évoque pour nous aussi un autre souvenir… Je me rappelle que François Mitterrand, après le 10 mai 1981, avait déposé une rose sur la tombe de Schoelcher comme pour, finalement, lui-même, anticiper sur ce que serait cette cérémonie du 10 mai.

Quel sens donnez-vous à cette cérémonie ?

Elle nous rappelle le devoir de mémoire que nous devons diffuser, entretenir mais également transmettre aux générations qui sont les plus jeunes et qui étaient rassemblées. J’ai trouvé que c’était un très bel esprit.

Avez-vous un commentaire à faire sur le fait que vous soyez là mais pas votre prédécesseur ?

Peut-être a-t-il pensé que c’était désormais ma place.

Propos recueillis par FXG (agence de presse GHM)

 


Réactions

 

Victorin Lurel, député et président de la région Guadeloupe

lurel 4494Je trouve que c’est un très bel acte que le président élu soit là alors qu’il aurait pu respecter très scrupuleusement les institutions républicaines et considérer qu’il n’était pas encore en fonction. Le président sortant étant absent, il aurait pu s’abstenir. Il a quand même fait le geste en étant présent mais en ne prenant pas la parole. Il est arrivé à 11 h 10, après la proclamation officielle de son élection par le Conseil constitutionnel. Donc, à l’invitation de son prédécesseur, il était présent. Il faut aussi se réjouir de la présence des sept autres Etats européens et notamment ceux du nord de l’Europe. Le Danemark a aboli la traite en 1803. Il était bien inspiré et je pense que l’an prochain il faudra inviter Haïti qui a joué un rôle considérable avec les conventionnels Pol-Verel et Santhonax. Il serait de belle et de bonne politique que d’inviter le précurseur de l’abolition et l’un des acteurs majeurs de l’universalisation de la belle déclaration du 26 août 1789.

 

Christiane Taubira, députée de la Guyane

taubira 4694La présence de François Hollande est une marque de respect de la part du nouveau chef de l’Etat, le président élu qui n’est pas encore en fonction. Il a marqué une présence digne, debout pendant toute la cérémonie. Il a tenu à nous faire savoir le respect avec lequel il approche cette journée de commémoration nationale, le respect avec lequel il écoute les enseignements de cette histoire et ce qu’il va en tirer pour faciliter le lien social.

 

Georges Patient, sénateur de la Guyane

C’était une grande fierté d’y être d’autant plus qu’en l’absence de mon confrère Jean-Etienne Antoinette, je représentais la Guyane et d’autant plus de fierté que nous avons apporté d’importants suffrages à ce président. 62 % alors que jusqu’alors, nous étions dans une spirale droite ! J’assiste à cette cérémonie depuis deux ans. Elle mérite d’être répétée même si nous fêtons déjà l’abolition de l’esclavage en Guyane. Mais la célébrer à Paris, en présence du chef de l’Etat avec en plus des représentants d’autres pays européens qui ont connu la traite négrière et avec une assistance très diverse, ça donne une image encore plus universelle de cette manifestation et, également, de ce problème qui a eu pour conséquence des ravages sur le plan identitaire, notamment au niveau de nos colonies.

 

GPL Claude Valentin-MarieGeorge Pau Langevin, députée de Paris

On s’attendait à ce que soit comme le 8 mai avec le président élu et le président sortant. Il se trouve que Nicolas Sarkozy a préféré ne pas venir. L’essentiel est que cette tradition républicaine de célébrer le 10 mai l’abolition de l’esclavage soit reprise par le nouveau président et tous ceux qui étaient là se réjouissent de voir que cela va continuer.

 

larcher 4581Serge Larcher, sénateur de la Martinique, président de la délégation outre-mer du Sénat

La cérémonie était très belle et il faut signaler que la parole du président du Sénat était forte après d’autres paroles très fortes aussi que celles de monuments que sont Césaire, Glissant et Chamoiseau. Par ailleurs, le président de la République est venu. Il n’était pas obligé d’être là et en venant, il a permis de montrer cette cérémonie au monde entier. Ceci signifie qu’il est proche des problématiques de la diversité en métropole au moment où l’on stigmatise – on l’a vu pendant la campagne électorale – ceux qui sont différents de par leur religion, leur couleur de peau, leur origine. Cela signifie que la France est forte lorsqu’elle est unie et que nous y avons toute notre part. C’est aussi le signe d’une attention particulière pour l’outre-mer et ses problématiques. Je pense que, là, nous n’avons pas été seulement entendus mais compris et nous, parlementaires, nous veillerons à ce que tout ce qui a été promis soit respecté. Mais nous sommes confiants.

 

Maurice Antiste, sénateur de la Martinique

Cette première sortie officielle du président Hollande est une annonce. Il nous dit : « Oui, ce monde ultramarin m’intéresse, oui ce monde ultramarin a un certain nombre de problèmes. » En écho, nous lui répondons : « Oui, mais nous ne vous demandons rien, simplement d’aider nos volontés mais ne pas faire pour nous. » Il y a un deuxième signal, celui qui m’amène à espérer que cette cérémonie ne soit pas qu’un affichage. J’espère aussi que l’occident pourra se dire à travers une telle manifestation : c’étaient des hommes et non des sous-hommes. C’était la grosse question du 16e siècle. Ce sont donc des hommes et, à ce titre, changeons ! Parce que nous ne les avons pas découverts, nous les avons rencontrés.

 

JJ Bicep 4661Jean-Jacob Bicep, maire-adjoint du XXe arrondissement

J’ai beaucoup apprécié que le président élu vienne à cette cérémonie. Mais la cérémonie en elle-même m’a franchement déçu. Pour un hommage national rendu aux abolitions des esclavages, je pense que ça n’a pas été à la hauteur. Une fois que le gouvernement sera en place, le prochain ministre réparera ce que je considère comme étant une faute envers les ultramarins.

 

siar greg germain 4588Claudy Siar, délégué sortant à l’égalité des chances des français d’outre-mer

Cette histoire, même si elle est partagée, si les uns et les autres le disent, si les politiques le répètent dans toutes les cérémonies autour de la mémoire de l’esclavage, dans les esprits et au sein de la société française, ce n’est pas une histoire suffisamment partagée. Il faut aller beaucoup plus loin parce qu’aujourd’hui, pour nous tous qui, dès les années 1980, avons mené un combat pour la reconnaissance, les territoires où a été perpétré l’esclavage ne sont pas représentés dans l’incarnation de ce qu’est la France et qui est limitée à l’Hexagone et la Corse. On voit bien le décalage. Nous avons des territoires qui sont des régions départements au même titre que les autres et qui ne sont pas représentés. Et on rappelle ces histoires douloureuses qui sont des histoires partagées. Pour que la mémoire soit réellement, totalement partagée, il faudrait que désormais la France se présente comme étant un archipel : l’Hexagone, la Corse et l’ensemble des régions et départements d’outre-mer. Et là, même sur cette question mémorielle, on aurait fait un grand pas.

 

Greg Germain, comédien, président de l’agence de promotion et de diffusion des cultures d’outre-mer

Ce sont des retrouvailles avec François Hollande parce qu’il est venu à Avignon et qu’il y a considéré son passage comme un marqueur de sa campagne précédant les primaires au parti socialiste.

 

daniel dalin 4674Daniel Dalin, président du Collectifdom

Je ne peux que déplorer l’absence de l’ancien président. Cela aurait été républicain qu’il soit présent, qu’importe. J’ai trouvé la cérémonie trop intimiste. Il aurait mieux valu, je pense, ouvrir cette cérémonie à l’ensemble de la nation puisque c’est une fête nationale, mais la cérémonie proprement dite était très bien. Le chef de l’Etat s’est montré très disponible, on l’a vu serré des mains, des mains et des mains, signé des autographes… Je pense que ça inaugure une présidence ouverte, proche de ses concitoyens et c’est une bonne chose pour la France.

 

 

lilian thuram 3839Lilian Thuram, président de la fondation Lilian Thuram

Je pense que le discours qui est aujourd’hui prôné, c’est revenir peut-être à des valeurs humanistes, c’est-à-dire un discours qui amène à la construction d’une plus grande fraternité. La fraternité se construit, elle ne se décrète pas. Il faut des discours apaisants pour qu’on puisse se regarder intelligemment.

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Vendredi 11 mai 2012 5 11 /05 /Mai /2012 07:07

Mémoires croisées autour de la colonisation, de l’esclavage et de l’immigration

Le Sénat accueillait avant-hier un colloque organisé par la délégation sénatoriale à l’Outre-mer et le comité pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage. Au menu, les mémoires croisées.Stora-et-public.jpg

La veille de la journée nationale de commémoration de l’abolition de l’esclavage et des traites négrières, le Sénat a réuni des historiens, des anthropologues, des artistes, des acteurs culturels et associatifs pour mettre en conversation des mémoires issues de la longue histoire de la colonisation française. « il s’agit de lutter contre la peur et la fragmentation de la société », a indiqué en préambule le sénateur martiniquais, Serge Larcher. Cette rencontre estr, selon Françoise Vergès, la première du genre : « Nous avons invité la mémoire coloniale dans le débat public. Et à partir de là, nous devons construire un récit commun. C’est le difficile cheminement de la vérité contre les idées reçues. » Introduisant cet étonnante conversation, la présidente du CPMHE a posé les deux questions essentielles : Pourquoi est-il important d’intégrer le récit colonial dans l’histoire nationale ? Faut-il créer une commission vérité et justice ? Tour à tour des invités témoins sont venus apporter leur mémoire. Taubira-dans-le-public.jpgAussi bien les descendants d’esclaves (Serge Romana, Camille Mauduech, Lilian Thuram) que les Kanaks (Emmanuel Kasarhérou), les Harkis (Fatima Besnaci-Lancou), les immigrés des cités (l’artiste Axiom), les Franco-Africains (Karfa Diallo, Almany Kanouté), sont venus apporter des éléments de réponse, comme des historiens, chercheurs (Pascal Blanchard, François Durpaire, Marie-Josée Jolivet, Yvan Jablonka, Michel Giraud). Chacun est venu montrer comment tous les enfants de la colonisation, de la décolonisation, de l’esclavage et de l’immigration sont venus chacun apporter une pierre à la grande mosaïque du récit national français. « Trop longtemps, cette histoire a été placée dans les banlieues de la connaissance, a indiqué le spécialiste de l’Algérie, Benjamin Stora, avant qu’on ne parle de la guerre des mémoires… Mais depuis 15 ans, la mémoire coloniale est devenue un enjeu politique et culturel porté par les jeunes issus de l’immigration post-coloniale. » Verges-Axiom-Larcher-Blanchard.jpgFace à la découverte de cette nouvelle chronologie qui s’étale du 16e au 21e siècle, de ses acteurs qu’ils soient Frantz Fanon, Léopold Senghor, Ferrat Abbas ou Mohamed V, de nouveaux lieux ont été inventés pour investir cette mémoire nouvelle, surtout depuis la loi Taubira, tel le mémorial de Nantes inauguré en mars dernier. « Il faut faire valoir, connaître, reconnaître ces mémoires blessées, fracturées, fractionnées, communautarisées, a poursuivi M. Stora, au risque de dérive, de replis mémoriels. » C’est ainsi qu’il a recommandé avant toute autre chose d’organiser la réflexion autour de l’école, de la formation des maîtres et des professeurs sur la colonisation française. « Avant d’aborder la question de la reconnaissance de cette histoire douloureuse, il faut la connaître. » Ainsi l’audio-visuel n’a pas pris à bras le corps cette question, si ce n’est de manière ghettoïsée. Ainsi, sans attendre que les manuels scolaires intègrent cette histoire, il faudrait sortir des ouvrages spécifiques… « L’anti-repentance, poursuit Benjamin Stora, n’est qu’un écran idéologique, car la question est celle de la connaissance de la brutalisation de la société. Alors viendra la question de la vérité, de la justice et donc de la réconciliation entre nous tous. » Alors que le colloque tirait à sa fin, la nouvelle est tombée comme à l’unisson des conclusions de Benjamin Stora, François Hollande faisait savoir qu’il participerait à la journée nationale de commémoration de l’abolition de la traite et de l’esclavage.

FXG (agence de presse GHM)joelle-et-Lilian-Thuram.jpg

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Jeudi 10 mai 2012 4 10 /05 /Mai /2012 07:18

Les  dread-locks se cachent à Air Francemanif-anti-dread-air-france-2.jpg

Samedi dernier, une dizaine des personnes se sont rassemblées devant l’agence d’Air France de Paris Opéra pour revendiquer leur ras le bol devant le refus de la compagnie de transport aérien de reconnaitre l’aspect identitaire d’un certain nombre de ses employés. Le slogan « Air France, touche pas à nos racines «  a été repris par l’ensemble des participants. Des tracts ont été distribués aux passants. La majorité des manifestants portait un tee-shirt où on lisait « Brigade Anti Négrophobie ». Malgré la sommation de la HALDE qui a demandé à Air France de faire évoluer son règlement en prenant en compte l’origine ethnique de ses salariés et l’évolution de la société française, un jeune steward d’origine ivoirienne est contraint, pour ne pas perdre son poste, de porter une perruque pour cacher ses dread-locks pendant son service. Air France n’est pas le meilleur endroit du ciel pour tout le monde !

A. J. (GHM)

On a vu Frank Anretar, président de la faac, David Auebach Chifrin, président de total respect, Franco, président de alliance noire citoyenne, Stéphane Coloneaux, adjoint au maire de l'Hay les Roses, ancien porte parole du PCF...

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Mercredi 9 mai 2012 3 09 /05 /Mai /2012 07:04

Marie-Luce Penchard lâchée ?

Selon une source au sein de l’équipe de la France forte, Nicolas Sarkozy, prenant acte de sa déroute en outre-mer, s’est confié à Guillaume Lambert, dimanche soir : « On aurait dû m’avertir plus tôt, c’est la faute de Marie-Luce Penchard… »

Patrick Karam réorienté ?

Patrick Karam devrait prendre ses distances avec l’UMP (il est conseiller régional UMP d’Ile de France), mais il devrait aussi réinvestir la politique côté outre-mer et diversité. Avec qui ? 

Claudy Siar désemparé ?

Claudy Siar, délégué interministériel à l’égalité des chances des Français d’outre-mer, nommé par Nicolas Sarkozy au printemps 2011, se serait rapproché de la députée radicale de Guyane, Christiane Taubira, pour tenter de rebondir. Il devrait d’ores et déjà reprendre ses fonctions d’animateur à RFI dès le 4 juin. En attendant, Bernard Benaïem, son avocat, attaque l’Express en diffamation par rapport à la condamnation de Tropique FM par les prud’hommes des Hauts-de-Seine le 24 avril dernier.

Victorin Lurel oublié ?

Alors que son département est celui qui a le mieux voté Hollande, Victorin Lurel pourrait être oublié dans la composition de la future équipe présidentielle. François Hollande a salué à Tulle son département de la Corrèze et les banlieues pour leur vote en omettant de citer la Guadeloupe et la Réunion. Pour parer l’éventuel affront, le président de la Région Guadeloupe dirait préférer rester à la tête de sa Région, au moins jusqu’en 2014, pour préparer le futur statut de la Guadeloupe.

Nicolas Sarkozy absent pour les cérémonies du 10 mai ?

Le Sénat organise, comme chaque année, la commémoration de l’abolition des traites et de l’esclavage. Nicolas Sarkozy devrait ne pas y participer. Et si on ne sait pas ce que fera le nouveau président, Marie-Luce Penchard et Victorin Lurel devraient eux y assister. 

FXG (agence de presse GHM)

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Mercredi 9 mai 2012 3 09 /05 /Mai /2012 05:44

L’outre-mer n'a pas pardonné

62 % en Guyane, 65 % à Saint-Pierre et Miquelon, 68 % en Martinique, 72 % à la Guadeloupe. Sans surprise, le vote Hollande a été écrasant dans les territoires français des Amériques. Nicolas Sarkozy a cru que célébrer tous azimuts Aimé Césaire pouvait suffire… Mais sa politique de développement endogène (le fameux « démerdez-vous » de Victorin Lurel, député PS, président de la Région Guadeloupe et chef du pôle outre-mer de François Hollande) et les coups de rabot successifs passés sur la défiscalisation n’ont pas été compris. Qui plus est, le choix de nommer Marie-Luce Penchard au ministère de l’Outre-mer après Yves Jégo, qui avait su malgré un abord hautain, lors de la crise de 2009, se faire apprécier des Antillais, n’a pas été porteur au point de vue électoral. Dès les élections intermédiaires (européennes 2009 et régionales 2010), l’UMP prenait une claque aux Antilles.

Durant sa campagne, Nicolas Sarkozy s’est vanté de ce que la  France n’ait jamais été paralysée par un quelconque mouvement social. Les électeurs des quatre vieilles colonies (Martinique, Guadeloupe, Guyane, Réunion) lui ont ainsi rappelé que les crises sociales de 2009 et 2012 contre la vie chère n’étaient pas une chimère. La Réunion qui avait pourtant mis une majorité UMP à la Région en 2010, s’offre même le luxe d’améliorer de huit points le score de Ségolène Royal en 2007. Elle devient le deuxième département de France pro-Hollande avec 71,5 %, derrière la Guadeloupe. Même à Mayotte, où les électeurs ont remercié le président sortant pour avoir accompli la départementalisation de leur territoire, François Hollande parvient à atteindre 49 %. Là aussi, les émeutes de novembre dernier contre la vie chère ont parlé… Et si Saint-Barthélemy, comme Neuilly-sur-Seine, a placé Sarkozy à plus de 80 %, sa voisine, Saint-Martin, a mis Hollande en tête (51,5 % contre 53,63 % à Nicolas Sarkozy en 2007).

603 220 voix pour Hollande

Dans le Pacifique, tout en restant fidèle à l’accord de Nouméa, Nicolas Sarkozy n’a pas hésité à sortir du traditionnel rôle d’arbitre de l’Etat pour apporter son soutien à la Calédonie française. Cela a été payant.

En Polynésie française, les autonomistes ont une nouvelle fois joué sur l’alliance électorale entre le PS et le Tavini d’Oscar Temaru pour laisser croire que voter Hollande c’était voter pour l’indépendance. Dans ces deux collectivités, le président sortant améliore ses scores par rapport à 2007 (respectivement + 0,11 % et + 1,3 %).

Dans la région, Wallis et Futuna fait exception. Le rapport s’inverse avec François Hollande à 56 % contre 49,83 à Ségolène Royal en 2007.

Tous territoires confondus, l’outre-mer a conforté la victoire de François Hollande en lui apportant 63,69 % des suffrages (soit 603 220 voix pour un écart entre les deux candidats, au niveau national, de 1 128 225 voix). Le désamour est fort. Il signe l’échec de Marie-Luce Penchard. Dans sa ville de Basse-Terre, chef-lieu de la Guadeloupe que Lucette Michaux-Chevry, sa mère, dirige, Hollande a récolté 64,1 %. Imparable et surtout rédhibitoire pour celle qui entend se présenter contre Victorin Lurel aux législatives de juin.

FXG (agence de presse GHM)

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Dimanche 6 mai 2012 7 06 /05 /Mai /2012 07:00

Lundi 7 mai, à 20 h 35 sur France 3

« Elysée 2012 », le vrai film de Serge Moati

Serge-Moati--fxg-.jpgDans la nuit du 6 au 7 mai, l’équipe de Serge Moati achèvera le montage de son documentaire, consacré à l’élection du nouveau président de la République. But de cette course contre la montre : être en mesure de diffuser en prime time sur France 3 « Elysée 2012 la vraie campagne », LE film de la campagne électorale.

« J’ai commencé en janvier 2011 au congrès du FN à Tour où Marine Le Pen a pris la tête du parti de son père. C’est la première à être entrée en campagne », se souvient Serge Moati.  Cela fait donc plus de seize mois que le réalisateur et ses quatre équipes de tournage ont entamé le récit de cette saga politique unique qu’est l’élection présidentielle française. « Il s’agit de faire un chant polyphonique d’une France en élection. C’est une construction humaine incroyable, quelque chose d’invraisemblable qui secoue et mêle des passions diverses, contradictoires… C’est un assemblage de petits bouts qui fait un chant et c’est ça qui est inédit », explique cet observateur averti de la chose politique. L’autre aspect inédit de ce film, revendique-t-il, « c’est que nous ne sommes ni dans la dérision, ni dans le scoop ».

 

Mais pour être en mesure de rendre compte de cette polyphonie, les équipes de tournage n’ont pas ménagé leurs efforts. Il leur a fallu aller partout : auprès des leaders, mais aussi des états majors, des militants de base, des sympathisants… Ce travail, les téléspectateurs de F3 ont déjà pu en apprécier la forme et la tonalité. Entre octobre et mars, chaque premier lundi du mois, la chaîne a diffusé un épisode de 52 minutes du feuilleton présidentiel. Lundi soir, ce sera, en 90 minutes, le film total, la saga complète. D’ici là, dans les locaux d’Image et compagnie, qui font face à Europe 1, ça bosse dur ! « Là, on monte, on monte, on monte jusque… jusqu’au dimanche dans la nuit, s’enflamme Serge Moati. On en est déjà à la fin du 1er tour pour ce qui est déjà monté… » L’ordonnateur de cette vaste enquête promet des séquences inédites : « On a choisi de prendre des séquences de cette longue campagne qui sont métaphoriques du reste. En 90 minutes, on va raconter tout. Nous n’allons pas montrer des choses liées à l’actualité la plus chaude, mais des choses qui font du sens, trois ou six mois après. »

« On essaie de se rendre invisibles »

MoatiL’ambition avouée de Serge Moati est de montrer les hommes, les camps, le rapport des Français à l’élection présidentielle, le tout avec un parti pris : ne jamais intervenir directement. « On est présents mais on essaie de se rendre invisibles, d’être là et que la vérité se révèle devant nos caméras. » Les équipes de tournage ne sont de fait jamais très loin de l’action et leurs micros captent les plus brefs échanges. Ainsi, surprend-on au détour d’une réunion l’UMP Bruno Beschizza féliciter Claude Guéant pour son « coup sur les civilisations. » L’homme étant un animal politique, Serge Moati a posé ses caméras à la manière du documentariste animalier, pour tirer de cette campagne un film naturaliste : « Je suis attentif à l’humanité que je filme et je l’aime bien. Quand je filme, je ne suis pas d’un parti ou d’un  autre, je suis attaché à la passion humaine, à ce que ça révèle des gens… Je n’ai pas envie de poser des questions qui gâcheraient le truc… »

Mais est-il facile en 2012 de filmer une campagne sur le vif ? Pas tant que ça. Les « gros » partis, plus que les autres, leur ont parfois fermé la porte. Mais jamais au point de mettre en péril le projet. « Il a fallu négocier chaque séquence. On n’a pas de truc, de passe droit, on négocie chaque fois et c’est la condition de notre liberté. », estime Serge Moati.  Mohamed Merah, le score de Marine Le Pen, le phénomène Mélenchon, l’incroyable floraison des twitts et des réseaux sociaux, la trajectoire rectiligne de François Hollande, la disparition des Verts et de Bayrou…  « Toutes ces péripéties de la campagne, on en suit le rythme », se régale Serge Moati.

Dimanche soir, le film de campagne s’achèvera, mais pas le feuilleton. « On fait un dernier film, après, sur les législatives. C’est ça qui bouclera l’affaire ! On retrouvera des gens qu’on aura vus dans ce film et qu’on reverra sur le terrain. Fin juin, la caméra et nous-mêmes, on va tomber d’épuisement et on dira salut pour quelque temps ! » Quand on demande à Serge Moati après quoi il court, l’intéressé répond, presqu’immodeste : « J’attends l’histoire, je contribue à écrire l’histoire en image… L’image est un formidable moyen de sauver de la mort. »

FXG, agence de presse GHM

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Samedi 5 mai 2012 6 05 /05 /Mai /2012 08:33

Le comptable de la chambre d’agriculture conteste ses amendes

Alain Noël, l’agent comptable de la chambre d’agriculture, a déposé un recours en révision contre l’arrêt de la Cour des comptes qui lui a infligé, en décembre dernier, 468 € d’amende « pour retard dans la production des comptes des exercices 2005 à 2008 ». L’affaire a été examinée jeudi et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce recours a laissé perplexes les magistrats financiers. Christian Descheemaeker, président de la 7e chambre, s’est étonné qu’Alain Noël n’ait pas fait de demande pour être entendu en visioconférence. « J’étais prêt à y accéder… » Mais la question centrale que se sont posé les juges, a été de savoir si cette requête était recevable. Elle le serait, a indiqué le rapporteur, à condition que les pièces justificatives produites par le requérant soient nouvelles. Cela n’a été l’avis ni du rapporteur, ni de l’avocat général. Ce dernier s’est par ailleurs demandé pourquoi M. Noël n’avait pas introduit un pourvoi en cassation devant le conseil d’Etat : « C’est sans doute parce que cela nécessite le ministère d’un avocat et que cela coûte… » « L’enjeu financier n’est vraiment pas considérable », a appuyé le président. Malgré les arguments du comptable de la chambre qui imputait une partie des retards qui lui étaient reprochés aux services de la direction régionale des finances publiques, le rapporteur comme l’avocat général ont préconisé de déclarer recevable le recours, mais aussi de le rejeter. La décision sera rendue publique le 23 mai prochain.

FXG (agence de presse GHM)

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